Vous connaissez le taffetas, tissu de soie tissée. C’est doux, c’est soyeux, cela peut porter des motifs fort divers, et selon les couleurs utilisées dans les chaînes et les trames, cela s’appelle taffetas caméléon, taffetas chiné, damier, prismatique, et j’en passe.

Mais connaissez-vous le TAFTA — Trans-Atlantic Free Trade Area) ? On l’appelle aussi TTIP (prononcer Tee-tip pour Transatlantic Trade Investment Partnership), l’acronyme purement bureaucratique et moins gracieux que le précédent. C’est une machine à dissoudre les Etats européens, via Bruxelles soumis à Berlin et à Washington, en mettant les appétits des grandes compagnies mondialisées avant les intérêts nationaux — quitte même à faire payer aux Etats-Nations, ou ce qu’il en reste, d’énormes amendes en cas d’entrave aux desiderata des multinationales. L’accord-modèle du TAFTA, c’est l’ALENA (accord de Libre-Echange Nord-Américain, ou NAFTA en anglais — pour North American Free Trade Agreement, ou TLCAN en espagnol, puisque l’accord lie le Mexique et le Canada aux USA). Au nom de l’ALENA par exemple, la compagnie américaine et géant du sucre Cargill a obtenu en 2009 une compensation de 77 millions de dollars à cause d’une taxe décidée par le Mexique sur les boissons contenant le substitut de sucre « glucose-fructose ». Et le pétrolier américain Lone Pine réclame 250 millions de dollars au Canada en compensation de l’annulation de ses permis d’exploitation du gaz de schiste au Québec.
Remplacez « Québec » par « Ardèche », et vous y êtes. Une compagnie étrangère, plaidant devant des instances juridiques indépendantes des Etats, dont on sait que les arbitrages privilégient systématiquement les grands intérêts des grands groupes, pourra demander une énorme compensation au gouvernement français si on ne l’autorise pas à faire à telle région française ce qu’ils ont très, bien réussi aux Etats-Unis : empoisonner les nappes phréatiques pour les prochains millions d’années. Pour de plus amples détails, voir ici. Mais déjà, mettez-vous ça dans la tête :
Angela Merkel et François Hollande sont franchement pour — la première parce qu’elle dirige un pays exportateur, qui espère gagner encore quelques sous à faire sauter les (très faibles — autour de 2% en moyenne) taxes à l’entrée aux Etats-Unis, le second parce qu’il n’a pas une idée différente de celle de sa « chancelière », comme il dit. Dans la classe politique, silence gêné, ou complice — à l’exception de Dupont-Aignan qui a demandé un référendum sur la question, et a protesté longuement à l’Assemblée, devant un amphithéâtre quasiment vide, en rappelant quels députés européens votent aveuglément pour les intérêts des multinationales, en demandant la suspension immédiate de toutes les négociations en cours et en secret, et en rappelant le mot fameux de Marc-Aurèle : « On peut tondre les peuples, mais en faisant attention de ne pas les écorcher ».
C’est un pas de plus dans la dissolution des Etats-nations. L’Europe devait être un grand concert des nations, « les Etats-Unis d’Europe ». Elle n’est qu’un conglomérat d’intérêts extra-territoriaux, dans la financiarisation globale de la politique. Il faut très rapidement reprendre notre destin en main, sinon ce sera quasiment impossible, à terme. Regardez combien les Grecs ont du mal à reconquérir leur autonomie face à la « troïka ». Et l’on s’étonne qu’ils regardent en ce moment vers Poutine, ravi de voir l’Europe se dissoudre pour faire plaisir à quelques conglomérats qui pensent en termes de cash.
Oui, il faut déchirer le TAFTA — avant qu’il soit notre linceul.

