Padamalgam

Je ne parlerai pas des martyrs de Charlie. Car je risquerais de parler de l’Islam, et l’Islam est une religion de paix et d’amour.

Je ne disserterai pas sur les massacres du Bataclan et d’ailleurs. Car je risquerais de parler de l’Islam, et l’Islam est une religion de paix et d’amour.

Je n’évoquerai pas les tueries de Boko Aram, de l’AQMI, d’Al-Qaida, d’Al-Nosra et d’une foule d’autres groupes d’assassins organisés, en Syrie et ailleurs, au nom du Prophète, sur lui la paix et la lumière. Car je risquerais de parler de l’Islam, et l’Islam est une religion de paix et d’amour.

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Dira ? Dira pas ?

Ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien : l’une des premières phrases complètes que j’ai prononcées dans ma vie, ce fut « Le veau d’or est toujours debout » — c’est dans le Faust de Gounod, allez savoir pour quelle raison et par quel canal ces mots m’avaient frappé l’entendement.
Sauf que je ne parvenais pas à dire « toujours », et que j’allais répétant « le veau d’or est tout debout » — malgré les efforts de mes parents pour me faire articuler distinctement les deux syllabes de « toujours »… Tous les géniteurs ont connu des cas similaires, un mot sur lequel l’enfant butte, qu’il ne parvient pas à articuler dans son entier.
François Hollande a longtemps eu un problème du même genre avec le mot « islamisme » — ou l’un quelconque de ses dérivés. Depuis deux ans, ou presque, que les guignols sanglants qui se réclament de l’Etat islamique mettent la France à feu et à sang, et massacrent ailleurs dans le monde par dizaines de milliers des gens qui ne leur ont rien fait, il butte sur cet « islamique », qui renvoie sans doute pour lui à « Islam », donc « Musulmans », donc « électorat sensible », selon le plan élaboré pour lui par Terra Nova, le cercle de réflexion de la Gauche de droite.
Ou plutôt le « think tank », parce que chez ces gens-là, Monsieur, on n’parle pas français, on cause globish. Lire la suite

Arles 2016

Je rentre d’Arles, où j’ai passé une journée intéressante à baguenauder d’une expo de photos à une autre, le tout sous un soleil impitoyable, heureusement que les rues sont étroites et qu’elles distillent parfois des courants d’air fugaces.
Je ne dirai rien des ratages — les photomontages de Maud Sulter à la Chapelle de la Charité, Stéphanie Solinas au cloître Saint-Trophime, et les « Parfaites imperfections » au Palais de l’Archevêché (à part quelques puzzles colorés), Katerina Jebb au Musée Réattu, Alinka Echeverria en face à la Commanderie Sainte-Luce, ou la quasi totalité de tout ce qui est exposé dans la Grande Halle, et je me fiche que Ethan Levitas et Gary Winogrand aient une notoriété particulière, leur travail est inconsistant — pour ne rien dire des artistes invités autour d’eux, dont il ne me reste pas une image. Lire la suite

Projet pour l’Ecole

Je suis un peu confus de proposer aux passants de ces chroniques un pensum si indigeste, mais après tout, si je ne m’y colle pas, qui le fera ?
J’ai donc rédigé un programme complet pour sauver l’Ecole de la République. Depuis le temps que je critique ce qui s’y fait, autant que j’essaie de faire des propositions constructives.
À l’origine, ce qui suit avait été rédigé pour Debout la France, Mais bon, si j’attends que ça bouge, là-haut…
Bonne lecture — et n’hésitez pas à critiquer vertement tout ce qui suit : je l’amenderai en ligne au fur et à mesure des propositions.

Un projet pour l’Ecole

Introduction

Un projet pédagogique n’a aucun sens s’il n’est pas d’abord un projet politique : quels citoyens voulons-nous former ? Et pour quelles fins ?

Les réformes qui se sont succédé depuis vingt ans n’avaient qu’un objectif, parfaitement clair : adapter la formation au marché de l’emploi tel que les institutions européennes le prévoyaient. En clair, sous les incantations « Elever le niveau général », « Amener 80% des élèves au Baccalauréat » ou « Tous licenciés ! », il fallait lire l’ambition restreinte de produire 10% de cadres, et 90% d’une main d’œuvre malléable et destinée à courir de CDD en CDD. Lire la suite

Les présidents « normaux »

Il y a deux sortes de présidents.
Ceux qui arrivent au stade en hélicoptère (avec plusieurs passages à vide de l’hélicoptère au dessus de Marseille, de façon à tromper l’ennemi qui, le drone entre les dents, guette l’Elu avec son missile sol-air), et dont le débarquement mobilise 150 hommes chargés d’assurer sa sécurité, en sus de l’état d’urgence, de la répression de l’ivresse publique des supporters, et du tout venant — un jeune ado vient de se faire mortellement poignarder pour une transaction portant sur un scooter.
Ceux-là s’installent dans la tribune… présidentielle, accompagnés soit de leur ministre de l’Education, étant entendu que le foot est un sport d’intellectuelssoit dans tous les cas du président de la Fédération, qui a des mimiques si expressives, surtout après la huitième coupe de champagne avalée dans la loge des Très Importantes Personnes Lire la suite