1280px-231-G-558_NoyellesJ’avais 5 ans, mon grand-père conduisait des tramways à Marseille, il me faisait parfois monter avec lui, j’étais le roi du monde.
Alors, j’ai voulu devenir conducteur de locomotives. Je ne saisissais pas, à cette époque, ce qu’il peut y avoir de sexualité précoce dans un tel choix.
Mes parents n’étaient pas riches, les modèles réduits coûtaient déjà les yeux de la tête, mais ils m’ont quand même offert une locomotive Pacific — celle sur laquelle Honegger a composé une si belle chose, que Jean Mitry a mise en images
C’est à peu près à cette époque que j’ai lu, l’un après l’autre, les albums de Tintin. Par exemple, le Temple du soleil, où le capitaine et le reporter prennent un train invraisemblable (mais qui existe) quelque part dans les Andes…Capture d’écran 2018-03-01 à 16.27.43 Alors, j’ai soumis ma locomotive et les trois wagons qui composaient toute ma ligne à de sidérantes prestations, gravissant — et sans crémaillère — des montagnes de livres, avant de finir dans quelque précipice habité de piranhas (au moins) et de caïmans (au pire).
Puis j’ai lu la Bête humaine. J’ai même vu le film de Renoir — et je me suis pris pour Gabin.ob_9d74c8_betehumaine7021Mais j’avais compris, avant ça, à quel point le train participe de l’imaginaire érotique. Je l’avais compris vers 12 ans, quand ma mère, qui adorait Gary Cooper, m’amena voir Love in the afternoon — où dans la dernière séquence, Cooper hisse Audrey Hepburn jusqu’à lui, sur le Mistral qui les emporte en Provence. Je l’avais compris vers 13 ans, quand ma mère, qui adorait Cary Grant, m’emmena voir North by Northwest. Et à la dernière image, quand le héros se couche sur la blonde héroïne (Eva Marie Saint, froidement hitchcockienne — sublime), le Code Hays imposa à Hitchcock de couper — ce qu’il fit magistralement, en montrant une pénétration géante et définitive.North By Northwest Sans compter la geste héroïque des cheminots pendant la guerre, que raconte très bien The Train, de John Frankenheimer. Et là, je me suis pris pour Burt Lancaster.da26b26b41321d776fb25857a3159114 Ça, c’est la réalité du train dans l’imaginaire. Qu’est-ce qu’un technocrate auquel on a greffé une calculatrice à la place du cœur peut y comprendre ?

Mais j’ai pris une foultitude de trains — de vrais trains. Des grands et des petits. Des TGV et des TER. Des Micheline, des trains jaunes dans le Conflent, des trains rouges en Corse.
L’un des plus beaux — c’était il y a deux mois —, ce fut entre Toulouse et Clermont-Ferrand. Il y en a cinq par jour, le voyage dure plus de 8 heures, avec deux ou trois changements. On a le temps de musarder dans le Massif Central. Saint-Sulpice, L’Isle-sur-tarn, Gaillac, Cordes-Vintrac, Lexos (un nom d’île grecque !), Laguéoie, Najac, Villefranche-de-Rouergue, Salles-Curbatiers, Capdenac, Figeac, Bagnac, Maurs, Le Rouget, Aurillac, Vic-sur-Cère, Le Lioran, Murat, Neussargues, Massiac-Blesle, Arvant, Brassac-les-Mines (fermées depuis 1978 par un énarque de l’époque), Issoire (chantée par Jules Romains dans les Copains), Clermont-Ferrand enfin. La grande diagonale du vide, comme disent les amateurs de portables, la grande diagonale du paysage hexagonal, diront les amateurs de France périphérique.
Qu’est-ce que Jean-Cyril Spinetta connaît à cette France-là ? Qu’est-ce qu’un énarque, qui fut l’un des patrons les mieux payés de France, peut imaginer d’un tel voyage ? Son temps, c’est de l’argent. Le mien, c’est de la poésie.

Le modèle évident du gouvernement, c’est Thatcher. Le modèle que l’on voudrait nous imposer, c’est le rail britannique — qui déraille. Retards incessants, hausse vertigineuse des prix : « Selon des estimations du Labour, écrit Sasha Mitchell dans la Tribune, s’appuyant sur une étude de The Independent, le prix des billets annuels a ainsi augmenté de 27% depuis 2010. Après avoir comparé les prix de 200 lignes, le parti emmené par Jeremy Corbyn, militant de la renationalisation, estime à 2.788 livres (3.222 euros) le coût du pass, soit 594 livres (686 euros) de plus qu’en 2010. Pas mieux, pour le syndicat TUC, selon lequel le prix moyen des billets de train augmente deux fois plus vite que l’inflation. Résultat, les Britanniques déboursent chaque mois six fois plus que les Fançais simplement pour se rendre sur leur lieu de travail. 14% de leur revenu mensuel, très exactement, contre 2% pour les usagers de l’Hexagone. »

Evidemment, cet argent va dans des poches — pas celles des usagers, pas celles des contribuables.
Un rêve, doit penser Spinetta. Pour lui et ses copains. Pour la petite poignée d’oligarques qui dirigent aujourd’hui l’Europe. « L’économie liée à la fermeture des petites lignes pour le système s’élèverait a minima à 1,2 milliard d’euros annuels (500 millions d’euros sur l’infrastructure et 700 millions sur l’exploitation des trains) ». Le Huffington Post a clairement posé les termes du débat. Comme le montre la carte ci-dessous, 80% des trains de voyageurs circulent en effet sur moins d’un tiers du réseau.CaptureEt sur cette carte de la fréquentation du réseau TER, les lignes les plus fines sont celles où le Taux moyen journalier annuel (TMJA) tombe à 1. C’est-à-dire qu’en moyenne, elles ne voient passer qu’un train par jour.Capture-1 Et alors ?

Etape nécessaire, attiser les jalousies. Les cheminots ont un statut particulier ? Faisons vite un sondage pour prouver que les Français (les Français, hein, pas le gouvernement…) veulent l’abroger. Allez, parions que le sondage n’a pas posé la question : aimeriez-vous vous aussi bénéficier d’une retraite à 55 ans ?
De toute façon, ces avantages sont largement illusoires, puisque les cheminots, à moins d’opter pour une retraite misérable, sont obligés de travailler autant d’annuités que les copains, comme le raconte fort bien Libération. Et qu’ils sont peu nombreux aujourd’hui à avoir commencé à 14 ans.

Alors oui, je marche dans les pas de Régis de Castelnau (qui s’occupe ordinairement dans Causeur de affaires juridiques — il a magnifiquement démonté l’escroquerie de l’affaire Jacqueline Sauvage) qui annonce qu’il soutiendra tout mouvement de grève des cheminots. Dans leur intérêt et dans le nôtre.
Déjà, contrairement à ce qui se rapporte çà et là, il y a eu des contractions sensibles de personnels. Du coup, la maintenance ne suit plus, les retards s’accumulent. Est-ce que ce ne serait pas organisé, de longue main, pour encolérer les usagers, les dissocier des cheminots ? Les épiciers qui nous gouvernent doivent rêver de privatiser définitivement le rail — au moment où les Anglais, excédés par les effets du thatchérisme, pensent à nationaliser le leur, et où les grèves, outre-Manche, suivent les grèves ?C1Q3VR1XAAAXMkn.jpg-small Allez, les gars, il faut faire plier les technocrates. Déjà le gouvernement a déclaré ne pas vouloir toucher aux petites lignes régionales — alors que tant d’entre elles ont été supprimées depuis quarante ans, et remplacées par des bus — pas polluants du tout, le plus souvent à la charge des régions ou des départements.
Je veux continuer à rêver aux belles locomotives et aux hommes qui les conduisent. Je veux pouvoir prendre un train pour nulle part, et y arriver au milieu de la nuit. Descendre dans une gare inconnue, de l’autre côté de l’espace-temps. Savoir que le centre du monde, el centre del món, est la gare de Perpignan — pas l’Elysée. Et bazarder les technocrates.

Jean-Paul Brighelli

145 commentaires

  1. J’ai une pensée émue pour les vaches lentes qui regardaient passer des trains lents près de leur pré.

    Et Muray : « Les vaches, les tendres vaches traînant au doux mufle tremblant, avec leur bonne odeur de boue et de lenteur, leurs mugissements mélancoliques et la rondeur de leurs énormes flancs et leur élégance gargantuesque »

    Respect.

