A propos Ingrid Riocreux

Agrégée de lettres modernes, docteur de l'Université Paris-Sorbonne et et mère de famille, ses spécialités universitaires sont la grammaire, la rhétorique et la stylistique. Qualifiée aux fonctions de Maître de Conférences en langue et littérature françaises, elle publie en 2016 La Langue des médias, "manuel de réception intelligente" des médias d'information.

« Cui bono? » et autres questions

Des soupçons pèsent sur François Fillon et sur Emmanuel Macron. Dans le premier cas, nos médias se demandent : sont-ils fondés ? Dans le second : d’où viennent-ils ?

La question « Cui bono ? » (tournure en double datif que le concept de prédicat ne permet pas de comprendre, note au CSP) est traditionnellement attribuée à Cicéron, qui la prononça jadis dans sa plaidoirie en faveur de Roscius d’Améria, un pauvre bougre accusé à tort de parricide et risquant par conséquent un châtiment immonde (on enfermait le coupable dans un sac avec divers animaux, dont un serpent, et on jetait ce sac dans le Tibre). Lire la suite

La « polémique autour du prédicat »

Antoine Rivaroli, alias Rivarol, à qui nous devons le célèbre et magnifique Discours sur l’universalité de la langue française, était aussi journaliste. Sans doute inspirés par ce prestigieux modèle, les journalistes actuels se sentent tenus de prendre parti dans les débats concernant la pédagogie du français. Lire la suite

« Qui a gagné le débat? »

En voilà une question qu’elle est bonne. Ou pas.

Un groupe de citoyens vient de lancer l’initiative « trois débats sinon rien », afin d’obtenir l’organisation de six débats télévisés, en tout : trois avant le premier tour, impliquant tous les candidats, et trois entre les deux tours, au lieu de l’unique débat habituel. En soi, cette idée n’est pas aberrante et elle permettrait peut-être de contrebalancer un peu les nouvelles règles du CSA en matière d’équité (et non plus d’égalité) du temps de parole, qui risquent de nuire beaucoup à la visibilité de ceux qu’on appelle les petits candidats. Mais organiser plus de débats, c’est aussi donner aux médias plus de poids encore qu’ils n’en ont déjà. Lire la suite

Être « anti-système », c’est le bon plan

Mais cela suppose la collaboration des journalistes !

« Ça commence à faire beaucoup », fait remarquer le Huffington Post, dans un article consacré aux candidats qui se prétendent « anti-système ». Je suis d’accord. Si l’on peine à définir le système, une chose est sûre : il est vendeur de ne pas en être ! Mais les médias auraient tort de traiter par le mépris ce qui s’avère être une stratégie fort efficace… grâce à eux. Lire la suite

Farid Benyettou récite du Dounia Bouzar… et les médias cognent sur Thierry Ardisson

On aurait pu traiter cet épisode avec enthousiasme : quel symbole magnifique, quel formidable hommage aux victimes que cette image du guide spirituel des Kouachi arborant le badge « Je suis Charlie » ! La preuve ultime et absolue que la « déradicalisation » des plus enragés est possible, un signe d’espoir, une petite lumière au bout du tunnel. Si lui a été déradicalisé, alors tous peuvent l’être. On a trouvé la recette, deux ans tout juste après Charlie. C’est la fin du cauchemar, c’est beau. Et merci Ardisson. Lire la suite

Alep reprise, libérée ou tombée?

A partir du moment où il faut nommer les choses, on s’aventure sur une pente savonneuse. 

« A Alep, les rebelles se servent des civils comme boucliers humains » ; « Les forces pro-gouvernementales autorisent les rebelles à quitter Alep-est avec des armes légères pour rejoindre d’autres bastions de la contestation » ; « Les rebelles menacent d’exécuter les civils qui tenteraient de quitter la ville en passant par les couloirs humanitaires. » Lire la suite

Le « leader intransigeant »

Castromania médiatique ? Causeur relayait le 14 décembre un communiqué de Radio Notre-Dame concernant une récente émission de Philippe Delaroche. Le journaliste avait décidé de faire ce qu’aucun de ses collègues n’avait osé : lire la fameuse liste des prisonniers politiques cubains dont Ségolène Royal avait nié l’existence.

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Non, c’était une symploque

Quand Valls s’essaie au discours anti-médias

« On nous dit que la gauche n’a aucune chance mais rien n’est écrit. On nous dit qu’elle ne rassemblera jamais, qu’elle en est incapable, rien n’est écrit. On nous dit que l’extrême droite est qualifiée d’office pour le second tour, rien n’est écrit. On nous dit que François Fillon est déjà le prochain président de la République, rien n’est écrit. » Lire la suite

Des « programmes jumeaux » à « l’affrontement des deux droites »

Pareils ou pas pareils: faudrait savoir !

 La primaire de la droite était censée mettre aux prises des individus aux idées presque identiques. Tous pareils, nous disait-on. C’était une affaire de personnes, nous répétait-on. Bizarrement au lendemain du premier tour, c’est devenu une affaire d’idées, et même l’affrontement de deux conceptions radicalement opposées de la politique. Lire la suite