Encore un coup des Russes?

Dans coronavirus, il y a « russe »!


Le journaliste Brice Couturier voit la main de la Russie partout. Notre chroniqueur David Desgouilles appelle l’ardent défenseur d’Emmanuel Macron à garder raison.


Cher Brice Couturier,

Nous nous connaissons peu. La seule fois où j’ai eu l’honneur de vous rencontrer, c’était lors de la première réunion du Comité Orwell, présidé par Natacha Polony. Vous y aviez alors côtoyé le gratin du souverainisme métapolitique français, ce qui, de la part de l’ancien rédacteur en chef du Meilleur des mondes, constituait la marque d’une grande ouverture d’esprit. Des amis communs m’avaient loué votre honnêteté intellectuelle, votre travail sérieux. Enfin, j’avais eu la surprise de découvrir que vous citiez une de mes tribunes dans votre livre Macron, président philosophe, ce qui tendait à indiquer que l’estime pouvait bien être réciproque.

Complot russe

Mais depuis l’été 2018, il faut bien reconnaître que nous nous sommes perdus. Alors que l’affaire Benalla défrayait la chronique, tous ceux qui émettaient quelques critiques sur la gestion présidentielle de cette affaire devenaient, de votre part, des complices d’un complot russe. Tous ceux qui vous faisaient remarquer que cette idée fixe était déraisonnable étaient renvoyés fissa dans le même camp. Quelques mois plus tard, les gilets jaunes eux aussi devenaient les outils de la volonté poutinienne de déstabiliser l’Occident.

Évidemment, ceux qui, comme moi, acceptaient l’invitation de Frédéric Taddéi sur RT France devenaient de facto des agents du FSB au mieux, des collabos au pire. En pleine crise des gilets jaunes, juste après l’intervention présidentielle du 10 décembre, j’y devisais justement avec Christophe Di Pompeo, député LREM du Nord. Ensemble, nous y avions salué la volonté présidentielle de tourner le dos aux sacro-saints 3% de Maastricht. Il y a quelques semaines, je retournais chez Taddéi pour y défendre cette fois le droit à la vie privée de Benjamin Griveaux. Les agents du FSB sont rudement malins, n’est-ce pas ?

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Poutine entendrait générer la panique dans l’Union européenne

Pour vous, ceux qui critiquaient notre bon président-philosophe, journalistes, hommes politiques ou « polémistes », faisaient le jeu ou le lit de Vladimir Poutine. Il s’agissait en fait de la même méthode employée pour fustiger le Rassemblement national, sauf que le président russe fiche quand même vachement plus la trouille quand il parle que le duo de Montretout. Mais cela tombe bien, Marine Le Pen était évidemment aussi une pro-russe. Comme Mélenchon, comme Dupont-Aignan. Votre hôtesse du Comité Orwell était aussi classée dans cette catégorie. La pauvre a le tort de se prénommer Natacha (elle ne se cache même pas !) et le propriétaire de Marianne est tchèque, c’est quand même évident qu’elle est à la solde de Poutine.

Et puis samedi soir, vous avez triomphalement twitté une dépêche de l’agence Reuters. Le coronavirus, c’était les Russes aussi. Il faut dire que, comme Natacha, il ne se cache pas: dans coronavirus, il y a « russe ». Pourquoi n’y avait-on pas pensé plus tôt ?

La dépêche cite « un document de l’Union européenne », dont on n’a malheureusement pas les détails, et qui prouverait l’implication du gouvernement de Vladimir Poutine « pour générer la panique » en Europe de l’Ouest…

Injonctions contradictoires

Le FSB perd la main. S’il voulait générer la panique dans les rues, c’est un peu raté. Vous-même, Brice Couturier, constatez avec dépit que bien des Gaulois réfractaires ne se plient pas comme il le faudrait au confinement. Vous avez même fustigé, avec raison, une manifestation des gilets jaunes qui n’avaient pas l’air plus paniqués que cela. Vous avez même cité un papier de Jacques Julliard, publié dans Marianne par l’agent Natacha P. Il faut vous reprendre! Personnellement, j’ai davantage l’impression que ce sont plutôt les cercueils de Bergame ou les prises de paroles des soignants de nos hôpitaux surchargés qui commencent à produire des effets d’une crainte – et non d’une panique – bienvenue en la circonstance. Il est bien possible aussi que les injonctions contradictoires adressées aux Français depuis quinze jours puissent aussi provoquer davantage de panique que la moindre fausse nouvelle d’un bot russe.

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Ce n’est quand même pas Poutine qui a conseillé à tout le monde de se rendre au théâtre, avant de fermer les écoles quatre jours plus tard ! Deux jours après, on nous interdisait d’aller dans les bars, puis on nous invitait à aller voter dès le lendemain, avant de nous confiner tout de suite après, en nous expliquant qu’il fallait quand même aller travailler…

Désertons Twitter!

Entendons-nous. Je suis parfaitement conscient que la position d’Emmanuel Macron n’est pas facile et je reconnais bien volontiers qu’il n’est pas évident que d’autres feraient mieux que lui en la circonstance. Mais est-il bien raisonnable, cher Brice Couturier, de céder encore à la facilité de désigner l’ours russe ? N’avons-nous pas d’autres sujets plus urgents à traiter ? N’avons-nous pas une crise sanitaire et bientôt économique et sociale sur les bras ? Que l’Union européenne, qui montre sa totale inutilité quand la situation est grave, n’ait d’autres choses à faire que de pondre des rapports aux conclusions abracadabrantesques, passe encore. Mais vous ?

Aussi, je me permets de vous renvoyer à ma tribune du 16 août dernier dans Le Figaro. Cher Brice Couturier, profitez du confinement : arrêtez de twitter. Ce n’est bon pour personne, ni pour la cohésion de notre pays. Je le sais d’expérience, gazouiller en 280 signes ne donne pas ce qu’il y a de meilleur en nous. Le tweet est au journaliste ce que l’achat compulsif de papier toilette en temps de crise est à l’homme de la rue. Vous valez beaucoup mieux que ça. Si l’envie vous prenait de développer votre pensée dans ces colonnes, je ne doute pas que Causeur l’accueillerait volontiers.

Au plaisir de se revoir dans une réunion, si nous ne restons pas confinés trop longtemps, ou si l’Ours russe ne nous a pas mangés.

Bien cordialement,

La volte-face présidentielle


Le 6 mars dernier, le président se rendait encore au théâtre pour montrer l’exemple…


Hier soir, j’avais renoncé à prendre la plume pour réagir à l’intervention présidentielle. Il s’agissait en fait d’une autocensure tout à fait assumée. Comme je l’ai dit à ma moitié qui s’étonnait que je ne me sois pas mis à la tâche : « Ce n’est pas le moment d’accabler le président ».