    • Sacrée histoire.
      Pour anecdote, dont je ne peux révéler la source ( ca doit être fiable, dans l’ensemble) :
      Les flics (une branche de la DCRI, à l’époque je crois) avaient oublié une mallette sur les lieux de l’arrestation. A l’intérieur des pv (ou documents similaires) remplis à l’avance, attendant d’être signés.

      L’avocat (ou 1 d’entre eux) des Tarnac avait fait savoir aux autorités qu’il la maintenait à disposition la mallette (un régal pour un avocat, un rêve ….)
      Personne n’a jamais répondu (silence radio)

      Alain Bauer et M. Alliot-Marie agitaient sec le chiffon de l’ultragauche à l’époque ; il fallait des ennemis intérieurs. Peu après les histoires Mehra and Co ont commencé : malgré les histoires de décèlement précoce d’A. Bauer , puis Alliot-Marie est restée collée en Tunisie.

      Alors José Bové n’était plus qualifié d’écoterroriste (par je sais plus qui ou quoi dans quelle liste) et les Tarnac n’étaient plus des terroristes ; vu que des terroristes il y en avait des vrais qui s’étaient invités (plus besoin de substituts) à partir de 2012.

      La procédure contre eux n’avait pas été annulée ?
      (Ah! Non, c’était la qualification de terrorisme)
      Ca va faire un flop ou un scandale ce procès.

      Tarnac ; avec un bon mode d’emploi, c’est un bon exemple à suivre pour saboter ce que sera devenu la SNCF après que Jupiter et ses copines s’en soient occupés.
      Des milliers de fers à cheval (ça porte bonheur) arrachant les caténaires sur des centaines de Km (histoire de les aider à bien rentabiliser la manipulation) de voies ferrés.
      Il faut faire gaffe au début de l’opération, ce sont des lignes à haute tension ; étant fils, petit-fils et arrière petit-fils de cheminots, pour partie de mon ascendance, on m’a toujours sérieusement alerté avec les dangers inhérents à l’activité électrique et aux passages à niveau qui déconnent (ça gâche une enfance) entre autres.
      Je pense même que le fer a cheval n’est pas l’outil le mieux adapté pour se fixer sur une ligne à haute tension, en le lançant à partir du sol ; c’est pour cela qu’ils ont utilisé des fers à béton.
      Quel forme faut-il donner au fer à béton pour qu’il se fixe bien sur la ligne ?

      • c’est pour cela qu’ils ont utilisé des fers à béton
        Parce qu’il y a bien eu des dégradations réelles ; pas nécessairement par eux, bien sûr.
        Tout cette histoire n’a pas été inventée tout de même .

        Je trouve que ça tombe bien que le procès de Tarnac déboule en Mars 2018.
        En plein dans la réforme, le rapport Spinetta et tout le cirque.

        Certains disaient aussi que Coupat était dans le viseur des flics suite à la publication d’un manifeste qu’ils tenaient comme étant de lui.
        Les ventes du livre étant passées de 8000 exemplaires avant l’affaire de Tarnac à 25000 après (il y a un lien de cause à effet entre la médiatisation de l’affaire et la vente du livre. Allez savoir pourquoi, puisque que Coupat n’est pas l’auteur ou un des auteurs de ce manifeste/essai je ne sais quoi ; jamais lu)

        Les avocats ont l’ait d’avoir une piste :
        Pour les avocats de la défense, ce sera le « procès du fiasco de l’antiterrorisme » et d’un « fiasco judiciaire ».
        https://www.ouest-france.fr/societe/justice/affaire-de-tarnac-encore-repousse-le-proces-se-tiendra-en-mars-2018-5430655

        J’aime bien ce quinquennat ; on rigole bien pour le moment

      • Les fameux fers à béton on les a vus en photo. Terriblement astucieux et efficaces de part leur conception. Je pense improbable que Ce petit intello bobo gaucho ait pu les fabriquer et même les concevoir. Je pense que le couple à servi de leurre vis à vis des policiers pendant que d’autres avaient les coudées franches pour les positionner. La vacuité de pensée de ces pseudo révolutionnaires est patente. Penser que l’on va changer le monde en sabotant des caténaires. ..
        Déjà Action Directe qui pensait qu’en abattant un patron ou un Général ils allaient renverser le régime relevait du simplisme de pensée.

  2. Désolé je vais encore faire hurler la meute !

    Le beau train du Massif Central que vous avez pris – le tunnel du Lioran notamment – qui faisait partie du réseau du « Grand Central » compagnie fondée par le duc de Morny et quelques autres capitalistes anglais avant sa déconfiture – a été construit par mon aïeul l’entrepreneur Jean Tersouly (1817-1892) et l’aîné de ses trois gendres l’ingénieur Adolphe Réveillac (1841-1910).
    Moi aussi j’aime les trains …

    http://rapportgallica.bnf.fr/rapport.html?query=arkPress%20all%20%22cb32747578p%2Fdate%22%20and%20%28gallica%20all%20%22tersouly%22%29

      • Pierre Driout fait parfois dans le « bathétique » (néologisme,de l’anglais « bathetic ») et endosse avec une certaine gourmandise l’habit de victime.

        Comme il cite souvent ses ancêtres,quelqu’un a observé qu’il y en avait chez lui dans tous les recoins et que, par conséquent,il ne passait jamais l’aspirateur.

        La « meute », je suppose que ce sont les quelques commentateurs qui de temps à autre,commentent se commentaires.

  3. Il est entouré d’assureurs comme Claude Bébéar et des financiers de tous poils et de toutes races mais y-a-t-il dans le lot des initiateurs de projets industriels et des inventeurs c’est moins sûr !

  4. Driout rêve d’une France noyée sous les « projets industriels », façon XIXème tardif avec plein d’ouvriers exploités à l’assommoir le soir pendant que, recroquevillé dans une chauffeuse, il lirait des romans improbables, les épaules sous un châle tricoté par une de ses innombrables grand-mères et les pieds sur une chaufferette soldée au Bon Marché.

    Rappelons que la tour Eiffel fut construite en fer lorrain avec du minerai algérien.

    D’ici à ce que notre ami (Boute)Flika exige d’y être « enterré » au deuxième étage façon pharaon… Driout y a-t-il songé ?

    • Dans mon coin, les trains sont rouges et classés au patrimoine mondial vu par l’UNESCO. Les transports en commun sont la cause principale de mon installation en Suisse . Trains ou bus postaux, le principe de base est : toutes les heures dans toutes les directions. Les chiens y sont acceptés avec bienveillance et globalement, la devise pourrait être : compétence, efficacité, gentillesse. La tendance actuelle est l’inverse de la France, c’est à dire que les compagnies se regroupent sous l’égide des CFF. Au nom de la rentabilité, bien sûr, avec les mêmes âneries à l’horizon que pour la SNCF, c’est à dire suppression de lignes et « rationalisation ». Exemple : le train des chemins de fers rhétiques de Coire à Arosa avait de petites locomotives fabriquées sur mesure. Au nom de l’optimisation de la gestion on y a mis des locomotives « normales ». Moyennant quoi, depuis, c’est glissements de terrain et autres joyeusetés, parce que le train désormais trop lourd ébranle le mille-feuille qu’est la montagne. Je dois dire que je ne m’inquiéterais pas trop du démantèlement de la SNCF. Je ne sais pas si vous avez connu ces lampes ignobles, à la mode, il y a une quarantaine d’années. Il s’agissait d’un fût de verre contenant un liquide et un gel. Pour une raison qui m’est inconnue (la lumière?) le gel était animé d’un mouvement continuel, s’agrégeant et se désagrégeant, avec un résultat vaguement hypnotique autant qu’écoeurant. Je crois qu’il en est de même pour le monde : les empires se font et se défont, les univers s’étendent et se rétractent peut-être un jour, les entreprises se font tentaculaires avant de périr…Il est probable qu’après avoir trouvé génial de privatiser, on trouvera non moins génial de nationaliser. Comme disait (approximativement ) Talleyrand : la trahison, c’est une question de date. Alors, oui, d’accord, entretemps il y aura eu beaucoup de dégâts de faits et on n’aura rien appris. Mais c’est l’ordre naturel, non?
      J’ajouterai que je ne partage pas l’avis selon lequel les dessertes secondaires sont inutiles, parce que chacun a sa voiture. Si chacun a sa voiture (et effectivement, il n’y a plus guère que les animaux domestiques pour ne pas en être pourvus), c’est un tort, c’est du gaspillage pur et simple. Je ne dis pas que ça ne fait pas plaisir, mais c’est un luxe, sauf cas de nécessité professionnelle, et il est regrettable que l’on n’en ait plus conscience. Je n’ai personnellement jamais eu le moindre complexe à prendre les transports en commun quand il y en avait de disponibles. J’ai souvenir d’une séance du CPAG où nous n’étions que 2, le communiste de service et moi, à soutenir qu’un service public n’avait pas à chercher à faire de bénéfices, parce que sa vocation était avant tout d’être au service du public. En face, il y avait un charmant minet qui roulait en MG décapotable et qui assurait qu’il valait mieux un pullman confortable qu’un tortillard. Parce que bien entendu, les lignes ferroviaires démontées allaient être remplacées par des autobus haut de gamme. De toutes façons, il n’avait jamais pris et ne prendrait jamais ni l’un ni l’autre, alors….

