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Sarkozy : faut-il un président normal à l’UMP?

Vers une victoire à la Pyrrhus

Et si Nicolas Sarkozy avait un peu changé ? Franchement, depuis qu’il s’est lancé dans la course à la présidence de l’UMP, ce moteur si bien huilé connaît quelques ratés. Et ça, c’est quand même nouveau. Il y a eu ces différents changements de scénographie dans les meetings : d’abord le discours au pupitre, ensuite le dialogue avec les militants, puis retour au pupitre avec un texte d’Henri Guaino. Ce genre de tâtonnement ne lui ressemble pas. Et puis, il y a eu samedi. Pierre Jovanovic nous a livré un récit exhaustif de cette journée organisée par le collectif « Sens commun » issu de la Manif pour tous. Mais dès le soir-même, nous avions les images. Etait-ce un rêve ? Sarkozy qui se fait imposer un mot par la salle ; Sarkozy qui prononce un mot qu’il ne voulait pas prononcer ; Sarkozy qui se fait retourner par une salle, alors que la marque des grands orateurs, dont il fait incontestablement partie depuis une grosse dizaine d’années, c’est plutôt de retourner soi-même ladite salle. Les militants de « Sens commun » se sont même payés le luxe de scander ensuite : « Il l’a dit, il l’a dit », à la manière de supporteurs qui chambrent l’équipe adverse dans un stade de foot. (Lire la suite…)

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Souverainistes de tous les partis…

Entretien avec deux «euroréalistes» du PS et de l’UMP

 

Guillaume Lelong est membre du Parti socialiste et Thomas Ménagé milite à l’UMP, après avoir participé à la Manif Pour Tous. Tous deux figurent parmi les quatre co-présidents du Collectif « Jeunes euroréalistes » qui regroupe des souverainistes de droite et de gauche opposés à l’Europe de Bruxelles.

Vous avez lancé la semaine dernière le mouvement des « Jeunes euroréalistes », en compagnie d’autres militants politiques, publiant une tribune dans Marianne intitulée « Issus de la génération Maastricht, nous voulons briser le tabou européen ». Quel est le sens de cette initiative ?

Guillaume Lelong : Tout d’abord, il ne s’agit pas d’un mouvement car nous n’avons pas vocation à fonder un parti politique. C’est une association née des réseaux sociaux et transpartisane ayant pour but d’étendre le débat sur la question européenne à la sphère publique, au-delà de partis ayant monopolisés le sujet parce que les autres ont pris peur de le traiter, mais aussi, et c’est important, d’entrevoir quels consensus peuvent être travaillés entre les différents niveaux de souverainismes. En effet, si à titre personnel je suis favorable à la triple sortie, UE, Euro, Otan (ou du moins son commandement), cela n’est pas le cas de tous les fondateurs, loin de là ! Il revient à notre génération, la génération Maastricht,  de s’approprier ces sujets pour contribuer à repenser un projet français sur des fondamentaux. Les discours politiques actuels manquent d’un socle intellectuel et idéologique. Qu’en-est-il de l’indépendance française ? Quel projet européen voulons-nous ? Faut-il des coopérations bilatérales avec des pays du monde entier ou le maintien d’un partenariat privilégié (que j’ai tendance à qualifier « d’amour vache ») via une structure supranationale beaucoup moins intrusive que l’UE ?
Ces débats se dérouleront sur Internet mais aussi par le truchement de conférences tant nationales à Paris, que locales dans la mouvance émergente des courants d’éducation populaire.

Thomas Ménagé : La création de cette association est née d’un constat très simple : l’absence totale d’un débat sur l’Europe lors des dernières élections européennes. Puis nous avons souhaité nous réunir entre jeunes, de tous les horizons afin de mettre fin à l’omerta de nos politiques face aux graves problèmes que nous connaissons dont une grande partie est liée à ce refus d’un débat de fond sur l’Europe. (Lire la suite…)

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Affaire Lavrilleux : peut-on exclure un démissionnaire?