Jean-Paul Brighelli

52 commentaires

  1. En effet, et ce ne sont pas des craintes de gauchistes.

    Voici un éditorial de Krugman qui critique le pendant pour l’océan pacifique de ce traité, et particulièrement le mécanisme d’arbitrage :

    http://www.nytimes.com/2015/05/22/opinion/paul-krugman-trade-and-trust.html
    « In any case, the Pacific trade deal isn’t really about trade. Some already low tariffs would come down, but the main thrust of the proposed deal involves strengthening intellectual property rights — things like drug patents and movie copyrights — and changing the way companies and countries settle disputes. And it’s by no means clear that either of those changes is good for America.

    (…)

    On dispute settlement: a leaked draft chapter shows that the deal would create a system under which multinational corporations could sue governments over alleged violations of the agreement, and have the cases judged by partially privatized tribunals. Critics like Senator Elizabeth Warren warn that this could compromise the independence of U.S. domestic policy — that these tribunals could, for example, be used to attack and undermine financial reform.

    Not so, says the Obama administration, with the president declaring that Senator Warren is “absolutely wrong.” But she isn’t. The Pacific trade pact could force the United States to change policies or face big fines, and financial regulation is one policy that might be in the line of fire. As if to illustrate the point, Canada’s finance minister recently declared that the Volcker Rule, a key provision of the 2010 U.S. financial reform, violates the existing North American Free Trade Agreement. Even if he can’t make that claim stick, his remarks demonstrate that there’s nothing foolish about worrying that trade and investment pacts can threaten bank regulation. »

    Le même économiste, qui est favorable au libre échange, avait pourtant montré dans un article il y a quelques années que les gains en terme de croissance en ont été faibles. De mémoire, il parlait de 5%…tout ça pour ça ?

  2. Comme vous êtes un littéraire et aucunement compétent en matière industrielle, qui dépend des avancées technologique et scientifique, vous ne saisissez pas du tout les enjeux !

    Il est un fait notable depuis des décennies (depuis la création des centres et laboratoires de recherche industrielle, mettons depuis Edison) : les investissements en R&D croissent plus vite que les bénéfices escomptés sur un marché donné d’où la nécessité d’accroître la taille des marchés.
    En 1920 il existait des centaines de constructeurs d’automobiles en Europe qui produisaient en petite série des automobiles réservés à la classe aisée. Aujourd’hui chaque nouveau modèle demande de très gros efforts technologiques d’où les concentrations successives du secteur.

    Certes le saucisson corse continue à être produit de manière artisanale mais enfin son poids économique est pour le moins limité !

    Enfin les normes industrielles ont besoin d’être unifiées ; avez-vous déjà essayé de vous promener à travers le monde avec des adaptateurs pour vos appareils électriques?
    Encore heureux qu’internet soit une création américaine sinon les réseaux ne seraient pas en état de compatibilité !

    P.S Krugman comme la majorité des économistes n’a aucune formation d’ingénieur ou de scientifique. Il parle dans le vide …

    • « … vous ne saisissez pas du tout les enjeux « .
      A cette aune il faudrait supprimer les hommes politiques et laisser les industriels décider de ce qui est bon pour pour le citoyen.
      Ici la question qui est soulevée est de savoir quel modèle de société nous voulons (ou du moins le peu que nous pouvons encore en décider) et quel avenir nous rejetons.
      Par exemple je ne veux pas d’élevages industriels comme la « ferme des mille vaches » car je défends le bien-être animal. Je me fous du tiers comme du quart des intérêts industriels en jeu car la cause que je défends est moralement supérieure.
      Si je dois expliquer en quoi alors nous avons un problème…

      De même je suis contre TAFTA car c’est une perte de souveraineté considérable (entre autres) au profit de lobbies sans foi ni loi.
      Il faut savoir de quel côté on est, wich side are you on, pour reprendre les paroles de Florence Reece, une américaine qui n’aurait pas été dupe de cet accord.
      C. Monge

  3. Voyez-vous la différence entre la littérature et l’industrie ? Les lettres sont un produit artisanal où un individu seul dans son coin armé d’un stylo et de temps couche sur le papier ses délires ; une entreprise industrielle est la conjonction d’efforts d’équipes soudées qui mettent en jeu des appareils chers et rares avec des contraintes économiques difficiles.