Macron sait désormais que la crise de 2008 pourrait bien ressembler à une aimable plaisanterie à côté de ce qui se profile

Oui j’aurais pu moquer notre chef d’État qui, dix jours après nous avoir montré l’exemple en se rendant ostensiblement au théâtre – « il faut vivre comme avant » -, nous expliquait presque dans les détails comment nous allions désormais vivre confinés. A l’entendre nous enjoindre à lire, à s’occuper de nos enfants et à sortir faire de l’exercice à condition que ce soit en solitaire, à nous réprimander gentiment d’être allés nous égayer dans les parcs parisiens. Nous étions davantage en présence de « Big mother » que de Winston Churchill. Oui, j’aurais pu moquer également la manière dont, avec l’accord de toute la classe politique, il venait d’inventer l’entre-deux-tours de trois mois, choisissant la plus mauvaise des trois solutions proposées par les constitutionnalistes.

Bye bye la réforme des retraites

Mais tout cela, en fait, était bien dérisoire. Minuscule même, par rapport à l’ardente nécessité d’union nationale, que Céline Pina a si bien évoquée plus tôt dans nos colonnes. Minuscule par rapport aux défis qui nous attendent. Hier soir, le président de la République a repoussé deux réformes auxquelles il tenait particulièrement. Celle de l’indemnisation du chômage, et surtout celle des retraites, qui avait mis la France à l’arrêt pendant tout l’hiver, et dont on peut dire avec euphémisme qu’il y tenait particulièrement. Il n’a pas dit qu’il y renonçait, mais à vrai dire il les a posées à côté de la poubelle, un peu comme des « encombrants » qui ne rentreraient pas dedans. En fait, ces signes-là ne doivent provoquer aucun cri de victoire de la part de ceux qui ont lutté contre ces réformes. Ni même de soulagement. Car si Emmanuel Macron y a renoncé, c’est qu’il sait bien que la guerre contre le coronavirus qui met plusieurs pays à l’arrêt dont le nôtre à partir d’aujourd’hui et pour une période indéterminée, va avoir des conséquences incalculables en termes de crises économique, sociale, et sans doute géopolitique. S’il y a renoncé, c’est qu’il sait bien que son programme présidentiel est aujourd’hui caduc au regard de tout ce qui nous attend. Il sait que désormais, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes, que notre État si abîmé constitue le seul levier qu’il nous reste pour maintenir le pays hors de l’eau. Il sait que la crise de 2008 pourrait bien ressembler à une aimable plaisanterie à côté de ce qui se profile.

Jouons les oiseaux de mauvais augure

Mais il y a aussi tout ce que le Président de la République ne sait pas, et qui n’est pas moins inquiétant. Est-ce que, lorsque le confinement commencera à porter ses fruits, comme c’est le cas en Corée du Sud, ou dans certaines zones de l’Italie, nous serons à l’abri d’une reprise à l’automne avec un virus qui aura muté, et dans un pays en pleine crise économique ? Aurons-nous à ce moment-là eu le temps de produire un vaccin et procédé à la campagne de vaccination obligatoire qui nous permettrait de ne pas reproduire d’autres confinements ? Est-ce que la perspective angoissante que ce pari soit perdu ne donnera pas raison à ceux qui, de l’autre côté de la Manche, ont décidé d’assumer l’immunisation naturelle de leur population, prévenant que peu de familles britanniques seront épargnées par la perte d’un proche, faisant le pari inverse, arguant qu’il s’agissait de la moins pire des solutions ? Est-ce qu’Emmanuel Macron n’a pas hésité un temps d’employer une telle solution, il est vrai effrayante, comprenant ensuite que notre société ne pourrait l’admettre ?

Malgré ces hésitations, malgré la forme décevante de sa prestation d’hier soir, c’est Emmanuel Macron qui a en charge cette “guerre”, et surtout des conséquences de cette dernière. L’après-guerre, qui pourrait être pire que la guerre elle-même en termes de dégâts sociaux, il en aura aussi la charge du commencement. Qui sait si en assumer toutes les conséquences ne concernera pas plusieurs de ses successeurs ?

Paris, Lyon, Besançon: qui profitera de l’échec de LREM aux municipales?


Paris, Lyon et Besançon constituent le « triangle des Bermudes » des municipales pour la Macronie. Alors que la vie politique française n’est plus régie par l’opposition gauche / droite de l’ancien monde, il est difficile de savoir qui remportera la mise. David Desgouilles dévoile les coulisses de ces trois scrutins.


Nous vous avions laissés il y a quatre mois, sur la situation de ce « triangle des Bermudes » municipales d’Emmanuel Macron : Paris-Lyon-Besançon. Nous vous avions promis d’y revenir. Depuis novembre, de l’eau a coulé sous les ponts. De la Seine, du Rhône et de la Saône, et du Doubs enfin.

Le vote utile anti-Hidalgo n’est plus celui qu’on croyait

A Paris, nul ne l’ignore plus, Benjamin Griveaux a dû laisser la place à Agnès Buzyn. L’ancien porte-parole du gouvernement, avant qu’il ne décide de jeter l’éponge, n’était guère en bonne position dans les sondages. Non seulement, il ne parvenait pas à distancer le dissident Cédric Villani, mais il était carrément dépassé par Rachida Dati. Pendant que la candidate LR se tenait à une stratégie claire mise en œuvre par sa directrice de campagne Nelly Garnier, dont nous avions fait la recension de la note sur le vote de droite dans les métropoles, Benjamin Griveaux croyait bien faire en martelant l’idée que le bulletin qui porterait son nom constituait le seul vote utile pour battre Anne Hidalgo, et pratiquait du débauchage d’élus à droite et à gauche. L’inconvénient de cette idée de vote utile, c’est qu’elle ne fait véritablement effet qu’au moment du vote. Et que nul ne sait qui sera le bénéficiaire du fameux vote utile. Griveaux aurait dû savoir que c’est seulement dans les derniers jours, alors que les derniers sondages sont connus qu’il faut user de cette méthode. Maintenant que le message a infusé, l’idée de vote utile ne profite plus qu’à Rachida Dati, laquelle n’a même pas besoin de l’invoquer elle-même. Dommage LREM !

La droite parisienne semble rentrer dans le rang, Villani perd son capital sympathie

Notons avec un léger sourire que les pontes de LR, Sarkozy et Baroin en tête, viennent aujourd’hui au secours des excellents sondages de Rachida… Elle ne bénéficiait pas d’autant d’égards en novembre, quand le très sarkozyste Frédéric Péchenard, par exemple, ne faisait allégeance qu’à son maire d’arrondissement, évitant de citer la candidate. D’autres maires d’arrondissement, dans le 6e ou le 17e, n’excluaient pas non plus de négocier avec Griveaux.

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Aujourd’hui, certaines études placent Dati devant Anne Hidalgo, laquelle plafonne et ne semble devoir son salut qu’à un éventuel ralliement des écologistes entre les deux tours. Quant à Agnès Buzyn, si elle n’arrive pas à freiner la progression de Dati, elle a repris quelques points à Cédric Villani qui s’effondre. La valeur ajoutée « sympa » du mathématicien a disparu avec le renoncement de Griveaux.

