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«Droit à l’IVG » : une valeur centriste?

Chantal Jouanno se prend les pieds dans le tapis

 

Chantal Jouanno n’est pas contente. Elle ne comprend pas ce que fait Jean-Christophe Fromantin à l’UDI. « Il n’y a pas vraiment sa place », a-t-elle indiqué sur France 2. Pourtant, le député-maire de Neuilly-sur-Seine fait partie des fondateurs de l’UDI. Il a même récemment été candidat à la présidence de ce parti, obtenant 11,1% des voix, ce qui ne constitue pas un score ridicule. Quel est donc la cause du courroux de Madame Jouanno ? Quel crime M. Fromantin a-t-il perpétré ? Un braquage de banques ? Pire ? Il a donné une fessée à l’un de ses enfants ? Pire ? Il n’est pas favorable au mariage pour tous ? Oui, mais ce n’est pas ça, cette fois, et c’est encore pire. Vous ne voyez toujours pas ? Il a voté contre la résolution « réaffirmant le droit fondamental à l’IVG », lors du scrutin d’hier à l’occasion de l’anniversaire de l’adoption par l’Assemblée nationale de la Loi Veil. Chantal Jouanno décrète, impitoyable : «  C’est voter contre les femmes ». Ah oui, c’est grave, là. (Lire la suite…)

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Alain Juppé, stratège imparfait

Peut-on séduire les électeurs de l’UMP par la gauche?

La semaine dernière, nous expliquions pourquoi Nicolas Sarkozy avait sans doute eu tort de se porter candidat à la présidence de l’UMP. Nous ajoutions qu’Alain Juppé avait au moins le mérite d’avoir une stratégie depuis le début et s’y tenir. Mais cette stratégie n’est pas sans risques.

Comme François Fillon, le maire de Bordeaux ne croit plus dans la nécessité de diriger le parti dès lors qu’est prévue la fameuse primaire qu’il espère « la plus ouverte possible ». Ce mode de désignation du candidat de l’UMP à l’élection présidentielle a été stipulé dans les statuts de l’UMP votés sur la base de l’accord de paix Copé-Fillon. Depuis, Alain Juppé et François Fillon se sont assis sur ces statuts le jour où ils ont viré Copé, mais tiennent néanmoins encore à l’organisation de la primaire comme à la prunelle de leurs yeux. Ils ont ainsi dédaigné l’élection à la présidence de l’UMP reportant leurs espoirs sur la fameuse primaire ouverte. Nicolas Sarkozy, on le sait, n’est pas un fan de ce système. S’il avait maintenu son plan de départ, il aurait pu se présenter comme un candidat au-dessus des partis et estimer qu’il n’était pas tenu par cette compétition partisane. (Lire la suite…)

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Sarkozy : faut-il un président normal à l’UMP?

Vers une victoire à la Pyrrhus

Et si Nicolas Sarkozy avait un peu changé ? Franchement, depuis qu’il s’est lancé dans la course à la présidence de l’UMP, ce moteur si bien huilé connaît quelques ratés. Et ça, c’est quand même nouveau. Il y a eu ces différents changements de scénographie dans les meetings : d’abord le discours au pupitre, ensuite le dialogue avec les militants, puis retour au pupitre avec un texte d’Henri Guaino. Ce genre de tâtonnement ne lui ressemble pas. Et puis, il y a eu samedi. Pierre Jovanovic nous a livré un récit exhaustif de cette journée organisée par le collectif « Sens commun » issu de la Manif pour tous. Mais dès le soir-même, nous avions les images. Etait-ce un rêve ? Sarkozy qui se fait imposer un mot par la salle ; Sarkozy qui prononce un mot qu’il ne voulait pas prononcer ; Sarkozy qui se fait retourner par une salle, alors que la marque des grands orateurs, dont il fait incontestablement partie depuis une grosse dizaine d’années, c’est plutôt de retourner soi-même ladite salle. Les militants de « Sens commun » se sont même payés le luxe de scander ensuite : « Il l’a dit, il l’a dit », à la manière de supporteurs qui chambrent l’équipe adverse dans un stade de foot. (Lire la suite…)

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Souverainistes de tous les partis…

Entretien avec deux «euroréalistes» du PS et de l’UMP

 

Guillaume Lelong est membre du Parti socialiste et Thomas Ménagé milite à l’UMP, après avoir participé à la Manif Pour Tous. Tous deux figurent parmi les quatre co-présidents du Collectif « Jeunes euroréalistes » qui regroupe des souverainistes de droite et de gauche opposés à l’Europe de Bruxelles.

Vous avez lancé la semaine dernière le mouvement des « Jeunes euroréalistes », en compagnie d’autres militants politiques, publiant une tribune dans Marianne intitulée « Issus de la génération Maastricht, nous voulons briser le tabou européen ». Quel est le sens de cette initiative ?

