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Darmanin contre Taubira : un tacle téléphoné?

Droite et gauche sont coresponsables de la montée du FN

 

C’est une polémique de notre époque. Une phrase prononcée lors d’une émission matinale qui, il y a encore quelques années, n’aurait pas fait trois lignes dans les journaux du lendemain. Gérald Darmanin, nommé César du meilleur espoir de l’UMP par Nicolas Sarkozy lui-même, est le coupable. Invité mardi matin de LCI et Radio Classique, il a osé comparer Christiane Taubira à « un tract ambulant pour le FN ». Aussitôt, cette petite phrase sans relief a déclenché un flot de protestations digne des chroniques les plus polémiques d’Eric Zemmour. L’après-midi même, le Premier ministre en personne saisit l’occasion d’une question de Darmanin pour interpeller directement et très violemment le député fautif. Et mercredi matin, Christiane Taubira réagit enfin – Twitter retenait son souffle ! La réponse du Garde des sceaux, escaladant ses petits poneys, manque singulièrement de nuances puisqu’elle accuse le député Darmanin d’avoir proféré des « insultes et des déchets de la pensée humaine ». Déchets de la pensée humaine ! On ose à peine imaginer ce qu’il adviendrait si un élu UMP osait emprunter cette sémantique pour qualifier un homologue de gauche, au regard de ce que la déclaration inoffensive de Darmanin a pu susciter. (Lire la suite…)

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Valls, l’apprenti-sorcier

Les manœuvres de l’exécutif se retournent contre le PS

 

Il devait certainement en rêver. Dégainer son 49.3. Montrer qu’il est le chef. Manu Militari, comme l’a surnommé Libération, a décidé que la loi Macron était l’occasion de mettre au pas ces maudits frondeurs, empêcheurs de libéraliser en rond. « Il n’y a pas d’autre alternative » à sa politique, a-t-il martelé mardi soir au JT de TF1, en appelant, entre les lignes, les mânes de Miss Maggie, et son TINA1. Un vrai mâle dominant, Margaret Thatcher ! Un modèle. Pas sûr qu’Emmanuel Macron ait été ravi, lui qui assurait le service après-vente de l’annonce du 49.3 sur la chaîne d’en face, de la manifestation d’autorité du Premier ministre. Le ministre de l’Economie pensait certainement que la loi pouvait passer sans l’aide du marteau-pilon de la constitution. (Lire la suite…)

  1. There is no alternative
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Faut-il sauver le soldat Tiki ?

Le chef des Jeunes UMP serait en situation irrégulière.

 

Haro sur Stéphane Tiki. Le Président des Jeunes UMP, désigné en décembre dernier par Nicolas Sarkozy, est dans l’œil du cyclone médiatique depuis que le Canard Enchaîné a révélé qu’il ne serait pas en règle avec les dispositions légales sur le séjour des étrangers dans notre pays. Car Stéphane Tiki est camerounais. Il vit depuis dix ans en France, et a bénéficié jusque-là de titres de séjour réservés aux étudiants. Il a fait une demande de naturalisation, comme sa sœur, laquelle a déjà obtenu son passeport. A-t-il fait preuve de légèreté, en considérant que sa demande de naturalisation valait renouvellement de son titre de séjour étudiant ? Sans aucun doute. La journaliste d’Europe 1 Aurélie Herbemont qui a enquêté mardi soir du côté de l’UMP rapportait les propos de proches de Tiki jugeant leur ami dans le déni de sa situation, tellement il se sent déjà français, par son implication dans la vie citoyenne de son pays. Il était d’ailleurs tellement certain d’obtenir la nationalité française qu’il projetait déjà d’être candidat aux prochaines élections régionales en décembre prochain. Perso, on aimerait que les demandeurs de naturalisation soient tous autant motivés par la chose publique et l’amour de leur nouvelle patrie que Stéphane Tiki, lequel s’est mis en congé de la présidence des jeunes UMP aussitôt l’affaire révélée. Mais ce matin, Europe 1 annonçait qu’aucune demande de naturalisation n’avait été enregistrée de sa part depuis 2009. A-t-il menti ? Pour l’instant, c’est le flou artistique. (Lire la suite…)

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Face au FN, Sarkozy rattrapé par sa jeune garde

Dans la partielle du Doubs, ni-ni ou front républicain?