      • Blague apprise autrefois à l’Université de Besançon (ah, les voisins ! )
        Savez-vous ce qui est marqué sur les trains suisses ? CFF – SBB
        Et qu’est-ce que ça veeuut dire ?
        CaFaFite – S’estBasBossible !

  5. Bonjour,
    Vous vous trompez de cible : Spinetta, pas plus que Macron, ne sont à l’origine des maux de la France : « la mise en concurrence et la destruction de la SNCF sont la conséquence directe de notre appartenance à l’Union européenne », par l’application pure et simple des articles 106 et 121 du TFUE. Ils n’en sont que les acteurs, mis en place par l’oligarchie euro-atlantiste et… par la complicité des électeurs. Quelle idée aussi de donner le droit de vote à des autruches !

    • La mise en concurrence de la cenecefeu est bien due à l’UE, mais sa destruction non ! La destruction de cette figure emblématique de notre vécu est due au fait que ses ingénieux ingénieurs ont attiré l’attention des Hauts Responsables sur le fait ô combien regrettable que le métal dont était fait les voies n’était pas éternel et donc, comme tout-un-chacun, étaient sensibles à l’usure du temps et de l’usage ! Le chiffrage de leur remplacement a donné des suées froides à ces H.R. et aussi aux syndicats responsables du bien être de leurs ouailles; Le Grand Majoritaire se cachant sous le sigle C.G.T. décida courageusement de faire l’autruche et les responsables techniques y compris ingénieurs et financiers commencèrent à colmater les fuites odorantes de leurs pantalons. De nombreuses sorties des voie plus communément nommées déraillement étant la hantise de ce beau monde et peuplait de cauchemars leurs nuits câlines. Alors vint l’idée géniale du TGV, cautère sur la jambe de bois, mais arbre cachant bien la forêt. Le reste s’en suivit.… voie nouvelle, voies d’espoirs ! Seules les marchandises en souffrent mais se taisent.

  6. Réfléchissons un peu, par Groucho ! Il y a encore peu, j’étais complètement suicidaire, mais plutôt que de rater mon suicide en me jetant sous un train dans une gare – la SNCF n’étant plus ce qu’elle était -, je suis devenu nihiliste. Rien de moins suicidaire qu’un nihiliste ! Le nihiliste laisse faire la nature. Elle, qui a tout prévu et qui vous fera mourir en temps et en heure, confortablement installé dans la douleur des familles hypocrites !

  7. Le véritable écolo-nihiliste que je suis devenu ne peut se situer qu’à l’extrême-écolo-nihilisme, c’est à dire souhaiter la mort de l’humain et sa totale disparition au profit des vaches qui se posent beaucoup moins de questions qu’on ne le pense à propos des trains.

    • On trouve dans une Bible juive du XIIIe siècle (conservée à la Bibliothèque Ambroisienne de Milan) une miniature représentant les justes lors du banquet messianique, avec des têtes d’animaux. L’un d’entre eux apparaît avec la tête d’un boeuf qui rappelle Béhémoth, censé procurer par ailleurs la viande du festin. Giorgio Agamben en fait le point de départ d’un petit livre intitulé : L’ouvert, De l’homme et de l’animal.

      • J’imagine que cette Bible n’est pas en libre consultation et qu’elle est exposée sous une vitrine, ouverte à la page en question…ou alors vous avez des autorisations que n’ont pas le commun des mortels.
        Bon, la scène évoquée vient a priori du Livre d’Isaïe, mais pour moi c’est déjà trop tard: les hommes ont déclaré la guerre aux animaux depuis que Dieu a conclu une alliance avec Noé en lui dictant de nouvelles règles alimentaires après celles du jardin d’Eden: « Tout ce qui remue et vit vous servira de nourriture comme déjà l’herbe mûrissante ».
        Au tout début de la Genèse, les nourritures disponibles sont exclusivement végétaliennes, et rien dans le récit ne permet de différencier la nourriture de l’homme de celle des animaux: « tu pourras manger de tout arbre du jardin, mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance… », mais comme Dieu est un fourbe comme on en rencontre rarement, je me suis toujours gardé d’interpréter ce dessein comme une réaction d’hostilité à une alimentation carnée. Avec lui, on n’est jamais sûr de rien. C’est pour ça que je ne l’écoute plus.

          • Merci ! Elle est magnifique.
            Voilà un banquet auquel je ne participerai pas, d’une part, parce que j’ai déjà beaucoup trop péché pour être Juste et d’autre part, même le jour du Jugement dernier, je ne pourrai pas manger pas ce pauvre Béhémoth qui n’a rien demandé à personne pour finir misérablement en rôti.

        • Pauvre dieu, dépotoir de tous les phantasmes psychiatriques humains et malheureuse traduction post religieuse de l’A.T. pour assouvir les mêmes phantasmes mais pour occupants grecs !

  8. A 22 h 04 min, le Driout, plein de contrition imparfaite a dit :
    « Désolé je vais encore faire hurler la meute ! ».
    Comme dit JPB, on se demande bien pourquoi, puisque sa famille a oeuvré pour le bien commun.
    Pierre, as-tu fait ton arbre généalogique ? Je pense que oui !
    Mon grand-père avait commencé le sien puis a dû s’interrompre car il aurait dû se déplacer à Carpentras à la Bibliothèque Inguimbertine. Je ne sais même pas s’il y a une gare à Carpentras. Je devrais demander à ma dobo qui a bien dû se pencher sur le malheur des vaches qui voient passer en coup de vents des TGV où s’entassent et se réentassent des paquets de crétins, pour les amener quelque part, pour qu’ils n’en tirent aucune leçon de vie.

  9. Un lecteur qui lirait du Brighelli pour la première fois ne pourrait manquer d’apprécier le dernier billet d’Il Maestro;mais qui a lu certains des précédents voit le plaisir de la lecture s’accroître grandement (par rétrospection/introspection/prospection- la coalescence chiasmatique -au sens de Knickerbocker et Turdmonger joue à plein).

    Que nos mémoires soient nos « hyperliens ».

    « Mais j’avais compris, avant ça, à quel point le train participe de l’imaginaire érotique. Je l’avais compris vers 12 ans, quand ma mère, qui adorait Gary Cooper, m’amena voir Love in the afternoon — où dans la dernière séquence, Cooper hisse Audrey Hepburn jusqu’à lui, sur le Mistral qui les emporte en Provence.  »

    « Je l’avais compris vers 12 ans ,quand ma mère… »

    Le Maître avait déjà lu Sade.

    J’ai regardé le passage;je me suis autorisé de petites saintes-beuveries.

    On constate que la dame dit au monsieur que tout ira bien (après cette séparation) car l’homme a eu beaucoup de prédecesseurs et aura des successeurs…et entame en courant à côté du train, la liste des amants fortunés, sur un ton de plus en plus haletant (comme une femme proche de l’orgasme-mais ayant conservé une activité corticale ?).

    Au dernier moment,il la hisse dans le train.

    La mère du Maître (lectrice de Jean-Paul Sartre -d’où le prénom donné à Il Maestro- et de Beauvoir) voulait-elle aussi prémunir le fils adoré ?

    • La scène est sublime. Il l’entraîne jusqu’à sa fameuse cabine T2. Elles n’existent plus, la SNCF les a supprimé en 2009. Ces wagon-lits de la ligne Paris/Nice, au confort qui n’avait rien d’ostentatoire, avaient pour seul luxe un petit lavabo logé derrière une porte de votre cabine. Fabuleux. Vous n’échappiez pas à la magie de l’expérience d’une nuit de sommeil (ou pas) en espace privé, dans ce train, pour vous réveiller sur la Côte.

      Mais pourquoi lui pose-t-elle cette question : « What are you doing » au moment où il s’apprête à l’embrasser ? La scène est chaude bouillante jusqu’à cet instant qui vous fait lever les yeux au ciel.

