Commission pochard

C’est du brut de décoffrage, trouvé ce matin sur le site de l’AEF… Le rapport doit être officiellemebt présenté lundi 4 février. Il a été remis avant-hier au ministère.
Bonne lecture à toutes et à tous…
JPB

CONFIDENTIEL. Commission Pochard: repenser les carrières enseignantes

Rénover la gestion des ressources humaines dans l’Éducation nationale est un « axe d’évolution susceptible de recueillir l’adhésion », estime la commission Pochard, dans la conclusion de son pré-rapport, document que l’AEF s’est procuré (L’AEF n°90742). Le rapport sera remis officiellement au ministre de l’Éducation nationale, lundi 4 février 2008. La commission propose de diversifier et d’ouvrir les carrières, de mettre en place des cycles de carrière, d’organiser des parcours professionnels pour les enseignants, et de repenser leur évaluation et leur affectation.

ACCOMPAGNER ET DIVERSIFIER

Pour diversifier les carrières, la commission recommande de s’appuyer sur les moyens existants: détachement, mise à disposition, mise en disponibilité, en les utilisant davantage. Le dispositif de seconde carrière qui permet à un enseignant d’être détaché dans d’autres ministères doit être davantage exploité, tout comme le détachement européen mis en place en 2002 pour développer la mobilité des fonctionnaires au sein des États européens. Autre solution: promouvoir les passages entre les premier et second degrés, via les détachements de carrière en classe de 6ème. La commission insiste sur la gestion du retour de détachement, souvent difficile.

Pour la commission, les enseignants « ont besoin d’accompagnement ». Ils doivent bénéficier des possibilités d’une diversification professionnelle:
– soit par la mobilité fonctionnelle: service mixte entre formation initiale des élèves et formation continue des adultes, temps partagé entre 1er et second degré et un établissement du supérieur.
– soit par la mobilité externe: avec d’éventuels débouchés sur le marché de la formation professionnelle, la mise en place autour des préfets de Région de bourses d’échange entre les emplois des trois fonctions publiques, ou grâce à des partenariats avec des branches professionnelles pour l’insertion temporaire d’enseignants.

RECONNAÎTRE LES CYCLES

La reconnaissance des cycles professionnels constitue un des axes forts du document. La commission identifie trois cycles:
– l’entrée dans le métier, qui nécessite un accompagnement managérial développé (par un tuteur ou le chef d’établissement),
– le tournant de carrière, quinze, vingt ans après l’entrée dans le métier: « c’est à ce moment que doit avoir lieu un rendez-vous de carrière fonctionnel », qui donnerait aux enseignants l’occasion de « faire le point ». Des rendez-vous de carrière pourraient aussi être menés tous les 10 ans, avec l’inspection et le service ressources humaines du rectorat. « Ces rendez-vous de carrière devraient déboucher sur un véritable contrat de développement professionnel engageant le cadre et l’institution ». Enfin, estime la commission, tous les enseignants devraient avoir droit à un bilan de compétence.
– la fin de carrière nécessite également un accompagnement, et une « gestion dynamique », en valorisant l’expérience acquise, en assurant le développement et le maintien de leurs compétences et en leur offrant de nouvelles perspectives professionnelles (coordination pédagogique par exemple).

RESPIRER

La commission ne manque pas de souligner l’importance de temps de respiration pendant la carrière, tous les dix ans par exemple. Cela doit permettre à l’enseignant de conserver un lien avec la recherche universitaire dans sa discipline, et de se former à de nouvelles techniques.

Au total, la commission se prononce pour une diversification des carrières: carrières programmées pour des enseignants dont la qualité professionnelle est attestée, sous forme d’un contrat entre le professeur et l’institution, carrières conseillées pour les enseignants dont « l’appétence a été repérée » et des carrières « plus classiques » avec un avancement à la seule ancienneté.

RÉNOVER LA NOTATION

La commission souhaite rénover profondément le système de notation. Plusieurs hypothèses sont envisagées:
– supprimer la notation, sans la remplacer par un autre mode dévaluation: la commission n’y est pas favorable;
– remplacer la note chiffrée, ou au moins en faire l’économie certaines années, par un entretien professionnel tous les 3 ou 4 ans, avec l’inspecteur et le chef d’établissement;
– évoluer vers des formes d’évaluation « plus collectives »: auto-évaluation par les enseignants, évaluations collectives à la performance comme en Finlande, ou organisation d’audits collectifs réalisés par des organismes indépendants;
– développer la pratique de regards croisés des inspecteurs et de chefs d’établissement dans le processus d’évaluation: une hypothèse à laquelle la commission est « sensible ».

