Jakub Schikaneder (1855-1924), Un meurtre dans la maison, 1890(1855-1924), Un meurtre dans la maison, 1890


« Ut pictura poiesis », dit l’adage. Renversons les termes : l’image fonctionne comme un récit — du moins, les images que j’aime.
Les peintres le savent si bien que jusqu’à une période récente, leurs tableaux racontaient des histoires — religieuses, mythologiques, historiques. Prenez les innombrables versions de l’histoire de David et Bethsabée

Jean-Léon Gérôme (1824-1904) Bethsabée, 1889

ou l’une des multiples représentations du rapt d’Europe

Alejandro DeCinti (né en 1973), L’Enlèvement d’Europe, 2018

Et l’on entend sans peine le bruit des vagues, le mugissement du taureau et l’orgasme à venir d’Europe, voire ses cris lorsqu’elle accouchera, neuf mois plus tard, de Minos et de Rhadamanthe…

Mais cela, c’étaient des sujets historiques ou fabuleux. Le tableau de Schikaneder mis en tête d’article pose un problème autrement aigu — et très moderne : nous ne disposons d’aucun système référentiel pour identifier les personnages. Et malgré le titre, qui semble ne laisser trainer aucune ambiguïté, les spectateurs de 1890 ont d’abord cru à la représentation d’un suicide — comme celui du jeune amant à la fin de L’Arlésienne de Daudet. Puis ils se sont posé la question : l’assassin (qui, c’est bien connu, revient toujours sur les lieux de son crime…) serait-il l’un des témoins représentés ? Mais ces témoins, n’est-ce pas nous-mêmes ? Les assassins sont parmi nous…
Schikaneder est un personnage singulier, neurasthénique, amateur de femmes désespérées. Voir particulièrement sa toile de 1890, intitulée Perdue dans ses pensées :

Nous sommes invinciblement contraints d’imaginer le récit antérieur, de développer des scénarios multiples, des récits à options dont la conclusion unique serait cet effondrement sur une tombe dans un automne frissonnant et déjà pourrissant, entre un été trop chaud et un hiver qui s’annonce sévère. Ces gens de l’Est ne vivaient pas dans la joie méditerranéenne — qui n’est jamais qu’une illusion.

Bien sûr, le vrai sujet de ces faits-divers mis en peinture, c’est le peintre lui-même. C’est lui dont il fracasse la tête sur le pavé inégal d’une arrière-cour tchèque, c’est lui qui s’effondre sur une tombe — et c’est probablement lui qui est couché dans la tombe, près d’un lac rouillé que surmonte un saule désespéré. Ou nous-mêmes : nous avons tous dans la tête un monument funèbre qui sera le nôtre…

Mutatis mutandis, il faut écrire de façon à générer des peintures dans l’esprit du lecteur — à moindres frais, si possible. Chez les meilleurs, les descriptions participent à l’action : la pension Vauquer minutieusement décrite par Balzac, la maison des Raquin chez Zola sont déjà des actes — et pas bien reluisants. Ce sont des signes négatifs dont l’ombre portée infléchit tout ce qui suit. Jakub Schikaneder aurait merveilleusement illustré Zola, son contemporain.
Il arrive même qu’un texte remarquable, comme une longue scolie, se greffe sur une toile. Le Déjeuner sur l’herbe de Manet est de toute évidence à la source de La Partie de campagne de Maupassant, qui en a fait sa chose, sensible qu’il était aux pièges et aux mensonges de l’eau et de la chair. Et Jean Renoir, quatre décennies plus tard, remit les mots de Maupassant en images. Simplement, le film, tourné en 1936 dans l’effusion solaire du Front populaire et des congés payés, ne sortit que dix ans plus tard, sur les ruines d’une civilisation : les images de Renoir arrivaient soudain en décalage, en nostalgie d’un temps définitivement perdu.

Jean-Paul Brighelli

130 commentaires

  1. Alejandro DeCinti, né en 1973… qui reprend « l’enlèvement d’Europe ».
    Comme un besoin de retourner aux sources (de notre civilisation) ?
    Comme s’il n’y avait plus grand-chose à peindre et ou à raconter ?
    « en nostalgie d’un temps définitivement perdu » ?

  2. JPB
    Même situation dans un tableau de Jean-Paul Laurens (1838- 1921), la Petite de Bonchamps, 1893 : il met en scène Zoé de Bonchamps, la jeune fille du général
    La difference est que dans le tableau de Laurens on connaît l’épilogue, puiisqu’il est historique.
    Dans le tableau de Yeames la situstion dans un cadre historique , est imaginaire. On ignore le choix du garçon..
    Je trouve qu’il y a quelque chose de léger dans le tableau,, qui écarte quand même la tragédie ( ses républicains ne sont pas trop terrifiants, ils en veulent au père du garçon, mais pas au garçon ou a sa famille, en principe .

    Yeames a peint d’autres tableaux dans ce style a énigme ( prolblem pictures), un est assez connu et déconcertant ( aujourd’hui) car a priori l’énigme teste assez legere et le tableau se double d’une comédie sociale ;
    Defendant and counsel ; l’accusée et son avocat ( ou ses avocats)

    Je cherche une reproduction mais tous les sites paraissent verrouillés pour copier le lien.

