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Martine à la pêche aux frondeurs

Aubry rêve d’incarner “la vraie gauche”. Et pourtant…

 

Manuel Valls a donc obtenu une majorité relative mardi lors de son nouveau discours de politique générale alors qu’en avril dernier, il bénéficiait encore d’une majorité absolue. Une cinquantaine de députés se sont abstenus, marquant sa différence mais n’allant pas jusqu’à voter contre, consciente qu’elle aurait alors pris la responsabilité de déclencher  la dissolution de leur assemblée et le retour hautement périlleux devant les électeurs. Que vaut une fronde, en effet, face au feu nucléaire de l’article 12 de la Constitution ? (Lire la suite…)

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Nicolas Sarkozy revient…

et Nadine n’est pas contente

 

Nadine Morano reniera-t-elle son engagement sarkozyste ? Ou mangera-t-elle son chapeau ? La nouvelle députée européenne enrageait cet été des nouvelles fréquentations de son champion. Les rumeurs les plus insistantes annonçaient en effet un retour de Nicolas Sarkozy, s’appuyant sur NKM et Laurent Wauquiez. Le sang de Nadine n’a fait qu’un tour. Pour faire connaître son mécontentement voire son désarroi, elle a même choisi de se confier à Marianne, magazine qu’elle ne porte pas dans son cœur pour avoir été le fer de lance de l’antisarkozysme pendant cinq ans. Et elle n’y est pas allée avec le dos de la cuiller, fidèle à sa réputation : « Nicolas Sarkozy sait que je lui porte de l’affection mais quand je le vois aller chercher des gens qui lui crachent à la figure, je ne vois pas l’intérêt ». Elle menace de « faire campagne contre lui s’il recommence ses conneries » avant de préciser : « Aujourd’hui, c’est une nouvelle page qui s’ouvre, je ne le suivrai pas sans conditions ». (Lire la suite…)

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Natacha contre le déclin

Un recueil de chroniques revigorantes de Natacha Polony

 

Pendant cinq ans, d’abord sur son blog  Éloge de la transmission  puis le samedi dans Le Figaro, notre amie Natacha Polony a publié des chroniques. Plon a eu la bonne idée de les regrouper dans un livre au titre très malrucien,  Ce pays qu’on abat, sorti au début de l’été. Fidèle à ses références préférées, la désormais ex-chroniqueuse de Laurent Ruquier, nous emmène notamment revisiter la pensée Condorcet pour qui l’école ne doit pas inculquer des « valeurs citoyennes » mais transmettre des savoirs qui émancipent les individus. Elle évoque souvent Jean-Claude Michéa mais aussi Nathanaël Dupré La Tour,  chercheur prématurément disparu, partisan d’un « conservatisme éclairé » à qui elle dédie l’ouvrage. (Lire la suite…)

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À droite, rien de nouveau

Vers une cohabitation Sarkozy-Hollande?

 

On se croirait revenu en 1985. Voilà la droite française prise dans un débat sur la cohabitation. Les pronostics d’une dissolution de l’Assemblée nationale se faisant plus nombreux, voilà que les ténors de l’UMP dissertent sur leur intention d’aller oui ou non gouverner la France en cas de victoire de leur parti à des élections législatives anticipées. Il y a trente ans, c’est l’ancien premier ministre Raymond Barre qui refusait cette hypothèse, alors que les dirigeants du RPR, Edouard Balladur dans une tribune au Monde, et Jacques Chirac, qui suivait tous les conseils de son ami de vingt ans, la jugeaient inéluctable. Aujourd’hui, c’est François Fillon qui nous explique qu’il ne faudrait pas cohabiter avec François Hollande. Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et d’autres partagent son avis. Fillon fait du Barre en droit constitutionnel comme il en fait en économie. On ne peut pas dire que cela soit davantage judicieux. (Lire la suite…)

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Valls II : la ligne claire

Le premier gouvernement 100% libéral-libertaire !