La métropole lyonnaise promise à Collomb, pour la municipalité c’est moins sûr

Dans la capitale des Gaules, on aura deux bulletins. L’un pour la Ville, l’autre pour la Métropole. Rappelons-le, Gérard Collomb ne voulait que la seconde et c’est d’ailleurs ce qui a déclenché la dissidence de David Kimelfeld, lassé de passer pour une annexe de Manpower. Pour le vote direct à la Métropole, l’ancien ministre de l’Intérieur fait encore figure de favori.

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En revanche, le jeu paraît bien plus ouvert pour la conduite de la municipalité lyonnaise. Yann Cucherat semble avoir été choisi par Gérard Collomb en raison du peu d’ombre qu’il pourrait lui faire. Et comme dans d’autre grandes villes, tout cela profite à une gauche ayant porté à sa tête de liste un représentant d’EELV. Grégory Doucet fait donc pour l’instant la course en tête.

Le candidat LR Etienne Blanc semble en moins bonne posture que Rachida Dati à Paris. Comme on voit mal ce proche de Laurent Wauquiez fusionner ou appeler à voter LREM pour faire barrage à la gauche, son maintien au 2e tour rend le résultat final plus qu’incertain. Aussi, la perspective d’assister à une cohabitation entre Collomb à la Métropole et un écologiste à la ville-centre semble aujourd’hui très probable. De quoi alimenter les gazettes entre Rhône et Saône pendant six ans, et maudire celui qui a eu l’idée de ce double-vote…

À Besançon aussi, EELV séduit. Mais attendons que les électeurs découvrent les idées farfelues de sa candidate

À Besançon, la protégée du maire sortant LREM Jean-Louis Fousseret a finalement lancé sa liste en décembre. Alexandra Cordier n’apprécie certes pas qu’on rappelle qu’elle a brigué l’investiture du parti macroniste dont elle a été la référente depuis sa création dans le Doubs. Mais aujourd’hui exclue par LREM, elle mène une campagne « sans étiquette », faisant comme si elle n’avait jamais été membre de ce parti.

Le dernier sondage, publié fin janvier, ne la situait qu’à 6%, mais elle continue d’afficher un optimisme à toute épreuve.

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Le candidat macroniste officiel, Eric Alauzet, semble porter sur ses épaules le lourd fardeau d’une investiture qu’il a pourtant obtenue de haute lutte. Comme à Paris et à Lyon, représenter le parti du président de la République n’a rien d’une sinécure ces temps-ci. Sa chance est sans doute d’avoir des concurrents dotés d’un charisme encore inférieur au sien, ce qui n’était pas couru d’avance. Celle qui caracole en tête du sondage de janvier est Anne Vignot, candidate EELV de la gauche unie. De la tendance Julien Bayou dans le parti écologiste, c’est-à-dire de la frange au « gauchisme culturel » le plus marqué, elle fait diablement penser à Eva Joly en 2012 sur le mode: « En général, on ne comprend rien à ce qu’elle dit mais quand on comprend, c’est encore pire » ! Sa première proposition médiatisée avait été de créer une pièce d’identité municipale permettant aux transgenres de se prévaloir de droits que la carte d’identité nationale ne permet pas. Gageons que si elle est élue, et qu’un grand moustachu souhaite s’inscrire au club féminin de basket-ball en se prévalant de ladite pièce d’identité locale, la vie bisontine risque d’être animée, ainsi que le prétoire du tribunal administratif de la ville.

Mais c’est finalement Yannick Jadot qui nous a donné des motifs d’être rassuré. Cité par la page 2 du Canard Enchaîné, il aurait expliqué que le vote écolo était surestimé en attendant que les électeurs fassent vraiment connaissance avec les candidats EELV. Peu aimable avec ses amis, mais lucide ?

À Besançon, on a l’étiquette LR honteuse

Enfin, le candidat LR Ludovic Fagaut a fait le choix de mettre son drapeau dans sa poche, contrairement à Rachida Dati et à Etienne Blanc. Il a même débauché une élue ex-PS qui, une semaine avant, était photographiée tout sourire dans la permanence… d’Alexandra Cordier.

Malgré des projets intéressants, comme Port-Citadelle ou la constitution à moindre coût d’autoroutes cyclables, il a souhaité faire campagne au centre, pourtant déjà embouteillé par Alauzet et Cordier.

Le RN bisontin se frotte les mains…

Tout cela pourrait bien profiter au candidat RN Jacques Ricciardetti qui capitalise sur le feuilleton policier du quartier de Planoise. Plusieurs blessés par balle ont déjà alimenté la chronique et rappellent furieusement les règlements de compte des quartiers Nord de Marseille. Dans une telle ambiance, le RN n’a même pas besoin de faire campagne pour espérer participer au second tour.

Arrivé à la fin de cette chronique sur ce fameux « triangle des bermudes LREM » Paris, Lyon, Besançon, force est de constater que dans ces trois villes, aucun favori ne se dégage clairement. Une étude parue récemment chez nos confrères du Monde indiquait que 49% des électeurs n’avaient pas encore pris leur décision. Le même sondage montrait aussi que ce sont les listes de gauche qui étaient les plus fragilisées par ces incertitudes de vote, au contraire du RN, de LR et de LREM (plus de 60% de sûreté).

Reste enfin une dernière incertitude qui pourrait bouleverser le scrutin partout : celui du coronavirus. Où en sera l’épidémie dans dix jours ? Poussera-t-elle l’électorat âgé, d’habitude le plus assidu aux urnes, à rester à la maison ? Il nous faudra sans doute y revenir. Dans les colonnes de Causeur, dès le lendemain du premier tour, si vous en êtes d’accord.

C’était l’Académie des César


Face au baroud d’honneur des César, la vraie victoire de l’idéologie d’Adèle Haenel… et de Netflix


La cérémonie des César 2020, ce qui l’entourait, ce qui l’avait précédée, constituaient-ils un tournant ou une continuité ? En apparence, et c’est le discours des néo-féministes depuis la nuit dernière, il s’agit bien d’une continuité. Polanski – “Violanski”, comme elles le surnomment – a obtenu le César, le pire à leurs yeux – celui du meilleur réalisateur. C’est lui qui a été récompensé davantage que le film. On ne compte plus celles – ou ceux, parfois – qui confient sur les réseaux sociaux leur envie de vomir. « Vous voyez bien que le Patriarcat se porte bien », déclarent-elles à l’envi. Ce faisant, elles oublient que toute l’équipe de J’accuse avait décidé de ne pas se rendre à la salle Pleyel, lassée de passer pour la complice d’un violeur en série. Ce faisant, elles oublient que la direction des César a démissionné en bloc il y a quelques jours. Ce faisant, elles oublient que Florence Foresti avait décidé de profiter de sa désignation comme maîtresse de cérémonie pour multiplier les allusions à Roman Polanski avec une finesse que n’aurait pas reniée Jean-Marie Bigard. Foresti devrait se méfier. Qui sait si, dans quelques années, quelques associations néo-féministes pointilleuses, forcément pointilleuses, ne viendront-pas scruter tous ses sketches et spectacles depuis qu’elle a débuté sa carrière et n’y trouveront pas des monuments de valorisation de stéréotypes genrés ? Qui sait si ces juges autrement plus sévères que l’académie des César, ne l’accuseront pas alors d’avoir ainsi perpétué honteusement la culture du viol ? On ne se méfie jamais assez…

Décevant Jean-Pierre Darroussin

Jean-Pierre Darroussin l’a bien compris, lui. Alors qu’en 2013, dans un petit hebdomadaire provençal, il nous disait son admiration pour Roman Polanski, « qui compte parmi la dizaine de réalisateurs les plus importants qui ait jamais existé », le voilà qui s’amuse à ne pas pouvoir prononcer le patronyme du cinéaste franco-polonais. Mais comment lui en vouloir, après tout ? Il a bien reconnu ceux qui tenaient désormais le manche.