      • « La scène est chaude bouillante … »

        comme une baraque à frites ?

        le « what are you doing ? » ne m’a pas particulièrement frappé; n’est-ce pas un retour au personnage de la scène précédente:avant le départ du train ? (…femme docile,discrète,effacée …qui saura s’effacer sans emmerder.)

        Enfin, je n’ai pas vu le film…il est déconseillé de gloser ad lib sur un extrait aussi court.

        Que vous semble, cependant,du comportement de la jeune femme ?

        Et que nous laisse entendre le Maître dans son commentaire auto-biographique ?

        Que sa mère qui aimait beaucoup Gary Cooper, lui aurait fait découvrir, en l’emmenant voir ce film, qu’une femme (y compris une mère) peut désirer ?

        Ce film, vu à douze ans, a-t-il eu une valeur séminale , a–il lointainement inspiré à Jean Paul Brighelli ses méthodes (techniques ?) de séduction efficaces: à un moment donné,trêve de mots,le mousquetaire dégaine ?

        • Il y a ce rythme. Ses petits pas qui vont crescendo suivant l’allure du train qui lui-même accélèrent au fur et à mesure de ses aveux, le tout conjugué à son souffle, comme vous le dites si bien, quasi orgasmique. Puis lui, stoïc, la saisi, et de façon tout aussi virile et protectrice, la garde contre lui jusqu’à leur arrivée dans le compartiment durant 5 secondes, (5 secondes qui vous suffisent à vous sentir chaud(e) comme une barraque à frite…) Donc, là, normalement, la midinette qui sommeille en n’importe quelle femme hétéro regardant cette scène, a les yeux fermés et les lèvres offertes et ne s’attend pas à entendre : « Qu’est-ce que tu fais ? »
          Voyez-vous ? C’est supportable, mais en lieu et place, un silence n’avait rien d’un luxe.

          Encore eût-il fallu que la mère de JPB ait vu le film une première fois pour lui prêter les intentions que vous subodorez. Je ne m’y risque pas.

          Les méthodes de séduction ? La séduction… Mais n’etait-elle pas innée finalement ? Un séducteur(trice) n’a pas de méthode, il (elle) leur suffit d’être.

          • But et résultat (ou conséquence),subordonnées consécutives et subordonnées finales (ou de but), d’après la Grammaire du français classique et moderne de R.L.Wagner et J.Pinchon

            Votre commentaire de mon commentaire me donne l’occasion de citer la Grammaire de Wagner et Pinchon-cette Pinchon qu’a connue Le Maître lorsque il était chargé de cours à Paris III et dont il nous dit qu’elle est la plus grande grammairienne de vingtième siècle.

            Voici ma phrase:
            « …que nous laisse entendre le Maître dans son commentaire auto-biographique ?
            Que sa mère qui aimait beaucoup Gary Cooper, lui aurait fait découvrir, en l’emmenant voir ce film, qu’une femme (y compris une mère) peut désirer ?  »

            Voici ce que vous dites de ma phrase:

            « Encore eût-il fallu que la mère de JPB ait vu le film une première fois pour lui prêter les intentions que vous subodorez. Je ne m’y risque pas. »

            « subodorez » est le terme qui convient;de votre finesse,j’ai acquis une certaine connaissance-mais,une fois encore,cette finesse -dans sa plus récente manifestation-dépasse de loin l’appréciation que j’en avais.

            Vous dites que j’ai « subodoré » que la mère du Maître l’avait emmené voir ce film dans un certain but,intentionnellement; vous ne dites pas que je l’ai insinué ou sous-entendu.
            Par ce même mouvement, vous explicitez l’hypothèse que j’ai pu envisager,en mon for intérieur…puis après cette révélation (de mon secret putatif) vous écartez tout soupçon éventuel à votre endroit: « Je ne m’y risque pas.. »
            Je n’ai pas dit que la mère du Maître avait agi intentionnellement.

            Je crois avoir utilisé une ambiguïté permise par la langue française.

            Wagner et Pinchon ,page 585,§697 Le mode
            Le verbe de la proposition dépendante est au mode…subjonctif …a) quand la conséquence est présentée comme le résultat d’une intention:

            « J’ajoutai d’un ton bas et sinistre, mais de façon qu »elle PÛT m’entendre: »Hé bien!la mort ! »
            Choderlos de Laclos

            Un accent circonflexe peut être lourd de sens.
            En écrivant « elle lui a fait découvrir »,je ne me mouille pas..

          • [Vous dites que j’ai « subodoré » que la mère du Maître l’avait emmené voir ce film dans un certain but,intentionnellement; vous ne dites pas que je l’ai insinué ou sous-entendu.
            Par ce même mouvement, vous explicitez l’hypothèse que j’ai pu envisager,en mon for intérieur…puis après cette révélation (de mon secret putatif) vous écartez tout soupçon éventuel à votre endroit: « Je ne m’y risque pas.. »
            Je n’ai pas dit que la mère du Maître avait agi intentionnellement.]

            Du tout. Par l’emploi de « subodorer », je ne vous prête absolument pas l’intention selon laquelle, vous auriez dit que la mère du maître aurait agi intentionnellement, mais en revanche, peut-être, me convaincre de répondre en appui sur cette idée subodorante.
            Sinon de finesses, nous parlerons de nuances…

  10. Le voyage en train peut devenir autre chose qu’un simple déplacement s’il dure assez longtemps pour distiller suffisamment d’ennui propice à une rêverie faussement somnolente. Certains y prendront conscience d’une modification, d’autres y poursuivront un obscur objet du désir.

    Etalement de la durée, confinement spatial en compartiment, deux conditions aujourd’hui quasi disparues. Renaîtront-elles dans les prochains « voyages » interplanétaires ? On peut en douter car il faut avoir quelque chose à se dire.

    http://journals.openedition.org/etudesromanes/2788

    • Effarée, durant un voyage en TGV Paris-Cannes en plein été, de voir des parents sortir de leur sac de voyage deux tablettes (pas de chocolat) à peine le train avait-il quitté la gare de Lyon pour les distribuer à leurs gamins. Les deux mômes n’ont pas jeté une seule fois un regard sur les paysages qui défilaient (un peu trop vite à mon goût, je préférais les trains d’antan qui mettaient 12h pour effectuer le même trajet) derrière la vitres du wagon, tellement fascinés par leurs écrans. En plus les imbéciles de parents les avaient collés côté fenêtre.
      Je me suis tristement souvenu des beaux voyages que je faisais en train avec mon père qui commentait avec bonheur toutes les belles régions que nous traversions. Tout fout-il le camp ? Où bien ma nostalgie est-elle digne de celle d’un vieux fossile ?

      • « un peu trop vite à mon goût « …

        C’est bien le problème…c’est même beaucoup trop vite, la plupart du temps.

        Il m’st arrivé,sur la ligne Paris-Tours d’avoir le « mal de train »-sans doute à cause des oscillations.

        Et vous ?

        • Bien sûr que ces trains roulent trop vite ! M’est avis que c’est encore fait exprès par ces comploteurs qui veulent détruire notre beau pays! Avant, quand les trains roulaient moins vite on regardait les paysages, les petits villages ramassés autour de leurs églises, les jolies maisons dont l’architecture reflétait les caractéristiques régionales, les vastes ou modestes terres agricoles qui nous renseignaient sur la richesse ou la pauvreté des régions et les goûts de ceux qui y vivent, les beaux ouvrages pondus par nos architectes des Ponts et Chaussées qui permettent aux trains d’enjamber des rivières ou des fleuves tantôt torrentueux, tantôt à sec… Maintenant,
          tout défile à une telle vitesse que notre regard ne peut s’accrocher sur rien. Les premiers voyages en train auraient
          déclenché le mouvement impressionniste. Les paysages n’étant plus bien définis à cause de la vitesse nos artistes auraient voulu reproduire sur la toile cette « impression » de flou. Quelle impression pourrait rendre aujourd’hui ces déplacements à « Très Grande Vitesse » ? Des trainées informes ? Une France « absconse » ? Je n’ai pas le mal de train quand je prends le TGV, j’ai le « mal de France » !

