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Morelle, Plenel, et moi

L’art de la guerre idéologique selon Mediapart

 

Tempête sous un crâne. Depuis deux jours, l’affaire « Morelle » me perturbe. Il se trouve que j’ai de la sympathie pour Aquilino Morelle. Je ne l’ai pourtant jamais rencontré. Mon a priori positif s’explique : Morelle était le directeur de campagne de Montebourg pendant la primaire ; il avait mis un peu de République dans les discours du deloriste Hollande. Noniste en 2005, il était le lien entre Valls, l’homme d’ordre, et Montebourg, l’apôtre de la démondialisation. Tout cela me parle, même si des amis très prolixes me font remarquer que, comme Guaino, il démonétise nos idées en les mettant ses mots au service de François Hollande ou Nicolas Sarkozy. (Lire la suite…)

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Valls se met aux Verts

Placé et Duflot préfèrent leurs sièges à leur âme

Les compte-rendus analytiques des votes à l’Assemblée nationale constituent toujours des mines de renseignements pour l’observateur attentif. Tenez, par exemple, on peut tirer quelques conclusions du relevé de vote des députés écologistes sur la déclaration de politique générale de Manuel Valls.

Sur les dix-sept membres du groupe écologiste, un seul n’a pas voté la confiance. Pas la peine de s’y attarder, Isabelle Attard, député du Calvados, annonce le même jour que, bien que membre du groupe EELV, elle fera campagne aux européennes pour le parti Nouvelle Donne, créé récemment autour de Pierre Larrouturou et Bruno Gaccio.

Restent seize  parlementaires dont dix ont accordé leur confiance au Premier ministre, au premier rang desquels on recense les co-présidents Barbara Pompili et François de Rugy. Le vote de ces deux-là n’étonnera que les distraits. Car l’un et l’autre avaient publiquement regretté le refus du bureau exécutif de leur parti de participer au gouvernement.

Six députés écolos se sont courageusement abstenus. Qu’est ce qui me retient de ne pas voter la confiance aurait pu s’interroger, à l’instar de Jean-Claude Dusse, Noël Mamère, un autre moustachu célèbre, qui fut de ces six-là ? La trouille, peut-être ? C’est ce qu’avait répondu « Popeye » dans Les Bronzés font du ski.

La trouille porte un nom, ou plutôt deux : dissolution et investiture. Eh oui, les députés écologistes ne sont pas fous. Pas davantage, d’ailleurs, que leurs collègues de l’aile gauche du PS. Ils savent bien que si le gouvernement Valls n’avait pas obtenu la majorité hier, ils prenaient le risque de retourner devant les électeurs. En tant que député écologiste, ils risquaient même de n’y retourner qu’avec la seule investiture de leur parti avec un concurrent socialiste face à eux. Combien de députés EELV reviendraient à l’Assemblée dans ces conditions ? À l’évidence, ils ne se compteraient que sur les doigts d’une seule main. Noël Mamère qui n’avait pas de mots assez durs pour qualifier le nouveau Premier ministre il y a quelques jours, avait donc, selon la formule d’un excellent esprit, davantage confiance en Manuel Valls qu’en la dissolution.

Mardi, aux alentours de dix-neuf heures, l’article 12 de la constitution du 4 octobre 1958 marquait un but décisif face à la politique humaniste, sociale et écologiste incarnée par le député de Bègles. Malgré mon opposition globale au discours de Manuel Valls, ça m’a fait plutôt marrer, il faut bien le reconnaître.

Cécile Duflot semble compter sur les prochaines élections européennes pour montrer ses muscles avant de faire miroiter sa candidature en 2017. L’idée serait de faire monnayer son retrait de dernière minute contre le maintien d’un groupe parlementaire vert à l’Assemblée nationale.