  3. « And When Did You Last See Your Father », W. F. Yearnes, (1895)

    Certes, le petit garçon, installé sur son tabouret, semble faire montre de courage ;
    néanmoins d’accord avec ECHO :
    la position des bras et des mains de deux de ces « enquêteurs » (dont l’un a laissé chapeau et gants sur un siège),
    l’attitude qui s’en dégage, semble indiquer le souhait de mettre en confiance l’enfant.

    « Yeames a puisé l’inspiration de ce tableau dans le désir d’illustrer les crises pouvant naître de la franchise naturelle des jeunes enfants.
    Ici, si le garçon dit la vérité, il mettra son père en péril ; s’il ment, en revanche, il trahira l’idéal d’honnêteté que ses parents lui ont indubitablement inculqué… » (wiki)

  4. « La petite de Bonchamps » ou Vive le Roi !,
    Jean-Paul Laurens 1893,
    est en effet plus poignant, puisqu’on « connaît l’historique » (ECHO).

    À genoux sur une chaise, ce qui la rajeunit encore plus, en rose pâle, dans la lumière, la « petite », fille d’un des chefs de la guerre de Vendée, fait face à six « enquêteurs »,
    cocarde et bonnets phrygiens,
    qui auraient de quoi inquiéter n’importe quelle personne soumise aux… questions du Comité de Salut Public.

  5. Dernier exemple (donné ici)
    du « problem picture »,

    « genre artistique populaire dans la peinture de la fin de l’époque victorienne,
    caractérisé par la représentation délibérément ambiguë d’un moment clé d’un récit,
    susceptible de plusieurs interprétations,
    ou illustrant un dilemme non résolu… » (wiki)

    A propos du « Defendant and council » (ECHO ci-dessus) de W. F. Yearnes, (1895)

    « une œuvre narrative énigmatique qui invite le spectateur à s’interroger sur le crime présumé de la femme et sur sa culpabilité éventuelle »… (wiki)

  6. Autre problem picture.

    On remaquera que les différents tableaux ( y compris le plus dramatique And When Did You Last See Your Father,) ne sont pas tellement alarmants, peut être pour satisfaire le goût du public victorien.
    Defendant and counsel avec ses avocats assez jeunes et impeccables avec leur perruque ( sauf un vieux briscard du droit en tenue de ville) penchés sur la jeune femme ( et sous le charme sans doute malgre leur réserve professionnelle ) et son héroïne insaisissable, tend (pour moi) à la comédie de mœurs.

    • Merci pour cette intéressante présentation de « the story in painting. »
      « Circé », « the death of Cleopatra », « A glass of wine with Caesar Borgia »… : John Collier, un maître.

  7. Israël fait sauter des tunnels du Hezbollah au Liban et privosue un mini séisme
    https://www.huffingtonpost.fr/international/article/israel-dynamite-des-tunnels-du-hezbollah-au-liban-et-declenche-un-seisme-de-magnitude-4-1_322313.html

    Et lrs tunnels de Gaza ?
    Ils ne datent pas d’hier même si le Hamas a du les améliorer et multiplier.:

     » Gaza, l’une des villes les plus vieilles du monde, nommée déjà dans la Genèse aux ténébreuses époques antérieures à Abraham (Genèse, x, 19), Gaza fut prise et reprise, anéantie et relevée par tous les peuples antiques de la terre ; les Égyptiens l’ont vingt fois possédée ; elle a appartenu aux Philistins, aux géants de la race d’Énac (Josué, xi, 21, 22), aux Assyriens, aux Grecs, aux Romains, aux Arabes et aux croisés. Son sol, encombré de débris, plein d’ossements et de trésors, est travaillé jusque dans ses profondeurs. La colline de terre qui la supporte est une colline artificielle, maçonnée par en dessous en des temps reculés et imprécis ; ses alentours sont minés de souterrains de tous les âges, aux aboutissements inconnus ; ses campagnes sont criblées de trous sans fond où gîtent des serpents et des lézards. »

    Pierre Loti, Le Desert , 1895

    • Guerres sans fin… C’est le propre de l’homme.

      Et bien il ne reste plus que vous ; les autres ont déposé les armes.
      JPB pourra continuer son combat sur FB (par exemple) où par dépit (?!) je me suis sans doute un peu trop laissée aller ; peu importe…
      Les jeux sont presque faits ; quant à moi dans quelques jours, je m’évade trois semaines, et sans fil, ce qui parfois s’avère indispensable au bon équilibre mental.

  8. Libre en chair ou pas, on t’aime comme tu es !
    Trouvé ( ou alors c’est a désespérer ) – en général je suis nul en contrepèterie et je n’essaie pas, de trouver ..

    Chibre en l’air..

  9. Ceux qui ont encore quelque intérêt pour l’école pourront lire le dernier numéro de « L’audace », la revue de Polony (*).

    Tout n’y est pas à jeter.
    Et je sais qu’une partie des nuances dans le propos ne seront pas du goût de ceux qui, ici, à force d’amertume ou de dépit, professent l’extrémisme.

    (*) Qui aurait pu éviter de se ridiculiser en affichant ses prétentions présidentielles.

    • Le nettoyage nécessaire, du sol au plafond, ne pourra en aucune façon se faire dans la « nuance » !…

      N. Polony est sans aucun doute quelqu’un de bien, mais loin de la réalité dramatique, à couper au couteau (!), de celle de bien des coins de France.

