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Le FC Sochaux sous (petit) pavillon chinois

Après le club, Peugeot menace-t-il de lâcher la région?

 

Il se dit que la première décision de Ledus, le repreneur hong-kongais du FC Sochaux-Montbéliard, sera de refaire tout l’éclairage du Stade Bonal. Du haut de ma tribune, je peux témoigner aux lecteurs de Causeur qu’il y a eu ces dernières années quelques petits problèmes avec la qualité de la pelouse, davantage encore avec l’équipe alignée, mais pas du tout avec l’éclairage. On y voyait très bien le match, et pas toujours pour le meilleur spectacle qui soit. Cette anecdote révèle très bien l’inquiétude des supporteurs du plus vieux club professionnel français. Comme nous le déplorions il y a près d’un an, PSA a mis en vente le club de football que Jean-Pierre Peugeot avait créé il y a plus de quatre-vingts ans. (Lire la suite…)

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«Xénophobie» : Cambadélis sent le Sapin!

A-t-on le droit de critiquer Taubira et Vallaud-Belkacem?

 

Jean-Christophe Cambadélis et Michel Sapin se sont-ils concertés en accusant l’opposition –et en particulier son chef- de céder à la xénophobie parce qu’elle attaque la politique de la ministre de l’Education nationale après avoir souvent critiqué celle de la ministre de la Justice ? Ou les petits esprits se rencontrent-ils ?

L’affaire est plus grave qu’il n’y paraît. D’abord parce que si on ne peut plus, au prétexte de leurs origines ou autres particularités, s’opposer aux textes produits par des membres du gouvernement , autant fermer la boutique tout de suite, opposition et presse comprises. Ensuite, parce que l’accusation de xénophobie tombe à plat puisque Mesdames Taubira et Vallaud-Belkacem sont autant françaises que Cambadélis, Sapin, et ma pomme. Fâché avec la langue française, Camba ? Où voulait-il plutôt accuser Nicolas Sarkozy et les autres de racisme, et, trouvant le mot un peu fort et pouvant susciter un incendie politique, il a revu ses accusations à la baisse ? Le premier secrétaire du PS n’est pas à quelques approximations près. L’autre jour, il a twitté que Hollande et Valls, c’était « le glaive et le bouclier », oubliant (on l’espère !) la référence historique de cette formule, selon laquelle le Général de Gaulle et Philippe Pétain étaient de mèche  et se partageaient sciemment les rôles pendant la guerre. Cette théorie, très populaire dans les milieux pétainistes après-guerre, dans la bouche d’un ancien trotsko, ne manquait pas de sel, et lui a valu quelques critiques acerbes dans son camp politique. Une telle citation de la part d’un élu FN, UMP, Front de gauche, ou dans la bouche d’Emmanuel Todd auraient sans doute fait les titres de tous les journaux, mais Camba bénéficie visiblement d’un droit inaliénable à la gaffe.

On pourrait s’arrêter aux propos de ce sérial gaffeur, qui n’est jamais que le successeur d’Harlem Désir (tiens, je vais être accusé de xénophobie, là), mais Michel Sapin, ministre de la République a tenu des propos similaires sur BFM TV. Un membre éminent du gouvernement accuse donc le chef de l’opposition de racisme larvé. C’est à la fois grave et ridicule. Ridicule parce qu’on pourrait aussi qualifier l’action Michel Sapin de médiocre, au vu de l’inefficacité de sa politique au ministère des Finances. Nous accusera-t-on d’épicéaphilie exacerbée, méprisant les qualités du sapin argenté1, compte tenu de nos origines jurassiennes ? On peut désormais s’attendre à tout.

D’ordinaire, c’est Manuel Valls qui donne le ton, et il démontre à chaque séance de questions au Parlement, qu’il n’a plus aucun sang-froid. Son soutien aveugle à la réforme de Najat Vallaud-Belkacem, faisant fi de l’avis de la totalité des intellectuels de gauche à l’exception de François Dubet – qui n’a pas l’aura d’un Debray ou d’un Nora, ce n’est pas lui faire injure- le place dans une situation intenable. Coincé entre une droite qui a compris qu’elle pouvait enfin faire oublier son piètre bilan en matière d’éducation (Vallaud-Belkacem succède dignement à Fillon et Chatel dans la promotion de la médiocratie), et une gauche intellectuelle qui conspue la réforme, le gouvernement use de grosses ficelles pour remobiliser son électorat : Sarkozy n’aime pas Vallaud-Belkacem, donc il est xénophobe ; si vous être contre la réforme de Vallaud-Belkacem, vous êtes aussi xénophobe. Dangereux pour sa propre réforme, dangereux pour le débat démocratique. Valls, Cambadélis et Sapin se comportent en incendiaires. Certains visiteurs du soir s’en émeuvent à l’Elysée. Le Président fait la sourde oreille. Jusqu’à quand ?

