Ils marchaient lentement, dans la ville surchauffée. Arles peut bien ne plus être enchâssé que dans des vestiges de murailles, les rues ont beau être étroites et à l’abri du soleil, l’air n’y circule pas, l’été, et une chape de plomb fondu l’enserre. Le pire, c’est quand vous sortez des ruelles et que vous entrez sur une place : traverser celle de la République, de Sainte-Anne à Saint-Trophime, est une épreuve du feu.
Pourtant, ils étaient revenus dans la fournaise arlésienne, comme l’année dernière. Ils étaient arrivés tôt le matin, et ils prenaient un café sur le boulevard des Lices. Ils s’étaient procuré, au syndicat d’initiative juste en face, un passe expo pour les Rencontres photographiques jadis fondées par Lucien Clergue. Et ils discutaient des diverses opportunités — partir directement vers le Palais de l’Archevêché, en s’enfonçant dans la vieille ville, ou en faire le tour — mais dans quel sens ?
Elle eut la bonté de lui laisser le dernier mot en lui faisant croire qu’il l’avait convaincue — comme d’habitude. Et ils remontèrent le boulevard vers le jardin d’été, tournant dans la rue Emile Combes (dit « le petit père ») pour gagner la Maison des peintres, où il tenait absolument à voir le travail de Christophe Rihet intitulé « Crossroads » (comme le blues sublime de Calvin Russell). Roads to death.

Les photos, superbes, sont l’autre bout, celui dont on ne parle jamais, du photo-reportage. Après l’incident, ou l’accident. Rihet a eu l’idée d’aller photographier les routes ou les rues où ont eu lieu des morts célèbres : la route où Bonnie et Clyde ont été passés à la moulinette par le FBI, le virage où Françoise Dorléac a brûlé vive, la route 46 de CalifornieCapture d’écran 2017-07-31 à 15.55.42 où une célèbre Porsche 550 Spyder (les marques des voitures sont systématiquement précisées), dite « Little Bastard », a heurté une Ford Sedan — l’accident mis en scène dans Crash, le film-culte de Cronenberg. Ou la Nationale 5 où Michel Gallimard, l’héritier présomptif de Gaston, au volant d’une Facel Vega HK500, a embrassé un platane sans son consentement. Il en est mort, ainsi que son passager, un certain Albert Camus. La glissière de sécurité, bien sûr, n’est pas d’époque…Capture d’écran 2017-07-31 à 15.54.07L’album rassemblant les photos est en vente là, et vous pouvez choisir l’exemplaire que vous voulez — avec en couverture la photo qui vous a le plus parlé. Sur celui qu’il a acheté, il y a ce sous-bois anglais où T.E. Lawrence a rejoint l’Arabie heureuse au guidon de sa Brough Superior SS100 — rebaptisée George, comme ses six motos précédentes.Capture d’écran 2017-07-31 à 16.01.34Morbide ? Pas même. Mais une belle démonstration sur le fait qu’un paysage est toujours un portrait — et toujours un auto-portrait. Christophe Rihet doit être un garçon intéressant.

Ils sont remontés vers les arènes. Ça commençait à taper dur, là-haut. Au Palais de Luppé Olympus a invité divers photographes — ils n’ont remarqué que les photos fort belles et morbides elles aussi de Guillaume Herbaut et Eléonore Lubna, « de Kiev au Donbass, un aller-retour ». Ou comment photographier la guerre — après tant d’extraordinaires reporters spécialisés dans le genre.Capture d’écran 2017-07-31 à 16.07.00
La galerie Arena, adjointe à l’ENSP d’Arles, expose un premier lot de photos de Colombie — le thème central des rencontres cette année. Rien de marquant. Au musée Réattu, comme l’année dernière, rien : des photos « mode », sur le genre dans tous ses états. À quoi bon aller à Arles si c’est pour y retrouver Michou ? En face, à la Commanderie Sainte-Luce, un autre marronnier, les migrants libyens. À trop traquer l’émotion du direct, on oublie de photographier — c’est-à-dire d’écrire la lumière, de la mettre en scène, de la dompter finalement. Entre le cru et le cuit, ils ont choisi… de ne pas s’attarder.

Il était temps d’aller déjeuner. Plutôt que de se perdre dans les innombrables gargotes à touristes de la place du Forum, ils ont passé le pont de Trinquetaille et sont allés chez Michel (juste à la sortie du pont, en contrebas) , le seul endroit où l’on mange une bourride de lotte pour 20 €. Mais que la traversée du pont, une seule arche jetée sur le Rhône, fut rude ! Le fleuve avait renoncé à couler. Les silures sommeillaient au fond. Les bateaux ne naviguaient pas. L’air était si épais de chaleur qu’on l’aurait découpé au couteau.