Rions avec l’UMP, avant la fermeture de la boutique

 

Au sein du bureau politique de l’UMP, il reste deux personnalités de bon sens. Françoise Grossetête et Michèle Alliot-Marie ont préféré l’abstention mardi soir alors que tous les autres membres de cette honorable assemblée se sont prononcées pour l’exclusion de Jérôme Lavrilleux. Qu’on s’entende bien, je n’ai pas de sympathie particulière pour l’ex-bras droit de Jean-François Copé. Ses deux prestations télévisées les plus célèbres m’en décourageraient si j’en avais la tentation. La première fois, il avait personnifié l’archétype du porte-flingues, en justifiant le putsch de Jean-François Copé ; la seconde, il avait accordé un larmoyant entretien à Ruth Elkrief digne d’un pensionnaire de la Comédie française. Mais revenons à Michèle Alliot-Marie. C’est elle qui a le mieux résumé la situation ubuesque : « Je ne vais pas me donner le ridicule de voter l’exclusion de quelqu’un qui n’est plus dans le parti. » Parce que l’UMP, dirigée par la Sainte Troïka d’anciens Premiers ministres, en est vraiment là. (Lire la suite…)

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Hollande envoie Moscovici à Bruxelles

… mais veut éviter d’offrir un député au FN

 

Samedi, nous serons le 1er novembre, date de l’entrée en fonction de la Commission Juncker à Bruxelles. Parmi les commissaires, un certain Pierre Moscovici, candidat controversé du gouvernement français et préféré à Elisabeth Guigou par François Hollande. D’une certaine manière, l’ex-ministre des finances est fait pour le boulot. Cet archétype du technocrate devait en rêver gamin. Mais, en attendant, il ne déteste pas participer aux magouilles politiciennes les plus crasses. Qu’on en juge. Lors de son départ du gouvernement, le député qu’il redevenait s’était vu confier le 5 mai 2014 une mission « sur la contribution des politiques européennes à la croissance et à l’emploi ainsi que sur la manière dont les agents économiques peuvent s’approprier ces politiques ». La manœuvre était claire. Cette mission, si elle se poursuivait au-delà de six mois, permettait à son suppléant de prendre sa place au Palais-Bourbon et évitait ainsi la tenue d’une élection partielle dans la quatrième circonscription du Doubs. À l’époque, François Hollande pensait déjà à lui, même s’il hésitait encore avec Guigou, pour intégrer la Commission, laquelle devait entrer en fonction un peu plus tard que le 1er novembre. (Lire la suite…)

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PS : la fièvre des exclusions

Heureusement que le ridicule ne tue pas à Solférino

 

Une fièvre d’exclusion vient de saisir le Parti socialiste. Jean-Luc Mélenchon ironise : «Nous allons peut-être devoir ouvrir un camp de réfugiés». Ce mercredi, c’est Benoît Hamon qui s’est vu montrer par Stéphane Le Foll la direction de la porte. Même si cette injonction a peu de chances d’être suivie d’effet, on peut s’interroger sur l’attitude du porte-parole du gouvernement. Il avait dit quoi, au fait, Hamon ? Que la politique du gouvernement menaçait la République. Comment ? En favorisant un « désastre démocratique », conduisant non seulement Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle mais éventuellement à la possibilité que la patronne du FN conduise le pays dès 2017. Que Stéphane Le Foll soit en désaccord avec cette analyse, on peut le comprendre. C’est une affaire d’appréciation. Mais depuis quand un élu socialiste ne peut-il pas considérer que l’arrivée du FN au pouvoir ne menacerait pas la République ? La Hollandie aurait-elle changé d’avis sur le sujet, tournant le dos à la position constante de la gauche sur le sujet ? On se moque. Le Foll n’en est évidemment pas à considérer le FN comme un parti comme les autres. Il est seulement atteint d’une fièvre purificatrice. Tous ceux qui critiquent la politique du Président n’ont rien à faire au PS. Toute critique est désormais proscrite. Non seulement à l’intérieur du gouvernement –Hamon en a déjà fait les frais avec Arnaud Montebourg, et pour des raisons de cohérence gouvernementale, cela n’avait rien d’illogique. Mais aussi à l’intérieur du parti. (Lire la suite…)

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Sarkozy : c’était pas le plan!

Les dessous d’un retour précipité

 

Cela ne prend pas. Malgré toutes les dénégations de Brice Hortefeux, les sarkozystes doivent donner raison à Henri Guaino : « Cela va être compliqué ». Depuis que l’ex-président est redescendu dans la mêlée pour partir à l’assaut de l’UMP, il plonge dans les sondages. L’étude d’IPSOS, effectuée samedi et dimanche dernier, donne à cet égard des résultats terribles. Il perd neuf points d’opinions favorables à 31 %; se plaçant loin derrière Alain Juppé (54%) mais, plus grave, derrière François Fillon (36%) et Marine Le Pen (34%). La patronne du FN doit se frotter les mains, elle qui nous prédisait en février dernier : « à chaque fois que je le revois, je retrouve tous ses défauts que les Français ont dû oublier parce qu’il a la sympathie des morts. Les types, ils sont morts et on les trouve vachement sympas. Et puis en fait, quand on le revoit on se souvient pourquoi on ne pouvait plus, pourquoi on n’y arrivait plus. […] Il a vraiment cette manière de faire, ces défauts qui sont insupportables et d’autant plus insupportables que la crise s’est aggravée […] ». Quand on voit les images des sketches de Nicolas Sarkozy reprises en boucle par les télévisions, assis devant les militants, en train de faire rire aux dépens de François Hollande ou d’autres, ou quand on se rappelle son entrée en campagne sur France 2, on ne peut que donner raison aux prévisions marinistes. (Lire la suite…)