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Car il s’agit bien d’un tournant. La récompense de Polanski comme meilleur réalisateur constituait un baroud d’honneur, voire un doigt d’honneur. Celui qu’on fait en partant, en laissant la place. Ceux qui se sont permis ce geste pensaient que leur mission n’était pas de distribuer les récompenses en fonction de la bonté d’âme des récipiendaires, mais de la qualité de leurs films, de leur réalisation, de leur jeu d’acteur. Ils ont compris que c’était désormais terminé.

L’indigénisme et Netflix éclipsent l’Académie

L’actrice Aïssa Maïga a peut-être gêné avec son discours qui sentait bon l’indigénisme, mais elle incarne désormais l’avenir des Césars. Et le départ d’Adèle Haenel au moment de l’annonce du César du meilleur réalisateur ne constitue qu’un paradoxe. Elle avait déjà gagné avant la cérémonie. Le baroud d’honneur de l’académie vient juste gâcher sa victoire en la rendant trop tonitruante, pas assez lisse. Adèle Haenel, c’est dorénavant la patronne. Son « c’est une honte » constitue son premier geste d’autorité. En sa nouvelle qualité, il faudra tout de même l’interroger sur Ladj Ly et son passé troublant. Que pense-t-elle de la liberté amoureuse des femmes en Seine-Saint-Denis ? Que pense-t-elle de leur liberté à disposer de leur corps ? Pense-t-elle qu’il est de bon ton d’aller punir ceux qui participent avec ces femmes – dans le consentement le plus irréprochable – à cette même liberté amoureuse et sexuelle ? Adèle Haenel n’est pas sortie de la salle Pleyel, quand Les Misérables ont été récompensés. Un oubli, ou une inattention, sans doute. À moins que ce ne soit la crainte d’avoir des problèmes avec Aïssa Maïga. Enfin, il faudra bien l’interroger, Adèle Haenel, sur les manifestantes d’Osez le féminisme. Il faudra bien lui demander, à la nouvelle patronne du cinéma français, ce qu’elle pense de cette association si motivée à manifester son dégoût de Polanski, mais qui se trouve incapable, par la voix de sa porte-parole Alyssa Ahrabare, à caractériser ce qui arrivait à Mila. « Sale gouine », « sale Française », disaient ceux qui allaient ensuite menacer de mort la jeune lycéenne lesbienne et instagrammeuse. Y aura-t-il un seul journaliste pour poser toutes ces questions à Adèle Haenel ? Répondrait-elle qu’il est une honte que ceux qui ont menacé Mila de mort n’aient toujours pas été retrouvés et appréhendés ?

Elle n’en aura sans doute pas l’occasion. Mais qu’importe, après tout. Cette cérémonie a sonné aussi la fin d’une certaine idée du cinéma français. La victoire d’Adèle Haenel est aussi et surtout celle des futures parts de marché de Netflix.

Bienvenue dans la société 0% hypocrisie 100% transparence!


Notre chroniqueur politique David Desgouilles est abasourdi par l’affaire Benjamin Griveaux, ce candidat à la mairie de Paris malheureux contraint d’abandonner la course, suite à la publication de messages et vidéos privés.


Je ne me suis pas fait remarquer par la plus grande tendresse pour l’homme politique Benjamin Griveaux. Lui-même m’avait invité à prendre un café avec lui pour nous en expliquer après que je l’avais consciencieusement démoli dans d’autres colonnes sur la question « des clopes et du diesel ». N’étant pas parisien moi-même, la rencontre n’a pas pu se faire. Peut-être ai-je manqué l’occasion de me rendre compte que l’homme n’était pas antipathique. Peut-être même que nous nous serions très bien entendus. Peut-être pas. En tout cas, cela ne m’aurait pas empêché de lui adresser des critiques virulentes à nouveau. Ou d’adresser pourquoi pas un satisfecit, le cas échéant.

Parce que la politique, la vie publique, c’est une chose.

Et les rapports humains, la vie privée, c’en est une autre.

Bientôt ce sera votre tour

On le sait : les réseaux sociaux ont pour une bonne part brouillé ces repères, que l’on croyait pourtant attachés à notre culture nationale. On se souvenait de Malraux, et des hommes qu’il décrivait en « misérables tas de petits secrets ». On se souvenait que pour le Canard enchaîné – qui a dénoncé bien des « scandales » de nos puissants – l’investigation s’arrêtait à la porte de la chambre à coucher.  Là aussi, la révolution #MeToo a brouillé d’autres repères.

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Depuis ce matin, on me fait valoir qu’un « candidat à la mairie de Paris ne devrait pas faire ça ». On me demande d’imaginer si le Général de Gaulle etc. On m’explique même que Benjamin Griveaux mettait en avant sa famille dans sa campagne et que la divulgation de cette vidéo met fin à une hypocrisie. Hypocrisie, le mot est lâché. D’ailleurs il l’a aussi été par l’auteur de la mise en ligne des vidéos, un activiste russe qui bénéficie de l’asile politique dans notre beau pays de libertés.

Cette société 0% hypocrisie 100% transparence, elle vous fait tant envie ? L’an dernier, sortait au cinéma un film Le jeu. Dans un repas d’amis, chacun posait son téléphone et si une notification de l’un des appareils retentissait, le propriétaire devait en faire lecture à tous les autres convives. Un cauchemar ! Êtes-vous certains d’être si irréprochable ?

Aujourd’hui, c’est une « sextape » d’un homme politique en vue. C’est en effet spectaculaire, une première en France. Mais demain ? Demain ce sera vous !
Parce que vous guignez un poste dans votre boîte qui en intéresse d’autres. Parce que vous n’avez pas dit bonjour dans l’ascenseur. Parce que vous avez souri à quelqu’un et qu’il ne fallait pas. Ne vous croyez pas à l’abri. L’an dernier, un couple de propriétaires d’un supermarché a vu sa vie brisée parce qu’un activiste les avait retrouvés sur une photo d’une chasse (tout à fait légale) en Afrique. Plus personne n’est à l’abri. Demain, un pirate à qui vous avez grillé la priorité peut hacker votre téléphone et envoyer des textos compromettants à votre femme, à votre mari. Demain, il pourra mettre sur la place publique les propos que vous avez tenus sur votre patron.