      • « …loin de la réalité dramatique, à couper au couteau… »
        Vous pensez qu’il faut trancher les cailles au couteau ?
        Oui…

        • Je n’irais quand même pas jusque là !
          Quant à Natacha à l’Elysée, Périco L. interdit de cuisine(s) : de quoi le rendre morose !

    • Pas de problème pour « nos » sénateurs : au jardin du Luxembourg, les jardiniers sont bien outillés !

  10.  » Dénudés, les vendangeurs étaient davantage exposés aux branches, aux coupures de sécateur, aux piqûres et aux coups de soleil. Pour limiter les risques, Arnaud Delonca avait placé un vendangeur par rangée, tandis que les participants s’étaient équipés de chapeaux et de crème solaire. «Le seul risque, c’était les coupures ; il pouvait aussi y avoir des piqûres ou des coups de soleil», explique-t-il. Aucun incident n’a toutefois été à déplorer.  »

    Un chapeau ? Le voile aurait il ete autorisé?

    L’essentiel : pendant cette vendange, aucune grappe de raisin n’a ete maltraitée .

    • « maltraitance » : pas si sûr !
      On attend le verdict, après investigation, du ‘puté Caron : quid des dames moustiques que quelques vendangeurs auraient pu écraser d’une pichenette ?

  11. L’Enlèvement d’Europe

    Trop de positivité dans cette toile..
    je ne sens pas la peinture, la pâte, la distance.
    Par ailleurs l’aberrante lumière sur le taureau me fait mal aux yeux
    et que dire de cette mer bleue, qui peut-être veut donner l’idée d’un ciel.
    Cette peinture là c’est comme de la peinture peinte.
    Si loin du secret que je poursuis en peinture.
    Mais peut-être suis je obtus..

        • Loin du savoir faire de Lormier.
          Besoin d’aide,
          mais quand même pas au point de « Jean-Louis Borloo qui défend l’idée d’une ‘équipe de mécanos de la République’, car la France souffre ‘d’un problème d’organisation’ »😅(lefigaro).

    • « …Mais peut-être suis je obtus.. »
      obtus qui que les cris aigus font jouir ?
      Oui…
      (facile pour WTH)

  12. À la manière de — 3 : Les Liaisons dangereuses | Bonnet d’âne https://share.google/tgdpMK8ph82YOe9eL

    Archives de ce blog (octobre 2023) découvertes il y a peu.
    On y trouve, entre autres :
    – un très réussi « à la manière de… » signé Brighelli
    – une remarquable analyse d’un certain « Prophète » (?) qualifiée par Brighelli de « brillante »
    – un magnifique récit de voyage d’un certain Zorglub.
    Trésors cachés.

    • Sur sa lointaine planète ET s’ennuie.
      son retour ici-bas sera accueilli comme il se doit,
      ou comme disent les zozos « pas d’souci » !

      En Prophète, plein de bonnes intentions,
      il est en effet utile qu’il nous rappelle, à sa manière, que
      « la fin des temps est venu » ou que
      « les lendemains qui chantent » sont encore bien loin.

  13. Trésors cachés de BdA.

    Hmm, quand on commence à faire des anthologies des années passées, c’est un peu inquiétant pour le présent …

    • Kintzler, vieille amie, est d’une naïveté confondante, depuis toujours. Je l’avais prévenue il y a vingt ans, des conséquences du pédagogisme — y compris sur la laïcité. Elle ne m’a jamais cru.

  14. A défaut de réponse de Lormier ou d’autres , j’ai demandé à l’IA de déchiffrer la contrepèterie
    « Il fallait montrer votre peur à Catherine  »
    Reponse de l’IA:
    « La contrepèterie cachée dans la phrase « Il fallait montrer votre peur à Catherine » est :« Il fallait pontrer votre meur à Catherine » -> « Il fallait ponter votre sœur à Catherine »? Non, attendez…. »
    Suit 50 lignes de charabia.

    L’IA est complètement nulle !

  15. Il en est deux qui vont de l’avant, sans regarder en arrière :

    . B. Le Maire qui revient pour « mettre les points sur les i » (c’est quand même la moindre des choses pour un agrégé de Lettres),

    . mon Anne Hidalga nommée « ambassadrice mondiale pour un groupement de villes engagées en faveur de la transition écologique » ;
    une fonction (?!) qui lui permet de voyager, d’un continent à l’autre ;
    nettement mieux qu’Ambass’ des Pôles, comme Ségo’ R. (2017-2020).

  16. L’IA est complètement nulle !

    L’IA grand public n’est sans doute pas celle dont ses promoteurs prétendent qu’elle risque de prendre le pouvoir ?

     » Aucune des deux entreprises n’agit de manière responsable. Elles foncent tout droit vers une superintelligence capable de s’améliorer elle-même et jouent avec nos vies », a déclaré Coxon dans une série de publications sur X mardi.

    « Les personnes qui construisent l’IA croient sincèrement qu’elle pourrait tous nous tuer d’ici la fin de la décennie », a-t-il ajouté. »
    https://fr.euronews.com/my-europe/2026/09/12/le-pdg-danthropic-dario-amodei-appelle-les-groupes-dia-a-ralentir-face-aux-risques-de-supe

    • Lire aussi les interviews de Jacob Pachuki et de Dario Amodei sur le Grand Continent.

      https://legrandcontinent.eu/fr/2026/09/08/une-intelligence-surnaturelle-est-arrivee-sur-terre/

      (Le titre est évidemment un clin d’œil humoristique dans sa formulation)

      _________
      On peut aussi y lire d’autres articles sur d’autres sujets.
      Enfin une revue qui :
      – apporte de l’information précise en revenant à la source. Par exple traduction de discours (celui de Xi et d’autres) ou d’articles parus dans des revues étrangères confidentielles, etc.
      – pense à un niveau décent sans biais cognitifs grotesques (ils sont plus subtils !) ni faute logique dans l’argumentation
      – accepte de développer les sujets dans des articles de plus 150 caractères
      – évite le putaklikisme
      – etc.

