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Referendum grec: les médias français irresponsables

Fallait-il sauver les Guignols ou la souveraineté d’Athènes?

 

Dix ans après le référendum sur le Traité constitutionnel européen en France, la quasi-totalité des médias français n’a tiré aucune leçon de ses échecs. Cette fois-ci, il ne s’agissait pas d’un référendum français mais peu importe. Dès l’annonce de la consultation par le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, les mêmes firent chorus avec les états-majors des Républicains, de l’UDI et du PS, bref les « gens raisonnables ». Pas un journaliste, lorsque Tsipras donna au référendum une dimension plébiscitaire gaullienne, pour faire remarquer aux élus du parti sarkozyste que cette méthode de gouvernement devrait logiquement recueillir leur assentiment. Pas un, non plus, pour faire remarquer aux partisans de Tsipras et membres de la convention sur la VIe république que tout cela n’était pas très raccord avec leur conception des institutions. Les paradoxes, la vraie politique, c’est moins intéressant que de se nourrir à la moraline, et tenter maladroitement de se ranger dans le camp du Bien en toutes occasions. (Lire la suite…)

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Il était de l’Armée des Ombres

Charles Pasqua est mort

 

Charles Pasqua nous a quittés. Il a rejoint son compagnon de route Philippe Séguin, parti il y a cinq ans. Quand vous dites que vous avez été un séguiniste, vous percevez chez votre interlocuteur une certaine admiration. Quand vous dites que vous avez aussi été un compagnon de Charlie, on vous balance le SAC, Malik Oussékine et d’autres amabilités. Et pourtant, je n’ai jamais eu à rougir de ce compagnonnage. Parce qu’à l’âge où j’avais encore de la passion pour mes petites voitures « majorette », lui entrait dans la résistance. Son oncle venait d’être tué. « Un Pasqua tombe, un autre se lève ». Il s’en est fallu d’un cheveu pour que l’adolescent Pasqua ne subisse le même sort que son oncle. La chance l’a préservé. (Lire la suite…)

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Souverainisme, l’autre nom de la démocratie

Ou le contraire d’un impérialisme

 

Je tiens à rassurer Benoît Rayski sur sa mémoire. C’est bien dans les colonnes de Causeur qu’il a lu que les Grecs Indépendants étaient souverainistes. C’était sous ma plume et je l’assume volontiers. J’ai croisé le chef de ce parti dans les travées du congrès de Debout la France, il y a quelques mois. Je tiens tout de même à rassurer tout le monde et à confirmer que ces gens sont effectivement « beaucoup moins nazis qu’Aube dorée ». A vrai dire, ils ne sont même pas nazis du tout. Mais peut-être est-ce moi qui perds le sens de la mesure ? (Lire la suite…)

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Affaire Chaouat: la légèreté de Cambadélis

En matière de féminisme, le PS devra faire profil bas

 

Un peu avant 20h30 dimanche soir, le secrétaire national du PS chargé de l’intégration républicaine a démissionné. Vingt-quatre heures après sa nomination dans la liste du nouvel exécutif du PS. Rappelons que Yacine Chaouat avait été condamné il y a quelques années en première instance puis en appel à six mois de prison avec sursis pour violences conjugales aggravées. L’ancien ministre Thierry Mariani, s’appuyant sur un article du Parisien, tweetait : « L’intégration à coup de ceinturon ? Depuis hier, Yacine Chaouat est “secrétaire national à l’intégration”du PS. »

Je ne sais pas ce qui se passe exactement dans la tête de Jean-Christophe Cambadélis. Pensait-il que dans la France de 2015, le CV de son secrétaire national, élu du XIXe arrondissement comme lui, ne serait pas dévoilé ? A-t-il tenté le coup pour voir si ça passait ? On s’amuse à imaginer Camba et Borgel tirer au sort pour savoir à quel poste serait nommé l’ancien adjoint au maire d’arrondissement : « à l’intégration républicaine ou à la condition féminine ? ».  (Lire la suite…)

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Finale de la Ligue des champions : Valls rate l’atterrissage

Le roi de la com’ doublé par Montebourg

« Dis Manu, tu sais, dans une vraie boîte, quand c’est ton chef qui doit s’expliquer pour tes notes de frais, c’est que tu as vraiment, mais alors vraiment merdé… »
Voilà en quels termes s’amusait un de mes amis sur un réseau social lundi soir.