Je regrette le retrait de Griveaux

Admettons que cela ne toucherait pas ceux qui, pour vivre heureux, vivent cachés. Gagnons-nous véritablement à voir dans nos vies publiques que des personnes à la vie privée irréprochable, sachant que cette définition diffère énormément selon les points de vue ? La perspective de subir la divulgation des éléments de la vie privée ne découragera-t-elle pas les meilleurs d’entre nous de briguer des postes exposés ?

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Voilà pourquoi il était urgent de soutenir Benjamin Griveaux et – si on le comprend néanmoins – regretter qu’il ait dû renoncer à sa candidature. Le jour où quelqu’un répondra : « Oui, et alors ? Je vous emmerde », les justiciers du net auront l’air des idiots qu’ils sont réellement. Mais, plus facile à dire qu’à faire. Il me semble que la réussite et la popularité de Donald Trump résident dans cette faculté de répondre : « Oui, et alors ? Je vous emmerde ». On craint à raison la multiplication des caméras à reconnaissance faciale, qui permettent de gérer le crédit social de centaines de millions d’individus en Chine. Aujourd’hui en France, il n’y a pas besoin de reconnaissance faciale, ni d’État. Un type qui ne vous aime pas suffira.

Cela vous fait envie, cette société ? Vivement que le réchauffement climatique nous en débarrasse. Tiens, je vais aller rouler en diesel, pour accélérer ça.

Brexit: les larmes de crocodile

Le cataclysme redouté n’aura pas lieu, mais que d’émotion


Hier, because Brexit, les eurodéputés de la Perfide Albion faisaient leurs grands adieux au parlement européen. Que d’émotion ! Alors que les médias pro-UE ne savent plus trop comment expliquer que l’invasion de sauterelles sur les campagnes anglaises n’aura finalement pas lieu, notre chroniqueur s’amuse et constate que les pays restant dans l’Union continueront de discuter dans la langue de Shakespeare dans l’hémicycle.

 

Trois ans et demi. C’est le temps qu’il a fallu au peuple britannique pour obtenir ce qu’il avait demandé dans les urnes au lieu des deux ans prévus à l’origine par les traités.

Aujourd’hui, c’est fait. « Ce n’est qu’un au-revoir » a résonné au parlement européen. A la radio ce matin, on apprenait que c’est l’impayable Nathalie Loiseau (LREM) qui avait compté parmi les initiateurs de ce chant. En quelle langue ce célèbre chant a-t-il été entonné ? En anglais ? Les députés non anglophones ne se sont jamais autant plaint des réunions exclusivement tenues dans la langue de Shakespeare, l’arrivée des députés LREM, réunis dans le groupe « Renew Europe » en étant les utilisateurs les plus zélés.

Les Brits s’en vont, mais les autres députés continueront de parler anglais entre eux. De l’autre côté de la Manche, on doit bien en rire.

Le parti d’en rire

Il n’y aurait pourtant pas de quoi rire, si nous devions nous résoudre à lire et écouter la plupart des médias de notre bon pays. Il y a deux mois dans ces colonnes, nous n’avions pas été tendre avec ces derniers et nous espérions sans grand espoir une remise en question. Elle n’est évidemment pas venue. Mardi soir, France 2 nous offrait un reportage comme seul le service public de l’audiovisuel en a le secret : « Ces Britanniques qui deviennent Allemands ». Une brave dame a peur de ne plus pouvoir voyager avec son mari et ses enfants de nationalité allemande. Un brave monsieur, dont la grand-mère avait obtenu la citoyenneté britannique après avoir fui l’Allemagne nazie, décide de faire le chemin inverse, fuyant le Brexit. Kolossale finesse ! vous avez compris, braves téléspectateurs, le Brexit, c’est comme le nazisme, il faut le fuir !

A la fin du reportage, on apprend néanmoins que le Brexit consommé, l’Allemagne, ce pays tellement plus ouvert que le Royaume-Uni, n’acceptera plus la double-nationalité pour les ressortissants d’un pays hors-UE. Il faudra choisir. C’est ballot !

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Avant le scrutin de l’été 2016, on se souvient que les dix plaies d’Egypte devaient s’abattre sur ce peuple réfractaire – ils ne sont pourtant pas gaulois – en cas de mauvaise décision. Et on nous annonçait la catastrophe pour le lendemain du scrutin, pas pour le moment où le Brexit serait effectif. Ensuite, voyant que lesdites plaies se faisaient attendre, et que la santé économique du Royaume, loin de chanceler, s’améliorait, on nous faisait valoir que c’était parce que le Brexit n’était pas encore entré en application… Nous y sommes enfin.

Gageons que si tous ces malheurs ne s’abattaient pas à minuit sur la Perfide Albion, les mêmes étaleront encore leur mauvaise foi. Et si l’on en croit une note du FMI, ils devront encore faire preuve de ressources en la matière.

Châtier les Britanniques?

Jean Quatremer ou Valérie Pécresse avaient lâché le morceau il y a quelques mois: il faut absolument que les Britanniques souffrent de cette décision de quitter l’Union européenne. Il faut les punir.

Entendons-nous : il est totalement compréhensible que le gouvernement français défende les intérêts nationaux dans la négociation du divorce. Par exemple, il n’y a aucun cadeau à faire aux Britanniques en matière d’accès de nos pêcheurs aux eaux territoriales britanniques. C’est vrai aussi en matière d’immigration ou de la fixation de la frontière de leur Royaume en vertu des accords du Touquet, les Français seraient inspirés de repousser la frontière de Calais à Douvres. Non : les propos de Quatremer, Pécresse ou d’autres n’étaient pas prononcés sur le registre de la défense des intérêts nationaux. Il s’agissait de faire un exemple. Derrière ces pathétiques menaces se cache la trouille que d’autres pays s’aperçoivent qu’on peut vivre sans l’Union européenne. Que quitter cette dernière comporte quelques inconvénients, mais qu’on peut aussi retirer bien des avantages à la souveraineté retrouvée. Et si la tentation de quitter l’UE devenait contagieuse, façon Coronavirus ?

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Tandis que la rédaction de France 2 comme de nombreuses autres continue de réciter son catéchisme européen, on a compris du côté de Berlin ou de Bruxelles qu’il fallait sans doute afficher davantage de modestie après ce départ, mais aussi après d’autres progressions électorales souverainistes. L’heure n’est plus à prévoir un nouveau traité encore plus fédéraliste que le précédent, mais à afficher – au moins – son attachement à la protection des identités nationales. La création d’une vice-présidence de la Commission européenne à la « promotion de notre mode de vie européen » n’est-elle pas un signe envoyé à ceux que cela démange d’imiter les Britanniques ?

