Aurélien Taché, vous allez l’aimer !

Capture d’écran 2019-03-22 à 18.56.06Directeur du casting de la République en Marche, c’est un vrai boulot. Dans la foulée de l’élection de Macron, il a fallu rassembler dare-dare un troupeau de futurs députés, out of nowhere, comme on dit dans la langue qui se parle à l’Elysée. Une louche de gens de Droite — bien plus à droite, socialement et économiquement, que jamais Frontistes ne le furent —, une cuillérée finement dosée de députés MODEM, éternels cocus de toutes les majorités, et une pincée de gens de gauche, caution « sociale » d’un gouvernement qui ne fera de cadeau ni aux fonctionnaires, dont les salaires, bloqués depuis six ans, ne seront pas réévalués, ni aux retraités, qui ont tellement bien vécu qu’ils peuvent bien se serrer la ceinture pour que les jeunes achètent leur chichon, ni aux veuves vivotant sur une maigre pension de réversion, ni aux classes moyennes, ponctionnées à fond, ni aux prolos, envoyés en stage pour acquérir la compétence « Faire la queue à Pôle Emploi », ni aux protestataires, tous entassés dans la case « Prison » : ainsi va le jeu de l’oie macroniste.

Ne croyez surtout pas que les ex-socialistes ralliés soient en quelque façon les otages de LREM. Ils en sont le fer de lance. Les amuseurs publics. Des illusionnistes qui agitent d’une main de beaux sujets de société, pendant qu’aux manettes, on joue à des jeux économiques plus sérieux. La vraie France commence et finit à Bercy.
Le plus beau de ces socialos d’opérette est Aurélien Taché.

Rappelez-vous. Ce magnifique trentenaire qui s’est dispensé de passer le Bac (Castaner, lui, l’a au moins eu au rattrapage, à vingt ans, en 1986) a récemment comparé le voile islamique aux serre-têtes des jeunes filles du Couvent des Oiseaux. Et de plaider dans la foulée pour l’abolition de la loi de 2004 sur les signes religieux ostentatoires. Dans la république rêvée de Taché, tous les communautarismes, tous les salafismes, tous les wahhabismes ont droit de cité. Tous frères — frères musulmans bien sûr. Et de déplorer dans l’Obs : « Il n’y a pas un Noir ou un Arabe parmi les maires des cinquante plus grosses villes. Nous devons changer cela. » Des quotas, vite !
D’autant que ce gentil jeune homme propose qu’« on fasse confiance à la banlieue. Des conseils citoyens sans réel pouvoir existent dans les mille trois cents quartiers prioritaires de la politique de la ville. Qu’on leur confie l’utilisation des crédits du ministère chargé de la Ville plutôt que de les laisser à des hauts fonctionnaires qui ne connaissent pas le terrain. » Ce sont les associations « cultu(r)elles » qui vont être ravies !

Taché n’en est pas à son coup d’essai. Il a auparavant commis un rapport en faveur d’une meilleure intégration des étrangers en France, plaidé pour le développement des emplois francs pour les chômeurs des quartiers populaires (tous ubérisés !), fait voter le principe d’un crédit d’impôt pour les personnes hébergeant des réfugiés (proposition rejetée par le Sénat, qui fait sa mauvaise tête depuis que Larcher s’imagine un destin national), et il a jadis pris la défense de la responsable voilée de l’UNEF, cette grande organisation démocratique respectueuse des droits de la femme islamique, pouponnière des futurs cadres socialistes, dont Taché fut un membre éminent. Il est incidemment pour la commercialisation du hijab de running, auquel Décathlon a honteusement renoncé sous la pression des laïcards intégristes dont il faudra bientôt se débarrasser. Tremble, Brighelli !

Le tout en vingt mois. Un record. Je connais des cancres qui en vingt mois de classe n’en accumulent pas autant.
« C’est le seul qui structure une idéologie », dit de lui un membre du gouvernement qui parle — comme les autres — un français approximatif. Un « libéral libertaire », dit le Figaro —comme la plupart des pédagos qui ont déstructuré l’Ecole. Tableau à faire, et à accrocher dans le hall d’un quelconque palais de la République : Aurélien Taché marchant sur les brisées de Philippe Meirieu ! On en confiera l’exécution aux mânes d’un pompier quelconque…

Mais le pire est à venir : notre autodidacte (une capacité en Droit lui a ouvert les portes du concours d’attaché territorial, et il a été immédiatement intégré à l’équipe de Jean-Paul Huchon, l’intègre patron de la région Ile-de-France de 2008 à 2015), aurait-il trouvé un nègre ? Il compte détailler ses idées — le terme n’est-il pas excessif ? — dans un livre « à paraître dans les prochains mois » : quand un éditeur annonce ça, c’est que le livre n’est toujours pas écrit. Ouf !

Jean-Paul Brighelli