Guillaume Lelong : Tout d’abord, il ne s’agit pas d’un mouvement car nous n’avons pas vocation à fonder un parti politique. C’est une association née des réseaux sociaux et transpartisane ayant pour but d’étendre le débat sur la question européenne à la sphère publique, au-delà de partis ayant monopolisés le sujet parce que les autres ont pris peur de le traiter, mais aussi, et c’est important, d’entrevoir quels consensus peuvent être travaillés entre les différents niveaux de souverainismes. En effet, si à titre personnel je suis favorable à la triple sortie, UE, Euro, Otan (ou du moins son commandement), cela n’est pas le cas de tous les fondateurs, loin de là ! Il revient à notre génération, la génération Maastricht,  de s’approprier ces sujets pour contribuer à repenser un projet français sur des fondamentaux. Les discours politiques actuels manquent d’un socle intellectuel et idéologique. Qu’en-est-il de l’indépendance française ? Quel projet européen voulons-nous ? Faut-il des coopérations bilatérales avec des pays du monde entier ou le maintien d’un partenariat privilégié (que j’ai tendance à qualifier « d’amour vache ») via une structure supranationale beaucoup moins intrusive que l’UE ?
Ces débats se dérouleront sur Internet mais aussi par le truchement de conférences tant nationales à Paris, que locales dans la mouvance émergente des courants d’éducation populaire.

Thomas Ménagé : La création de cette association est née d’un constat très simple : l’absence totale d’un débat sur l’Europe lors des dernières élections européennes. Puis nous avons souhaité nous réunir entre jeunes, de tous les horizons afin de mettre fin à l’omerta de nos politiques face aux graves problèmes que nous connaissons dont une grande partie est liée à ce refus d’un débat de fond sur l’Europe. (Lire la suite…)

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Affaire Lavrilleux : peut-on exclure un démissionnaire?

Rions avec l’UMP, avant la fermeture de la boutique

 

Au sein du bureau politique de l’UMP, il reste deux personnalités de bon sens. Françoise Grossetête et Michèle Alliot-Marie ont préféré l’abstention mardi soir alors que tous les autres membres de cette honorable assemblée se sont prononcées pour l’exclusion de Jérôme Lavrilleux. Qu’on s’entende bien, je n’ai pas de sympathie particulière pour l’ex-bras droit de Jean-François Copé. Ses deux prestations télévisées les plus célèbres m’en décourageraient si j’en avais la tentation. La première fois, il avait personnifié l’archétype du porte-flingues, en justifiant le putsch de Jean-François Copé ; la seconde, il avait accordé un larmoyant entretien à Ruth Elkrief digne d’un pensionnaire de la Comédie française. Mais revenons à Michèle Alliot-Marie. C’est elle qui a le mieux résumé la situation ubuesque : « Je ne vais pas me donner le ridicule de voter l’exclusion de quelqu’un qui n’est plus dans le parti. » Parce que l’UMP, dirigée par la Sainte Troïka d’anciens Premiers ministres, en est vraiment là. (Lire la suite…)

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Hollande envoie Moscovici à Bruxelles

… mais veut éviter d’offrir un député au FN

 

Samedi, nous serons le 1er novembre, date de l’entrée en fonction de la Commission Juncker à Bruxelles. Parmi les commissaires, un certain Pierre Moscovici, candidat controversé du gouvernement français et préféré à Elisabeth Guigou par François Hollande. D’une certaine manière, l’ex-ministre des finances est fait pour le boulot. Cet archétype du technocrate devait en rêver gamin. Mais, en attendant, il ne déteste pas participer aux magouilles politiciennes les plus crasses. Qu’on en juge. Lors de son départ du gouvernement, le député qu’il redevenait s’était vu confier le 5 mai 2014 une mission « sur la contribution des politiques européennes à la croissance et à l’emploi ainsi que sur la manière dont les agents économiques peuvent s’approprier ces politiques ». La manœuvre était claire. Cette mission, si elle se poursuivait au-delà de six mois, permettait à son suppléant de prendre sa place au Palais-Bourbon et évitait ainsi la tenue d’une élection partielle dans la quatrième circonscription du Doubs. À l’époque, François Hollande pensait déjà à lui, même s’il hésitait encore avec Guigou, pour intégrer la Commission, laquelle devait entrer en fonction un peu plus tard que le 1er novembre. (Lire la suite…)

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PS : la fièvre des exclusions

Heureusement que le ridicule ne tue pas à Solférino

 