Puis retour : ils repassèrent le pont, et cherchèrent un peu de fraîcheur dans la chapelle Saint-Martin du Méjan (juste à côté de la librairie d’Actes Sud) où s’expose la Vuelta, qui n’est pas un documentaire sur le tour d’Espagne mais un panorama, à travers les œuvres de 28 photographes, de la Colombie actuelle. Mention spéciale pour Rosario Lopez, Andrea Acosta, Maria Fernanda Cardoso (dont la spécialité est la macro-photographie d’inquiétants organes sexuels floraux)Capture d’écran 2017-07-31 à 16.14.25 ou Maria Elvira Escallon. A vous donner envie de ne pas y aller : c’est superbe, la Colombie, mais ça a l’air violemment hostile.
Remontez de quelques dizaines de mètres, contournez la bâtisse où est organisé l’accueil du festival, et rendez-vous dans l’église des frères prêcheurs. Michaël Wolf y a accroché de très belles vues de villes — les immeubles de ShanghaiCapture d’écran 2017-07-31 à 16.19.02 ou de Hong-Kong, entre autres. « Pulsions urbaines » dit-il. C’est tout à fait ça — ces villes vivent à battements accélérés, au plus près de l’infarctus. Très belle série de visages de Japonais pressés les uns contre les autres à travers les vitres du métro de Tokyo — insectes semi-écrasés derrière les parois d’un vivarium géant.Capture d’écran 2017-07-31 à 16.19.38
Il est temps de repiquer vers le centre-ville, que la promenade, en spirale escargotique, a soigneusement contourné. Ils passent à travers la mairie, tant le plafond du hall leur arrache à chaque visite des commentaires admiratifs. À droite, l’église Sainte-Anne propose une exposition intitulée « Iran 38 » (le nombre de photographes qui ont envoyé leurs clichés) avec des images magnifiques de Arash Khamooshi ou Benham Zakeri. Ou ce sauna improvisé en bord de mer, qui ressemble terriblement à un rite anthropophage — photographié par Morteza Niknahad.Capture d’écran 2017-07-31 à 16.22.45Attention, il faut retraverser la place de la République, pour atteindre la Palais de l’Archevêché et Saint-Trophime, juste derrière. Ils ne se donnent même pas la main, pour ne pas transpirer en vain l’un dans l’autre — il y a des lieux et des occasions pour ça. Même la fontaine sur la place coule paresseusement, comme si elle était trop fatiguée pour céder à la gravitation universelle.
Une fois la voûte d’entrée atteinte, il sont provisoirement sauvés. Ils montent l’escalier à droite, pour voir la première exposition d’ensemble des œuvres de Masahisa Fukase, qui avec un humour très japonais a subverti la photo de famille,Capture d’écran 2017-07-31 à 16.25.36 et passé une longue année à fixer des corbeaux, comme des kanji barbares et illisibles jetés sur le soleil nippon.Capture d’écran 2017-07-31 à 16.26.20 Très beau. Très désespéré. Après ça, l’auteurCapture d’écran 2017-08-01 à 08.49.29 s’est débrouillé pour avoir un accident qui l’a plongé vingt ans dans un coma profond dont il n’est sorti que pour mourir. Un hara-kiri décomposé longuement.
A Saint-Trophime, juste au-dessus, on peut passer rapidement sur les photos de Dune Varela — des temples antiques tirés sur des plaques de métal, transpercées par derrière à la 22 long rifle — sans doute pour évoquer la destruction de Palmyre. On se prend à regretter que l’auteur n’ait pas utilisé une kalach, au moins il ne serait rien resté de son œuvre.
Mais au dernier étage, très belle exposition de Niels Ackerman et Sébastien Gobert, « Looking for Lenin » : une série impressionnante de photos de statues renversées du père fondateur du socialisme, dans des arrière-cours, des terrains vagues où les mauvaises herbes prennent leur revanche sur l’Histoire, des entrepôts clandestins où l’on a stocké les bustes en morceaux.Capture d’écran 2017-07-31 à 16.31.16 La plupart des photos sont accompagnées du commentaire d’un Ukrainien-témoin — celui-ci par exemple : « Si vous tirez sur ‘Histoire avec un pistolet, elle ripostera au canon. Si tout est défiguré à tel point qu’on oublie d’où l’on vient, nous ne formerons jamais une nation. Nous ne serons qu’une populace. Voire pire, des esclaves. Combien de fois, je vous le demande, est-ce que l’Histoire a été réécrite, depuis les débuts de l’humanité ? Et regardez le résultat… » On ne saurait mieux dire qu’à vouloir abolir le passé, on rate son futur. Et il n’y a pas qu’en Ukraine — de façon amusante, ce sont désormais les libéraux qui chantent « du passé faisons table rase… »

Ils se sont résolus à retraverser la place pour prendre la rue de la République. À l’église des Trinitaires, Marie Bovo a eu une bonne idée — photographier la Russie à travers les vitres du train qui parcourait la steppe —, mais à part l’idée…
Espace Van Gogh, les « Pulsions urbaines » d’une Amérique du Sud protéiforme — rien, mais alors rien, qui tire l’œil et dépasse le niveau de la carte postale, sauf de très belles images de Miguel Rio Branco, un Brésilien, et de Fernell Franco — la Colombie encore :Capture d’écran 2017-07-31 à 16.33.54L’après-midi tirait sur sa fin. Il a tenu à passer rue des Porcelet, qui donne sur la place Antonelle. Un vieux copain, qui signe Peter Henri Stein, y expose, comme chaque année, ses photos noir et blanc de femmes torturées, empalées, ficelées comme des poupées de Bellmer, sur lesquelles, en surimpression, sont parfois recopiés des fragments de textes sadiens.Capture d’écran 2017-07-31 à 16.36.03 Tiens, cette année, il a un peu sacrifié à la couleur, pour transformer une chair humaine en vieux bois flotté.Capture d’écran 2017-07-31 à 16.36.28Il était près de cinq heures, il était temps de partir. Il restait tant de choses à voir —les photos de jeunesse d’Annie Leibowitz, à la Grande Halle par exemple. Ma foi, ils y retourneront, la plupart des expos sont là jusqu’à fin août.