Face à un PS amorphe emmené par un leader aussi médiocre qu’Harlem Désir, les écolos pourraient effectivement réussir un joli coup le 25 mai. Mais en attendant, il ne faudrait pas tout gâcher en précipitant des élections législatives anticipées. La transition énergétique, les progrès sociaux et sociétaux peuvent attendre, passant loin, très loin, derrière les calculs de boutiquiers du duo Placé-Duflot.

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Du bon maniement du remaniement

À force de tout faire à l’envers, Hollande n’avait le choix qu’entre Valls et Valls

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a deux ans, j’expliquais pourquoi la logique des institutions de la Ve République et toute son histoire commandaient à François Hollande d’appeler Manuel Valls à Matignon. Pour vous la faire courte, le premier hôte de Matignon d’un mandat  présidentiel est imposé par la situation, et le second est choisi par le Président.

François Hollande a nommé un de ses hommes à Matignon, Jean-Marc Ayrault, sa solution de confort, oubliant cette règle non écrite. Et il vient donc de nommer Manuel Valls comme deuxième chef de gouvernement de son mandat. Il avait pourtant, d’après quelques indiscrétions, choisi un de ses proches, Jean-Yves Le Drian. Ce dernier l’a non seulement éconduit mais lui a fortement conseillé d’offrir la promotion à son collègue de la Place Beauvau. Quelle solutions restait-il à François Hollande ? (Lire la suite…)

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Non, le front républicain n’a jamais existé !

Ni FN ni PS : une invention de Chirac et Juppé

 

“Ah ! Ce ni-ni de l’UMP ! Ce n’est pas du temps de Chirac et Juppé qu’on aurait vu ça ! ” Voilà l’antienne qu’on répète sans cesse de rédaction en studio, et de Twitter en plateau de télé. Et pourtant, il ne s’agit là que d’une calembredaine. Car ce “ni PS ni FN” que l’UMP érige en règle n’est pas une nouveauté. Chirac et Juppé ne peuvent pas désapprouver cette stratégie puisqu’ils en sont les concepteurs.

Il se trouve que je suis un témoin privilégié de cette vieille histoire, adhérent au RPR de 1988 à 1998, notamment pendant la période où Jacques Chirac et Alain Juppé dirigeaient le RPR, l’un à sa présidence et l’autre au secrétariat général (1988-1995). Lors des deux premières années de mandat à l’Elysée du premier, le second cumula la fonction de Premier ministre avec la direction du premier parti de la majorité (avec le succès que l’on sait, soit dit en passant…). Pendant ces années la règle, intangible, était de renvoyer dos à dos gauche et FN en cas de second tour. (Lire la suite…)

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Municipales : Tiens, tiens, revoilà le front républicain

Triangulaires : Ayrault plus lucide que les journalistes

 

Avant même le premier tour des élections municipales, le sujet des triangulaires a déjà mis les pieds sur la table. Et il n’est pas prêt de les retirer. À partir de dimanche soir, il sera le principal sujet de débats et polémiques. Et il risque bien de recouvrer des problématiques beaucoup plus nombreuses qu’auparavant.

Il est beaucoup plus facile d’être présent au second tour d’une élection municipale qu’à une élection législative. Là où il faut 12,5 % des électeurs des inscrits pour concourir au second tour lorsqu’on est candidat à la députation, une liste municipale n’a besoin que de 10% des suffrages exprimés. L’abstention, qu’on annonce forte, ne constituera donc pas un frein à la multiplication de ces fameux matches à trois – voire quatre ou cinq. (Lire la suite…)

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Candeloro et Monfort : un mauvais procès !

Si le CSA veut censurer tout ce qui n’est pas très subtil, bon courage !

 

 « Ah la la la la, je crois qu’il a pris le ballon dans les bijoux de famille, mon cher Jean-Michel ». « Ouh, oui, Thierry, nous ne voudrions pas être à sa place ». « Aaaah, il se relève, plus de peur que de mal, on peut rassurer son épouse ».