Ce 31 janvier est historique car il démontre que la fameuse construction européenne dont on nous avait longtemps expliqué, à l’instar de Che Guevara, qu’elle était comme une bicyclette, tombant si elle n’avançait plus, a fait une pause. Et que c’était sans doute la seule manière de ne pas faire imploser définitivement l’UE.

Le Chirac Tour continue!

Le Chirac Tour continue!


À Jérusalem, agacé par les agents de sécurité israéliens, Macron nous a fait une Chirac! Et si le Chirac Tour ne faisait que commencer?


Notre président a fait des siennes à Jérusalem. Hier, la vidéo de son altercation avec la police israélienne a connu le bruit médiatique qu’il espérait sans doute. L’acteur Emmanuel Macron, celui qui est né au lycée de la Providence à Amiens, au contact d’un professeur auquel il demeure très attaché, a réalisé une imitation de Jacques Chirac que nous qualifierons de belle facture. Sa pratique de la langue de Shakespeare, d’habitude si élégante, s’est muée en un anglais qui rappelait en effet celui de son lointain prédécesseur, mais aussi celui, encore plus drôle, de Jacques Delors. Certains ont moqué le manque de spontanéité. Telle n’est pas notre intention. Nous ne participerons pas ce concert de lèse-majesté.

Au contraire, nous souhaitons même encourager cette louable intention et lui prodiguer des conseils, en l’occurrence un agenda précis et les paroles à prononcer afin de réaliser le Chirac Tour que toute la France attend.

Jeudi 23 janvier – Aller au concert de Madonna. Prévoir que cette dernière lui jette sa culotte.

Vendredi 24 janvier – Orléans – « Hier je me promenais avec Édouard Philippe à La Goutte d’or. Imaginez ce travailleur français qui vit à la Goutte d’or. Et qui a sur son palier une famille avec le père avec trois ou quatre femmes et une quinzaine de gosses, qui touche 20000 euros d’allocs sans naturellement travailler. Si on rajoute le bruit et l’odeur, le travailleur français, il devient fou. Il devient fou ! »

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Mercredi 29 janvier – Parlement européen – « Tout nous conduit à penser que, derrière le masque des mots et le jargon des technocrates, on prépare l’inféodation de la France, on consent à l’idée de son abaissement. […] Comme toujours quand il s’agit de l’abaissement de la France, le parti de l’étranger est à l’œuvre avec sa voix paisible et rassurante. Français, ne l’écoutez pas. C’est l’engourdissement qui précède la paix de la mort ».

Jeudi 6 février – Élysée, discours aux forces vives – « Et je voudrais saluer Stanislas Guerini, qui est probablement le meilleur d’entre nous ».

Mardi 11 février – Tarmac de l’aéroport du Bourget, au pied de l’avion présidentiel – Prière adressée à genoux à l’adresse de Sainte Greta Thunberg – « Notre maison brûle. Et, nous regardons ailleurs ».

Samedi 22 février – Discours d’inauguration du salon de l’agriculture –  « J’aime les pommes. Chez moi en Picardie, on a des pommes avec lesquelles on fait un petit cidre sans prétention, mais que j’aime bien ».

Dimanche 8 mars – Discours prononcé à l’occasion de la Journée internationale du droit des femmes – « Pour moi la femme idéale c’est la femme picarde, celle de l’ancien temps, dure à la peine, qui sert les hommes à table, ne s’assied jamais avec eux et ne parle pas ».

Mardi 21 avril – Message télévisé aux Français – Élysée – « Après consultation du premier ministre et des présidents des deux assemblées, j’ai décidé de dissoudre l’Assemblée nationale ».

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Fin de la plaisanterie.

Dans les années soixante-dix, Pierre Tchernia réalisait un film inoubliable, écrit par Jean Poiret, La gueule de l’autre. Martial Perrin, joué par Michel Serrault, et qui avait des mimiques qui rappelaient celles de Jacques Chirac, craignait la vengeance d’un tueur et se faisait remplacer par son cousin Gilbert Brossard, joué par le même Serrault, comédien raté qui jouait dans des publicités pour déodorant. A la fin du film, il était opposé à un personnage joué par Roger Carel dans un débat et prononçait ces mots : « Vous trouvez que je ne suis pas un bon comédien ? ».

À Jérusalem, il y avait davantage de Gilbert

Les Parisiens de droite vont-ils voter Dati?


Apeuré par Anne Hidalgo, terrorisé par les hordes de cégétistes, l’électorat conservateur parisien est tenté de se rapprocher de la majorité présidentielle. Un mauvais calcul.


Les conservateurs sont souvent de grands naïfs. Parfois férus d’histoire politique, lecteurs de Sainte-Marie et Fourquet, ils peuvent vous parler de la tectonique des plaques politiques et être intarissables pour fustiger la modernité sociétale. Mais quand viennent les travaux pratiques, on ne les reconnaît plus. Ils s’inventent des croquemitaines et continuent de réfléchir comme s’ils n’avaient rien lu, comme si rien ne s’était passé en France depuis 2017.

Délivrez-nous de la CGT !

Voyez nos amis conservateurs parisiens, par exemple. En ce moment même. Ils ne pensent plus qu’à deux croquemitaines, Philippe Martinez et Anne Hidalgo. L’an dernier, parmi eux, certains n’avaient peut-être pas abandonné François-Xavier Bellamy pour Nathalie Loiseau, par goût du parti de l’Ordre contre l’affreux gilet jaune qui venait de province, couteau entre les dents. Parfois, ceux-là avaient même été sensibles à ce cri qui venait des entrailles du pays.

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Mais quand il s’agit de l’horrible Martinez ou de la maire de Paris, les réflexes grégaires reviennent et les belles théories s’envolent comme par enchantement. Ainsi pour la réforme des retraites, on ne voit plus que l’ennemi CGT qui lutte pour ses privilèges. Edouard Philippe l’a bien compris, lui qui se montre si inflexible sur l’âge pivot et veut rejouer à son avantage l’épreuve de forces perdue en 1995 par son mentor Alain Juppé. Et là, nos conservateurs sont aux anges. Vas-y Edouard, délivre-nous du Mal syndical ! Tu es des nôtres, tu as bouffé du Martinez comme les au-au-tres ! Voilà pour le premier croquemitaine. La seconde, Anne Hidalgo, joue un rôle encore plus efficace, sur le plan politique. Depuis quelques mois, une petite musique résonne (à défaut de raisonner) : plutôt Griveaux qu’Hidalgo. Cette musique est tellement jouée qu’elle est parvenue jusqu’aux oreilles de la commission d’investiture de LR qui a mis Rachida Dati en colère ce mercredi en désignant Geoffroy Boulard comme tête de liste dans le XVIIe arrondissement contre l’avis de l’ex-garde des sceaux et en son absence. Boulard, soutenu par Frédéric Péchenard, proche parmi les proches de Nicolas Sarkozy, n’a jamais caché sa Macron-compatibilité. Dati le soupçonne clairement – et sans doute à juste titre – de devoir basculer dans le camp Griveaux s’il le juge mieux placé pour renverser Anne Hidalgo. Et nos conservateurs parisiens sont tout à fait dans cet état d’esprit. Pour renverser Anne Hidalgo, tous les moyens sont bons, va pour l’ancien ministre du gouvernement d’Emmanuel Macron. D’ailleurs, Griveaux n’a-t-il pas pour porte-parole Marie-Laure Harel, ex de l’UMP ?

