Sachez reconnaître le Juif…

Mercredi 18 novembre, vers 20h, Tsion Saadoun, professeur d’Histoire à l’école juive Yavne, a été agressé dans le XIIIème arrondissement de Marseille — à Saint-Just, à la limite des Quartiers Nord, pour ceux qui ignorent tout de la « cité phocéenne » (je mets des guillemets parce qu’elle n’a plus grand-chose à voir avec une cité de Grande Grèce). « Deux hommes d’une vingtaine d’années en scooter se sont approchés de moi et m’ont demandé si je connaissais la rue Raphaël. Ils m’ont ensuite demandé si j’étais juif ou musulman » : pour la petite histoire, il portait une casquette (et non une kippa, comme a cru le savoir TF1), et il est de type méditerranéen, comme quelques centaines de milliers de personnes ici, avec une barbichette qui peut évoquer tout culte, y compris le culte du poil. Il devrait y avoir un signe distinctif pour reconnaître les Juifs sans avoir à demander. Une étoile jaune, par exemple…
« Et quand j’ai dit que j’étais juif, ils se sont rués sur moi et m’ont jeté à terre, en me disant qu’ils allaient me faire souffrir et me tuer. » Puis ils l’ont tailladé avec deux couteaux — il a huit jours de RTT — en lui montrant une photo de Mohamed Merah et un tee-shirt de Daech (je peux témoigner que ça se trouve, ici, j’en ai croisé dans la rue).
Tsion Saadoun doit son salut, dit-il, à une voiture qui a tourné dans cette rue mal éclairée, et a provoqué la fuite des agresseurs. « Je l’ai échappé belle. Je me garde de faire un amalgame entre communauté musulmane et terrorisme. Il y a des abrutis partout, il faut faire la part des choses. La grande majorité des musulmans a une attitude tout à fait normale, modérée, qui s’inscrit dans l’esprit de la République. » Comme dit la Provence d’aujourd’hui vendredi, Tsion Saadoun « se rendra ce soir dans sa synagogue, avec sa kippa sur la tête. Sans peur, mais en restant sur ses gardes. » Et d’ajouter que Tsion Saadoun « n’envisage pas pour autant de faire son alya » — un choix de plus en plus fréquent chez les Juifs français en général et marseillais en particulier.
La présidente du CRIF-Marseille, Michèle Teboul, considère de son côté « que cette agression relève plus d’un acte terroriste que d’une violence ordinaire aggravée d’insultes antisémites ».
Soyons complet : la veille, une musulmane — repérable à son voile, elle — a été agressée près du métro Castellane en plein centre ville, par un jeune cagoulé « qui lui aurait donné un coup de poing et l’aurait blessée avec un cutter » en lui lançant : « C’est à cause de vous ce qui est arrivé ».
Et Hollande d’appeler à une « réaction impitoyable »… Et Bernard Cazeneuve d’affirmer que « tout est mis en œuvre pour retrouver et interpeler les auteurs de ces actes inqualifiables… »

Il y aurait un petit millier de djihadistes français dans la nature, dont quelques centaines sont rentrés au pays sans être inquiétés, grâces soient rendues à Allah et à l’espace Schengen. On finira bien par les localiser. Il y a près de 11 000 « fiches S » — des gens suspectés de menacer la sécurité du territoire. Là, c’est plus sérieux, parce qu’on ne s’est pas donné les moyens de les neutraliser.
Et puis il y a la masse énorme des crétins de toutes obédiences. De toutes origines. Aussi bien les adolescents en quête d’individuation, comme disent les psychologues prêts à tout excuser, de débiles mentaux, de fondamentalistes mous de la coiffe et désireux de se mettre en conformité avec un Coran qui appelle à l’extermination des infidèles, et de petits cons plus ou moins bourrés qui trouvent drôle d’agresser un monsieur âgé ou une jeune fille — une parmi les dizaines de milliers de filles voilées de Marseille, qui feraient mieux d’y renoncer, en attendant que ça se tasse —et puis franchement, quelle idée de se mettre un chiffon sur la tête… Certes, le pouvoir ne s’en est pas soucié pendant une décennie — et Mme Belkacem « bottait en touche » quand un sénateur PS posait la question du port des burkas sur le marché de Mantes-la-Jolie / Conflans Sainte-Honorine / ou ailleurs — ici, par exemple. C’est qu’elle défendait les droits des femmes…
Je dis un chiffon, mais rue du Petit Saint-Jean, à deux pas de la gare Saint-Charles et de la Porte d’Aix, on trouve ce genre d’article seyant à la porte des magasins — à l’usage des jeunes filles pas encore en fleur.
Le laxisme qui depuis quinze ans (depuis qu’a paru ce petit livre annonciateur d’orages qu’était les Territoires perdus de la République) a servi de politique, la laïcité « aménagée », la loi de 2004 limitée aux établissements d’enseignement secondaire, les risettes aux « communautés » qui se regardent en chiens de faïence, nos partis-pris pendant la guerre des Balkans et la balkanisation de certaines villes — et Marseille en est un exemple-type —, tout concourt à décomplexer les islamistes — sans compter les imbéciles qui d’action en réaction vont finir par mettre la France à feu et à sang. Après tout, le seul conseiller municipal FN a été élu dans les quartiers Nord — avec des voix musulmanes.
En attendant, pendant que leurs aînés se documentent sur FesseBouc, les gosses des quartiers Nord peuvent apprendre dans la Voie du petit musulman quel comportement l’Islam attend de ses fidèles :
Nous ne sommes qu’au début de la guerre. Et nous ne la gagnerons pas avec des mouvements de menton.

Jean-Paul Brighelli