      Je ne parviens pas à déterminer pour qui ils bossent. Aussi bien, pour personne qu’eux mêmes, comme dans le bon vieux temps : une bande d’intellos exerçant librement leurs talents et faisant ce qu’il faut pour en vivre ?

      Les meilleurs d’entre nous leur reproche d’ailleurs :
      – les uns de faire beau jeu aux thèse réac en donnant trop de place à l’analyse des discours illiberaux sans les dénoncer explicitement, laissant le lecteur libre
      – les autres d’agir pour déstabiliser la facho-sphère et ceux qui en sont les chantres (chancres ?)

          • Ça va de soi ! J’écrivais ailleurs :

            Extrêmement peu de gens mesurent précisément ce qui va survenir à court terme (5 à 10 ans) et, quel qu’il soit, ce sera un bordel planétaire énorme.

            Sans doute (?) moins pour :
            * les reliquats de ce qui restera des gens que j’aime tant : les agropastoralistes ou les bergers itinérants par exple
            * pas mal de métiers relevant d’une forte dextérité
            * et bien entendu les very happy few de la tech, ceux qui sauront faire des prompt supérieurement habiles et meilleures que ceux de leurs concurrents, ceux qui sont dans une niche intellectuelle spécifique

            Je fais désormais partie, sur la base de connaissances et pas de croyance, de ceux qui mesurent un peu mieux le bordel annoncé.
            Faut travailler sérieux et durablement le sujet + disposer de quelques pré-requis pour se faire une opinion circonstanciée et à peu près raisonnable. Du coup assez rares sont ceux qui /…/
            (Vous avez le droit/devoir de vous bouger le cul et d’eller chercher de l’info ailleurs que dans les médias main stream !)

            Personne n’a d’idées rationnelles de ce que ce qui va advenir. Mais tout le monde sérieux, lucide et libre de conflits d’intérêt est certain que ce sera un bouleversement qu’on n’a jamais connu *dans un temps aussi bref*.

            La question du conflit d’intérêt est determinante (celle de la connerie aussi, y’a pas que des flèches au pouvoir dans un paquet de lieux !)

            Les acteurs de l’AI ont le fric et l’envie d’en gagner plus. Ils « achètent » les politiques par leur puissance économique. Cele-ci peut agir pour émettre des ultimatum à l’échelle d’un pays pour ceux qui oseraient émettre quelques doutes ou inquiétude.
            Et ne parlons pas des chinois.

            Donc c’est 100% open bar le développement de l’AI.

            Et, beaucoup :
            * se foutent complètement des conséquences, c’est tellement kiffant de « fabriquer ça » et/ou ça satisfait leur ego ou leur besoin de notoriété de le faire (j’aurais pu en être…)
            * d’autres rêvent sincèrement « d’un truc trop bien qui va transformer nos vies en fleuve tranquille »
            * certains vivent leur vie à court terme et donc refusent de se projeter
            * d’autres ne pensent qu’au fric et au pouvoir et savent qu’ils s’en sortiront ultra bien quelle que soit la situation.

            En dehors de ceux qui perçoivent avec acuité, lucidité et connaissance que ça va être un maxi bordel, la plupart des « gens » (la population générale) s’en fout ou a bien d’autres soucis – sont dans le déni – n’y comprennent rien – etc.

            Pour les « décideurs » (ou les « politiques » qui en sont souvent seulement les porte-paroles) :
            * de toute façon on n’y peut rien
            * faut que je sois reconduit dans mes fonctions ou réélu, c’est pas en faisant chier mon boss avec des doutes ou flipper les électeurs que ça se passera
            * peuvent aussi être sots ou incultes !

            Donc …

            Vertigineux, ça va occuper ma fin de vie d’observer ce grand bordel et on aura toujours le minimum pour bouffer de la merde parce qu’ils seront bien obligés de créer un salaire universel sinon ce sera la guerre civile et entre pays.

            Guerre entre pays, ça peut créer de la richesse à la marge, guerre civile pas du tout.

            En plus, à chaque instant je pourrai dire :
            * j’m’en fous je vais mourir bientôt, je ne verrai pas le pire (si ça part en vrille)
            * j’ai de la chance d’assister à un événement extraordinaire dans l’histoire de l’humanité aucun changement aussi radical de paradigme n’est survenu dans une durée aussi courte (une décennie).
            * mes gosses font partie des happy few.

            Et puis, nonobstant la douleur, j’me suis quand même vraiment bien marré.

      • Y’a vraiment de la matière dans cette revue et de manière très horizontale.
        Cliquer sur le menu en haut à gauche puis explorer le classement par thèmes.

        Tiens je vais m’abonner !
        C’est un peu (!) d’un autre niveau que Causeur ou France Soir … On se croit revenu au XXeme siècle !