    Hier la chirurgie était un métier manuel commis par des artistes salués comme des maîtres, demain ce seront des robots qui exécuteront les futures opérations du cerveau qui remettront d’aplomb les Vincent Lambert du futur.

    Stendhal ne peut rien dans l’affaire Vincent Lambert. Quant à savoir pourquoi l’on vit c’est un autre problème de nature philosophique … vous avez le droit d’y mettre votre grain de sel !

  4. Saviez-vous ce que la science apprend aux hommes ? La modestie ; l’orgueil est natif, la modestie est une longue patience qui mène parfois au génie des hommes.

    ….

    Plus vous êtes ignorant plus vous aurez des chances d’être bêtement orgueilleux. On connaît des peuples entiers tout heureux d’avoir reçu une vérité révélée qu’ils appellent la foi.

  5. Voir un gouvernement de « gauche » être aussi servile devant le GRAND KAPITAL prêterait à sourire mais les enjeux sont trop importants pour ça.
    Ces gens sont des régisseurs parvenus, fascinés par les puissants et médusés par l’argent. Ils nous conduisent à la catastrophe avec l’arrogance des imbéciles et la fatuité de petits bourgeois BOF que reflètent sans fard les photos de son éminence boudinée et de la répudiée avec son air de pintade, tous les deux à l’étroit, engoncés, dans leur costume serrés. Les cochons sont dans le maïs et ils bâfrent et ils s’engraissent.
    Le contraste est cruel avec le couple royal espagnol sur le perron de l’Élysée, là où se trouvait jadis la présidence de ce qui fut un grand pays.
    C. Monge

  6. Par exemple je ne veux pas d’élevages industriels comme la « ferme des mille vaches » car je défends le bien-être animal. Je me fous du tiers comme du quart des intérêts industriels en jeu car la cause que je défends est moralement supérieure.
    Si je dois expliquer en quoi alors nous avons un problème…

    De même je suis contre TAFTA car c’est une perte de souveraineté considérable (entre autres) au profit de lobbies sans foi ni loi.
    Il faut savoir de quel côté on est, wich side are you on, pour reprendre les paroles de Florence Reece, une américaine qui n’aurait pas été dupe de cet accord.
    C. Monge

    C. Monge – je suppose que vous n’êtes pas parent de l’illustre Monge – je ne me fous pas du bien-être des êtres humains que je considère jusqu’à preuve du contraire comme mon espèce.

    Le postulat de départ de Brighelli c’est que l’Etat français serait par définition plus moral que des institutions multi-nationales. Dans ces conditions pourquoi ne pas refuser d’un bloc toute coopération internationale et toute adhésion à des organismes supra-nationaux comme le CERN par exemple, Airbus, Ariane-espace, le parlement de Strasbourg, l’ONU etc.
    Poursuivez jusqu’au bout votre raisonnement et vous aboutirez à l’idée qu’au fond le contrat social est un leurre et que seul l’être humain solitaire représente le bien !

    Je vous laisse à vos absurdités si vous le permettez et à vos contradictions morales !
    L’aventure humaine telle que je la conçois c’est l’émergence de sociétés de plus en plus complexes et de regroupements de forces au profit du bien physique et moral c’est à dire spirituel in fine.

    Je ne vois aucune alternative viable … sinon la mort de l’espèce !

    • A ce propos Stendhal idole de JPB voulait présenter polytechnique … peut-être songeait-il que les sciences étaient utiles à la société et que le nationalisme était une voie sans issue ! Vous connaissez son épitaphe à Montmartre ? Arrigo Beyle Milanese scrisse amo visse …

      « Errico Beyle, milanais, a vécu, écrit, aimé. Cette âme adorait Cimarosa, Mozart, Shakespeare. » en italien s’il vous plait ! Et pas un seul Français dans les trois noms cités !