 

Le premier tour de l’élection législative partielle de la quatrième circonscription du Doubs a rendu son verdict et, d’ores et déjà, l’UMP en est la première victime. D’abord, parce que son candidat à la députation est éliminé pour la première fois depuis 2012. Ensuite, parce que le duel FN-PS de dimanche prochain vient de valoir au parti dirigé par Nicolas Sarkozy trois jours de tension, de cacophonie et de désordre, renouant avec une tradition dont se passeraient fort bien ses électeurs. Enfin, parce que, même si le bureau politique a pris une décision, rien n’est vraiment réglé.

Nicolas Sarkozy apparaît bien entendu affaibli par cette séquence. Certes, il a fait valoir que le candidat investi par l’UMP fut nommé par le triumvirat Juppé-Fillon-Raffarin avant que lui-même n’accède à la présidence. En ce sens, imputer la responsabilité exclusive de l’élimination de l’UMP du second tour à l’ancien président peut paraître injuste. Si le candidat a effectivement mené une campagne désastreuse, ce n’est pas entièrement du fait de Nicolas Sarkozy. En revanche, son arrivée à la tête du grand parti de la droite a peut-être incité l’électorat socialiste à se mobiliser davantage, hypothèse que corroborent les études sur la popularité du duo exécutif, en hausse précisément depuis fin novembre. (Lire la suite…)

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La Justice déclare illégale la montée du RC Lens en Ligue 1

Le foot français doit nettoyer ses écuries d’Augias

 

Peut-être aurais-je dû rédiger ce texte il y a six mois, en cette fin de mois de juillet alors que le scandale était déjà évident. J’aurais pu aussi évoquer ce sujet en septembre lorsque j’assistai, seul représentant de la presse dans la salle, à l’audience du référé qu’intentait le FC Sochaux-Montbéliard contre la Fédération française de football et la Ligue professionnelle du même sport. Mais j’hésitais. Les lecteurs de Causeur connaissent mon attachement viscéral à ce club et on m’aurait facilement taxé de parti pris. Mais depuis jeudi, un tribunal a officiellement établi les faits. Alors, il n’y a plus de retenue à avoir.

Le tribunal administratif de Besançon a donc rendu son délibéré sur le fond de l’affaire qui opposait le FCSM et les instances du foot français. Il a déclaré illégale une décision prise par le comité exécutif de la FFF le 28 juillet dernier, décision par laquelle ce dernier s’asseyait sur les jugements de la Direction nationale de contrôle de gestion (DNCG), selon lesquels le Racing Club de Lens ne présentait pas les garanties financières suffisantes pour intégrer la Ligue 1 de football. Ainsi, sans cette forfaiture, c’est le club classé 18e de Ligue 1 au terme de la saison précédente qui devait, selon les propres règlements de la FFF, être repêché. (Lire la suite…)

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Grèce : l’union sacrée des souverainistes

… ou la grande peur des eurobéats

 

Il y a ceux qui sont stupéfaits et qui ont la gueule de bois ; il y a aussi ceux qui entonnent l’air du « j’vous l’avais bien dit ». L’alliance de Tsipras avec les Grecs Indépendants a presque gâché la fête médiatique qui battait pourtant son plein depuis dimanche soir.

Parmi les premiers, on compte Sylvain Bourmeau. L’ex directeur-adjoint de la rédaction de Libé, aujourd’hui producteur à France Culture, regrette que Syriza n’ait pas plutôt choisi les pro-européens centristes de To Potami. D’ailleurs, la très techno porte-parole du PS, Juliette Méadel, dit la même chose. Ces gens-là veulent bien lutter contre l’austérité mais seulement avec l’appoint de partis qui sont favorables… à l’austérité. Comprenne qui pourra.

Parmi les seconds, il y a Jean Quatremer ou Jean-Michel Aphatie. (Lire la suite…)

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« Le service militaire nous protégerait du djihadisme »

Entretien avec l’essayiste Guillaume Bigot

 

Guillaume Bigot est notamment l’auteur du Zombie et le Fanatique  (Flammarion, 2002) et Le jour où la France tremblera (Ramsay, 2004). Il a aussi publié plus récemment La trahison des Chefs (Fayard) et dirige actuellement un groupe d’écoles de commerce.

Comment faire en sorte que les promesses d’unité et de redressement de la grande manifestation du 11 janvier soient tenues ?  