        (Je ne suis pas rétribué pour faire leur pub, ça roule très bien pour eux)

  17. ECHO
    14 septembre 2026 à 15h35
    Trésors cachés de BdA.

    Hmm, quand on commence à faire des anthologies des années passées, c’est un peu inquiétant pour le présent …

    Cessons de nous inquiéter pour le présent, et pour cela faisons en sorte que nos contributions soient à la hauteur de ce que faisaient Brighelli, Prophète et Zorglub en octobre 2023.
    Mais plus facile à dire qu’à faire.

    • En effet : 2023 c’est déjà loin ;
      et on ne remonte malheureusement jamais le temps ;
      nous ne sommes que de passage.

      • Et donc il y a urgence.

        Je suis si triste d’avoir constaté le manque d’hygiène mentale élémentaire d’un nombre significatif de contributeurs. Je l’ai déjà dit.

        Lors des débats furieux du meilleur de BdA les Morel, dobolino, catmano, Cordoba et tant d’autres nous faisaient sortir la tête de la fange.
        Ce n’est plus le cas.

        On en est à subir les délires complotistes antivax (et autre) ou les liens pornos devenant abjects lorsqu’ils sont si récurents, sans compter les propos racistes qui seraient passibles d’une condamnation au pénal.

        Pour ce qui est de la propagation de la pensée néo-réac à tendance facho, ça me fait gerber. Mais je ne critique pas, chacun est libre d’exprimer son idéologie, même nauséabonde, tant qu’on ne sort pas du cadre légal. Ce fut toujours la règle.en ces lieux et c’est rare.

          • Le « complotisme antivax » ne concernait, me semblait-il avoir compris,
            que le produit mis sur le marché par Pfizer,
            et en phase trois d’essai,
            ce qui m’a poussé à ne pas me faire piquer ;
            je l’ai plusieurs fois écrit ici ;
            bien m’en a pris, vu le nombre de gens en (très) mauvais état,
            sans compter la façon dont l’Etat s’est moqué du peuple,
            cf « assis, debout »,
            montrer son ausweis,
            etc, etc, etc
            et a puni (et même continue de) les toubibs qui ont désobéi !

            ça se passe comme ça en France.
            Ce n’est pas partout le cas ; heureusement !

            D’accord sur le fait que Lormier nous a plus que bassiné avec cette addiction,
            sans compter cette fixette sur le porn…
            Il semble avoir disparu, tout comme d’ailleurs Dugong.

            Quant à la « pensée néo-réac à tendance facho » « nauséabonde »… je préfère ne rien en dire ;

            à chacun ses croyances qui ne me semblent plus guère avoir de sens,
            en ce temps de démocrassie…
            et de fin de civilisation (occidentale).

            Oui, je ne suis que de passage ; je pensais avoir, pas moment, soumis quelques réflexions pas forcément dénuées d’intérêt ;
            sans doute que non ;
            Encore une fois, peu importe.

            Salut à tous ; bonne continuation.

        • Catmano est devenue groupie de l’un de spires pédagos de l’époquie, Philippe Watrelot.
          Morel est mort.
          Dobolinoi a disparu.
          Cordoba intervient (avec plein d’à-propos) sur ma page FB de temps en temps. Il vit
          en Espagne et se gave de corridas.
          Et Catherine Ringer vient de décéder…

          • Merci « maestro » !
            Oui, triste fin pour certains.
            Et sur FB, il m’arrive aussi d’avoir des réponses ;
            c’est toujours ça de gagné !
            (faut que je finisse ma valise ; à plus après vacance(s).

        • (Et le Z’ qui crache sa Valda à 18h13 – 😅! Heureusement qu’il reste quelques bergers dans quelques contrées éloignées pour lui remonter, de temps à autre, le moral !)

  18. Dernières remarques :

    1.« Francesoir » n’est pas toujours de la daube !
    ne suis point abonnée ; d’ailleurs je ne file qu’un peu à Tocsin, parce que eux s’intéressent aussi … au peuple,
    dont les agriculteurs (les quoi ?),
    du moins ce qu’il en reste,
    mais il est vrai que ça sent sans doute mauvais « le XXe siècle » ?!

    2. Quant au Dario Amodei : c’est un Ricain… donc un spécialiste et du baratin et du mensonge ;
    encore une « peur » ! Et plus il y en a, mieux on se porte !

    Ce qui, au passage, doit bien faire ricanerles… Xi,
    qui eux,
    se gardent bien d’en parler,
    mais ont des années d’avance (sur ce sale terrain) et s’imposeront à la planète, comme ils en ont pris maintenant l’habitude, discrètement, mais… fermement !

  19. Le Grand Continent
     » L’écrivain Hugues Jallon, publié par Médiapart, affirme que Le Grand Continent n’a qu’une neutralité de façade et qu’en réalité la revue défend une ligne éditoriale centriste (proche de la macronie), libérale et europhile[17]. En s’appuyant sur une citation de Gilles Kepel (« Le Grand Continent est aussi un antidote au poison de l’idéologie qui intoxique l’université en sciences humaines »), Hugues Jallon affirme que la revue rejette en particulier le marxisme et le wokisme[17]. A l’inverse, Télérama, qualifie la revue de « non-partisane »[18]. »
    Wiki

    Macronien ? Anecdotique car ce fusible sera bientôt remplacé ( il est temps !)
    Le Grand Continent véhicule la pensée des élites européennes, donc il est de niveau ( évidemment). Mais si vous êtes mécontent de l’existant, vius aurez du mal a y trouver votre compte.