    • Pierre Driout,
      C’est un véritable plaisir de discuter avec vous, surtout lorsque vous parlez de tout, sauf du sujet qui nous occupe.

      Vous posez comme principe que M. Brighelli postule que l’État français est moralement supérieur aux multi-nationales et que ceci serait faux. Ce qui vous entraine dans des considérations amusantes qui permettent de mettre dans le même sac, « organismes supra-nationaux comme le CERN par exemple, Airbus, Ariane-espace, le parlement de Strasbourg, l’ONU ».

      Pour le scientifique rigoureux dont vous prenez la posture je trouve que c’est un regroupement hétérogène et dans lequel je ne vois pas très bien le rapport entre Airbus et l’ONU.
      Le premier poursuit des objectifs commerciaux et le second politiques.
      Par un saut de cabri vous en déduisez que je pourrais penser que le contrat social est un leurre, etc.

      Je vais donc reformuler ce que j’écrivais, mais en phrases de moins de 20 mots, pour faciliter la compréhension :
      I – Les entreprises :
      – Elles poursuivent des buts économiques.
      – Elles ne sont pas chargés du bien commun mais de leur seul intérêt.
      – Elles n’ont pas à avoir de valeurs morales, sauf contraintes.

      II – La société :
      – Elle se dote d’institutions chargées de la représenter.
      – Ces institutions doivent avoir les valeurs morales de leurs électeurs et font respecter ces valeurs.
      – TAFTA ce choix rend inopérant car l’entreprise prend le pas sur l’État.

      III – Un exemple :
      – La ferme des « mille vaches » est une entreprise.
      – L’entreprise ne respecte pas spontanément le bien-être animal.
      – C’est normal (Cf. I. §3)
      – Les institutions font respecter le bien-être animal, sauf avec TAFTA.

      Enfin non, je ne suis pas un descendant de l’illustre Monge, ce qui se déduit aisément de mes écrits, et j’imagine que l’arrogance qui vous conduit à ne même pas lire ce que d’autres proposent pour en critiquer les positions repose sur de graves lacunes méthodologique dissimulées sous le ton péremptoire et le style fielleux.
      Soyez moins Rodomont, ce n’est ni constructif, ni un signe de confiance en soi.

      C. Monge

  7. To be Ornette to be : il n’était pas manchot de la anche

    Aldo Romano a dit de lui : « s’il avait été italien, il aurait composé la Traviata »

  8. Les gens gros et gras aux sourires condescendants à la seule évocation du bien-être animal me donnent envie de les envoyer causer avec mon copain Hadès toujours à la recherche de matière première pour son prochain BBQ. Végétarien depuis 20 ans, je suis hyper sensible et hyper chatouilleux sur le sort épouvantable que l’on réserve aux animaux et qui assombrit mon existence. Si j’avais le goût à rire en la matière, je dirais que mes soucis sont pur porc. Alors oui, d’accord avec MONGE pour dire que pour nos frères inférieurs ou mieux différents, le Diable s’habille en TAFTA.

  9. Tristan, je vous invite à Béziers, ville aux indéracinables corridas !
    Faut qu’ça saigne…
    Je ne sais pas quand un petit pas vers la dignité sera franchi. Ici, on en est loin, il n’y a que du noir, dans le tunnel, aucun bout de sortie en vue.

  10. J’ajoute que j’adore la viande rouge. Je n’en suis pas plus fier que cela, mais j’ai du mal à diminuer les rations. J’ai tout de même bien envie de franchir le pas. Un jour.

  11. Je ne vois pas le rapport entre le régime alimentaire et les accords de libre-échange !

    Quant à la question morale elle se limite aux êtres humains et ne s’étend pas aux animaux. Sinon il faudrait une ONU pour les animaux …

    Tiens ! voilà ce contre quoi je suis prêt à dénoncer une morale mauvaise pour l’humanité : l’homophobie des musulmans !