Avant de proposer une mesure concrète et décisive,  rappelons une vérité  rassurante : 20 % des militaires et des policiers français sont de confession musulmane. Pas un seul ne s’est tourné vers le djihad. Des hommes en uniforme et en armes possèdent nécessairement un esprit de corps, se considérant comme des égaux (l’égalité) et comme des frères d’arme (la fraternité). Sous les drapeaux, ils appartiennent tous à une communauté, fière et pleine de traditions. Pour bien comprendre le sens et l’efficacité de la mesure que l’on va proposer, il faut que l’on regarde une autre réalité en face. Et celle-ci est terrifiante : 22 % de ceux qui font le voyage pour grossir les rangs de Daech sont des convertis.  (Lire la suite…)

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Territoires perdus de la République : Juppé découvre la lune

Lettre ouverte au meilleur d’entre nous

 

Hier matin, invité par Jean-Jacques Bourdin sur les antennes de BFM TV et de RMC, alors que ce dernier vous demandait comment faire face aux élèves qui avaient refusé d’observer la minute de silence en l’honneur des victimes de l’attentat à Charlie Hebdo vous avez dit : « Il ne faut pas l’accepter ; je ne comprends pas qu’un certain nombre de chefs d’établissement aient cédé ». Votre ton laissait apparaître une certaine mauvaise humeur envers ces derniers, comme s’ils avaient manqué à leurs devoirs élémentaires.

Bien évidemment, la non-observance de ce moment de commémoration et, pis, sa perturbation, heurtent ma conception de la République et du respect dû aux morts. Mais, permettez-moi de vous écrire néanmoins que votre mise en cause des chefs d’établissements me paraît plutôt malvenue pour ne pas dire davantage. Monsieur le Premier Ministre, avez-vous seulement mesuré l’ampleur du phénomène que vous décrivait Jean-Jacques Bourdin ? Si le ministère de l’Education Nationale a donné le chiffre de soixante-dix établissements perturbés, on peut se douter qu’ils étaient bien plus nombreux, tant la minimisation de ce genre de comportements fait figure de discipline olympique rue de Grenelle depuis trop d’années. Mais dans certains collèges ou lycées, c’était parfois les trois-quarts d’une même classe qui refusaient de faire silence. Qu’auriez-vous fait si vous aviez été proviseur dans un lycée francilien où de telles proportions étaient enregistrées ? Vous auriez fait appel à des cars de CRS pour tous les emmener au poste ? Vous auriez procédé à l’exclusion de plus de la moitié des élèves de votre établissement ? (Lire la suite…)

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Mon réveillon sans Philippot

Cordon sanitaire et dinde aux marrons

 

Des jeunes UMP ont réveillonné avec leurs amis frontistes du même âge :c’est le scoop que nous a vendu Marianne au lendemain de la fête. Il n’en fallait pas plus pour que le ban et l’arrière-ban de la classe politique s’indignent de cette « collusion » UMP-FN. Suivant la mode du grand déballage, David Desgouilles nous raconte son réveillon on ne peut plus convenable, avec des gens qui pensent bien et sans rien qui tâche…

La rédaction

 

31 décembre, Paris

C’est la première fois que j’organise un réveillon à Paris. Dans la France périphérique où je survis, je n’ai pas l’occasion de rencontrer des personnes dont la culture et le sens de l’éthique rivalisent avec leur engagement républicain et le goût du vivre-ensemble. (Lire la suite…)

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Zemmour évincé par ses confrères

La fin de « Ça se dispute » : le suicide d’iTélé?

 

Une émission disparaît et tout une chaîne est dépeuplée. Comme s’en insurge Elisabeth Lévy dans le texte de la pétition lancée par Causeur, iTélé a décidé de mettre fin à l’émission-phare de sa grille, « Ça se dispute ». Diffusée chaque vendredi soir, puis multi-rediffusée pendant toute la journée du samedi, l’émission réunissant Eric Zemmour et Nicolas Domenach, sous l’arbitrage de Pascal Praud, permettait à la chaîne info du groupe Canal + de devancer BFMTV pendant quelques minutes par semaine. iTélé sans « Ça se dispute », c’est un peu comme si Citroën avait arrêté les chaînes de montage de la DS en 1962. C’est un Tour de France, zappant à la fois l’Alpe d’Huez et les Champs-Elysées. C’est une blanquette de veau sans veau ! (Lire la suite…)