      • Pub de Z’ pour le « grand continent », « européen » ;😅!
        Z’, z’aurez peut-être droit à un abo gratis ;
        les gradés qui sont intervenus sur Lci et autres me(r)dias pour tomber sur la Russie, ces trois dernières années, étaient eux payés par les chaînes – n’y a pas de petits bénéfs –
        on ne les entend d’ailleurs plus ; étonnant non, ou pas ?

        Renseignez-vous donc sur les BRICS, l’OCS, etc.…
        sur la puissance économique des pays qui les pilotent.

        Pas de gaz, pas de pétrole, pas de « terres rares », jeunesse « désinstructionnée », industries en berne, etc … : pauvre Europe.

        • Dans quelques années, on parlera des années 20, époque bénie où la température en Europe du sud ne dépassait pas 35°C ou de façon très exceptionnelle.

          • Ne pas confondre avec les années « folles » (1920).

            Les quelques cerveaux doués de raison n’ont qu’à réfléchir aux moyens de vivre avec un sérieux réchauffement clim’ ;
            sinon tout le monde grillera, et ce ne sera pas plus mal,
            l’espèce humaine ne se bornant qu’à obéir aux ordres de
            ne « quitte pas ton smartphone de l’oeil »,
            continue de « dig, baby, dig », « drill, baby, drill »,
            développer la supposée IA,
            sans compter les quelques « puissances nucléaires » qui un jour risquent de finir par appuyer sur le bouton.

  20. Devrions-nous tous relire attentivement Destination: Vide de Frank Herbert?

    Pour Zorglub, c’est quoi le cadre légal?
    Doit-on y rester comme un certain général français condamné à mort dans les années 40 pour s’en être échappé? Ou bien comme François gentil fonctionnaire des mêmes années et futur président d’un France en déconfiture?

  21. « Pour Zorglub, c’est quoi le cadre légal? »
    Bonne question
    Et cadrer les stars, est-ce bien légal ?
    Oui…

  22. Lointain lecteur

    Pour Zorglub, c’est quoi le cadre légal?
    Doit-on y rester comme un certain général français condamné à mort dans les années 40 pour s’en être échappé? Ou bien comme François gentil fonctionnaire des mêmes années et futur président d’un France en déconfiture?

    Je comprends que le général est bien sorti du cadre legal ( encore que légal soit beaucoup dire parlant de la situation institutionnelle de la France a ce moment ).
    Mais le petit fonctionnaire François ? Il en est bien sorti aussi en entrant dans la Résistance, ce qui n’est pas niable ( et ce qu’il y a fait ou pas est une autre question – tous les Résistants n’étaient pas des foudres de guerre ).
    D’autes ( pas si nombreux) sont aussi sortis de la légalité sans pour autant se rallier a ce moment ni après, au général: Saint John Perse ( Alexis Leger), dechu de la nationalité française par Vichy, réfugié aux USA , devint l’interlocuteur de Roosevelt et apparemment s’occupa surtout de mettre des bâtons dans les roues au général.
    .Pendant ce temps des tas de gens en France continuaient a faire ce qu’ils avaient toujours fait : magistrats, conseillers d’Etat etc. La Libération venue, ils n’avaient été vraiment ni collaborateurs ni résistants mais toujours du bon côté.

  23. Heu !
    L’utilisation répétée de termes injurieux et de propos racistes contrevenant à la loi par un inconnu sous anonymat sur un blog
    ou
    être De Gaule – Mitterand – St John Perse etc. dans une période de guerre …

    Comment dire ?

    • La question etait posée au Lointain lecteur qui semblait opposer deux comportements ( à tort selon moi ) par rapport au  » cadre legal » durant la dernière guerre.mondiale .

      (J’ai ensuite fait une digression sur les différentes possibilites de conduite durant la guerre).

      Voulez- vous dite que ce n’est pas a quelqu’un qui s’affranchit du cadre legal par ses propos, de distribuer des bons ou mauvais points ?

  24. Ce fut toujours la règle.en ces lieux et c’est rare. (15 septembre 2026 à 16h07 )

    Il n’y a sur ce site de règle que l’éthique et le goût de chacun. Chacun, en fonction de la décence, dose sa fréquentation.
    Seuls ne dosent pas les blaireaux comme Lormier et ses divers variantes, clones, imitateurs: dobeule, echo, etc…qui passent des journées entières sur ce blog.
    À croire qu’ils ont encore moins d’amis que Francis Heaulme.

    • Hahaha !

      Just a joke :
      Je n’ai pas pas beaucoup plus d’amis que Heaulme et néanmoins ne me sens pas obligé d’envahir le lieu. Ce qui ne m’empêche pas de le consulter régulièrement.

    • « De droit et d’éthique. L’assumer avec décence. Doser leur part  »
      Les propos du fantôme semblent chiffrés.
      Oui…
      Trois.
      (assez faciles pour Matheurouduc)

  25. ECHO 16 septembre 2026 à 16h21
    Voulez- vous dite que ce n’est pas a quelqu’un qui s’affranchit du cadre légal par ses propos, de distribuer des bons ou mauvais points ?

    Je ne distribuait pas de bons ou de mauvais points, je soulignais juste que le cadre légal n’est souvent qu’un enclos pour ruminants, petits comme les moutons, ou plus gros comme les veaux. Et l’enclos a une fâcheuse tendance à rétrécir au fil des années sous l’irrésistible « envie du pénal » indissociable du « cadre légal ».