        • Il m’est arrivé, après un Paris-Barcelone en train, d’avoir la tête qui continuait de tourner, plus de 24 heures après. Effet du rythme des franchissements de limites de rail, effet de l’écartement des voies de la RENFE ? …

      • Ah, les compartiments! Ah, le couloir où l’on pouvait griller sa clope à la fenêtre! Ah, les cinq minutes d’arrêt où l’on achetait un journal!
        Et la petite lumière bleue des wagons-lits…
        Bruits et odeurs disparus du paysage ferroviaire. Monde aseptisé, fade et sans saveurs de ces trains hypervéloces fermés hermétiquement tels d’improbables tombeaux…

          • Certes. Mais combien de cheminots dans la Résistance…
            Voir justement le film de Frankenheimer que je cite dans la chronique.

          • Ce n’est pas la sncf que je mets en cause mais l’incroyable morgue des impérialo-isolationnistes US qui consiste à exiger qu’une entreprise étrangère aille à Canossa comme préalable au business tout en exonérant * définitivement les siennes de toutes les saloperies commises sur la base d’arguties juridiques à usage interne. Exemple :

            « While a causal connection linking Agent Orange to chronic disease in humans has not been established, some governments have made the decision to provide certain medical benefits to veterans and their families even though there has not been a determination that an individual’s health problem was caused by Agent Orange. In addition, governments and non-governmental humanitarian organizations have increased funding of environmental and healthcare services to help address potential problems that may exist in Vietnam from the use of Agent Orange. »

            https://monsanto.com/company/media/statements/agent-orange-background/

            Fermez le ban.

        • Souvenir d’un extraordinaire voyage en compartiment de 8, en Seconde, entre Toulouse et Paris-Austerlitz, où d’une clope offerte à une fille a découlé une nuit de folie dans la lumière violette, pendant que les autres roupillaient — sauf un permissionnaire en uniforme qui se branlait mélancoliquement…
          Parmi d’autres nuits ou moments de folie ferroviaire.
          Comme dit Apollinaire citant Alphonse Allais :
          « La trépidation excitante des trains
          Nous glisse des désirs dans la moëlle des reins. »

          C’est dans les 11000 verges. Et l’instant ferroviaire des 11000 verges est… exceptionnel.

          • Ouais ! Mais tout ça ne vaut pas le pas lent du cheval tirant la charrette ! Ou, mieux encore celui de l’âne dans les Cévennes.

        • Et les avertissements multilingues !
          Nicht hinauslehnen ! E pericoloso sporgesi !
          Ce dernier, qui berçait mon enfance, est devenu le titre d’un roman …
          Je crois qu’il n’y avait pas d’anglais.

    • Les interventions récentes de l’Etat français sur la production d’électricité sous la pression de lobbys divers et variés sont assez catastrophiques pour qu’il soit inutile de souligner à quel point Bartholony voit juste !

      • OK ! Nous avons donc, dans les deux cas, le choix entre le financement par l’impôt, ou un coût trop élevé pour le commun des mortels, ou la faillite puis la disparition des produits.
        J’ai ouï dire que les fabricants de bougies regrettent les arrivées successives du gaz et de l’électricité.

  11. Et le beau Gary dans « High moon », il n’était pas sexy ? Et ce train qu’on attend porteur d’une menace, et cette musique rythmée par le « tchou-tchou » de la locomotive à vapeur ce n’étaient pas des chefs-d’oeuvre . Quel bel hommage rendu à ces monstres d’acier !

    https://www.youtube.com/watch?v=hsDyrZVqipA

    Pour les amoureux des trains, ne pas manquer la visite du musée du train miniature situé sous la gare de l’Est à Paris. Une petite merveille !

    https://www.mylittlekids.fr/sortir/train-miniature-gare-de-l-est

  12. « el centre del món, est la gare de Perpignan… »
    …et son remarquable chou-fleur que me montrait mon père qui travaillait à cette même gare ! J’ai vu et revu Dali dans cette ville, j’y ai croisé Trénet. Et les Noïs (Gitans) m’y ont enseigné l’art du frappé sur la table d’harmonie de ma guitare. Mince : j’ai bien vieilli !

    • Peut-être, mais vous avez gardé de beaux souvenirs. Je ne suis pas certaine que les générations actuelles (nées depuis 1990) se souviendront d’autres choses que de leurs jeux-vidéo.

  13. La politique énergétique de la France depuis quinze ans est décidée par le petit monsieur décoiffé qui grimpe aux arbres !

  14. « Les Echos » publient un article sur les élections au Medef :

    « Ces élections seront-elles enfin l’occasion de reconnaître les services non plus comme un secteur secondaire mais comme une réalité économique que nous devons pleinement exploiter ? Où continuera-t-on d’entretenir le mythe d’un possible retour de l’industrie en refusant de voir combien cette nostalgie d’un monde ancien nous empêche d’aller de l’avant ? Réponse en juillet prochain.
    Richard Vainopoulos est le président de TourCom »

    • Savez-vous que c’était le plan du Grand Reich européen d’Hitler ? Faire de la France une station de délassement pour les valeureux guerriers aryens !

      Certains disent que l’Europe de Bruxelles est en fait l’application du plan Coudenhove-Kalergi.

    • Bartholoni dit aussi:

      « L’État doit être propriétaire des chemins de fer, comme il l’est des routes, comme il devrait l’être des canaux…
      Les tarifs, pour être justes envers tous, doivent, au moins, être uniformes.
      L’État doit être maître des tarifs.
      Le monopole des Compagnies serait intolérable.
      Les ingénieurs civils ne valent pas ceux du Gouvernement. »

      etc.

      Demandons à Pierre Driout de nous faire un articulet: « Spinetta contre Bartholoni. »

  15. Le fait est que Brighelli n’a pas connu la France d’avant le Front populaire quand la Banque de France était privée et où la SNCF n’était qu’un sigle insignifiant et itou EDF.

  16. En y regardant de plus près, je viens de constater que les cheminots sont à peu près logés à la même enseigne que les fonctionnaires. Un agent titularisé à 19 ans par exemple devra cotisé 172 trimestres pour toucher sa retraite à taux plein (75% du salaire brut des 6 derniers mois). Donc s’il veut continuer à vivre correctement, il faudra qu’il travaille jusqu’à 62 ans. Le hic c’est que plus beaucoup de gens sont titularisés à 19 ans ce qui change la donne. Titularisé à 28 ans, l’agent devra travailler jusqu’à 71 ans pour avoir sa retraite à taux plein. Conclusion, pas si privilégiés que ça les cheminots !

    • Entre les agents de conduite et les sédentaires ? Oui les agents de conduite peuvent partir à 52 ans, les sédentaires à 57 ans. Les retraites sont calculées sur l’ancienneté c’est à dire entre 25 et 27 ans de service. Mais, elle est au prorata des salaires des 6 derniers mois d’activité.

      « Il existe une différence, de plus en plus théorique, entre « pension d’ancienneté » et « pension proportionnelle ». La pension d’ancienneté donne droit à certains avantages, essentiellement le bénéfice de la pension minimum ( env: 1200 €).
      Pour bénéficier de la pension proportionnelle, un an de service suffit.
      Pour bénéficier de la pension d’ancienneté, il faut avoir été affilié au régime pendant une durée comprise entre 25 et 27 ans suivant l’année au cours de laquelle l’agent atteint ses 25 ans d’affiliation. »

      Le privilège c’est qu’un agent qui part à la retraite à 52 ans peut compléter sa pension en faisant un autre métier. Il ne doit pas avoir à attendre ses 60 ou 65 ans pour la toucher comme dans d’autres secteurs.

  17. Le 2 mars 2018 à 17 h 04 min, Flo a dit :
    « un silence n’avait rien d’un luxe. »

    Pas d’accord, Flo ! Moi, j’aurais bien aimé entendre un bon coup de sifflet au moment où il l’étreint dans le wagon. Parce que tout le monde sait que l’étreint sifflera trois fois…

  18. Analyse de Sapir sur la réforme de La SNCF :

    https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-sncf-vers-le-retour-au-xixeme-siecle-par-jacques-sapir/

    « Si la part du train reste encore supérieure à ce qu’elle est en Allemagne ou en Grande-Bretagne, elle est très inférieure à ce qu’elle est en Suisse ou au Japon. »

    Et pour cause, nous n’obtiendront jamais dans l’exagone le ferroutage des marchandises comme il est obligatoire actuellement en Suisse (et ce ne sont pas les voix navigables, en France, qui manquent), qui participe à l’extension des lignes et vise à réduire polutions sonores et atmosphériques. Le lobby routier, fort de sa main d’oeuvre déplacée venue de l’Est, ne de cedera ses part de marché à la SNCF. En cas de menace, nous ne serions pas à l’abris d’un remake du scénario de 1995 : axes, raffineries, et villes paralysés…

  19. Bon, je vous quitte définitivement et vous laisse méditer la phrase de Lao-Tseu:
    « Là où se trouvent tes pieds commence le voyage »(*), ce qui devrait vous changer de vos train-trains quotidiens.
    Adieu aux amis, bisous d’une tendresse sincère –dans les limites de la légalité républicaine– aux filles de joie pédagogue du blog.
    Naturellement, bras d’honneur aux autres trouduculs que je ne regretterai pas !