Jean-Paul Brighelli

104 commentaires

  1. J’aime bien la photo de Guillaume Herbaut où Blanche-Neige aguiche le soldat. Elle me conforte dans l’idée que je me suis toujours fait de cette héroïne. Enfant, j’étais horrifié par cette petite salope, une vraie vicieuse partouzarde ! Autant que je m’en souvienne, je me plaçais instinctivement du côté de ces pauvres nains soumis, ayant besoin d’un chef de caractère : un Erdogan, un Poutine, un Trump, un Grimaldi, un hervé…

  2. « une célèbre Porsche 550 Spyder dite « Little Bastard », a heurté une Ford Sedan »
    « Michel Gallimard, au volant d’une Facel Vega HK500, a embrassé un platane sans son consentement. »

    La vie : suite de rencontres à des croisées de chemins. En fixer quelques unes : travail de l’artiste.

  3. « Ils ne se donnent même pas la main… il y a des lieux et des occasions pour ça.
    Cela me fait penser au mot de Françoise Sagan après une visite a Jean-Paul Sartre malade :’’Je lui tenais la main afin qu’il me tint l’esprit’’.

  4. Au milieu des années 70 le CE de la Fac St Charles avait engagé L.Clergue pour qu’il donne des cours de photographie aux membres du personnel.Avec un collègue particulièrement gonflé et revendicatif nous avions réussi à bénéficier de cet enseignement sous prétexte qu’en tant qu’élèves de l’IPES nous avions les mêmes droits que le personnel de la fac.

    • J’ai travaillé avec lui pendant une après-midi entière, à la Comédie Française où il faisait les photos de scène de Phèdre, mise en scène Anne Delbée, costumes Christian Lacroix — que du bonheur. En fait je l’avais contacté pour qu’il me parle de Saint-John Perse, qu’il avait photographié et sur lequel je faisais un docu pour France 3. Un type remarquablement gentil et modeste. Il a fait des photos sublimes — justement sur des extraits d’Amers, de Perse.

      • … et « Galops de Camargue ». Manitas de Plata à la guitare. Impros approximatives, mais virtuosité certaine.

  5. Et puis, cette femme derrière une vitre du métro.

    Une pietà embuée.

    Le christ, lui, s’est déjà taillé bien avant, fissa, de cet enfer.

  6. Bon, je vais bosser, stage à l’Observatoire de Meudon jusqu’en septembre, mal payé ! De tout temps, le monde appartient à ceux qui se lèvent tard…parce qu’ils ont les moyens de faire la bringue le soir et de trainer le matin dans leur pucier. La monnaie, ça aide…

    • J’y suis passé jadis — c’est très étrange, l’insertion d’une coupole XIXème dans ce qui reste d’un château XVIIème — le reste a brûlé et a été détruit.
      Et on peut juste rêver à ce que furent les jardins, sous Louvois.

  7. Ont-ils vraiment besoin d’un roquet pour observer le petit chien ?

    Distribution de horions garantie par des astronomes excédés par les jappements du canis minoris local.

  8. La presse : « Le prince Philip prend sa retraite »

    Les Brexiteux découvrent stupéfaits qu’il travaillait.

    A moins qu’on cherche à nous faire comprendre qu’il se retire enfin de la Reine après tant et tant d’années de bons et loyaux services ?

  9. Le post du 2 août de Dupond
    Ne serait ce que de poster de truc, sur Israel, c’est nul.
    Ça veut dire que vous marchez comme un toutou
    Et que vous gobez la désinformation qu’on nous sert jusqu’à plus soif.

    • Pourtant, la véritable Vérité vraie, c’est que Moïse a reçu les plans * des territoires occupés.

      On nous aurait menti ?

      * avec mise à jour gratuite, à vie

  10. Si à chaque fois qu’une « immense personnalité », actrice, politique, disparaît pour de bon, on commémore, on pleurniche, on ment sur sa vraie valeur, on se tord les mains de douleur, c’est à clamser de ridicule.
    Exemples:
    – Simone Veil, morte
    – Jeanne Moreau, morte.
    Ok, rideau !
    Next ?

  11. Dernière confidence avant d’aller déjeuner: aveugle de naissance, la photographie n’est pas pour moi.
    Tous mes posts à ce sujet sont donc nuls et non avenus…uhuhu !