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De Zemmour à Pasqua en passant par SOS-Racisme

Toutes ces histoires et polémiques autour de la sortie, de la promotion et du succès du dernier livre d’Eric Zemmour ne sont pas complètement inutiles. Elles comportent l’avantage de me faire ressentir une jolie palette de sentiments. Ainsi, je suis passé de la tristesse à la consternation puis de la consternation à la totale hilarité en quelques jours.

Tristesse d’abord, en écoutant Eric Zemmour à l’occasion des prestations promotionnelles de son livre, que nos chemins politiques avaient sacrément divergé. J’avais déjà manifesté lors de la sortie de Mélancolie française des désaccords profonds. Que l’éditorialiste continue à clamer son « toutéfoutu » depuis cinq ans –c’était là notre divergence fondamentale-  passe encore. Mais qu’il se lance dans une réhabilitation de facto du Maréchal Pétain, on a davantage de mal à l’avaler. En offrant un certificat de patriotisme à l’homme de Montoire,  il parachève la réécriture de l’Histoire lancée par Chirac au Vel’ d’Hiv’ en 1995, piétinant la ligne imposée par le Général et poursuivie par ses successeurs jusqu’à François Mitterrand   De Gaulle fait la toupie dans sa tombe, et moi, je suis d’autant plus triste que je sais Eric Zemmour sympathique et brillant. (Lire la suite…)

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Assemblée : Madame le Président, vous exagérez!

Les sanctions infligées à Julien Aubert n’ont aucun fondement juridique

 

 

Dans quelques années, l’histoire retiendra qu’un 7 octobre 2014, une certaine Sandrine Mazetier prit officiellement la succession de l’Académie française, créée en 1635 par Richelieu. Par quelle ruse du destin en est-on arrivé là ? C’est bien simple. Lors d’une séance de l’Assemblée nationale, un député, Julien Aubert, s’adresse au président de séance ainsi : « Madame le Président ». Dame Mazetier préside justement la séance. Elle n’apprécie pas cette préférence accordée à la grammaire française au détriment de la parité, d’autant que le député se trouve être un dangereux récidiviste. Quelques mois auparavant, il s’était déjà adressé à elle en ces termes. Elle avait alors réagi sur un ton plutôt humoristique en le désignant ensuite « Monsieur la députée ». Mais, cette fois, à l’occasion du débat sur la loi de transition énergétique au cours duquel Julien Aubert représente le groupe UMP, elle ne laisse pas passer l’affront. (Lire la suite…)

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La droite me donne la migraine

Chihuahuas et dobermans dans la mare aux crocodiles

J’ai mal à la tête. J’ai écrit beaucoup d’articles sur l’UMP dans ces colonnes mais là, cela devient compliqué. Certains évoqueraient une chienlit ; je n’ose évoquer un joyeux bordel, par crainte que les brigades de Najat Vallaud-Belkacem me traduisent devant les tribunaux pour apologie de crime de la prostitution.

Voyez par exemple la désignation de Gérard Larcher au Sénat. On pourrait en rire, et se moquer de ce pauvre Raffarin qui, décidément, ne parviendra jamais à atteindre ce convoité fauteuil jugé sur le Plateau. On pourrait mettre ça sur le compte du micro-climat dont profite le Palais du Luxembourg, et qui donne aux sénateurs des désirs permanents d’indépendance. Mais ce serait vite faire l’impasse sur le fait que l’auteur célèbre des raffarinades avait le soutien très voyant de Nicolas Sarkozy alors que le vétérinaire de Rambouillet bénéficiait de celui de François Fillon. (Lire la suite…)

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Sarkozy ringardisé par Le Maire

Et si le plébiscite annoncé à l’UMP n’avait pas lieu?

Comme des millions de Français, j’ai regardé Nicolas Sarkozy dimanche soir. Trois jours après, je fais les mêmes constats que Laurent Cantamessi  et la plupart des observateurs: Nicolas Sarkozy n’a pas avancé beaucoup d’idées, en dehors de sa nouvelle passion pour le référendum dont il avait donné la primeur à la fin de sa dernière campagne électorale. A la surprise de Français qui, quatre ans plus tôt, l’avaient observé, impuissants, en train de s’asseoir sur leur vote référendaire de 2005 !