On ne sait si cet échange, cent fois renouvelé par les célèbres Thierry Roland et Jean-Michel Larqué ferait aujourd’hui l’objet d’une mise en garde du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel. C’est vrai, quoi, laisser croire qu’une épouse serait fortement inquiète de l’état des organes reproducteurs de son mari, n’est-ce pas sexiste ? Réduire un être humain masculin à sa seule fonction reproductrice, c’est faire preuve d’une misandrie évidente. (Lire la suite…)

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Europe : Le bistouri de Coralie

 L’UE, ce grand cadavre à la renverse

 

Coralie Delaume, qui a naguère officié sur Causeur, avait mis en sommeil son blog « L’Arène nue ». Mais elle n’avait pas perdu le goût de l’écriture. Elle s’était mis en tête d’enfanter un projet plus ambitieux encore. Le bébé est arrivé dans les librairies hier. Europe, les Etats désunis (Michalon), se révèle à la fois pédagogique, cinglant et malicieux. Une synthèse furieusement engagée dans un sens que nous approuvons.

Ce livre est une autopsie. L’autopsie de l’idée européenne telle que l’avait imaginée Jean Monnet, ce père fondateur que François Mitterrand a envoyé au Panthéon et qui ne méritait certainement pas cet honneur. (Lire la suite…)

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Il se passe tous les jours quelque chose à l’UMP

L’ «affaire Copé » et « l’affaire Buisson » font les affaires de Fillon

 
La France n’a jamais eu Président et gouvernement plus impopulaires mais c’est pourtant la droite classique qui explose sous nos yeux. En quelques jours, les affaires Copé et Buisson ont en effet mis le feu à l’UMP. Autre bizarrerie : c’est, pour l’essentiel, une presse plutôt classée à droite qui a fait le boulot. Ainsi, il y a une semaine, Le Point publiait une enquête sur les méthodes présumées de Jean-François Copé. Le président de l’UMP aurait favorisé certains de ses proches dans l’organisation d’événements pendant l’élection présidentielle. Jusqu’ici, cela ne casse pas trois pattes à un canard… Mais ces proches auraient surfacturé lesdits meetings, ce qui s’avère un peu plus gênant, d’autant que le Conseil constitutionnel a rejeté les comptes du candidat Sarkozy pour dépassement du plafond de dépenses autorisé. D’autres accusations, plus graves, concernent la vente d’immeubles nationaux à un investisseur qatari lié à des proches de Jean-François Copé alors que ce dernier occupait le ministère du budget, complètent le dossier d’accusation. (Lire la suite…)

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«Sarkozy ? Pour moi, c’est l’idéal !»

 A Montbéliard, Marine Le Pen choisit son candidat UMP préféré

Marine Le Pen était donc de passage à Montbéliard mercredi en fin d’après-midi pour soutenir la liste du FN aux élections municipales. Dans cette ville « caricaturale de l’UMPS », elle y a tenu  une conférence de presse à laquelle j’ai participé.

« La Franche-Comté, c’est la sœur jumelle de ma région », a-t-elle expliqué à la presse et aux militants, énumérant quelques points communs avec le Nord-Pas-de-Calais. On pourrait ajouter que la tête de liste locale et patronne du FN franc-comtois,Sophie Montel, ressemble à Marine Le Pen comme une sœur jumelle. Grande, blonde, d’un an sa cadette, elle partage son verbe offensif, à la diction près. (Lire la suite…)

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Pourquoi je ne veux plus devenir enseignant, par Jules Savagnin

Lettre ouverte à Vincent Peillon

Une fois n’est pas coutume, nous accueillons sur Antidote, une plume extérieure. Derrière Jules Savagnin se cache un étudiant de nos amis. Nous publions avec plaisir sa lettre ouverte à Vincent Peillon.

Cher M. Peillon,

Vous ne me connaissez pas, je suis l’un de ces milliers d’étudiants de fac qui va chaque jour en cours, passe ses partiels, espère valider son année et réfléchit à son avenir. (Lire la suite…)