    • Je plaisante bien sûr ! Si on ne peut plus rigoler entre amis de blog, alors la vie devient triste. On déprime, on souffre, on picole, on hait au lieu d’aimer et finalement on s’expatrie dans le Périgord…l’enfer !

  12. « Le fleuve avait renoncé à couler. Les silures sommeillaient au fond. Les bateaux ne naviguaient pas. L’air était si épais de chaleur qu’on l’aurait découpé au couteau. »

    Dans un grand élan de solidarité, les membres de l’Institut Picon-Bartabacs ont décidé à l’unanimité de protéger la nappe phréatique arlésienne mise en danger par la canicule et la surconsommation d’eau: Les pastis des apéros de 13h et de 20h seront servis secs, l’eau minérale sera remplacée par du whisky, les seaux à champagne seront remplis de glaçons d’imitation. Lorsque la Nature commande, l’homme doit se sacrifier, obéir et s’adapter courageusement.

    • Ça, c’est drôle.
      Mais je n’ai jamais bu mon pastaga que troublé — à peine — par l’eau du glaçon à peine fondu. J’aime que le glaçon jette un trouble — et boire une incertitude.

  13. « Peter Henri Stein y expose ses photos noir et blanc de femmes sur lesquelles, en surimpression, sont parfois recopiés des fragments de textes sadiens. »

    A l’Institut Picon-Bartabacs, nous avons développé le concept de puis longtemps. Nous avons signé avec Jean-Luc Mélenchon un contrat de prêt à porter de grande ampleur mettant fin aux ceintures et bretelles parlementaires écœurantes de bourgeoisie obscène !
    en créant le pantalon griffé « JLM L’INSOUMIS » !
    Nos fendards sont doublés avec les textes des discours de notre gourou: qualité feutre de Birmanie renforcé à la fibre marxiste.
    Réduction, remise immédiate, délai de paiement, aux agrégés de lettres, de physique, …

  14. Les vacances et la canicule aidant, Lormier absent, personne n’a relevé l’usage du « ils » dans la note. Un « ils » qui se ramifie en « il » et « elle » -qui est-elle ? – avec un usage du présent qui ne parvient pas à durer et dérive en passé composé voire en passé simple et en imparfait.

    Du temps de la photo argentique, on utilisait un fixateur pour tenter de prolonger l’effet merveille du faux instantané. Avec le numérique pixellisant, plus de latence ni d’indices de corruption, tout finit un jour par la disparition brutale des images qu’on croit « sauvegarder » en la délocalisant dans le cloud.

    L’eau qui passe sous les ponts surchauffés nous invite à relire « au cœur des ténèbres » où le fleuve est un personnage sombre et inquiétant qu’il ne faut pas simplement côtoyer mais pénétrer pour mériter Kurz.

    • En fait, c’est plus ou moins le début d’un scénario que l’on m’a demandé — les références aux expos sont scrupuleusement exactes, le reste est fiction. Et pas « friction », comme je t’entends penser, mauvais esprit !

    • Cela dit, je suis en train de relire posément Au cœur des ténèbres, qu’une administration intelligente a mis au programme des prépas scientifiques. Et de calculer l’influence exacte de Conrad sur le Céline du Voyage.
      Du coup, je me suis rencardé sur l’Expédition Marchand — qui est la source du livre de Conrad — et l’affaire de Fachoda. C’est le grand-père de Bernadette Chirac qui a conseillé au gouvernement de la IIIème de se coucher devant les Anglais. Belle généalogie ! Encore un ancêtre dont elle peut être fière, elle qui a passé sa vie à huilier Chirac en lui rappelant qu’il avait épousé une « Chaudron de Courcel ». Un Chaudron dans lequel elle a mis à mijoter ses bouillons de sorcière.

      • … et la mission Voulay-Chanoine * qui sema la terreur au début du xxème siècle dans l’actuel sud Niger.

        La longue frontière actuelle Niger-Nigéria qui est tout sauf rectiligne, témoigne des « agaceries » entre Français et Anglais qui la « construisaient » en temps réel d’ouest en est.

        * il y a une stèle sur la route nationale entre Maradi et Zinder près du village où ils furent dézingués par leur propre troupe.

      • J’ai vérifié quelques dates et, contrairement à ce que je croyais, il semble que la première parution de la nouvelle de Conrad date de février 1899 alors que les massacres de la colonne Voulet-Chanoine sont légèrement postérieurs (mai de la même année).

        Chanoine fut tué par ses propres soldats le 16 juillet et Voulet le lendemain.