    Un procès d’un turc qui a tué un autre turc qui le soupçonnait d’être homo.
    Anas du procès : Pendant l’instruction, son père affirmera d’ailleurs aux enquêteurs: « Les homosexuels, il faut leur tirer une balle dans la tête direct. Si mon fils est homosexuel, qu’on lui fasse une injection létale ou qu’on lui tire dessus ».

    • « Je ne vois pas le rapport entre le régime alimentaire et les accords de libre-échange »

      Ni entre le végétarisme et l’homosexualité.

      Quoique …

      Chez les cannibales, refuser de manger du musulman pourrait être assimilé à une pratique discriminatoire.

        • Regretter d’être allé voir le finale du championnat d’Europe de foot, rend-il Valls plus socialiste ?

          Ces questions vertigineuses nous assaillent en permanence et nous laissent seuls face à nos angoisses.

          Jésus ! Reviens !

    • Premier minisse, c’est le sale petit boulot harassant qu’il faut accepter avant d’accéder au vrai boulot cool de branleur de luxe itinérant.

      Il est vrai qu’en France on est petit joueur dans ce domaine mais de façon plus durable : voyez pépé Rocard qui fait l’Arctik et son contraire depuis tellement d’années que tout le monde l’a oublié.

      Espérons qu’il reste un ours blanc pour donner un coup de patte charitable mettant fin à cette errance.

  12. Monge écrit des stupidités :

    « Je vais donc reformuler ce que j’écrivais, mais en phrases de moins de 20 mots, pour faciliter la compréhension :
    I – Les entreprises :
    – Elles poursuivent des buts économiques.
    – Elles ne sont pas chargés du bien commun mais de leur seul intérêt.
    – Elles n’ont pas à avoir de valeurs morales, sauf contraintes.

    II – La société :
    – Elle se dote d’institutions chargées de la représenter.
    – Ces institutions doivent avoir les valeurs morales de leurs électeurs et font respecter ces valeurs.
    – TAFTA ce choix rend inopérant car l’entreprise prend le pas sur l’État.  »

    Est-il nécessaire de commenter ce genre d’âneries ? Le plus drôle c’est que Monge est persuadé d’être très astucieux en énonçant de telles sottises !

  13. Une entreprise qui n’a aucune utilité sociale ferme vite boutique ; un Etat nuisible peut se perpétuer pendant des siècles (surtout s’il s’appuie sur une religion invérifiable par définition) !

    Les pires Etats du monde ont des institutions … Corée du Nord, Cuba, Zimbabwe etc et hier Etats nazis, fascistes divers et variés, Urss etc.

    Il faut vraiment être un fonctionnaire bouché à l’émeri comme disait un de mes anciens instituteurs pour ne pas comprendre cela !

    Wall Street est pavée d’entreprises qui ont fait faillite et c’est une bonne chose ! C’est le moteur du progrès social.

  14. On peut même aller plus loin : même un état démocratique peut être nuisible à la population qu’il régente ou au monde pris dans son ensemble !

    Est-ce que ce n’est pas ce qu’Edward Snowden dénonce dans les dérives de l’état américain depuis le 11 septembre ? Un état qui tend à devenir impérialiste et où les fonctionnaires se croient omniscients peut devenir un danger public.

    Personne n’a le monopole de la conscience de l’intérêt public. Si vous croyez tout savoir vous êtes sur la mauvaise voie, celle des tyrans et une institution anonyme l’est tout autant.

    Checks and balances …

    • La réponse est trop facile: son copain « Dodo la Bromure » a dû lui refiler des produits de contrebande.

  15. http://www.lepoint.fr/invites-du-point/jean-paul-brighelli/brighelli-derniers-conseils-avant-le-bac-12-06-2015-1935739_1886.php

    Ou comment profiter pleinement de l’apéro, avec une fraîcheur atlantique bienvenue!
    Un régal que ce billet sur le bacho, on en redemande!!
    Hilarant mais pathétique: c’est si vrai…Mais qu’on se rassure: les vrais élèves ne se tracassent pas outre mesure, ils savent déjà que. Le reste, trompettes molles de la presse aux ordres, n’est que torchecul mal choisi.
    Santé!