 

On aurait presque envie de remercier chaleureusement Arnaud Montebourg. Au moins, grâce à lui, tout est désormais clair. Les derniers masques tombent, et en particulier celui de Manuel Valls. Certes, on pourrait lui reprocher la forme. Le discours de Frangy-en-Bresse avait un côté surréaliste. Assistait-on à une intervention du ministre de l’Economie ou à un discours du chef de l’opposition ? N’aurait-il pas été plus raisonnable de présenter enfin sa démission, à la manière d’un Jacques Chirac trente-huit ans plus tôt ou d’un Jean-Pierre Chevènement en 1983 ? Sans aucun doute. Mais à l’heure des chaînes infos et de Twitter, il vaut mieux entretenir le buzz. (Lire la suite…)

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Sarkozy : retour piégé

À l’UMP, il devra affronter Bruno Le Maire… et tous les autres

Le 29 novembre prochain, les militants UMP désigneront leur nouveau président en votant sur Internet. Pour l’instant, seuls deux seuls candidats se sont officiellement déclarés. Il s’agit des députés Hervé Mariton et Bruno Le Maire. François Fillon a déjà expliqué qu’il ne briguerait pas ce poste, de même qu’Alain Juppé ou Xavier Bertrand. Tous ceux-là misent sur la primaire qu’ils considèrent comme la seule échéance importante,  puisque selon les actuels statuts de l’UMP, cette compétition désignera le candidat pour la présidentielle.

Mais celui que tout le monde attend est évidemment Nicolas Sarkozy. L’Ex continue de maintenir le suspense sur sa candidature à la présidence de l’UMP. Hier, il a accordé un entretien à Valeurs actuelles où il explique encore qu’il est en phase de réflexion. Par ailleurs, il envoie d’autres signaux, y compris sur le côté pipole, en se faisant photographier en scooter avec sa dulcinée à l’arrière, paréo au vent. Bref, il poursuit sa stratégie de cartes postales, oubliant que le but d’une carte postale, c’est d’être rare. Au bout de la douzième, on ne la lit même plus. Cette stratégie est d’autant plus difficile à comprendre qu’il met au centre de sa réflexion le concept de « devoir », par opposition à l’idée d’envie et de désir, qui motive une première candidature mais pas un retour. (Lire la suite…)

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Recherche Président désespérément

Bourses au mérite, roman national : les mauvais signaux de Hollande

Ce mois de juillet riche en actualités tragiques a achevé d’affaiblir le couple exécutif. Symptomatiques de la perte d’autorité du pouvoir, plusieurs manifestations pro-palestiniennes interdites ont néanmoins lieu. Le duo Hollande-Valls montre ainsi son inertie : coups de menton pour affirmer l’autorité de l’Etat, incapacité à faire appliquer sa décision, coups de menton pour fustiger les organisations et les élus qui ont bravé l’interdiction, lesquels n’ont pas à s’inquiéter. Jacques Boutault, maire du 2e arrondissement de Paris, pourra continuer de présider ses séances. Clémentine Autain et Olivier Besancenot pourront toujours donner des leçons de morale sur les plateaux de télévision (Lire la suite…)

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Affaire Taubira : vers un crime d’arrière-pensée

Contre le FN, Ubu juge a frappé à Cayenne

 

Grâce à notre ami Régis de Castelnau, les lecteurs de Causeur ont pu se faire une idée claire de la procédure qui a amené à la condamnation d’Anne-Sophie Leclère et du Front national par le tribunal correctionnel de Cayenne. Son brillant article a apporté quelques éléments politiques sur lesquels il est utile de rebondir.

En premier lieu, dissipons tout malentendu. Les propos de cette dame sont abjects en sus d’être crétins. Comme le suggère Régis, une citation à comparaître par un procureur ardennais aurait été plus logique et je n’aurais pas été personnellement choqué par une lourde peine d’inéligibilité. Mais les conditions de la condamnation prononcée à Cayenne et les attendus sidérants du jugement, publiés par Libération, motivent également la révolte de tout citoyen attaché aux libertés publiques.