          • A cette époque, on évoquait la « soudanite », maladie coloniale de l’âme et du corps, qu’évoquent ainsi les frères Goncourt en janvier 1894 :

            « Aujourd’hui la visite de Bonnetain, que je n’ai pas vu depuis son retour du Soudan. Il proclame qu’on peut aller d’un bout de l’Afrique à l’autre, avec une canne, en courant moins de danger, que dans la banlieue. Mais, ajoute-t-il, quand il y a des militaires envoyés pour ces promenades, ils veulent absolument des coups de fusil, pour avancer, et c’est d’eux, que viennent toutes les complications. Il parle de la politique française là-bas, de sa soumission aux exigences de l’Angleterre, nous confiant qu’un gros bonnet de l’administration, lui avait dit, dans un mouvement d’expansion : « Si je pouvais vous faire lire les dépêches, que j’ai dans ce meuble, sur notre humiliante attitude vis-à-vis de l’Angleterre, nous pleurerions! » Il donne de tristes détails sur le gaspillage, sur la malhonnêteté générale de l’endroit, signalée par cette phrase qui revient dans sa conversation, comme un refrain : « Vous savez, là-bas, il se gagne une maladie, qui fait voir les choses sous un autre angle qu’en Europe… ça s’appelle la soudanite.» Et la soudanite ferait faire de vilaines et féroces choses. »

            Les pieds noirs ont leur expression tirée du berbère pour désigner, je crois, la même chose : « se prendre un coup de takouk »

            http://www.ainbeida.byethost7.com/petitlexique.htm

            Bref, une forme de folie causée par le cocktail soleil, syphilis, heimveh, alcools, solitude, fièvres diverses,…

            C’est du brutal…

            C’est peut-être d’une soudanite soignée à l’humanité qu’a fini par guérir Alcide, le sublime sergent du voyage (?)

          • Alors ça, c’est tout à fait passionnant. Je prends note. Je ne me rappelais plus ce passage du Journal.
            Cela dit, en 94, Jules de Goncourt était mort depuis 20 ans — c’est d’ailleurs très beau ce qu’écrit Edmond sur son frère, ce sont les seules pages humaines sous la plume de cet infâme salopard.

      • Jacques Frémeaux, dans De quoi fut fait l’Empire, en parle aussi un peu.

        Mais à Fachoda même, le rapport des forces était très fortement en faveur des Anglais, à la fois par le nombre de soldats européens présents (ils venaient de régler leurs comptes avec les assassins de Gordon) et par la desserte ferroviaire mise en place dans ce but depuis l’Egypte.

        Marchand, qui se promenait dans la jungle depuis le Congo en démontant son bateau si besoin, était mal parti en cas de conflit.

        Le titre de Frémeaux vient d’une citation de De Gaulle, dans La France et son armée :
        « Crêtes prises d’assaut, palissades attaquées, surprises au fond des ravins, calvaires gravis dans les rocs, solitaire angoisse des déserts, mort et passion subies dans la brousse, la forêt, le marécage, cruels matins, midis écrasants, tristes soirs : voilà de quoi fut fait l’Empire. »

        • Marchand et ses hommes étaient tout à fait disposés à résister. Il a fallu un ordre impératif pour qu’ils se couchent — et ils n’en ont pas été heureux. La IIIème République n’en est pas sortie grandie — à ceci près que nous avons négocié avec les Anglais, en échange de la Haute -Egypte / Soudan, la main-mise sur le Maroc.

          • J’ignore si Marchand s’est répandu en rodomontades et tartarinades en rentrant en France, mais il me semble qu’il n’avait en fait pas la moindre chance de pouvoir résister.

            Il me semble donc que le débat public était tout aussi irrationnel à l’époque qu’aujourd’hui, puisqu’il a donné lieu à cette controverse infondée ; mais qu’il avait l’immense avantage de ne pas être, alors, orienté majoritairement vers la destruction de la France, comme le montre la nature de la controverse.

  15. La presse dékhonomique est une source de régalantes poilades.

    http://toulouse.latribune.fr/innovation/recherche-et-developpement/2017-07-31/des-neurones-artificiels-pour-traquer-les-extraterrestres-745859.html

    « L’Américain BrainChip, spécialiste de l’intelligence artificielle, a récemment acquis la licence exclusive de la technologie toulousaine Jast. Inspiré des neurones biologiques et développé à Toulouse, l’algorithme d’apprentissage non-supervisé est un des seuls au monde à pouvoir détecter les traces d’une intelligence extraterrestre. »

    C’est dire si cet algochose qui trace les « bouducon » venus de toute la galaxie, a déjà fait ses preuves.

  16. Tu peux pas dribbler tous les cons de la Terre si t’as pas 222 millions d’euros dans les fouilles, mon pti’gars !

  17. Le penseur complexe Toufriquet pense que la France ne peut pas accueillir tous les neymars du monde, mais elle peut prendre sa part de cette misère.

  18. Un supporter « En marche » (un ilote disaient nos anciens) :

    « Il était 21 heures, l’homme déambulait dans le plus simple appareil dans le secteur du Centre hospitalier en compagnie d’un ami, vêtu lui. Contrôlé par un officier, ce dernier leur remet spontanément une grande quantité de drogues et explique le comportement de son ami par l’absorption de plusieurs pilules d’ecstasy. Celui-ci a été conduit à l’hôpital.
    Le Lillois de 32 ans en possession de ces produits a avoué dealer du speed et de l’ecstasy pour financer sa propre consommation. Il a été placé en garde à vue et déféré hier au parquet. En attendant son jugement, il a été laissé libre. »

  19. Heureusement grâce à l’incorruptible CIO nous ne verrons plus ces affreuses scènes : un ilote désoeuvré errant tel un zombi dans le Paris olympique de 2024 ! Gloire au CIO …

  20. Je me demande si ces zombies-ilotes en état de manque ne sont pas des conseillers spéciaux de la communication des présidents Donald Trump et Emmanuel Macron ? La seule différence c’est que Trump s’est débarrassé d’Anthony Scaramucci au bout de dix jours – you’re fired – fatigué d’entendre parler de bites sucées à la va-vite – alors que Macron conserve la meuf qui parle franglais (on ne dit plus petit nègre c’est raciste) !