Une fièvre d’exclusion vient de saisir le Parti socialiste. Jean-Luc Mélenchon ironise : «Nous allons peut-être devoir ouvrir un camp de réfugiés». Ce mercredi, c’est Benoît Hamon qui s’est vu montrer par Stéphane Le Foll la direction de la porte. Même si cette injonction a peu de chances d’être suivie d’effet, on peut s’interroger sur l’attitude du porte-parole du gouvernement. Il avait dit quoi, au fait, Hamon ? Que la politique du gouvernement menaçait la République. Comment ? En favorisant un « désastre démocratique », conduisant non seulement Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle mais éventuellement à la possibilité que la patronne du FN conduise le pays dès 2017. Que Stéphane Le Foll soit en désaccord avec cette analyse, on peut le comprendre. C’est une affaire d’appréciation. Mais depuis quand un élu socialiste ne peut-il pas considérer que l’arrivée du FN au pouvoir ne menacerait pas la République ? La Hollandie aurait-elle changé d’avis sur le sujet, tournant le dos à la position constante de la gauche sur le sujet ? On se moque. Le Foll n’en est évidemment pas à considérer le FN comme un parti comme les autres. Il est seulement atteint d’une fièvre purificatrice. Tous ceux qui critiquent la politique du Président n’ont rien à faire au PS. Toute critique est désormais proscrite. Non seulement à l’intérieur du gouvernement –Hamon en a déjà fait les frais avec Arnaud Montebourg, et pour des raisons de cohérence gouvernementale, cela n’avait rien d’illogique. Mais aussi à l’intérieur du parti. (Lire la suite…)

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Sarkozy : c’était pas le plan!

Les dessous d’un retour précipité

 

Cela ne prend pas. Malgré toutes les dénégations de Brice Hortefeux, les sarkozystes doivent donner raison à Henri Guaino : « Cela va être compliqué ». Depuis que l’ex-président est redescendu dans la mêlée pour partir à l’assaut de l’UMP, il plonge dans les sondages. L’étude d’IPSOS, effectuée samedi et dimanche dernier, donne à cet égard des résultats terribles. Il perd neuf points d’opinions favorables à 31 %; se plaçant loin derrière Alain Juppé (54%) mais, plus grave, derrière François Fillon (36%) et Marine Le Pen (34%). La patronne du FN doit se frotter les mains, elle qui nous prédisait en février dernier : « à chaque fois que je le revois, je retrouve tous ses défauts que les Français ont dû oublier parce qu’il a la sympathie des morts. Les types, ils sont morts et on les trouve vachement sympas. Et puis en fait, quand on le revoit on se souvient pourquoi on ne pouvait plus, pourquoi on n’y arrivait plus. […] Il a vraiment cette manière de faire, ces défauts qui sont insupportables et d’autant plus insupportables que la crise s’est aggravée […] ». Quand on voit les images des sketches de Nicolas Sarkozy reprises en boucle par les télévisions, assis devant les militants, en train de faire rire aux dépens de François Hollande ou d’autres, ou quand on se rappelle son entrée en campagne sur France 2, on ne peut que donner raison aux prévisions marinistes. (Lire la suite…)

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De Zemmour à Pasqua en passant par SOS-Racisme

Toutes ces histoires et polémiques autour de la sortie, de la promotion et du succès du dernier livre d’Eric Zemmour ne sont pas complètement inutiles. Elles comportent l’avantage de me faire ressentir une jolie palette de sentiments. Ainsi, je suis passé de la tristesse à la consternation puis de la consternation à la totale hilarité en quelques jours.

Tristesse d’abord, en écoutant Eric Zemmour à l’occasion des prestations promotionnelles de son livre, que nos chemins politiques avaient sacrément divergé. J’avais déjà manifesté lors de la sortie de Mélancolie française des désaccords profonds. Que l’éditorialiste continue à clamer son « toutéfoutu » depuis cinq ans –c’était là notre divergence fondamentale-  passe encore. Mais qu’il se lance dans une réhabilitation de facto du Maréchal Pétain, on a davantage de mal à l’avaler. En offrant un certificat de patriotisme à l’homme de Montoire,  il parachève la réécriture de l’Histoire lancée par Chirac au Vel’ d’Hiv’ en 1995, piétinant la ligne imposée par le Général et poursuivie par ses successeurs jusqu’à François Mitterrand   De Gaulle fait la toupie dans sa tombe, et moi, je suis d’autant plus triste que je sais Eric Zemmour sympathique et brillant. (Lire la suite…)

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Assemblée : Madame le Président, vous exagérez!

Les sanctions infligées à Julien Aubert n’ont aucun fondement juridique

 

 

Dans quelques années, l’histoire retiendra qu’un 7 octobre 2014, une certaine Sandrine Mazetier prit officiellement la succession de l’Académie française, créée en 1635 par Richelieu. Par quelle ruse du destin en est-on arrivé là ? C’est bien simple. Lors d’une séance de l’Assemblée nationale, un député, Julien Aubert, s’adresse au président de séance ainsi : « Madame le Président ». Dame Mazetier préside justement la séance. Elle n’apprécie pas cette préférence accordée à la grammaire française au détriment de la parité, d’autant que le député se trouve être un dangereux récidiviste. Quelques mois auparavant, il s’était déjà adressé à elle en ces termes. Elle avait alors réagi sur un ton plutôt humoristique en le désignant ensuite « Monsieur la députée ». Mais, cette fois, à l’occasion du débat sur la loi de transition énergétique au cours duquel Julien Aubert représente le groupe UMP, elle ne laisse pas passer l’affront. (Lire la suite…)