Les jeunes n’aiment pas la laïcité ? Eh bien, cessons d’aimer les jeunes

Dirigeante-voilee-a-l-Unef-la-polemique-atteint-le-gouvernement« Jeune con » est-il un pléonasme ? C’était déjà jadis l’idée du Professeur Choron : « Des merdeux, des trous-du-cul, des cons, des petits ânes » — et c’était en 1982…

Ça ne s’est pas arrangé depuis.

Un sondage Ifop qui vient de sortir, commandé par la LICRA et disponible ici, montre qu’une majorité de lycéens est favorable au port du voile à l’école, au port du burkini dans les piscines — qui devront avoir des horaires séparés garçons / filles —, et à l’élimination de tout discours contestant la religion.
Des modèles de vertu.
Quand leurs aînés, ces connards de baby-boomers, favorisaient la liberté d’expression, et leur ont d’ailleurs donné (imprudemment) la parole via la loi Jospin en 1989, les jeunes d’aujourd’hui favorisent la répression du blasphème. On se souviendra qu’une jolie minorité de ces ayatollahs en puissance a refusé de faire une minute de silence en 2015 pour honorer les morts de Charlie. Ils ne sont pas partis pour la Syrie, mais ils sont prêts au jihad intérieur.

Le pire, c’est qu’ils ont contaminé, par diverses pressions, les jeunes non-musulmans, qui approuvent désormais l’indignation des disciples de la religion de paix et d’amour dans leur croisade contre la liberté de parole et la laïcité. Imbus de réseaux sociaux, de chaînes de télévision ciblées, style Al-Jazeera (pourquoi croyez-vous que des paraboles ont fleuri en masse au dessus des cités ?) et d’américanisation — et la laïcité à la française est très mal perçue par les anglo-saxons qui ne voient aucun problème à l’instauration localisée de la charia —, les jeunes aspirent d’abord au « respect », comme le rappelle Gilles Clavreul dans le Figaro. Et trouvent la laïcité « discriminatoire » — alors que la charia, non, pas du tout.

On les a poussés à confondre port du voile et port de la minijupe, on leur a fait croire que McDo vendait du halal — afin qu’ils en mangent —, que la lapidation des femmes était une pratique normale, et qu’arriver vierge au mariage allait de soi : raison pour laquelle les petites maghrébines, dans leur vie sexuelle avant confinement à vie, ont recours à toutes les pratiques possibles, sauf la pénétration vaginale. Souris qui n’a qu’un trou est bientôt prise, dit ingénument le proverbe…

Gilles Clavreul, l’un des fondateurs du Printemps républicain (à ne pas confondre avec le rassemblement qui a ingénieusement opéré, à Marseille, de façon à ce qu’un socialiste se retrouve maire en cocufiant tous ses électeurs — tous ces Printemps créent de la confusion) est cependant un laïque authentique — auquel le Comité Laïcité République a remis son prix en 2017. « Sans doute, constate-t-il, les politiques publiques de pédagogie de la laïcité n’étaient-elles ni assez ambitieuses, ni assez massives pour contrecarrer des évolutions profondes des mentalités et des représentations. Mais il faut aussi se poser la question des contenus : qu’a-t-on mis exactement sous la bannière de la laïcité, au cours de la décennie passée ? Un corpus souvent très théorique, difficile à appréhender par les jeunes ; mais aussi une vision passablement édulcorée, privilégiant la dimension «inter-convictionnelle», notion passablement étrangère au principe de laïcité. »
Il en arrive même à contester la doxa pédagogiste : « Il faut un effort pédagogique beaucoup plus exigeant, dans certains territoires et auprès de certains élèves, pour faire connaître la laïcité et les valeurs de la République, et ne pas se contenter, comme on n’a que trop tendance à le faire, d’un discours très général et un peu émollient sur le vivre-ensemble. »
Parce que c’est de ça que l’éducation en France meurt : du vivre-ensemble, du savoir-être, mis à la place de la transmission verticale des savoirs. Dès que vous vous efforcez de « comprendre » la bêtise, elle vous coupe la tête.

Il est urgent de modifier du tout au tout la formation pratique des enseignants sur les questions de laïcité, et sur l’ensemble de ce qu’ils ont à enseigner. Plus de concessions sur Darwin ou la fréquentation (obligatoire, en théorie) de la piscine. Plus de concessions sur l’apprentissage de Voltaire, des croisades ou des exactions de l’islam. Plus de concessions sur l’histoire de l’esclavage — eh oui, la traite trans-africaine a été bien plus importante et mortelle que la traite océanique — ou sur la Guerre des Six jours, passée à la trappe des programmes, à Trappes et ailleurs. Et effectivement, il faut en remettre une couche, deux couches, dix couches, dans ces « territoires perdus de la république » si on ne veut pas les voir, incessamment sous peu, se dresser contre le reste de la France. Après l’avoir contaminée de ses idées rétrogrades, misogynes, racistes, et intolérantes.

Les enseignants ont besoin sur toutes ces questions d’un discours clair sur la laïcité, et d’un soutien sans failles de leur administration. « Zéro tolérance » doit être le principe des temps à venir. Jean-Michel Blanquer l’a compris, qui vient de nommer l’ancien Inspecteur Général Jean-Pierre Obin (auteur sur la question d’un rapport explosif en 2004 que Fillon s’était mis sous le coude) à la tête d’une mission visant à réformer la formation des enseignants. Il ne faut plus faire la moindre concession. Comme dirait Macron : « C’est une guerre. »

La laïcité que les jeunes trouvent discriminatoire, c’est la laïcité « aménagée » par Bianco et ses copains. Une laïcité à géométrie variable. Une laïcité « ouverte », comme les cuisses du même nom. C’est un réflexe automatique : dès que vous faites des concessions, on vous en demande davantage. Il faut revenir aux fondamentaux, élargir le cadre de la loi de 2004 aux universités, et faire taire les plus revendicatifs.
Les autres s’écraseront, parce que si je sais quelque chose de cette génération, musulmane ou pas, c’est qu’elle est toute en bouche : face à une opposition musclée, elle disparaît.
Le catholicisme a dégénéré quand il a cherché des accommodements. Sous la Contre-Réforme, les opposants la bouclaient. Regardez l’islam : il ne fait aucune concession — sinon sous le discours de la taqîya, le mensonge institutionnel qui fait semblant d’adhérer pour vous poignarder par derrière. Face au front uni des fondamentalistes, qui a gangrené la jeunesse, il faut reconstruire un Front Républicain qui en finisse avec les atermoiements. Et recruter des enseignants de combat, pas des poules mouillées qui geignent à chaque récré — ou se lamentent sur les réseaux sociaux en me vouant aux gémonies. Eux aussi « aménagent » leur enseignement, « établissent le dialogue », lancent des débats et se répandent en concessions. Ils font eux aussi de la laïcité ouverte — comme les fesses du même nom.

Jean-Paul Brighelli