Manuel Valls a donc interrompu le passionnant congrès socialiste de Poitiers samedi pour se rendre à la finale de la Ligue des champions de football avec un avion de fonction. Il devait assister à une réunion dont le site internet de l’Equipe avait expliqué trois jours plus tôt… qu’elle avait été annulée par Michel Platini. Le même président de l’UEFA devait être reçu ce mercredi matin à l’Elysée pour un petit-déjeuner de travail à 8h30, auquel le Premier ministre aurait pu être convié, puisque l’agenda présidentiel indique qu’il devait ensuite enchaîner par son rendez-vous traditionnel avec le Président d’avant conseil des ministres. (Lire la suite…)

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L’école Vallaud-Belkacem n’est pas l’école Filipetti

 

Être une femme d’honneur, c’est pas si facile

Elles étaient les porte-parole du candidat François Hollande. Toutes deux enflammaient les foules, jouant aux dames Loyal au Bourget ou à Vincennes. Najat Vallaud-Belkacem et Aurélie Filipetti n’ont pas connu la même trajectoire depuis l’élection présidentielle de 2012. Alors que la première est devenue le symbole du gouvernement de Manuel Valls, la seconde escalade discrètement le Mont Beuvray. Tandis que Vallaud-Belkacem se situe désormais à l’épicentre de la gauche gouvernementale, Filipetti est devenue une frondeuse de second plan. (Lire la suite…)

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Le FC Sochaux sous (petit) pavillon chinois

Après le club, Peugeot menace-t-il de lâcher la région?

 

Il se dit que la première décision de Ledus, le repreneur hong-kongais du FC Sochaux-Montbéliard, sera de refaire tout l’éclairage du Stade Bonal. Du haut de ma tribune, je peux témoigner aux lecteurs de Causeur qu’il y a eu ces dernières années quelques petits problèmes avec la qualité de la pelouse, davantage encore avec l’équipe alignée, mais pas du tout avec l’éclairage. On y voyait très bien le match, et pas toujours pour le meilleur spectacle qui soit. Cette anecdote révèle très bien l’inquiétude des supporteurs du plus vieux club professionnel français. Comme nous le déplorions il y a près d’un an, PSA a mis en vente le club de football que Jean-Pierre Peugeot avait créé il y a plus de quatre-vingts ans. (Lire la suite…)

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«Xénophobie» : Cambadélis sent le Sapin!

A-t-on le droit de critiquer Taubira et Vallaud-Belkacem?

 

Jean-Christophe Cambadélis et Michel Sapin se sont-ils concertés en accusant l’opposition –et en particulier son chef- de céder à la xénophobie parce qu’elle attaque la politique de la ministre de l’Education nationale après avoir souvent critiqué celle de la ministre de la Justice ? Ou les petits esprits se rencontrent-ils ?

L’affaire est plus grave qu’il n’y paraît. D’abord parce que si on ne peut plus, au prétexte de leurs origines ou autres particularités, s’opposer aux textes produits par des membres du gouvernement , autant fermer la boutique tout de suite, opposition et presse comprises. Ensuite, parce que l’accusation de xénophobie tombe à plat puisque Mesdames Taubira et Vallaud-Belkacem sont autant françaises que Cambadélis, Sapin, et ma pomme. Fâché avec la langue française, Camba ? Où voulait-il plutôt accuser Nicolas Sarkozy et les autres de racisme, et, trouvant le mot un peu fort et pouvant susciter un incendie politique, il a revu ses accusations à la baisse ? Le premier secrétaire du PS n’est pas à quelques approximations près. L’autre jour, il a twitté que Hollande et Valls, c’était « le glaive et le bouclier », oubliant (on l’espère !) la référence historique de cette formule, selon laquelle le Général de Gaulle et Philippe Pétain étaient de mèche  et se partageaient sciemment les rôles pendant la guerre. Cette théorie, très populaire dans les milieux pétainistes après-guerre, dans la bouche d’un ancien trotsko, ne manquait pas de sel, et lui a valu quelques critiques acerbes dans son camp politique. Une telle citation de la part d’un élu FN, UMP, Front de gauche, ou dans la bouche d’Emmanuel Todd auraient sans doute fait les titres de tous les journaux, mais Camba bénéficie visiblement d’un droit inaliénable à la gaffe.

On pourrait s’arrêter aux propos de ce sérial gaffeur, qui n’est jamais que le successeur d’Harlem Désir (tiens, je vais être accusé de xénophobie, là), mais Michel Sapin, ministre de la République a tenu des propos similaires sur BFM TV. Un membre éminent du gouvernement accuse donc le chef de l’opposition de racisme larvé. C’est à la fois grave et ridicule. Ridicule parce qu’on pourrait aussi qualifier l’action Michel Sapin de médiocre, au vu de l’inefficacité de sa politique au ministère des Finances. Nous accusera-t-on d’épicéaphilie exacerbée, méprisant les qualités du sapin argenté1, compte tenu de nos origines jurassiennes ? On peut désormais s’attendre à tout.