Que se passe-t-il d’habitude lorsque des faits, des paroles racistes ou jugées comme telles sont relevées ? Soit un procureur se saisit de l’affaire, soit une ou plusieurs association(s) connue(s) de tous dépose(nt) plainte. Dans le premier cas, les associations en question sont souvent parties civiles au procès. En général, tout cela se termine à la fameuse XVIIe chambre de Paris. En l’occurrence, dans cette affaire, où le délit de provocation à la haine raciale est a priori davantage constitué –ô combien-  que dans d’autres scandales comme celui provoqué par les propos d’Eric Zemmour sur les contrôles d’identité1, SOS Racisme, la LICRA et le MRAP ont été curieusement absents. Pourquoi ? L’affaire n’en valait-elle pas le coup ? Ce n’est pourtant pas ce que Dominique Sopo, invité jeudi sur Europe 1, suggérait. S’est-il abstenu pour laisser le terrain libre à l’association guyanaise Walwari ? On peut d’autant plus se poser la question que ladite association est domiciliée à la résidence guyanaise de la Garde des Sceaux, ce qui semble ne pas émouvoir grand monde, pas même ceux qui pourraient interroger cette dernière sur cette coïncidence troublante, mais qui s’en gardent bien. Il fallait donc que le procès se déroulât en Guyane, que les conditions d’un procès équitable ne soient pas réunis, pour aboutir à ces attendus que seule la crainte d’être poursuivi par les mêmes juges imprévisibles m’empêchent de qualifier de loufoques.

C’est bien simple, je me suis vraiment demandé si les habituels rédacteurs des tracts du MJS n’étaient pas dans le coup. Ce sont les attendus justifiant la condamnation du Front National, qui a pourtant exclu Anne-Sophie Leclère, avec une diligence que d’autres partis pourraient envier, qui laissent pantois. Le tribunal ne juge pas le parti frontiste complice, mais carrément co-auteur du délit. Un peu comme si dans le cadre d’un assassinat, il avait fait le guet pendant qu’on tirait sur la victime. Le FN est donc complice car il « lui a fourni les moyens en lui permettant d’être candidate » et qu’il ne s’est pas assuré « de ses opinions républicaines ». À cette lecture, j’ai frémi pour mes amis royalistes de gauche de la NAR. Le fait pour eux d’être favorables à l’établissement d’une monarchie constitutionnelle fait-il d’eux des délinquants ? Y at-il une corrélation obligatoire entre l’organisation constitutionnelle d’un pays et le racisme ? Pour les juges de Cayenne, c’est évident. À moins qu’on ne penche pour une grande légèreté et un manque de précision syntaxique graves, pour des magistrats formés dans la fameuse école de Bordeaux. Mais ce n’est pas fini. Voilà qu’ils décident, à la manière du premier commentateur facebookien venu, d’interpréter à sa guise le programme d’un parti politique. Qu’on lise ces quelques lignes : « Attendu qu’il (le FN) y a participé (au délit) de manière plus directe encore en véhiculant un discours parfois raciste, plus ouvertement xénophobe et négatif vis-à-vis de toutes les personnes ou communautés susceptibles de ne pas correspondre à son idéal du « français de souche », de race blanche ». Que Jean-Marie Le Pen, et même Marine Le Pen, puissent penser en leur for intérieur que cet idéal est bien le leur, c’est possible ; on peut –et on doit si on en la conviction – même leur reprocher certaines arrière-pensées, et pointer certaines contradictions, comme j’ai pu le faire moi-même. Mais sur le terrain politique et médiatique. Or, formellement, le programme du FN dit exactement l’inverse. Que le juge se permette de sonder les reins et les cœurs, voilà qui est particulièrement flippant. Mais sonder les reins et les cœurs, c’est le leitmotiv de ces attendus puisque les juges reprochent aussi au FN de ne pas avoir suffisamment prévu qu’Anne-Sophie Leclère se rendrait coupable d’un tel délit. L’exemple de Cahuzac, donné par mon compère Régis, ne manque pas de sel. Mais si on veut absolument trouver un exemple sur le même terrain, devra-t-on bientôt condamner le PS d’avoir permis de faire d’un adjoint au maire un homme capable de prononcer les propos suivants :  « Tu me parlais des sionistes. Tu veux Zittoun ? Tu veux un juif ? Tu veux Zittoun ? Tu veux ça toi ? C’est ça que t’aime ! T’aimes pas quand les gens qui te ressemblent sont en place et veulent t’aider. Tu préfères un enculé qui te nique bien. C’est ça ce que tu veux. Tu préfères Philippe. Tu aimes bien Zittoun. » ?