Chacun ses convictions

C’est le moment de m’adresser directement à ceux qui font ce calcul. Mais qu’est-ce que vous croyez ? Que, parce que Benjamin Griveaux aura remplacé Anne Hidalgo à l’Hôtel de Ville, tout ce qui vous fait horreur sur le plan sociétal s’envolera par enchantement ? Croyez-vous que l’écriture inclusive disparaîtra instantanément des communiqués de la Ville ? Qu’on n’y célèbrera plus le « matrimoine » en sus du patrimoine ? Qu’on ne fera plus sans arrêt l’éloge de la diversité, qu’on ne se vautrera plus dans le « vivre-ensemblisme » qui vous fait tant horreur ? Que la vie des Parisiens ne sera pas complètement réglée sur le compte à rebours des JO 2024 ?

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Pardonnez-moi, mais si vous le pensez, vous vous mettez le doigt dans l’œil jusqu’au coude. A moins que ne fassiez seulement le pari qu’avec Griveaux, au minimum les comptes seront bien tenus et les impôts n’augmenteront pas autant qu’avec Anne Hidalgo. Dans ce cas, vous feriez exactement le même pari que vos devanciers ayant lâché le conservateur Bellamy pour la progressiste Loiseau, réfléchissant davantage avec leurs portefeuilles qu’avec leurs convictions profondes.

Je vous vois venir. Vous allez me répondre que je ne vis pas à Paris et que je me montre bien égoïste de vous enjoindre à en reprendre pour six années d’Hidalgo supplémentaires. Egoïste vous-même, serais-je tenté de vous rétorquer.

L’avertissement de Jérôme Sainte-Marie

Je vise aussi les élus LR de province qui ont des étoiles dans les yeux quand ils parlent des « réformes du président », et ne voient absolument aucun inconvénient à s’allier avec LREM dans des listes municipales aujourd’hui, régionales demain. Qui se disent que la lutte contre la PMA, c’est bien gentil mais il ne faudrait pas prendre plaisir à « passer pour des archaïques ». Nous en collectionnons quelques beaux spécimens jusqu’en Franche-Comté. Mais surtout, si pour avoir un Hidalgo en un peu moins pire, vous installez l’idée que LREM est devenu l’alliée naturelle de ce que certains appellent encore la droite et que d’autres nomment « les conservateurs », vous acceptez la satellisation. Pire : vous l’actez. En fantasmant un monde qui s’organise selon le clivage droite-gauche, comme si on refaisait la sainte alliance du RPR (LR) avec l’UDF (LREM) contre les méchants bolchéviks le couteau entre les dents, vous vous trompez d’époque. Vous oubliez la théorie des blocs de Jérôme Sainte-Marie. Vous intégrez doucement mais sûrement le « bloc élitaire » dominé par le « progressisme » d’Emmanuel Macron. Qu’importe si d’aucuns croient profiter d’un effondrement du président pour y troquer François Baroin ou un autre, c’est dans cette géographie que vous subirez l’influence idéologique de tout ce que vous abhorrez, en matière de progressisme sociétal comme de naïveté sur les sujets régaliens.

Il ne sert à rien d’utiliser sans cesse le terme d’idiot utile pour en devenir un soi-même.

Triomphe de Boris Johnson: la défaite de nos médias

Ils nous disaient que le Brexiter ne pouvait pas gagner…


Au Royaume-Uni, le Premier ministre conservateur Boris Johnson vient d’obtenir un plébiscite pro-Brexit. La presse, la radio et la télévision hexagonales, prétendaient que les Britanniques regrettaient le Brexit. Se remettront-elles en question? Rien n’est moins sûr…


On nous avait dit que les Britanniques regrettaient le Brexit.

On nous avait dit qu’ils regrettaient d’avoir pris cette si mauvaise décision, abreuvés de fake news.

On nous avait même dit qu’ils s’en repentaient. Pourtant, aucune image des files de citoyens de Sa Majesté en train de se flageller avec des orties fraîches ne nous avait été proposée.

On nous avait dit que les Britanniques avaient compris que c’était très mal de tricher avec le Sens de l’Histoire.

On nous avait dit que Boris Johnson était au mieux un clown, au pire un sous-Trump.

On nous avait dit – dans la si sérieuse émission C dans l’air – que BoJo pouvait même perdre son siège face à un si sympathique candidat travailliste d’origine pakistanaise.

On nous avait dit que les Britanniques voulaient un autre référendum.

On nous avait dit qu’entre BoJo le clown et Corbyn, qu’on soupçonnait – plutôt à juste titre – de tolérer l’antisémitisme dans son parti, émergeraient les LibDem,  vieux parti Brit’ émanation paradoxale d’un macronisme anglais. Sage. Jeune. Moderne.

On nous avait dit que Johnson ne pensait qu’à profiter du Brexit pour faire du Royaume une sorte de Singapour local, en super-thatchérien qu’il était.

On nous avait dit que des légions de jeunes s’étaient inscrites sur les listes électorales, et seraient au-rendez vous de l’avenir. Européen. Forcément européen.

Et puis, ce matin, patatras.

Les Tories ont triomphé. BoJo le clown a sa majorité. Absolue, la majorité. La plus large depuis quarante ans.

Corbyn a perdu. Les LibDem ont treize sièges. Farage n’en a aucun. Inutile, Farage. Puisque les Tories de Johsnon font le job (M’entends-tu, Christian Jacob ?).

Au nord, dans les fiefs du Labour, le peuple qui votait à gauche mais qui avait plébiscité le Brexit en 2016, a sanctionné Corbyn, après l’avoir vu délibérément tenter d’annuler leur décision souveraine aux Communes.

Les Tories ont gagné après avoir mené une campagne qui tournait le dos au thatchérisme, célébrant le retour de l’Etat dans l’économie.

Boris Johnson va pouvoir faire voter l’accord qu’il avait arraché à Michel Barnier, en assumant le rapport de forces que cette pauvre Mrs May n’avait pas osé tenter.

On aimerait voir la réaction dans la plupart des rédactions françaises ce matin. Au Monde, notre grand quotidien de référence, bien sûr. Autour de Madame Lapix, aussi. Chez Joffrin. J’allais oublier la joyeuse bande du Bien et du Juste de France Inter. Quant à Yves Calvi ce matin sur RTL, il ne s’y attardait pas trop. Il préférait continuer de gloser sur le blocage de notre bon pays par des hordes gauchistes.

