Présentation

A les entendre, on croirait que les journalistes sont des obsédés du décryptage. En réalité, ils ne « décryptent » rien et surtout pas leur propre discours. Cousu de formules toutes faites et de mots préconçus jamais remis en cause, le discours médiatique est un code de lecture du monde qui oriente fortement notre compréhension de l’actualité. Plus exactement, les journalistes s’emploient à l’orienter en vertu de ce qu’ils considèrent comme leur responsabilité morale, une éthique du bien qui leur fait parfois oublier jusqu’à l’éthique du vrai, pourtant au cœur de leur profession. Notons que cette fonction du journaliste comme directeur de conscience n’est pas toujours ouvertement assumée, ainsi qu’en témoigne le mythe persistant de la neutralité journalistique, entretenu par les principaux intéressés. On ne saurait s’étonner, dès lors, que la profession de journaliste soit de celles qui, selon de récents sondages, nous inspirent le moins confiance. Mais, il faut bien le reconnaître, même ceux d’entre nous qui rejettent de manière systématique et radicale le pré-pensé médiatique se positionnent en réalité par rapport à lui. S’il ne domine plus au sein de la population, ce discours reste néanmoins porteur des thèses officielles et surtout, de la morale officielle, avec ses dogmes intouchables et ses croyances irrationnelles qui définissent l’esprit d’une époque, la nôtre : le bain idéologique qui nous sied ou nous agace mais dont nous ne saurions nous extraire, puisqu’il façonne jusqu’à notre vocabulaire. C’est ce conditionnement par les mots que j’ai mis en évidence dans mon livre, la Langue des médias (L’Artilleur, 2016), et que je me propose d’examiner sur ce blog.

10 réflexions au sujet de « Présentation »

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  3. Bonjour,

    J’aime beaucoup votre blog. J’aimerais votre opinion, voire un papier ce qui serait formidable, sur une habitude médiatique que je trouve choquante.

    De plus en plus, les journalistes parlent des ‘Anonymes’ : la foule des anonymes, recueillement de centaines d’anonymes etc… Or toutes ces personnes ont un nom. Elles ne sont pas ‘anonymes’. Si je suis dans une foule, je ne suis pas anonyme pour autant : j’ai un nom moi aussi. Cette dérive m’a même permis une fois de voir sur BFMTV une journaliste disant , je vais demander son opinion à cette anonyme venue assister à la ceremonie , ‘Bonjour Isabelle, que pensez vous ….’ etc…
    Pathétique !

  4. Bonjour,

    Je viens de découvrir votre blog. Vos analyses du discours médiatique sont fines et bien souvent mordantes. Vous avez le regard aiguisé de ceux qui ont l’ouïe fine!

  5. Ce 17 mai sur les infos de mon smartphone et ce, quel que soit l’article (Gaza, Zad, Maquis du Morbihan ou Affaire Gregory etc), il n’est pas un.e journaliste qui n’utilise à mauvais escient le verbe « décimer » mais qui tous, du Point au Monde, l’Obs ou Charlie, l’utilisent. Ingrid, avec votre œil de lynx, me donnerez vous une explication ? Si oui, merci et si non, bonjour quand même. MH

  6. Chère Madame,

    N’ayant pas trouvé d’autres moyens de vous contacter, c’est ici que je vous fait parvenir ma demande.
    Actuellement en troisième année de double-licence en Lettres et Sciences politiques, j’étudie cette année les malaises dans la civilisation libérale dans le cadre d’un séminaire de recherche en Philosophie Politique.
    J’ai choisi comme ouvrage pour mon travail d’analyse, de critique et de recherche votre livre « La Langue des médias – destruction du langage et fabrication du consentement ». C’est pourquoi j’aurais aimé, si cela vous est possible, vous poser quelques questions qui apparaitront sans aucun doute au fur et à mesure de mon étude, voir même avoir de votre part quelques indications d’ouvrages ayant servis à la rédaction de votre livre ou à l’alimentation de votre réflexion.
    Serait-il donc possible que nous nous contactions par e-mail?

    Dans l’attente de votre réponse, je vous prie de recevoir, Madame, l’assurance de mon profond respect.

    G. Dabas

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