Imaginons que le PS ait tout de suite exclu cet élu et lui ait retiré sa délégation d’adjoint, un peu comme le FN qui a exclu Mme Leclère. Pourrait-on lui reprocher d’avoir permis l’ascension de cet homme à des responsabilités éminentes ? Certainement pas ! Le problème, c’est qu’il a attendu trois semaines pour remercier l’auteur de cette diatribe antisémite.

Mais revenons aux attendus du jugement de Cayenne. Le tribunal invente la qualification de « président d’honneur à vie » pour désigner Jean-Marie Le Pen, alors que ce titre n’existe pas dans les statuts du FN, même si le grand âge du titulaire de cette fonction laisse penser que ce sera sans doute le cas. Le reste est à l’avenant : considérer que la liberté d’expression doit être illimitée, comme cela se passe aux Etats-Unis, ou préconiser une limitation drastique de l’immigration fait de soi un complice objectif de Mme Leclère ; le tribunal a même vérifié le fait que Marine Le Pen et d’autres personnalités du FN n’avaient pas rayé de leurs « amis Facebook » la candidate qu’ils avaient exclue. Là on est carrément dans la cour de récré des réseaux sociaux !

Sur le plan des libertés publiques comme sur celui de la formation des juges, ce jugement pose donc incontestablement problème. Sur le plan politique, on peut aussi s’interroger sur l’attitude de la Garde des sceaux. Au mieux, elle a laissé faire. En tout cas, elle est toujours très imprudente. On l’avait déjà vu brandir des papiers qui disaient le contraire de ce qu’elle racontait, voilà qu’elle ne demande pas à ses copains de Walwari de déménager leur siège avant de déposer leur plainte. De nos jours, l’amateurisme est décidément partout…

  1. Rappelons que le journaliste a été relaxé sur cette déclaration et que c’est sur une autre parole, prononcée sur un autre plateau qu’il a été condamné, non pas pour provocation à la haine raciale mais pour provocation à la discrimination.
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Abécédaire Allemagne-Argentine

…avant la finale de la Coupe du monde

A : Première lettre de l’alphabet et initiale commune de l’Allemagne et de l’Argentine. Ces deux sélections se sont opposées deux fois déjà en finale. En 1986, où l’Argentine l’emporta contre l’Allemagne de l’Ouest (3/2) et en 1990 où l’Allemagne en cours de réunification prit sa revanche (1/0).

Ayrault (Jean-Marc) :  Ex-Premier ministre, essentiellement connu pour sa maîtrise de la langue de Goethe.

Battiston (Patrick) : Tombé au champ d’honneur face à l’Allemagne à Séville en 1982. Il fut percuté alors par un monstre qui mâchait négligemment un chewing-gum, et qui occupait – hasard fatal – le poste de gardien de but de la sélection allemande.

Beckenbauer (Franz) : Surnommé le Kaiser. Légende vivante du football allemand. Transformateur du concept de « libéro » qui n’a rien à voir avec les idées de Guillaume Nicoulaud. Il s’agit d’un joueur dont la mission était à l’origine de couvrir les autres défenseurs car dépourvu de marquage d’attaquant adverse. Beckenbauer fit évoluer le rôle du libéro en en le transformant en atout offensif. Vainqueur de la coupe du monde 1974 en tant que joueur et celle de 1990 en tant que sélectionneur, il est aussi l’inventeur du joueur dépourvu de sourire. (Lire la suite…)

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Michel Sapin : Du cocufiage en politique

Songe d’une nuit socialiste

Marie-Rose savait que Michel l’avait trompée de nombreuses fois mais au moins avait-il jusque-là sauvé les apparences. Avec les années, Marie-Rose considérait cette discrétion comme une forme de respect à son égard. Si elle n’avait pas cédé à  la tentation d’en finir avec ce mariage, ce qui lui avait quelquefois effleuré l’esprit, c’est bien pour cette raison. Mais ce jour-là, quand Michel était rentré à la maison au bras de cette jeune fille blonde à la chute de reins incendiaire, qu’il s’était installé avec elle sur le tapis du salon devant toute la famille assise sur le divan, et qu’il lui avait fait l’amour fougueusement avec un sourire en coin dans sa direction, Marie-Rose eut une soudaine envie de meurtre. (Lire la suite…)