D’ordinaire, c’est Manuel Valls qui donne le ton, et il démontre à chaque séance de questions au Parlement, qu’il n’a plus aucun sang-froid. Son soutien aveugle à la réforme de Najat Vallaud-Belkacem, faisant fi de l’avis de la totalité des intellectuels de gauche à l’exception de François Dubet – qui n’a pas l’aura d’un Debray ou d’un Nora, ce n’est pas lui faire injure- le place dans une situation intenable. Coincé entre une droite qui a compris qu’elle pouvait enfin faire oublier son piètre bilan en matière d’éducation (Vallaud-Belkacem succède dignement à Fillon et Chatel dans la promotion de la médiocratie), et une gauche intellectuelle qui conspue la réforme, le gouvernement use de grosses ficelles pour remobiliser son électorat : Sarkozy n’aime pas Vallaud-Belkacem, donc il est xénophobe ; si vous être contre la réforme de Vallaud-Belkacem, vous êtes aussi xénophobe. Dangereux pour sa propre réforme, dangereux pour le débat démocratique. Valls, Cambadélis et Sapin se comportent en incendiaires. Certains visiteurs du soir s’en émeuvent à l’Elysée. Le Président fait la sourde oreille. Jusqu’à quand ?

  1. Contrairement à une idée répandue, l’épicéa est un rival du sapin, et non son synonyme.
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Laurence Rossignol face à Patrick Sébastien : Ceci n’est pas une chanson

Hier matin, la secrétaire d’Etat à la Famille Laurence Rossignol a suggéré qu’un animateur de télévision encourageait la pédophilie et l’inceste. Rien de moins. Interrogée sur RTL par Jean-Michel Aphatie, qui lui a cité un passage du refrain de la dernière chanson de Patrick Sébastien, « Une petite pipe », Laurence Rossignol, a donc, sans écouter entièrement la comptine, formulé des accusations aussi  ridicules que graves. Qu’on puisse qualifier la chanson de vulgaire, constater qu’elle ne brille pas par sa finesse, d’accord. Mais qualifier cette pochade d’oeuvre « quasi-incestueuse », et rappeler à l’occasion qu’on est en place pour lutter contre la pédophilie et l’inceste, en dit plus long sur la ministre que sur Patrick Sébastien.

Aucune référence à l’inceste dans cette chanson qui joue sur l’ambiguïté entre l’objet à fumer –Le commissaire Maigret est cité au début- et une pratique intime qui n’est plus réservée depuis longtemps aux filles de la Rue Saint-Denis. Au passage, la sous-ministre de la Famille grille sa collègue de la santé Marisol Touraine qui pourrait aussi voir dans cette chanson une incitation à fumer. Si l’on suit le raisonnement de Laurence Rossignol, bien aidé par la question orientée d’Aphatie, c’est le fait que cette émission soit regardée le plus souvent en famille qui pose problème. Et c’est là que les bras nous en tombent. Que croit la ministre ? Qu’émoustillés par un tel texte, des parents exigent de leurs enfants « une petite pipe avant d’aller dormir » ?

La pédophilie et l’inceste constituent des phénomènes criminels réels. Cette polémique, au-delà du ridicule de la situation, pose la question de la compétence de la ministre, alors qu’elle prépare justement un projet de loi qui a pour objectif de combattre la pédophilie. Mais, faute de résultats, peut-être compte-t-elle proscrire les promenades familiales à Saint-Claude, cette charmante commune jurassienne connue pour ses pipes en bruyère.

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Manuel Valls et Najat Vallaud-Belkacem à l’école de la com’

Jamel, antidote pédago à Dieudo?

Sait-on ce qui se passe depuis quelques mois dans la tête de Manuel Valls ? Voilà un homme qui était encore présenté il y a dix-huit moins comme une sorte de « Nouveau Chevènement », économiquement plus libéral que le vieux lion de Belfort mais sur la même ligne républicaine  intransigeante. D’ailleurs, à l’automne 2013, ses principaux contempteurs, qui faisaient son succès, l’attaquaient de la même manière que ceux qui ne lâchaient pas le Che lorsqu’il occupait Beauvau entre 1997 et 2000. Etre l’adversaire préféré de Noël Mamère, cela rapproche. (Lire la suite…)