    Votre exemple, celui d’Alexis Léger, est assez curieux. Léger n’a pas vraiment choisi de sortir du cadre, il était en désaccord avec tout le monde du général au maréchal, puis on l’a poussé dehors et il est parti aux USA. Selon ses propres mots, rapportés par Bosquet, il s’était refusé à choisir en un traître et un usurpateur…curieuse conception de la résistance.

  26. J’essayais d’interpréter le message ( un peu obscur ) de Zorglub et je ne suis pas sûr d’avoir compris.

    S’agissant de A Leger , il me semble qu’on ne l’a pas poussé dehors, il est parti , en désaccord avec la politique conduisant a l’armistice.
    Une anecdote : il fut mis fin a ses fonctions au Quai d’Orsay car les partisans de l’armistice( et peut etre de l’Allemagne), dans l’entourage de Paul Raynaud. savaient qu’il y était opposé et c’est la maîtresse de P Reynaud, la comtesse de Portes, qui en pleine nuit, apporta le décret a signer au président de la République Lebrun qu’il fallut réveiller.
    En pleine défaite, c’est digne de Dumas ou du cardinal de Retz.

    Ensuite je pense que son orgueil interdisait à Leger de  » faire allegeance  » a un autre que lui même d’où son hostilité a De Gaulle.
    Mais il faudrait creuser son attitude. Hautain comme il etait , il n’a pas du s’en expliquer.

    • Il faut lire la biographie de Perse par Léger, au début du volume de la Pléiade. L’histoire recomposée à sa manière par un homme qui a réécrit les lettres qu’il adressait à sa mère dans les années 1920, quand il était en Chine, afin de se faire passer pour un clairvoyant du maoïsme.
      Voir le documentaire réalisé par Jean-Denis Bonand et scénarisé par ma pomme…
      https://www.youtube.com/watch?v=xE9nXGreu7Y

  27. A verser au dossier :
    « ’Mon père le rendait [Leger] en grande partie responsable (…) de l’opinion détestable que Roosevelt se faisait de lui. Il savait aussi qu’il [ Leger] avait espéré se voir confier par Roosevelt et Churchill un rôle politique dans le cas où de Gaulle aurait été éliminé de la tête de la France Libre et qu’il avait été l’inspirateur du projet avorté d’administration militaire de la France par les Américains à la Libération. En 1960, quand il apprit qu’il allait recevoir le Prix Nobel de Littérature pour son œuvre poétique, il était assez irrité que certains journaux aient cru bon d’ajouter à cette occasion qu’il s’était attaché pendant son exil aux Etats-Unis à servir la cause de la Résistance française à l’étranger (ce que les dictionnaires Robert ont retenu !). L’année même de sa disparition, en 1970, mon père nous a dit : « Jusqu’à la fin de la guerre, il s’est efforcé de m’avilir en me faisant passer pour un adepte du totalitarisme et un suppôt du communisme, et en caricaturant notre combat. Au total, il a nui à la France. Il aurait dû se contenter de poursuivre son œuvre littéraire. »

    Philippe de Gaulle, De Gaulle, mon père.

    • J’ai toujours pensé que les très grands écrivains, qu’ils soient poètes ou philosophes, font de piètres politiques. Voir Platon.
      Il y a Retz, bien sûr — mais Retz a échoué, politiquement. Mazarin, qui n’écrivait pas, a gagné.

  28. Je souhaite revenir sur l’excellente chronique de Brighelli – pour lui donner un prolongement qui se veut aussi un changement de perspective – en partant de cette citation de l’auteur :
    « Il arrive même qu’un texte remarquable, comme une longue scolie, se greffe sur une toile. »

    Or donc : en 1937, Picasso expose son Guernica à Paris. Je présume que chacun a en tête les différents éléments qui composent ce tableau magistral sans qu’il soit besoin d’en proposer ici une reproduction.
    Mai-Juin 1940 : l’armée allemande envahit la France, débâcle, exode, Louis Aragon écrit ce très beau (à mon avis) texte (paru dans Le Crève-coeur):
    « Tapisserie de la grande peur

    Le paysage enfant de la terreur moderne
    A des poissons volants sirènes poissons-scies
    Qu’écrit-il blanc sur bleu dans le ciel celui-ci
    Hydre-oiseau qui fait songer à l’hydre de Lerne
    Écumeur de la terre oiseau-pierre qui coud
    L’air aux maisons oiseau strident oiseau-comète
    Et la géante guêpe acrobate allumette
    Qui met aux murs flambants des bouquets de coucous
    Ou si ce sont des vols de flamants qui rougissent
    Ô carrousel flamand de l’antique sabbat
    Sur un manche à balai le Messerschmidt s’abat
    C’est la nuit en plein jour du nouveau Walpurgis
    Apocalypse époque Espace où la peur passe
    Avec son grand transport de pleurs et de pâleurs
    Reconnais-tu les champs la ville et les rapaces
    Le clocher qui plus jamais ne sonnera l’heure
    Les chariots bariolés de literies
    Un ours Un châle Un mort comme un soulier perdu
    Les deux mains prises dans son ventre Une pendule
    Les troupeaux échappés les charognes les cris
    Des bronzes d’art à terre Où dormez-vous ce soir
    Et des enfants juchés sur des marcheurs étranges
    Des gens qui vont on ne sait où tout l’or des granges
    Aux cheveux Les fossés où l’effroi vient s’asseoir
    L’agonisant que l’on transporte et qui réclame
    Une tisane et qui se plaint parce qu’il sue
    Sa robe de bal sur le bras une bossue
    La cage du serin qui traversa les flammes
    Une machine à coudre Un vieillard C’est trop lourd
    Encore un pas Je vais mourir va-t’en Marie
    La beauté des soirs tombe et son aile marie
    À ce Breughel d’Enfer un Breughel de Velours »