    • Il semble que dans les milieux branchés de la communication on s’essaye à tout ce qui speede le langage : amphétamines, cocaïne et autres ectasy.

    • « pingouin ».
      Remplacez les mots qui fâchent (quels qu’ils soient et il y en a beaucoup)par pingouin ; je pratique cette méthode en privé et en public depuis un certain temps et en général, on me comprend bien.

  21. Un exemple célèbre : Jean-Luc Delarue qui parlait comme une mitraillette.
    Je me souviens d’avoir assisté à son émission vers ses débuts en 1995. Grand malaise je dois dire pour la première et unique fois de ma vie où je me rendais à la Maison de Radio pour écouter autre chose que de la musique classique !
    Les gardes du corps par exemple … chez Beethoven on n’en a pas besoin !

    • Il y avait bien de Caunes (le fils…) dans Rapido.

      Vous ne risquez pas de connaître l’émission, il fallait une certaine ouverture culturelle.

  22. J’ai trouvé ça :

    http://dl.free.fr/hqezxYDuR

    J’ai lu en diagonale et ça me paraît un peu culcul mais tu sauras mieux que moi en tirer la substantifique moelle s’il y en a. Et puis ça vient de l’université de Transylvanie ce qui ne manque pas de sel (ni d’ail)

    • Magnifique ! Je cherchais quelque chose précisément sur ce sujet. On verra à l’usage — il est un peu tard pour que je m’y mette tout de suite.

  23. Je n’ai pas lu « au cœur des ténèbres » mais j’aimerais bien descendre le Congo sur une coque de noix de coco rafistolée avec Conrad en officier chargé du quart. Tout ce que je connais du Congo c’est grâce à « Tintin au Congo » dont le pittoresque doit peut-être quelque chose à la Mission Marchand, allez savoir.
    Quoi qu’il en soit, il est grand temps de réhabiliter le colonialisme, cornecul ! Les Européens sont-ils les inventeurs de l’Afrique moderne, oui ou non ? Si l’ingratitude n’était pas le moindre péché des Africains, ils devraient l’admettre et nous tresser des couronnes de lauriers pour tout ce que nous leur avons apporté: leurs frontières, leurs Etats, la forme de leurs institutions socio-politiques, l’organisation de leurs villes, notre belle langue française devenue leur langue nationale officielle, le christianisme (la plus belle des religions), et jusqu’au port du pantalon avec dignité. Comme on l’enseignait jadis sans complexes aux petits Français dans les écoles de la République, les Européens (Français, Anglais, Italiens) sont les bienfaiteurs de l’Afrique, à laquelle ils ont apporté la civilisation et la modernité, c’est ainsi ! A nous petits Blancs, il ne nous aura manqué que d’être Noirs nous-mêmes : nul n’est parfait…sauf moi, qui suis presque noir de peau tant le soleil me caillasse la gueule en ce mois d’août caniculaire.

  24. Zut, ce bronzage, cette négritude inévitable due au soleil, me joue des tours : hier soir on ne m’a pas laissé entrer à l’Institut Picon-Bartabacs où règne cet humanisme ségrégationniste qui me ravit.

  25. « Les vacances et la canicule aidant, Lormier absent, personne n’a relevé l’usage du « ils » dans la note. »
    Camarade Dugong, Lormier nous insupporte avec ses leçons de morale grammaticale ineptes. Mais, nous autres, les Noirs, vrais humanistes, nous l’aimons par charité crétino-chrétienne, n’est il pas vrai ?

    • Notamment, cette (bonne) question :

      « En fait, la question n’est pas de savoir si la mission Voulet- Chanoine commit ou non des exactions lors de sa traversée de l’actuel Ouest nigérien (d’ailleurs comment définir les termes exactions et abus dans le contexte d’une conquête coloniale ?), mais de savoir si la conduite de Voulet et Chanoine se différencia à tel point de celles des autres officiers qui prirent part à la conquête de l’Afrique occidentale, qu’elle leur valut, et à eux seuls, de mériter la cour martiale. »

      • Mais dans l’article que vous citez, le Norvégien prétendument externe s’appuie sur la thèse d’une Française pour ce passage précis.

        Ce qui montre bien l’idéologie qui mitonne dans votre cervelle échauffée : vous avez tellement besoin d’imaginer de terribles secrets devant nous être révélés de force par des étrangers (venus, sans doute, en mission civilisatrice chez nous) que vous comprenez de travers vos propres références.

        • Pfff

          Il y a évidemment d’heureuses exceptions. Je disais simplement qu’il a fallu la thèse de la dame en question (1975) pour sortir de l’étouffement de l’affaire (« thèse » de la folie des 2 protagonistes). Soit 75 ans environ.