    (*)Comprendre « suis l’itinéraire de notre âme , avec ou sans ton GPS, avec ou sans ton abonnement SNCF »

  20. Le champion de la ponctualité ferrée ? Le réseau ferroviaire japonais – 98% de trains qui arrivent à l’heure. En Suisse 88% et en France 80% pour les TGV je crois.
    Or le réseau japonais est partagé en une multitude de compagnies … cqfd !

    • Avec Driout, N mots écrits (espaces et articles compris) c’est N! biais dans le « raisonnement ».

      • C’est une étrange heuristique mais au moins on est sûr que dans ces N! permutations, il y en a une qui donne la solution objective.

    • Si vous voulez que la France ressemble davantage au Japon,il vous faut accepter qu’une puissance étrangère commence par larguer deux bombes atomiques (par exemple sur Marseille et sur Lyon).

      Le Japon contemporain ne peut se comprendre sans Hiroshima et Nagasaki.

      • Pourquoi pas sur la Corse ? Même une dizaine … à part pour les sangliers et les châtaigniers y aura pas grand mal !

  21. Bon, alors je reviens comme promis, sur la « réminiscence » de Proust-prout (vous savez, l’odeur du feu de brindilles de bois dont j’ai parlé l’autre jour) débusquée par Patrice Louis « le fou de Proust » et très peu citée. Parce que les trains, moi je veux bien que ça vous intéresse, mais une fois passé le léger agacement provoqué par la lecture du rapport Spinetta, je vais vous faire l’honneur de croire que vous avez envie de passer à autre chose car je ne peux imaginer que ce fumeux rapport puisse vous tenir en haleine tout le week-end, il y aurait forcément une imposture quelque part.
    Comme on est chez Brighelli, je vais aller vite et considérer qu’ici, chacun a au moins une fois dans sa vie, eu affaire à la définition de la « réminiscence » ou « mémoire involontaire », seule faille spatio-temporelle (avec l’art) qui permet d’abolir le temps donc la mort, d’après Marcellito.
    Ainsi, les plus généralement cataloguées, sont donc au tout début, la madeleine (la plus connue) et à la toute fin, les trois qui déboulent en rafale dans « Le Temps Retrouvé », à savoir: les pavés disjoints, la petite cuillère et la serviette sèche.
    Le narrateur nous dit qu’il a vécu d’autres réminiscences : il cite les clochers de Martinville et la petite musique de Vinteuil, sans les « caractériser ». Mais pour les « explicites », évidemment, à chacune de ces infimes sensations, sont liés les évènements les plus considérables ou les objets les plus imposants: la madeleine (tout Combray), les pavés disjoints (Venise), la petite cuillère (le train, sans doute l’objet humain le plus massif pour l’époque de Marcellito), la serviette rêche (la mer à Balbec).
    La réminiscence dénichée par Patrice Louis n’a pas, elle, d’objet aussi attitré, aussi caractérisé, que ces quatre-là. Elle renvoie à ces moments où le narrateur, à Combray ou Doncières, va partir se promener, et donc la marche à pied va se substituer à l’immobilité du lecteur dans sa chambre . Mais comme les autres, elle est source d’allégresse parce qu’elle ramène celui qui l’éprouve à l’état de celui qui ressent plutôt qu’à l’état de celui qui a déjà ressenti.
    Et l’auteur la décrit en opposant, comme pour toutes les autres, le minime et le gigantesque : l’odeur d’une brindille de bois contre l’iceberg, « la banquise des hivers anciens »
    Bref, c’en est une « vraie » elle aussi !
    On a noté que les réminiscences étaient des sensations physiques…Mais je me demande aujourd’hui si on n’a pas tout simplement éludé un côté systématique et construit de ces sensations. Si Proustinet n’avait pas délibérément semé dans son oeuvre en suivant un ordre précis, tel le petit Poucet cherchant à guider (mais pas trop) ses lecteurs, un répertoire exhaustif des sens humains.
    Parce que, si l’on joue un peu, et même si chaque sensation n’est pas unique et essentielle, mais mélangée à d’autres, on peut quand même considérer que la madeleine renvoie au goût, la cuillère à l’ouïe, la serviette rêche au toucher et le feu de bois à l’odorat. Bien sûr, ce n’est pas si simple (sinon Marcellito ne serait plus Marcellito) mais si l’on poursuit ce petit jeu, alors les pavés renvoient au « sens » de l’équilibre, et les deux autres, non explicitées mais simplement citées, –la musique de Vinteuil et les clochers– font elles, carrément le lien entre la réminiscence et l’art. C’est parce qu’il ne comprend pas que l’enthousiasme ressenti à la vue des clochers de Martinville provient du processus de la réminiscence que le narrateur va tenter d’exprimer cette allégresse via l’oeuvre d’art. Et voilà, en plus du lien sensoriel entre ceci et cela, dans la Recherche, de la place exacte de chaque épisode, y-aurait-t’il aussi une hiérarchie des sens ?
    Proust-prout nous amène-t-il « progressivement » vers le dévoilement (l’oeuvre d’art ne serait que la tentative de saisir l’abolition du temps, éprouvée involontairement ?) ou est-ce qu’il nous donne ça « en vrac » ?
    Il faudrait donc établir une sorte de classification de la réminiscence, de voir si Marcellito, comme je le pressens, a construit tout à fait consciemment et logiquement son répertoire, en « ordonnant » les épisodes. C’est mon côté Perecien, j’aime bien que les choses soient classées, rangées, sinon c’est le bordel !
    Mais si ça se trouve, ça a déjà été fait, et c’est juste mon ignorance qui me fait m’émerveiller de ce que tous savent déjà pertinemment depuis longtemps. Ah là là, j’aimerais tant savoir.
    En fait, c’est surtout cela que je demande aux critiques littéraires. Plus qu’une incitation faisant appel à des goûts supposés partagés (que j’aurais en commun avec le critique et l’auteur du livre , une mise à jour de « comment c’est foutu ».
    N’empêche que Driout, malgré ses raisonnements erratiques, il savait bien que cette réminiscence risquait de me faire fortement divaguer.

      • Que voulez-vous dire ?

        Il y a bien, quelque part dans La Recherche, une odeur de gaz d’échappement provenant d’un autobus…évocatrice/annonciatrice de départ vers une campagne riante.

        N’ayant pas l’ouvrage à portée de main,je me fie à ma mémoire.

        Et,à part ça,vous aurez remarqué comment Le Maître,lorsque il donne la liste de toutes les gares par lesquelles il est passé lors de son récent voyage vers Saint-Chnian, s’amuse à imiter Proust-pour qui l’indicateur des chemins de fer était un vrai poème,un réservoir de rêves.

  22. Je renverrais volontiers dos à dos * les coucheries en couchettes de wagon-lits et de bateaux. Les rythmes suggérés sont différents (le tadatadam(e)-tadatadam(e) du rail vs le zonzonnement diffus du gros diesel).

    La résonance se trouve entre les deux…

    Faut dire quand même qu’on fait tout pour équiper les navires de dispositifs tendant à annuler roulis et tangage (pas dans la dame). Ça peut se comprendre, certains flux étant peu orgasmiques.

    * la bête à 2 dos

    • Je rappelle qu’en physique, composer deux rythmes différents donne le phénomène de « battements ».

        • Voilà ! Cela nous ramène à la misérable question d’Audrey ou comment rompre le tempo.
          Sa définition était magique !
          Lormier, en toute amitié, ne pouviez-vous pas placer votre question simplement plus bas, en lui adressant nommément, et laisser le caractère sacré de cet espace vierge de tout commentaire ?

  23. 60 euros d’amende à Marcel Proust pour avoir dépassé la file des invités !

    Resquilleur mondain !