  1. Contrairement à une idée répandue, l’épicéa est un rival du sapin, et non son synonyme.
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Laurence Rossignol face à Patrick Sébastien : Ceci n’est pas une chanson

Hier matin, la secrétaire d’Etat à la Famille Laurence Rossignol a suggéré qu’un animateur de télévision encourageait la pédophilie et l’inceste. Rien de moins. Interrogée sur RTL par Jean-Michel Aphatie, qui lui a cité un passage du refrain de la dernière chanson de Patrick Sébastien, « Une petite pipe », Laurence Rossignol, a donc, sans écouter entièrement la comptine, formulé des accusations aussi  ridicules que graves. Qu’on puisse qualifier la chanson de vulgaire, constater qu’elle ne brille pas par sa finesse, d’accord. Mais qualifier cette pochade d’oeuvre « quasi-incestueuse », et rappeler à l’occasion qu’on est en place pour lutter contre la pédophilie et l’inceste, en dit plus long sur la ministre que sur Patrick Sébastien.

Aucune référence à l’inceste dans cette chanson qui joue sur l’ambiguïté entre l’objet à fumer –Le commissaire Maigret est cité au début- et une pratique intime qui n’est plus réservée depuis longtemps aux filles de la Rue Saint-Denis. Au passage, la sous-ministre de la Famille grille sa collègue de la santé Marisol Touraine qui pourrait aussi voir dans cette chanson une incitation à fumer. Si l’on suit le raisonnement de Laurence Rossignol, bien aidé par la question orientée d’Aphatie, c’est le fait que cette émission soit regardée le plus souvent en famille qui pose problème. Et c’est là que les bras nous en tombent. Que croit la ministre ? Qu’émoustillés par un tel texte, des parents exigent de leurs enfants « une petite pipe avant d’aller dormir » ?

La pédophilie et l’inceste constituent des phénomènes criminels réels. Cette polémique, au-delà du ridicule de la situation, pose la question de la compétence de la ministre, alors qu’elle prépare justement un projet de loi qui a pour objectif de combattre la pédophilie. Mais, faute de résultats, peut-être compte-t-elle proscrire les promenades familiales à Saint-Claude, cette charmante commune jurassienne connue pour ses pipes en bruyère.

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Manuel Valls et Najat Vallaud-Belkacem à l’école de la com’

Jamel, antidote pédago à Dieudo?

Sait-on ce qui se passe depuis quelques mois dans la tête de Manuel Valls ? Voilà un homme qui était encore présenté il y a dix-huit moins comme une sorte de « Nouveau Chevènement », économiquement plus libéral que le vieux lion de Belfort mais sur la même ligne républicaine  intransigeante. D’ailleurs, à l’automne 2013, ses principaux contempteurs, qui faisaient son succès, l’attaquaient de la même manière que ceux qui ne lâchaient pas le Che lorsqu’il occupait Beauvau entre 1997 et 2000. Etre l’adversaire préféré de Noël Mamère, cela rapproche. (Lire la suite…)

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Vote obligatoire : à quoi joue Bartolone?

Une fausse bonne idée dans le vent

 

Et revoilà le vote obligatoire ! Cette idée revient de temps à autre, avec l’idée de culpabiliser ceux qui ont l’audace de préférer taquiner le goujon les jours de scrutin. Claude Bartolone vient de découvrir –tenez-vous bien !- que l’abstention serait moins importante si on verbalisait les abstentionnistes. Il n’est d’ailleurs pas le seul dans ce cas. Un parti souverainiste qui a toute ma sympathie a fait sienne cette proposition depuis quelques années, ce qui m’a valu de belles engueulades avec de bons amis, qui m’assurent que cette solution permettrait aux petits partis de devenirs plus gros. Je n’y ai jamais cru. (Lire la suite…)

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Sur TF1, Marine Le Pen condamne son père

Qui peut encore croire que tous les Le Pen se valent?