    A ma connaissance, Aragon n’a jamais évoqué explicitement un quelconque lien entre son texte et le tableau de Picasso. Il reste que pour moi ce lien est évident, qu’il soit établi par l’auteur de façon consciente ou pas. Nous avons là, sans le moindre doute, un « texte remarquable qui se greffe sur une toile ».
    Mais pour prolonger cette évocation des correspondances entre divers modes d’expression artistique (Ut pictura poiesis), Brighelli, sur les traces de Baudelaire,
    « Delacroix, lac de sang hanté des mauvais anges,
    Ombragé par un bois de sapins toujours vert,
    Où, sous un ciel chagrin, des fanfares étranges
    Passent, comme un soupir étouffé de Weber. » (Les Phares)
    aurait pu inclure la musique pour dire « Ut pictura poiesisque, musica »
    Et en l’occurrence que je mentionne ici, au Guernica de Picasso et à la Tapisseie de la Grande Peur d’Aragon, on peut, on doit ajouter/associer des œuvres musicales commeThrenody for the Victims of Hiroshima (Krzysztof Penderecki) et, plus récente et certainement plus accessible, la déconstruction par J. Hendrix de l’hymne américain en 1969, au festival de Woodstock, en pleine guerre du Vietnam :
    https://youtu.be/sjzZh6-h9fM?is=CQ6LK_OnHIiPIrbK
    Qu’on me permette de narrer ici une anecdote toute personnelle : la première fois que j’ai entendu ce « Star Spangled Banner » hendrixien, au moment où Hendrix produit une note qui évoque le hennissement d’un cheval foudroyé par la peur panique (à 2′ 30 dans la vidéo ci-dessus), j’ai vu, littéralement VU, ce qui s’appelle VU, le cheval terrifié du Guernica de Picasso. Je ne me suis pas dit de façon très intellectuelle et distanciée « Tiens, Hendrix fait son Guernica », non. Le cheval de Picasso est littéralement entré dans mon champ de vision quelques dixièmes de seconde. Expérience synesthésique absolue : j’ai VU ce que me décrivait une note de musique.
    Expérience synesthésique, ou plutôt une sorte de palimpseste trans-esthésique donnant naissance à un bref état de transe esthétique.
    J’avoue être toujours fasciné par les tenants et les aboutissants du palimpseste, et quand une note de musique semble se confondre à ce point avec une partie d’un tableau, il est clair que le palimpseste ne se limite pas à l’inter-textualité.
    Gerard Genette, éminent narratologue, qui a écrit un remarquable ouvrage sur le palimpseste, l’a bien compris, lui qui a in fine étendu sa recherche, par delà la littérature, à l’ensemble du champ esthétique :
    L’Œuvre de l’art
    1. Immanence et transcendance, Paris, Le Seuil, coll. «Poétique», 1994.
    2. La Relation esthétique, Paris, Le Seuil, coll. «Poétique», 1997.
    Merci de votre attention.

  29. Expérience synesthésique, ou plutôt une sorte de palimpseste trans-esthésique donnant naissance à un bref état de transe esthétique.

    P’tain, faut les trouver ces conneries pas écrites du pied gauche ni par une bonne grosse main calleuse qui a bêché, nourri les bêtes, fait les litières, qui sniffe encore l’étable.
    J’apprécie Aragon, on peut lui reconnaître de la sincérité. Le problème c’est de faire de la littérature une extension du domaine de ses luttes..on les dessert car on les menace vite du ridicule..on n’est pas un rempart, on est une brèche.

  30. « Le problème c’est de faire de la littérature une extension du domaine de ses luttes… »
    Maîtrisez-vous les pures luttes ?
    Oui…

    • Plus personne ne se dévoue pour les contrepèteries !
      La synesthésie siderante du Prophete anesthésie probablement ceux qui restent.

      Du pénal à Nice ?
      Régal de Ciotti et sa nouvelle compagne ?
      Pénis anal.

      Maîtrisez-vous les pures luttes
      Méprisez- vous les turluttes ?

      • De MON point de vue, comme la masturbation, une contrepèterie se déguste en solitaire.

        On peut en parler à mots couverts lorsqu’on l’a décodée. Je le fais parfois.

        Et lorsqu’on n’y est pas parvenu, jouir de son dépit et de sa déconvenue pour peu qu’on ait vraiment cherché faute d’autres objets plus passionnants à explorer sur l’instant.

        Dévoiler explicitement une contrepèterie est une indélicatesse, évoquer à mots couverts sa solution une élégance partagée avec ceux qui sont complices.

        Mais ce n’est que MON opinion et le sujet est moins grave que la guerre en Ukraine ou le changement de recette des Petits Lu (nécessaire puisque trop d’enfants ne savent plus lire !)

  31. ‘Régal de Ciotti et sa nouvelle compagne ? »

    compagne royale pour ses luttes ( 1,80 m pour 1,65 m), bel exploit d’Eric.
    Oui…

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