More dead cops !

Flic, franchement, c’est difficile.
Qu’un peuple qui a cru intelligent de garder comme symbole le coq hérité des Gaulois vous traite de « poulet », passe encore. Entre volatiles…
Qu’un gouvernement qui vous paie mal vous enjoigne de réprimer des gens tout aussi mal payés que vous et qui l’admettent mal, bon, c’est le job. Pas drôle, mais c’est le job.
Que des truands ou des islamistes vous prennent pour cibles, quand vous savez que les gilets dont vous disposez n’arrêtent rien au-delà du calibre 7,65 — et certainement pas des balles de kalachnikov, il y a de quoi la trouver saumâtre. Vous êtes membre de la BAC, en première ligne dans les « quartiers » — et ailleurs, parce que la criminalité n’a pas de frontières, et voici ce que vous lisez tous les jours : Lire la suite

See EU later !

Ah, le chœur des vierges ! L’Angleterre a voté Non. What a surprise !
Les journalistes s’émeuvent, les boursiers aussi, les marchés s’affolent, les fonctionnaires bruxellois s’agitent.
Autant de gens dont nous n’avons cure.
L’Ecosse pourrait bien en profiter pour devenir indépendante et enterrer enfin Edouard le Confesseur, la Suède envisage déjà un référendum (pas la France : nous, nous ne sommes démocrates que lorsque ça arrange Goldmann Sachs), les Bourses asiatiques, réveillées en temps réel, s’effondrent. Ciel, mon vendredi ! Lire la suite

« Je suis Marianne »

C’est donc le dernier livre (paru en janvier, oui, je sais, je date, mais bon, tant de sollicitations…) de Lydia Guirous, éphémère porte-parole des « Républicains », virée pour cause de langue bien pendue. À tel point que Luc Le Vaillant, qui est à peu près le dernier à ne pas penser courbe chez Libé, en arrive à la plaindre.
À tel point aussi que Yann Moix, le sémillant roquet de la Pensée Unique et du Bien réunis, a cru intelligent de l’agresser sauvagement quand elle est passée à On n’est pas couché.
Pour mémoire, Lydia Guirous avait écrit il y a deux ans Allah est grand, la République aussi — et le parallèle entre Allah l’Incomparable et la Gueuse, comme disent les ultra-cathos, lui a amené quelques tombereaux d’insultes et de menaces. Lire la suite

Lard et la manière

P’tit Larousse et P’tit Robert font la part belle, cette année, aux mots de la cuisine : déplorable effet de mode, écho d’émissions culinaires typiques d’une époque où le téléspectateur moyen s’extasie devant des plats dont il ne peut plus se payer les matières premières — Barthes expliquait déjà cela à l’époque des fiches de cuisine de Elle .
Mais en dehors du vocabulaire professionnel de la cuisine, il y a bien un vocabulaire spécifique de la gastronomie, ou plutôt un usage gastronomique du vocabulaire. Ecoutez plutôt : Lire la suite

Les formations accélérées sont les meilleures

En attendant que les hordes de supporters débarquent, et que la « fan zone » (ça m’énerve, ces anglicismes inutiles) de la plage du Prado, qui rassemblera au premier match des milliers de supporters anglais ivres-morts, quelques poignées de Russes bourrés et des dizaines de milliers de Marseillais fanatisés, offre une cible de choix à n’importe quel ivrogne armé qui se prendra pour un djihadiste…
Oui, pendant ce temps-là, la police se prépare à un éventuel attentat modèle Bataclan. En l’occurrence, toute la police marseillaise — aussi bien la BAC que les flics de quartier chargés de la répression des disputes conjugales — est convoquée par groupes de quatre ou cinq volontaires désignés à des stages « tuerie de masse « (sic !).
C’est ce que j’ai appris en laissant traîner mes grandes oreilles jusqu’à la table voisine, où deux « en civil » se racontaient leurs exploits de la veille au soir. C’était à la terrasse de la Samaritaine, sur le port, le soleil se levait derrière la Bonne mère et le café fumait à la verticale dans l’air immobile du petit matin. Lire la suite

Chez les racistes, ça se passe comme ça

Je ne voulais pas parler du livre de Houria Bouledja, les Blancs, les Juifs et nous, mais l’actualité, cette plaie du chroniqueur, et sa provende aussi, m’oblige à y revenir. Je l’ai lu il y a deux mois, en me disant qu’il faudrait partir de cet « et nous » — mais qui, « vous » ? Les Indigènes de la République, dont Bouledja est l’égérie ? Trois pelés et quatre barbus. Rien qui méritât cinq lignes. Thomas Guénolé a fait cela très bien chez Frédéric Taddei.
Erreur de lecture. Ce qui constitue ce titre (qui, si je l’écrivais sous la forme les Arabes, les Juifs et nous, m’attirerait les foudres de la Justice), ce sont ces deux virgules et ce « et » qui n’est pas inclusif mais, curieusement, exclusif. Il y a les Blancs, sous-groupe les Juifs — et en face, ce « nous » qui se veut glorieux et qui n’est pourtant qu’un symptôme, comme le serait une fièvre ou une éruption cutanée. Lire la suite