Surprise !

Surprise ?

Ceux pour qui la victoire de Donald Trump était, sinon prévisible, du moins envisageable, ne sont apparus sur les plateaux qu’après la victoire du candidat républicain. Par superstition sans doute, on les en avait tenus écartés durant toute la campagne. Cet événement ne constitue donc pas une surprise pour tout le monde. Il n’en est une que pour les journalistes, moins parce qu’ils n’ont pas été capables de le prévoir (deviner l’avenir n’est d’ailleurs pas ce qu’on leur demande) que parce que la victoire de Trump leur a toujours paru si intolérable qu’ils refusaient de l’envisager. Lire la suite

Quartier sensible

L’euphémisme qui accuse les flics

La tentative d’homicide dont ont été victimes les policiers de Viry-Châtillon, cibles de cocktails Molotov destinés à les brûler vifs a donné lieu à de multiples articles convoquant les termes de « quartier sensible » ou, pour désigner la Grande Borne, de « cité sensible ». « Sensible », un adjectif que nous comprenons tous, sans jamais vraiment nous interroger sur ce qu’il implique. Lire la suite

L’émotion politique

Léa Salamé en mode Karine Le Marchand

Tout le monde n’a pas regardé le premier numéro  d’« Ambition intime », l’émission d’M6 dans laquelle Karine Le Marchand reçoit des personnalités politiques et les interroge sur des sujets non politiques, tels que leur vie affective, leur famille, leurs goûts, leur enfance, etc. Mais tout le monde en a entendu parler et personne n’en ignore le principe, tant celui-ci a suscité de désapprobation. Lire la suite

« Boules puantes »

Mme Clinton ne lance pas de boules puantes. Trump, si.

La métaphore de la boule puante est un concept typique du vocabulaire « journaliste », dont il me paraît nécessaire d’examiner les conditions d’emploi. Encore une notion floue mais commode, peu précise mais idéologiquement chargée, qui nous aide charitablement à bien distinguer les gentils des méchants. Lire la suite

Brexit colombien

Alors que le président Santos vient d’être désigné lauréat du Prix Nobel de la Paix, retour sur le traitement médiatique du référendum en Colombie.

A priori, les deux consultations n’ont rien de commun. A priori seulement.

David Cameron demandait par référendum si le peuple britannique souhaitait, ou non, demeurer dans l’Union Européenne (voir mon post sur le Brexit). Le président Juan Manuel Santos demandait aux Colombiens de valider, ou non, l’accord de paix négocié avec les Forces Armées Révolutionnaires (FARC).

Premier point commun : dans les deux cas, c’est non.

Second point commun : tout le monde pensait que ce serait oui. Lire la suite

L’art délicat de la « conscientisation »

Vous n’aurez pas mes larmes.

Parce qu’elle fait l’objet d’une sélection, parce que sa réception est soigneusement encadrée par un discours homogène, parce que le moment même de sa diffusion lui confère le statut d’argument au sein d’un débat, la photo d’un enfant mort ou ensanglanté n’est pas une information, c’est une injonction abêtissante et culpabilisante à prendre un certain parti. Lire la suite

Les « radicalisés » : une armée de fous ?

Folie et déraison à l’âge médiatique

Si l’on raisonne en termes de compatibilité logique d’après ce qu’on peut lire dans les médias, un terroriste/djihadiste/radicalisé ne peut pas être un déséquilibré. « Terroriste » et « déséquilibré » sont apparemment deux notions tout à fait antinomiques. Le premier est un méchant, le second est un fou. En même temps, on nous détaille sans rire la mise en place de « suivis thérapeutiques » à destination des « radicalisés » : il s’agit donc de soigner les méchants, pas les fous. Ou bien alors, tous les radicalisés sont des fous et dans ce cas la précédente distinction ne tient plus. Quelqu’un y comprend quelque chose ? Lire la suite