 

Une heure avant l’entretien qu’elle a accordé à Gilles Bouleau pendant le journal télévisé de TF1, je me risquais à prévoir sur un réseau social que Marine Le Pen annoncerait certainement qu’elle souhaitait que sa nièce Marion mène les listes du FN en Provence-Alpes-Côte d’Azur aux régionales de décembre prochain. Je la voyais ainsi déjà piéger la députée du Vaucluse qui n’aurait pas pu se dérober, quitte à affronter son grand-père devenu dissident.

J’avoue humblement que je me suis trompé. Certes, elle usera possiblement de cette habile stratégie dans quelques jours. Mais hier soir, Marine Le Pen n’a usé ni de tactique ni de stratégie, elle a fait dans l’émotion. (Lire la suite…)

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UMP : la primaire aura bien lieu

Sarko, Juppé, Fillon sont dans un bateau. Lequel sera jeté à l’eau ?

 

La primaire de droite est organisée. Tout semble réglé. Comme le souhaitaient Alain Juppé et François Fillon et comme le craignaient beaucoup de militants sarkozystes, le fonctionnement a été calqué sur l’organisation de la primaire socialiste de l’automne 2011, afin que le nombre de votants soit le plus important possible. Ainsi, la simple signature d’une charte qui ne casse pas trois pattes à un canard et le paiement d’une somme symbolique de deux euros (couvrant les frais de fonctionnement du scrutin) permettra à n’importe quel électeur de participer. De même, 10 000 bureaux de vote sont prévus (la gauche en avait ouvert 9500 à 10000 en 2011) mais il faudra bien examiner leur implantation sur le territoire. (Lire la suite…)

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Doubs : vers une majorité UMPS introuvable?

Le FN pourrait jouer les arbitres

 

Le président socialiste du Conseil général du Doubs a senti passer le vent du boulet. Candidat dans un canton certainement découpé sur mesure pour lui, comportant pour les deux-tiers une partie de la ville de Besançon, et le dernier tiers des communes péri-urbaines et rurales, Claude Jeannerot devrait être réélu dans la prochaine assemblée départementale, et éviter le sort de son voisin jurassien Christophe Perny, distancé de quinze points par l’UMP à Lons-le-Saunier. Tout cela s’est joué à vingt-et-une voix, qui ont permis au FN de devancer le binôme UMP et d’empêcher ainsi la droite d’être présente au second tour, avec une probabilité non-négligeable de faire tomber « le président ». Face au binôme frontiste, Jeannerot aura la tâche beaucoup plus facile dans son canton. (Lire la suite…)

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L’Uni interdite de réunion à la fac de Nancy

La neutralité des services publics a bon dos

 

La grande tradition de liberté d’expression sur le campus universitaires a-t-elle vécu ? Non, il ne s’agit pas là d’un article sur l’extension à l’Université de l’interdiction des signes religieux ostensibles qui est la règle depuis 2004 dans les établissements primaires et secondaires. Si ce n’est pas le cas, d’ailleurs, c’est parce que les étudiants qui la fréquentent sont pour la plupart majeurs, et donc des citoyens libres.

Pourtant, la présidence de l’Université de Nancy-Lorraine vient de prendre une décision pour le moins étonnante en interdisant la tenue d’une conférence organisée par un syndicat étudiant, l’UNI, laquelle devait avoir lieu jeudi 26 mars dans un amphithéâtre de la faculté de droit. (Lire la suite…)

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Ce peuple que nos élites méprisent

Jack Dion dit non à la prolophobie

 

L’épuration politique tu subiras ; la secte du marché tu aduleras ; les oligarques du CAC tu adoreras ; la souveraineté tu abdiqueras ; les mauvais électeurs tu adoreras ; la France tu maudiras. Il ne s’agit pas de six nouveaux commandements mais des titres de chapitres de l’essai revigorant de Jack Dion, directeur-adjoint de la rédaction de Marianne, en librairie depuis mi-janvier.

Le lecteur comprend très vite que Dion n’éprouve pas beaucoup de tendresse pour ceux qui ont pris, selon lui, « la société en otage ». Et ils les nomment : l’oligarchie.  Le mépris du peuple (Éditions Les Liens qui Libèrent) est bien le livre d’un homme en colère. En colère contre ceux qui, dans le monde feutré des partis politiques installés, de la haute-fonction-publique, du grand patronat et de « la cléricature médiatique », ont réussi leur « putsch contre la démocratie ». Dion nous explique que le mépris ne va pas qu’au peuple mais aussi au pays, la France. Chez les oligarques, le « french bashing » est à la mode, quitte à triturer les chiffres. (Lire la suite…)