En fait, c’est sur le terrain de la communication pure que mon avis diverge de ce qui a pu être remarqué ici ou là. Sur ce plan, on a assisté à un concert de louanges entre ses partisans et ses adversaires qui lui reconnaissaient tous son efficacité habituelle. Je dois reconnaître que dimanche soir, je faisais le même constat. Mais c’est en regardant Bruno Le Maire sur la chaîne concurrente le lendemain que j’ai complètement changé d’avis. La comparaison n’était en effet pas à l’avantage de l’ancien Président de la République. Bien que le propos de l’ancien ministre de l’Agriculture fût plus courte, il contenait davantage de propositions. On peut parfaitement comprendre que Nicolas Sarkozy ne souhaitait pas lâcher toutes ses propositions d’un coup et qu’il en garde sous la semelle pour les deux mois de campagne interne qui s’annoncent. Mais, dans ce cas, pourquoi s’être mis d’accord avec France 2 sur un format aussi long ? Résultat : après cinq minutes d’autocritique où il se faisait aussi doux qu’un agneau, il est redevenu Grand Méchant Loup, celui qui clive alors qu’il prétend aujourd’hui rassembler. S’il souhaitait revenir en cognant un journaliste, Laurent Delahousse, sur lequel il s’est essuyé les crampons à plusieurs reprises, était plutôt mal choisi. On ne cogne pas un gendre idéal, le présentateur de Un jour, un destin, comme on le ferait d’un bagarreur comme Jean-Jacques Bourdin ou Jean-Michel Aphatie. D’habitude, le dimanche soir, Delahousse reçoit Luchini, Jugnot ou Sandrine Kiberlain. Il est le prototype de l’interviewer empathique, une sorte de Michel Drucker jeune et beau. Il n’était donc pas forcément très adroit de lui demander –à deux reprises- de lui « prêter deux neurones » ou de lui envoyer d’autres amabilités. Si l’ancien président souhaitait montrer que son énergie et son mental guerrier étaient intacts, il y avait d’autres lieux que le JT de France 2 le dimanche soir. S’il souhaitait montrer un homme apaisé et rassembleur, c’est raté.

Enfin, Sarkozy a encore beaucoup, énormément parlé… de lui. Bruno Le Maire, en revanche, face à Gilles Bouleau, journaliste plus réputé dans les joutes avec les grands animaux politiques (il a même affronté Vladimir Poutine, et c’était plutôt réussi), a fait tout le contraire. Il s’est d’abord adressé aux militants de l’UMP alors que Nicolas Sarkozy n’avait pas eu un mot pour eux. Et pourtant, c’est bien à cette présidence du parti que les deux hommes sont candidats. Alors que Nicolas Sarkozy faisait comme s’il était déjà élu, ne citant pas une fois ses concurrents1, Le Maire a parlé militants, droite2, et surtout renouveau. Et lorsqu’il a parlé de lui, une seule fois, c’était pour dire qu’il avait démissionné de la fonction publique lorsqu’il avait été élu député, proposition plutôt séduisante pour le militant et l’électeur de droite.

En matière d’efficacité du message, celui qu’on décrivait comme un énarque froid et techno a donc marqué des points face au génie drogué de com ‘. D’une certaine manière, il a même ringardisé la prestation de l’ancien président. Certes, cela ne suffira certainement pas pour que Le Maire soit en position de battre Nicolas Sarkozy. Mais de l’aveu même de certains militants, si Nicolas Sarkozy ne fait pas au moins 75% des suffrages en novembre prochain, cela sera ressenti comme un véritable échec. C’est ce que doivent craindre Henri Guaino et Bernadette Chirac, qui l’ont mis en garde. Il pourrait bien en sortir beaucoup plus affaibli que s’il avait attendu gentiment la primaire, et avait distillé progressivement son projet pour le pays. Le seul intérêt tactique de mettre la main sur la rue de Vaugirard, c’était de dynamiter le projet d’organisation de la primaire ouverte. Or,  il serait sur le point d’en accepter le principe. Alors pourquoi diable Sarkozy est-il allé dans cette galère, d’autant que l’affaire Bygmalion se rapproche à grands pas ?

  1. il n’a parlé que de Juppé et de Fillon, ses adversaires à l’éventuelle primaire de l’UMP pour la présidentielle. Or, c’est bien à la présidence de l’UMP qu’il est candidat.
  2. Je pense personnellement que Nicolas Sarkozy a raison de dire que « le clivage droite-gauche est élimé comme un tapis de trois siècles » mais était-ce bien le moment de le dire alors que les militants dont il guigne les suffrages y croient dur comme fer ? Il s’agit d’un message à délivrer lors de la compétition reine, la présidentielle.