          • Parce qu’en plus, ce n’était pas une plaisanterie ? Vous y croyez vraiment ?

            Incroyable. On va vous coller au musée du palais de la porte dorée, section zoo humain (couillon européen, fin du XXe).

            Ou peut-être au pavillon de Breteuil, section couillon-étalon (comme le mètre, pas comme le cheval).

  26. En fait je suis encore plus fermé que vous ne croyez !
    – On n’est pas obligé d’adhérer au sport professionnel.
    – La France n’est pas obligée d’adhérer au CIO ; et même si je me souviens bien du message de son fondateur Pierre de Coubertin l’esprit olympique défini par lui est aux antipodes de la réalité actuelle beaucoup plus proche de la main-mise des Etats totalitaires sur le sport dit amateur depuis les J.O de Berlin en 1936.
    Je crois qu’on peut moralement s’abstenir d’applaudir à toutes ces déviations.

    • Il est d’ailleurs étonnant que les adversaires de tout nationalisme s’extasient sur des compétitions où le drapeau tient lieu de raison !

  27. Les Jeux Olympiques sont la fête du dopage et des gros sous – et des médias – ce qui d’ailleurs correspond assez bien à la philosophie du produit Macron lancé comme une savonnette avec l’appui de groupes d’intérêts financiers.
    La plus-value Macron semble se dissoudre au fur et à mesure que l’on avance en temps et heure … la petite flamme s’éteint sur les degrés du podium fictif.

    • La femme (ou l’ex-femme, si j’ai bien compris) de l’actuel patron de l’OM, qui n’est là, disent les méchantes langues, que pur réaliser des opérations immobilières juteuses et se tirer avec a caisse (noire…).
      Nous voilà bien…

  28. Vous savez que Lucien Clergue dont je disais qu’il était l’homme qui avait supplanté les mots était le premier – le seul ? – a avoir soutenu une thèse universitaire avec seulement des images photographiques ?
    Même les géomètres sont obligés d’emprunter quelques vocables au vocabulaire vernaculaire pour écrire des articles !

  29. Les experts es-communication ont écrit un texte soigné aux petits oignons pour Neymar : »Mon cœur m’a dit d’aller au PSG » ; moi je croyais que le chéquier de l’Emir du Qatar lui avait fait entendre une petite voix douce !

    Un rapide calcul nous dit que l’Emir va débourser plus de 700 millions d’euros pour les 5 années à venir pour le jeune homme dont le cœur bat si fort. Sans compter les douceurs dont on accompagne les contrats … l’amour ça s’en va et ça revient !

  30. Aux Etats-Unis ils ont réduit tout le vocabulaire à un seul mot : « Cool ! » – vous savez le mot de Fonzie dans « The Happy Days ». Donc « no cool » c’est pas bon et « cool » c’est super … pour les nuances vous repasserez un bon jour !

  31. Renseignements pris, je me suis rendu compte de la vaine entreprise de Conrad au Congo qui s’est nourri d’expériences qui ne sont pas les siennes, issues de lectures de géographes et d’explorateurs qui l’y ont précédé car, en réalité, son expérience du Congo, c’est quelques semaines à bord avec la chiasse et sans mettre pied à terre.
    Quant à la soi-disant inspiration du roman pour Apocalypse now, moi je veux bien mais il faudra m’expliquer le rapport entre le bateau de Conrad et les hélicos de Coppola…les hélices peut-être ?!

  32. Puisque vous parlez de Conrad…
    Lisez, si vous ne l’avez déjà lu, – Meridien de Sang – C.Mc CARTHY
    Si vous allez jusqu’au bout… Vision particulière de la conquête de l’ouest Américain.
    (MC Carthy, no country for an old man).

  33. « Le 3 août 2017 à 20 h 00 min, hervé a dit :

    Je n’ai pas lu « au cœur des ténèbres » mais j’aimerais bien descendre le Congo sur une coque de noix de coco rafistolée avec Conrad en officier chargé du quart. Tout ce que je connais du Congo c’est grâce à « Tintin au Congo » dont le pittoresque doit peut-être quelque chose à la Mission Marchand, allez savoir.
    Quoi qu’il en soit, il est grand temps de réhabiliter le colonialisme, cornecul ! Les Européens sont-ils les inventeurs de l’Afrique moderne, oui ou non ? Si l’ingratitude n’était pas le moindre péché des Africains, ils devraient l’admettre et nous tresser des couronnes de lauriers pour tout ce que nous leur avons apporté: leurs frontières, leurs Etats, la forme de leurs institutions socio-politiques, l’organisation de leurs villes, notre belle langue française devenue leur langue nationale officielle, le christianisme (la plus belle des religions), et jusqu’au port du pantalon avec dignité. »

    Je ne sais pas trop.