  24. Moi qui m’habille seulement en « Marcel Proust » je suis heureux de me retrouver sur un blog d’hommes de goût !

  25. Une odeur incomparable, celle de la mère chat quand elle fait ses petits. Soit dans le lit, et donc sous les draps !!!( il faut tout préparer, mais quand ça sort elle prévient), soit dans le bas de la bonnetiére. Mais la chatte veut quasimment que je rentre avec elle dedans.
    Comme dirait l’ogre, une odeur de chair fraiche. Mais pas celle du sang, c’est autre chose, une odeur inconnue, incroyablement douce, laiteuse . Surnaturelle.
    Le plus dur est la suite, car, pour ne laisser qu’un ou deux chatons, il faut estourbir les autres, au moment ou la maman est
    Occupée à lécher les bébés… elle ne remarque pas si la chose est bien faite et rapide. Un petit linge, un coup, pas le temps de dire ouf.
    Ca je ne peux plus le faire, maintenant…
    Mais c’est la méthode la plus « douce » quand on n’a pas le choix.

  26. Le 3 mars 2018 à 15 h 05 min,
    Flo
    a dit :
    Voilà ! Cela nous ramène à la misérable question d’Audrey ou comment rompre le tempo.
    Sa définition était magique !
    Lormier, en toute amitié, ne pouviez-vous pas placer votre question simplement plus bas, en lui adressant nommément, et laisser le caractère sacré de cet espace vierge de tout commentaire ?

    Je ne comprends pas très bien… quel « caractère sacré « ?
    Quant à la « misérable question d’Audrey »…soit je ne l’ai pas lue,soit je l’ai oubliée.

    Oserais-je alors,vous prier de consentir à effectuer une tâche pédestre ?

    • Du cararactère sacré de la magie que définissent, en physique, un battement par deux rythmes différents et de la possible déclinaison qu’elle subodore. Emouvant, non ?

      Il apparaît parfois des tempos sur le fil de bdâ ; et parfois, certains commentaires se suffisent à eux mêmes par la beauté de leur résonance.

      La séduction ne serait-elle pas une question de tempo, savoir anticiper les rythmes et les silences ?

      Audrey pour Audrey Hepburn.

      Qu’entendez-vous par tâche pédestre ?

  27. … lorsqu’ils se noient, ils souffrent terriblement, c’est long, même si on les tient.
    Ca n’est donc pas une bonne méthode. Lorsqu’on n’a pas le choix, ma maniére est la plus rapide.

  28. spécial Driout:

    L’ingénieur Isambard Kingdom Brunel,tant célébré en Grande Bretagne avait un père français.

    « Isambard Kingdom Brunel, fils de l’ingénieur français Sir Marc Isambart Brunel et de Sophia Brunel née Kingdom (décédée en 1854), est né à Portsmouth, Hampshire, le 9 avril 1806.
    Son père travaillait alors aux Portsmouth Block Mills, où il mit au point des machines pour la fabrication des poulies de marine.
    À 14 ans, on l’envoya en France pour étudier au lycée Henri-IV, à Paris, puis à l’université de Caen.
    Il avait 15 ans lorsque son père fut emprisonné pour une dette de plus de 5 000 livres, somme qui fut pour l’essentiel réglée par le gouvernement britannique, celui-ci ne voulant pas prendre le risque de voir cet éminent ingénieur fuir vers la Russie. Isambard put donc poursuivre ses études en France.
    Isambard Brunel connut son premier poste d’importance lorsque, âgé de 20 ans, il fut nommé chef assistant ingénieur, auprès de son père, dans les travaux gigantesques du Thames Tunnel, qui traverse la Tamise entre Rotherhithe et Wapping. »

    source:ouiki

    beau reportge de la BBC
    https://www.youtube.com/watch?v=QwHnVH9jWmU

  29. Si Jupiter utilisait ses super-pouvoirs pour faire en sorte que la France de 2020 ressembla point par point à la France de 1935 j’en serais fort heureux ! Malheureusement je crains que la seule chose qui reste dans ses cordes soit de continuer voire d’accélérer la politique d’analphabétisation, de tiers-mondisation et d’uber-africanisation de ses prédécesseurs immédiats !

  30. « Le 3 mars 2018 à 9 h 23 min,
    Dugong
    a dit :
    Ce n’est pas la sncf que je mets en cause mais l’incroyable morgue des impérialo-isolationnistes US qui consiste à exiger qu’une entreprise étrangère aille à Canossa comme préalable au business tout en exonérant * définitivement les siennes de toutes les saloperies commises sur la base d’arguties juridiques à usage interne. »

    Dugong ayant déterré l’histoire de la SNCF et de ses wagons…voici un autre thème de réflexion: IBM, les cartes perforées, et l’efficacité des recensements,en Allemagne,au temps du grand Reich.

    Watson,PDG d’IBM, renvoya ,en 1940 ,à Hitler la belle médaille dont il avait été décoré quelques années plus tôt.

    Ce geste fut perçu comme une gravissime insulte à l’Allemagne éternelle.

    « …le 6 juin [1940], Thomas Watson renvoie à Hitler la médaille remise moins de trois ans plus tôt dans l’île du Paon….
    En Allemagne, c’est la levée de boucliers: «Les rats du profit quittent le navire, écrit le Völkischer Beobachter. On aurait pu penser que Thomas Watson aurait les idées plus larges que les rédacteurs en chef et les journalistes juifs aveuglés par la haine.»

    https://www.lexpress.fr/informations/holocauste-les-listes-ibm_641323.html

  31. Pour les chatons, 1 ml de Doléthal en intrathoracique. Je prends un euro par chaton. Ça revient moins cher qu’un jeu à gratter. Mais par pitié, amenez-les dans les deux premiers jours. Après, c’est un crève-cœur.

  32. dobolino hello,
    Le mieux c’est de faire opérer la chatte après sa premiere portée.
    Car oui, quel créve coeur, sinon. Sinon, il ne faut pas attendre
    même pas une heure! C’est sûr qu’il faut avoir le réflexe d’agir vite quand les bébés arrivent dans votre main…
    Parceque prendre les bébés qui pleurent, le temps d’aller chez le véto, etc… et la chatte qui recouvre ses esprits et qui est en alerte, etc… c’est pas top!
    Je me suis dit que l’info pouvait servir.

  33. @Lormier du 3 mars 2018 à 14 h 46 min

    Il est fort possible que j’aie posté ce lien ici dès que la nouvelle est sortie, mais ta mémoire à propos de tout ce qu’ont posté les gens dans le blog me surprend voire m’inquiète…

    En ce qui concerne la pelisse, tous les lecteurs de la Recherche connaissent son existence. Va voir au Musée Carnavalet (où il y a une reconstitution de la chambre de Proustinet). Ils l’ont récupérée par je ne sais quels avatars, et elle est conservée dorénavant dans les réserves du musée. Pour avoir des détails, renseigne-toi sur place ou auprès d’un club Proustien sur le Net, genre « Le fou de Proust » (tenu par Patrice Louis) . C’est le genre de mec qui lit la Recherche en boucle (comme Alain Minc d’ailleurs) et tout ce qui lui est afférent. Rien ne lui échappe !
    Je ne sais pas où ces gens trouvent le temps de lire tout ça…
    J’ai lu « Du côté de chez Swann » vers mes quinze ans et à plus de ving-cinq ans maintenant, j’ai quand même terminé le Recherche mais ai volontairement délaissé Jean Santeuil et ses autres écrits. Lire la Recherche, c’est pour moi, entrer dans un univers cinématographique à la Resnais par ce « temps non pas immobile mais sans début ni fin », mais pas au point d’y être enfermé comme dans un préambule sans fin.
    J’en relis maintenant des passages ou des analyses sur Internet, je ne vais pas défricher tout seul les terres proustiennes alors que des gens le font mieux que moi. Sauf en ce moment pour ces fameuses réminiscences dont j’ai mis un temps énorme à réaliser qu’elles débouchaient sur quelques unes de mes obsessions –l’identité et les sens– par le biais des repères que constituent ces réminiscences. L’essence des réminiscences comme a dit le très fin Driout le 3 mars 2018 à 14 h 51 min.
    Un sacré jeu de piste !

  34. Je trouve que cette histoire de pelisse relève du fétichisme. C’est comme si on récupérait les poux de Houellebecq pour les mettre en couveuse afin de transmettre un peu de son génie aux générations futures.

  35. A propos de la résistance, façon Bataille du rail : il y avait le réseau Résistance-Fer, avec quelques d’anecdotes que l’on ma racontées ; des témoignages indirects.
    J’en ai d’autres, à propos des FTP (actifs aussi dans le sabotage) ; mal vus car proches du PC de l’époque, peut-être.