  16. Oui, Sisyphe, le billet de Brighelli dans le Point est très drôle.Il m’a bien plu. Même si on a en même temps envie de rire jaune…
    Conversation surprise dans le TGV entre deux contrôleurs SNCF aujourd’hui. Le père appelle fifille avant son épreuve orale de bac de français ce matin. La pauvre répond à son père qu’elle en aura bien besoin.
    S’ensuit une conversation entre les deux contrôleurs sur le bac de français. Le plus vieux dit que l’étude des textes littéraires français ne sert plus à rien. L’autre, plus jeune répond que de toute façon, lui, il n’aime que Céline.
    – Ah, bon pourquoi ?
    – Parce que j’ai retenu que Céline disait que la plus grande qualité de l’homme, c’est la lâcheté. Ben, ouais, si on avait été tous lâches en 14, dit le jeune, y’aurait pas eu la guerre.
    – …
    Le vieux a paru perplexe et ils ont enchaîné sur la protection sociale plus avancée en Allemagne en 14 qu’en France.
    J’ai replongé le nez dans Bassani.

  17. Le bac doit être supprimé mais il faut garder son aspect rituel. Pourquoi ne pas profiter de la concomitance du solstice d’été pour édifier partout des Stonehenges.

    Bien sûr, inutile de s’épuiser la cervelle pour savoir comment dresser des mégalithes. Il s’agirait de structures gonflables * et recyclables qui permettraient à nos djeun’s de suivre le cheminement du Soleil pendant toute une journée.

    Je n’ose proposer un chat avec une école égyptienne de Syene pour prolonger les pratiques magiques de l’école primaire.

    * avec les logos des partenaires

  18. En ce moment, l’activité palliative qui a le vent en poupe c’est bader une vidéo mettant en scène une apesanteur.

    Quand les crap bullsheets cherchent un prof en apesanteur, ils en trouvent sans peine :

    http://www.cahiers-pedagogiques.com/En-pleine-ascension-3

    Bien sûr, on se gardera bien de demander aux élèves quinze jours après quel est le poids de l’individu en apesanteur…

    Effectivement tout ça ne pèse pas lourd, c’est très cher, ça ne laisse pas de trace et c’est hors sol.

    Du nanan pédagol.

    • Il faut déjà s’entendre sur le sens du mot démocratie.

      La démocratie chez les Athéniens c’est dans une petite ville – mettons 100 000 habitants – une minorité de citoyens mâles, libres par la naissance et assez égaux par la fortune et le poids des armes qui décident librement d’élire leurs archontes.
      En Hollande au 17e ce sont des bourgeois qui décident de s’affranchir d’une tutelle étrangère et d’un roi lointain pour implanter un régime républicain.
      Les Etats-Unis en 1776 généralisent ce principe, liberté religieuse, contribution des impôts librement consentie, fédéralisme des institutions etc.
      Il est évident que les E.U en 2015 sont assez loin des pères fondateurs … parce qu’ils sont devenus largement un empire commercial, politique et militaire et que l’autarcie des débuts n’est plus qu’un lointain souvenir.

      • – Athènes est devenue un empire commercial méditerranéen.
        – La Hollande est devenue un empire commercial mondial avec sa Compagnie des Indes.
        … et la pureté démocratique initiale a fini par se dissoudre !

        La réussite c’est un peu comme le foie de Tantale !

  19. « Les frontières des pays africains ne correspondent pas à la réalité, mais elles existent ». Et elles n’ont pas été remises en question depuis les indépendances, c’est peut-être une preuve qu’elles n’étaient pas aussi arbitraires qu’on veut le dire. Nos équipées « civilisatrices » parfois contestables n’en sont pas pour autant toutes négatives et ont peut-être inventé l’Afrique moderne

  20. Un synonyme de « socle commun de compétences » :

    « certificat d’employabilité à bas coût ».

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