La commission suggère en outre de rendre obligatoire la formation continue, et la considérer comme « un des accélérateurs du déroulement de carrière ».

MIEUX AFFECTER LES JEUNES ENSEIGNANTS

La politique d’affectation, en particulier des jeunes enseignants, doit être revue: l’Éducation nationale doit ainsi cesser d’affecter par défaut les néo-titulaires dans les postes difficiles, souligne la commission. La solution consistant à renforcer l’attractivité de ces postes, notamment financièrement, est jugée insuffisante. La commission prône une autre politique: être beaucoup plus exigeant dans l’affectation des néo-titulaires, encadrer les conditions de ces affectations, fixer un taux maximum de néo-entrants dans le corps enseignant d’un établissement, mobiliser les enseignants volontaires pour travailler en zone difficile, personnaliser les mesures d’attractivité sous forme d’un contrat par exemple, instaurer des dispositifs complémentaires d’accueil en particulier pour le logement.

Cum commento :
Evidemment il y a encore d’autres points dans ledit rapport, qui est aussi fourre-tout que celui d’Attali (qu(est-ce que Rocard est allé faire dans une galère où ramait déjà Forestier…). La suite — et pas de smoindres — dans deux ou trois jours.
Jean-Paul Brighelli

En attendant

Salut à toutes et à tous…

Des problèmes informatiques m’ont empêché d’intervenir depuis huit ou dix jours. Et apparemment, les unes et les autres ont été si intelligemment prolixes que tout s’est clos, pour cause de trop-plein.

J’ouvre ce fil en attendant que je puisse réintervenir en personne.

Avec mes excuses plates et réitérées…

JPB

Meilleurs voeux

Souhaiter, c’est paraît-il se souhaiter.
Alors, faisons un rêve…

Souhaitons-nous une année 2008 plus drôle que 2007 — ça ne mange pas de pain.

Souhaitons-nous une école sur la voie de la refondation, de la Maternelle à l’Université — et ce serait le même ministre qui s’occuperait des deux, ça ne serait pas plus mal, tiens ! Ça éviterait les querelles sur les classes prépas, sur la formation des maîtres, ou l’extermination (ou la spécialisation) des IUFM, le double-langage sur la morgue des présidents d’université, sur le conservatisme des syndicats « installés », les programmes à revoir ou à refaire, le chaînon faible et le chaînon manquant, et j’en passe.

Souhaitons-nous de beaux livres à lire, des livres qui nous donneront envie d’en écrire, ou qui nous enrichiront d’une manière ou d’une autre. Des livres que nous ferons lire à d’autres — y compris à ceux qui ne lisent pas.

Souhaitons-nous un ministère qui cesse de nous amuser avec l’égalité des chances, et qui se prononce plus simplement pour l’équité, l’instruction à l’école, l’éducation à la maison. Chacun au plus haut de ses capacités — pas en fonction du carnet d’adresses de papa-maman. Les premiers seront les premiers — mais on s’occupera aussi des derniers.

Souhaitons-nous un monde sans démagogie, sans Antibi, sans Meirieu, sans Frackowiack, sans fossoyeurs ni vautours, sans commission Pochard, un monde où l’on prendrait des décisions que l’on ferait appliquer — je rêve…

Souhaitons-nous ici sur ce blog des commentaires sans cesse plus futés, affûtés, astucieux, ironiques, amoureux-déçus, mais amoureux encore.

Merci à tous ceux qui viennent, à tous ceux qui passent, et à tous ceux qui flâneront ici — merci aux suggestions, aux remarques fines ou acerbes — merci même aux insultes, on en sort grandi, comme d’habitude.

Souhaitons-nous de toujours souhaiter, de toujours espérer, et de toujours nous battre.

« Tels ils parlaient dans les avoines folles
Et la nuit seule entendit leurs paroles… »

Jean-Paul Brighelli

PS. Ces vœux sont collectifs et non limitatifs. Quant à ceux que je connais, quant à ceux que j’aime (un peu, beaucoup, passionnément…), ils savent ce que je leur souhaite — puisque je me le souhaite…