Libérez Constantinople !

urlIl n’y a pas de raison pour que la dénonciation du colonialisme se cantonne aux enfants d’Africains et de Maghrébins. Que je sache, les Occidentaux n’ont pas été les seuls à pratiquer l’invasion de contrées qui ne leur demandaient rien, et à mettre en esclavage les peuples qui s’y trouvaient.
Il est donc temps de s’en prendre à tous les descendants d’envahisseurs, à tous les trafiquants et bénéficiaires d’esclaves. Et de leur demander non seulement des excuses, mais des compensations.
Par exemple les Turcs.

C’est au XIe siècle — l’époque exacte des premières croisades, dénoncées avec juste raison par les intersectionnels des luttes décoloniales — que les Seljoukides ont envahi l’ancien espace perse, convertissant par la force des populations zoroastriennes et chrétiennes (et pourquoi seraient-ce là des religion moins nobles que l’islam qui leur a succédé de façon autoritaire ?), dévastant en Asie mineure les territoires où vivaient des Grecs (et pourquoi le culte de Zeus serait-il moins crédible que celui d’Allah ?), détruisant les cités, mettant en esclavage les hommes, violant les femmes selon les lois du droit public, comme dit Voltaire… C’est enfin en 1453 que les troupes de Mehmet II (tout aussi répugnant que Bugeaud ou Damrémont, vous n’avez qu’à regarder le portrait qu’en a tiré Bellini, avec son linge sale sur la tête)Gentile_Bellini_003

prennent Constantinople — et comme ces barbares sont infichus de bien prononcer le grec, de Constantinopolis ils tirent Istanbul…
Par la suite ils occupent la Thrace, puis se répandent dans les Balkans. Le fait est que les Bosniaques sont les descendants directs de gens qui des siècles durant ont empalé et écorché ceux qui leur résistaient. Gloire à la Serbie, si longtemps rempart des incursions ottomanes ! Et honte aux Européens qui ont empêché des peuples si longtemps opprimés de se libérer du joug ancestral de ces colonialistes !
Ajoutons pour mémoire que les pirates turcs, pendant le seul XVIIIe siècle, ont razzié et mis en esclavage près d’un million d’Européens, attaqués sur leur territoire. Pour les revendre sur les marchés d’Alger et d’ailleurs.800px-Gérôme_Jean-Léon_The_Slave_Market

Il s’ensuit qu’au nom de la lutte des ex-colonisés contre les colonisateurs, nous exigeons :

– l’évacuation immédiate d’Istanbul et de l’Asie mineure des descendants des colons ottomans qui s’y croient chez eux. Sainte-Sophie est une église chrétienne et doit le redevenir ;
– La rétrocession de la ville, et de la Thrace, aux Grecs qui ont vaillamment résisté à l’oppression coloniale et s’en sont vaillamment libérés à partir de 1821 ;
– des excuses immédiates de tous les Turcs résidant en Europe : tout comme les Blancs américains baisant les pieds des « African-Americans », ou mettant un genou en terre pour se faire pardonner des siècles d’oppression, exigeons que les Turcs de Düsseldorf ou de Paris se repentent des crimes (avérés, ceux-là) de leurs ancêtres et fassent amende honorable ;
– Les Kurdes, eux-mêmes victimes de l’impérialisme turc, sont bien entendu dispensés de ces excuses. Les portions d’Asie mineure qui leur appartenaient doivent immédiatement leur être rétrocédés ;
– Les Turcs de Turquie comme ceux d’Europe devront supplier les Arméniens de bien vouloir leur pardonner le génocide opéré par l’armée turque — non seulement en 1915-1923, mais dans les siècles précédents. Et se replier sur les steppes dont ils n’auraient jamais dû sortir.

Ce sont des conditions minimales, dues aux souffrances engendrées par la politique impérialiste, génocidaire et esclavagiste des Turcs.
Une pétition est d’ores et déjà en ligne pour soutenir cette initiative dont je ne doute pas qu’elle obtienne le soutien de toutes les organisations qui, au nom de l’intersectionnalité des luttes, se battent contre les relents de colonialisme et d’esclavagisme qui hantent la société française en particulier, européenne en général.

http://chng.it/pzmPhy2N62

Approuvez-la et signez-la en masse ! Nous aussi nous devons nous battre contre les colonialistes, les esclavagistes, et les anciens bourreaux !

Jean-Paul Brighelli