    En tout cas, puisqu’on nous parle de Gide, l’Afrique en 1920 c’était plutôt comme ça :

    https://www.youtube.com/watch?v=j2VYoVoiipE

  34. Quitte à lire du Conrad, je choisirais en premier « The secret agent » où le délicieux projet de faire péter Greenwich m’inspire un plan de récupération de notre méridien perdu à la conférence de Washington. J’en parle la semaine prochaine aux membres de l’Institut (l’IMCCE, pas le Picon-Bartabacs) pour concocter ce projet qui rendra justice à Jules Janssen dont je traverse tous les jours avec humilité la Place qui lui est dédiée à Meudon.

  35. Les services sexuels aux handicapés, une situation qui réclame un vrai débat.

    Est-il normal, dans une société avancée, de laisser les roquets juter sur les bas de pantalons de personnes dont le seul tort est d’avoir croisé leur route ?

    • En Arles, cela signifie « dans le pays d’Arles » — c’est la plus étendue des communes françaises, à cause de la Camargue qui lui est intégrée (et encore, ça fait un peu moins depuis la création récente de la commune de Saint-Martin de Crau). À Arles, c’est de la ville que l’on parle.
      La même dichotomie se retrouve pour Avignon. « En » Avignon, c’est dans le Comtat Venaissin — les anciens « états du pape ».

  36. Il arrive parfois que des idées fausses se répandent dans l’espace public, et il faut alors savoir mettre les choses au point.

    Pour en donner une infime idée à l’anarchiste-fonctionnaire/retraité qui plastronne et postillonne sur ce blog, un site qui devrait (peut-être) être à sa porté, dans son domaine théorique de compétence du moins :

    https://luth.obspm.fr/~luthier/mottez/intro_physique_spatiale/concepts/sous-orage/ideesFausses.html

    Naturellement, il est plus facile de rectifier les erreurs en physique qu’en histoire : le niveau de démonstration est plus exigeant, et, surtout, les aurores boréales n’ont pas (encore) obtenu le droit de vote de la racaille 68arde.

    Notez qu’il s’agit bien de l’observatoire de Paris-Meudon, pas de celui de Greenwich. De même que Conrad voulait faire sauter le réservoir de personnes rigoureuses pouvant, à terme, démonter ses fumisteries, gageons qu’un dugong finira bien par se joindre à ses protégés d’AFN pour poser une bombinette sous le site montrant la vérité, comme le doigt du sage. On le traitera comme Guy Fawkes.

  37. A Fachoda, voici quelle était la situation (d’après Jacques Frémeaux, sorbonnard et historien).

    – Kitchener avait 8 000 hommes, Marchand 150.
    – les Anglais avaient un lien ferroviaire depuis l’Egypte, ainsi qu’un lien télégraphique vers Londres. Le premier télégramme de Kitchener arrive à Londres le 27/9 ; l’adjoint de Marchand, Baratier, est envoyé au Caire d’où il peut envoyer un premier télégramme le 22/10.
    – de part et d’autre, on fait du théâtre en attendant les résultats des tractations diplomatiques, compte-tenu des enjeux. Marchand espère impressionner les Anglais en leur montrant qu’il a des réserves conséquentes, il leur paie donc un coup de champagne et de claret (bordeaux).
    – la IIIe finit par céder, sachant qu’un conflit avec l’Angleterre signifierait la fin de l’Empire colonial français, vu la prépondérance de la marine britannique.
    – Marchand refuse de rentrer en train via le Caire, il impose à ses troupes une marche à travers l’Ethiopie pour rentrer via le canal de Suez, construit par les Français. Il faut noter par ailleurs que les Britanniques avaient lancé une polémique sur de supposés mauvais traitements des ouvriers égyptiens par les Français, pour leur mettre des bâtons dans les roues dans la construction de ce canal bien embêtant pour eux (nul doute que les dugongs du temps auraient donné tête baissée dans le panneau…).
    – il refuse par la suite de devenir le porte-drapeau des nationalistes.

    • Comme disait Audiard, « Quand les types de 130 kilos disent certaines choses, ceux de 60 kilos les écoutent. »

      Après la première guerre, Briand avait accepté de limiter la marine française à la moitié de la marine britannique, et au niveau de la marine italienne…C’est dire qu’on partait de plus bas (et que Briand était aussi mou face aux anglo-saxons que face aux Allemands).

    • EN 1863, la bataille de Camerone opposa 62 légionnaires à 2000 Mexicains. C’est avec de petites unités qu’on écrit l’Histoire avec un grand H.

      • C’est vrai.

        Camerone, c’est l’Aventure, par le sang versé. Dans les années 50, le capitaine Mattei et ses collègues avaient gardé une tenue propre pendant leur poursuite d’Ho Chi Minh pour pouvoir célébrer dignement leur souvenir.

        Mais ça n’a pas empêché Ferdinand-Maximilien de passer un mauvais quart d’heure, et ça n’aurait pas empêché Fachoda d’être pris par l’Anglois.

        • Certes — mais cela faisait finir l’histoire sur une note épique, au lieu de cette image de soldats partant la queue et le fusil entre les jambes.

  38. Je passais tous les jours durant la fin des années 90 devant cette allée de platanes située juste avant le bourg de Villeneuve la Guyard, pour me rendre depuis Sens, comme l’avaient fait Camus et Gallimard, au collège où j’enseignais alors, baptisé évidemment … Claude Debussy !

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