  36. En fait, il y a un petit truc que j’ai lu (hormis le billet, intéressant au possible) via un lien fourni dans un des commentaires.
    cf.
    : Le 1 mars 2018 à 20 h 45 min, Dugong a dit :
    https://www.lamontagne.fr/royere-de-vassiviere/politique/justice/2018/02/27/affaire-de-tarnac-apres-dix-ans-de-procedure-l-energie-contestataire-des-inculpes-est-intacte_12753078.html
    On y lit :
    …  » Manon Glibert, musicienne poursuivie pour « recel de faux ‘‘ …

    Ca m’a évoqué :
    Le 4 mars 2018 à 9 h 53 min, Thierry L a dit :
    Pour anecdote, dont je ne peux révéler la source ( ca doit être fiable, dans l’ensemble) :
    Les flics (une branche de la DCRI, à l’époque je crois) avaient oublié une mallette sur les lieux de l’arrestation. A l’intérieur des pv (ou documents similaires) remplis à l’avance, attendant d’être signés.

    J’ai fait le lien aussitôt (quelle idée !!!! )
    Il n’y a peut-être aucun rapport.

    Je tiens la source pour fiable, le tout dans un contexte absolument pas déconnant (des choses sérieuses faites très correctement pour ne pas en dire plus, vu que l’on ne m’a rien demandé), par contre c’était en 2012, 3 ans après cette histoire.
    Depuis il y a eu de l’eau qui a coulé sous les ponts et n’ai jamais revu cette personne (d’autres, proches par ricochet,si) et n’en ai jamais reparlé.

    C’était peut-être une grosse intox et nous aurions étés au moins 2 dupes (c’est à dire des faux ultérieurs crées pour essayer d’invalider les procédures)
    C’est peut-être la défense prise par les flics (… cette mallette/attaché case n’a jamais été à nous…. On imagine le genre ; parole contre parole)

    Bref pas de quoi faire 2 commentaires à propos de Jean-Cyril Spinetta et consorts (il faut être tordu pour voir un rapport je pense)

  37. Le big Lewandowski, ex prof de lettres, ex lignard aux Echos, « journaliste indépendant » titulaire d’un blog au Vespéral publie un énième projet d’encyclique destinée à ressasser les bienfaits d’une « éducation aux média » *

    http://focuscampus.blog.lemonde.fr/2018/03/03/leducation-aux-media-plus-necessaire-que-jamais/

    Pourtant, une élite aspire à une école indemne de quincaillerie entuberculeuse, qui cultiverait les savoirs instantanément inutiles et définitivement supérieurs aux occupations palliatives réservées aux masses grouillantes.

    Elle sera discrète et chère.

    *en gros : « média asymptotiquement étroniques, média modérément indépendants mais média indispensables »

  38. Sur les conseils de Melocoton, je suis en train de lire l’Usage du Monde de Nicolas Bouvier. C’était un excellent conseil. La lecture en est voluptueuse. Et je ne saurais l’en remercier assez !
    Mais je n’arrive pas à comprendre pourquoi ce récit est au programme de l’Agrégation de Lettres ? Et ce d’autant plus qu’on y sent bien plus l’influence de la littérature et de la culture germaniques que de la littérature française.
    Quelqu’un pour m’expliquer ce qui a motivé ce choix d’œuvre ?

      • Ouaf ! Ouaf ! Ouaf ! Encore un jappement « cynique » de Dugong.
        Bouvier est né à Genève.
        Ville où j’ai mis une fois les pieds, un summum de boboïtude . Quel endroit paumé ! Même le chocolat est moisi de suffisance …
        Jamais lu ce truc de Bouvier. Son inscription au programme de l’agrégation n’en fait pas une référence sauf pour dire qu’il est sans intérêt de voyager dans les conditions d’aujourd’hui. Bouvier voyageait peut-être vraiment à son époque… alors que maintenant les touristes se déplacent, point barre.
        Ecoutez-moi, Terriens ! Constatant que, désormais, tout est partout pareil, restons en nos poêles, à rêver … cet espace est plus grand que le monde, mondialisé, agité, chaotique, inamical, identique !
        Autre question ?

        • C’est très bien écrit, vraiment — et Bouvier naviguait en 2CV ou à pied, et sur des unités de temps supérieures à l’année. Il témoigne d’un monde (l’ex-Yougoslavie par exemple, ou l’Afghanistan) qui a disparu ou sombré dans des guerres diverses.

  39. « Résultat, les Britanniques déboursent chaque mois six fois plus que les Fançais simplement pour se rendre sur leur lieu de travail. 14% de leur revenu mensuel, très exactement, contre 2% pour les usagers de l’Hexagone » dixit Sasha Mitchell.

    2% ? Mettons un revenu de 2000 euros mensuel cela nous fait 40 euros ! Même pas le prix du passe Navigo Paris ! Je crois que ce chiffre est fantaisiste …

    • C’est une moyenne ! Nombre de Français n’ont aucun frais de déplacement, hé, Parigot-tête-de-veau !
      Moi-même par exemple. J’y vais à pied.

      • Vous y allez nu à votre lycée ?

        P.S C’est pareil pour les Anglais – y en a même qui ne travaillent pas du tout sur ce blog – je ne dirai pas les noms.

  40. « 2% ? Mettons un revenu de 2000 euros mensuel cela nous fait 40 euros  »

    P…
    Driout calcule maintenant des pourcentages sans aucune erreur!

    • Tout arrive ! Maintenant abcmaths combien dépensez-vous en pourcentage de vos revenus pour vos transports ? Je ne vous demande pas de nous révéler vos mirifiques émoluments … et je vous prie juste de me préciser le mode de calcul. Par exemple coût de l’amortissement de votre véhicule personnel si vous en avez un.

      • Cela fait longtemps que je ne m’abaisse plus à de vils calculs tels que ceux que vous évoquez!

        • Exactement.

          Chez Rolls Royce, dans les spécifications techniques, à la ligne « puissance », il est indiqué un laconique et orgueilleux « suffisamment » alors que les marques roturières sont contraintes à une dérisoire fuite en avant quantitative.

  41. Les employés d’EDF avaient l’électricité quasi-gratuite pour quel motif ? Les employés de la SNCF voyagaient à l’œil famille comprise par quelle grâce ?

  42. Savez-vous qu’en 2007, les trains autrichiens avaient des compartiments réservés aux femmes? Je l’avais découvert, parce que je voulais montrer Innsbruck à un ami. Nous nous étions installés dans le 1er compartiment disponible où se trouvaient déjà 3 matrones autochtones. Puis le contrôleur autrichien était venu. Il semblait que quelque chose n’allait pas, mais il avait l’air gêné. Après explications le problème était qu’il y avait un élément masculin dans ce qui était un compartiment prévu pour les dames. Finalement il demanda aux dames présentes si la présence de mon ami ne les gênait pas et sur leur réponse aussi négative que véhémente, il s’en alla soulagé. A l’époque je m’étais demandé quelle mouche avait bien pu piquer les autrichiens, je n’avais pas envisagé une minute qu’il pourrait s’agir d’une mouche religieuse, comme la mante du même métal. En France, à l’heure actuelle, quand on parle laïcité, je repense aux Femmes savantes : « C’est à vous que je parle ma soeur…. »

  43. « Nous avons besoin de sauver les restes des vieilles civilisations qualitatives, que nous détruisons impitoyablement tous les jours pour augmenter notre richesse et notre puissance…Les vieilles civilisations qualitatives, qui avaient pour but la perfection et non la puissance, sont notre paradis perdu. Nous ne pouvons plus y rentrer ; mais les fabuleuses richesses amassées depuis un siècle ne réussissent pas à nous le faire oublier. » G F

  44. Si vous aimez les lignes improbables, je vous conseille le Gap Grenoble qui traverse le Dévoluy. De superbes paysages, avec en arrière plan les Alpes, le tout à une vitesse qui permet d’apprécier toute la valeur de la vue, en traversant des lieux comme Luce la Croix Haute, Veynes Devoluy, … Bref, une cette France des petits villages et des petites gares, dont on aime humer le parfum en attendant de croiser l’autre rame sur la voie unique.

  45. Monsieur Brighelli j’adore vous lire en général, mais cette fois-ci j’aimerais opposer deux arguments à votre démonstration concernant la SNCF et les cheminots, n’oubliant pas de dire en préambule que mon petit fils de 10 ans est comme vous l’avez été amoureux des trains. Deux choses donc : 1° les problèmes du rail en Angleterre sont largement dus au fait que l’Etat n’avait pas entretenu le réseau pendant les années précédant la privatisation. 2° si les Français payaient le vrai prix des trajets cela leur coûterait trois fois le prix payé, le reste étant payé par les contribuables. Cela étant je ne considère pas les cheminots comme des nantis !

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