La tentation serait de demander des comptes à tous ces gens et les accuser d’avoir menti sciemment. Ce serait une erreur. Car le pire, c’est qu’ils étaient de bonne foi. N’y voyons pas un complot médiatique. Pour la plupart, ils sont tellement prisonniers de leurs schémas mentaux qu’ils croyaient sincèrement aux calembredaines qu’ils débitaient à l’échelle industrielle. Ils dénonçaient les fake news des brexiters, ce n’était pas pour en créer à leur tour ! Imaginez le reporter du service public de radio ou de télévision, formé par l’ESJ de Lille, et qui vit chaque minute sa vie professionnelle au service du Bien contre le Mal (Non, vous n’êtes pas dans un épisode de Goldorak, mais dans une rédaction française). Imaginez-le, pendant ses week-ends à Londres, tâter le pouls de la Ville-Monde, pourquoi pas participer aux grandes manifestations londoniennes contre la fermeture, contre la xénophobie, contre le populisme. Imaginez-le, ébloui par la marée de drapeaux bleus et étoilés, ignorant tous les vieux cons beaufs qui avaient voté Leave en 2016, inondés par la propagande poutino-trumpienne. Ce reporter, il est sincère, il n’est pas menteur. Il est bon, il n’est pas cynique. Il est idiot, il n’est pas manipulateur.

Pendant deux jours, comme au lendemain de la victoire de Trump, il y aura peut-être une légère remise en question. On invitera un ou deux experts qu’on n’a pas vu depuis quelques mois, lesquels avaient été plus lucides que les autres. En 2016, on avait ainsi troqué Nicole Bacharan, la femme qui disait que Trump ne pouvait pas gagner, ni les élections présidentielles, ni même la primaire républicaine, par Laure Mandeville du Figaro, qui avait été une des seules à avoir des yeux.

Très vite, tout était rentré dans l’ordre. On a pardonné à Nicole. Elle est revenue. Deux jours de remise en question ? Peut-être trois ? Ou pas du tout ? Faites vos jeux !

Pradié, c’est Marlène Schiappa chez les LR


Le nouveau secrétaire général des Républicains Aurélien Pradié a décidé d’exclure du parti Erik Tegnér, coupable de frayer avec la droite de la droite. Le jeune député du Lot, lui, a tout d’un progressiste !


Rassembler, rassembler, rassembler. Tels étaient les trois mots d’ordre de la campagne interne de Christian Jacob, désignant en creux le caractère trop clivant de ses deux adversaires: Julien Aubert et Guillaume Larrivé. Son meilleur atout, résumait joliment Mediapart, était de ne s’être prononcé sur rien.

Rassembleur toi-même!

Mais, il faut toujours se méfier. Lorsqu’un chiraquien parle de rassemblement, il se prépare toujours un repli et une volonté d’exclusion. En 1990, Alain Juppé fustigeait le duo Pasqua-Séguin, coupable de vouloir instaurer un « Front national bis », et prenait la décision d’exclure Alain Carignon, parce que ce dernier appelait à voter PS contre le FN dans une cantonale partielle à Villeurbanne. En 2002, Chirac la jouait front républicain et était élu avec toutes les voix de gauche contre la Bête immonde. Puis n’ouvrait à personne et construisait un gouvernement 100% UMP! Dans le Jura en 1998, le secrétaire départemental et député chiraquien proposait d’exclure un secrétaire de circonscription pour avoir tenu des propos désobligeants sur Jacques Chirac dans une lettre de… démission.

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Il y avait donc bien des raisons de se méfier pour tous des militants LR tenant un discours différent du président élu. Et c’est Erik Tegnér qui en a fait les frais. Celui-ci a appris il y a quelques jours qu’il faisait l’objet d’une procédure d’exclusion, dans une lettre signée par la présidente de la fédération LR de Paris, Agnès Evren. Celle-ci dit avoir été saisie par Aurélien Pradié, nouveau secrétaire général, nommé par Christian Jacob.

Aurélien Pradié, fort avec les faibles

Quel est le crime de Tegnér ? A-t-il soutenu un autre candidat que celui investi par son parti dans telle ou telle élection ? Pas du tout ! A-t-il tenu des propos désobligeants envers la direction de LR ? Encore moins ! Il a seulement développé une stratégie d’alliance alternative, sans jamais la mettre en œuvre. Il fait ainsi vivre le débat démocratique interne, comme chaque adhérent a le droit voire le devoir de le faire.

Alors que la droite est terriblement affaiblie, ladite stratégie – dite d’union des droites – ne me semble pas être la plus adaptée, dans le contexte de disparition du clivage droite-gauche et de sa substitution par le clivage bloc élitaire versus bloc populaire, cher à Jérôme Sainte-Marie (je vous renvoie à la lecture du dernier numéro de Causeur en kiosque depuis mercredi). Mais exclure Erik Tegnér parce qu’il a donné son avis, c’est ériger un délit d’opinion. Rassembler, qu’il disait… Julien Aubert et Guillaume Larrivé ont d’ailleurs apporté leur soutien à Erik Tegnér, alors qu’ils ne partagent pas cette stratégie d’union des droites.

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En fait, ce qui doit intéresser l’observateur, ce n’est pas tant le sort réservé à un militant de base que la personnalité du nouveau secrétaire général. Aurélien Pradié s’est donc attaqué à un jeune militant à la langue un peu trop pendue. Fort avec les faibles.

Goût du buzz

Aurélien Pradié explique à qui veut bien l’entendre que LR doit désormais abandonner les terrains régaliens trop sulfureux qu’occupait Laurent Wauquiez, pour d’autres, plus consensuels. Ainsi, il s’enorgueillit d’avoir grillé la politesse à LREM à propos de deux sujets: les violences conjugales et le handicap. Le parti macroniste s’en est d’ailleurs ému, dénonçant le goût du buzz du député du Lot.

Pradié aurait-il pour ambition de devenir la Marlène Schiappa des LR? Et si, pour ne surtout pas passer pour un archaïque, pour ne pas se voir accusé d’être conservateur, le nouveau secrétaire général décidait de surprendre davantage encore, en faisant rédiger les mails internes de la Rue de Vaugirard en écriture inclusive? Imaginez alors la tête que feraient certains des soutiens de Christian Jacob, au siège national du parti ou dans les fédés!

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Les dernières investitures le montrent: s’associer avec LREM ne gêne aucunement la nouvelle direction des Républicains. Ce qui ajoute d’ailleurs au scandale de la procédure lancée contre Tegnér. Proposer qu’on s’allie avec le RN vaut exclusion, mais s’allier carrément avec LREM est validé. Allez comprendre! Comme nous l’avons expliqué récemmentil s’agit pour la nouvelle direction de concurrencer le parti du président sur le terrain électoral du « bloc élitaire », en misant toutes ses cartes sur l’effondrement personnel d’Emmanuel Macron. Attention, si ce coup de poker ne fonctionne pas, LR vivra le destin du PRG. Pour un secrétaire général originaire du Quercy, pays de Maurice Faure, la boucle serait bouclée.