
Augustus Egg (1816-1863), The Travelling Companions, 1862
Faux parallélisme par excellence. L’une, bouche close et même serrée, vouée aux fleurs et la tête penchée vers sa Bible (ou en tout cas vers une lecture pieuse), est la vierge sage. L’autre, prise dans son rêve, les lèvres entrouvertes (et celles que l’on voit témoignent de celles qui nous sont cachées), avec des fruits dans son panier, est la vierge folle — sans doute même ne l’est-elle plus. L’une est côté terre, l’autre côté mer : la mer pénètre le golfe et le paysage italien (signifié aussi bien par le bleu du ciel que par les oranges : nous sommes en hiver, les deux protagonistes ont quitté une Angleterre humide et froide et roulent vers le soleil) se déploie. La robe à droite est déplissée, soigneusement lissée — on imagine sans peine le geste de la main pour aplanir les plis ; celle de gauche dessine des lèvres multiples : du coup, le satin reflète la lumière d’un côté, et se creuse d’ombres de l’autre — sans compter la ravine dessinée par la jonction des deux robes. L’une enfin porte des gants, pour ne pas gâcher le papier de son livre avec l’humidité des doigts, l’autre a les mains nues, probablement moites. Le profil de l’une est exact, celui de l’autre se perd sur la gauche —le côté sinistre.
Il n’est pas jusqu’au petit gland accroché au rideau relevé qui oscille vers la jeune femme de gauche…
Evidemment, les deux chapeaux posés sur les robes, avec leur houppette rouge, sont les deux seuls éléments réellement parallèles. Sans doute impliquent-ils que le même sort libidineux guette l’une et l’autre de ces « compagnes », parties pour un « grand tour » et qui n’en reviendront pas indemnes.
Tout le puritanisme victorien en une seule image. L’attitude sage et réservée couve les désirs. On peut y voir bien sûr une double postulation simultanée, pré-freudienne, vers le Mal et vers le Bien, l’Oisiveté mère de tous les vices et l’Etude sage. En définitive, les deux faces d’une seule et même personne, et des deux aspirations vers le Mal et vers Dieu. Mais il faut remarquer que la caractéristique du puritanisme est de cacher et de dire en même temps : le désir couve sous la soie. Ne sezrait-ce pas la définition même de l’hypocrisie ?
Jean-Paul Brighelli



Brighelli :
« On peut y voir bien sûr une double postulation simultanée, pré-freudienne, vers le Mal et vers le Bien, l’Oisiveté mère de tous les vices et l’Etude sage. En définitive, les deux faces d’une seule et même personne, et des deux aspirations vers le Mal et vers Dieu. »
Cela fait des années que je le dis et le répète : derrière Brighelli, Baudelaire n’est jamais bien loin. Et il pousse, il pousse, de plus en plus fort, comme les avants de Bayonne !
Les avants de Bayonne poussent mais moins que ceux du Stade Français (maillots roses)
Baudelaire :
« Il y a dans tout homme, à toute heure, deux postulations simultanées, l’une vers Dieu, l’autre vers Satan. L’invocation à Dieu, ou spiritualité, est un désir de monter en grade ; celle de Satan, ou animalité, est une joie de descendre. »
Brighelli a-t-il simplement cité Le Grand Charles sans le nommer ?
Ou bien s’est-il livré à un honteux plagiat ?
😄
Il n’est pas jusqu’au petit gland accroché au rideau relevé qui oscille vers la jeune femme de gauche…
Question de passementerie: « gland » est-il le seul mot exact por décrire l’objet en question ?
On ne peut pas appeler cela pompon aussi ?
(En anglais le « gland » de rideau s’appelle (je crois) « beaded tassel ».
Ca ressemble à ça:
https://sparklesbazaarhaberdashery.com/products/yellow-crystal-bead-tassel-fringe-jewellery?srsltid=AfmBOordne-QG1xxh1khz4qM1-YGZZeXcCsDCN8O-Uy4en_Sblyj_PXc
S’il n’y a pas d’ovoïde, c’est simplement « tassel ».
Passionnante irruption de la dictatoriale obsession référentielle lormiéresque qui illumine sa lecture des textes.
On en redemande !
« illumine » est un bien grand mot.
Et Platovic, qui ne comprend rien et confond tout, ne voit pas qu’il s’agit de peinture, pas de « texte ».
Heu…Ce tableau signé Egg n’est-il pas accompagné d’un…comment dit-on déjà…
ah oui ça me revient : accompagné d’un TEXTE signé Brighelli ?
On sent néanmoins que Lormier est en petite forme : aucune remarque sur la largeur de la banquette permettant ou pas une double pénétration…
Pourtant le thème du « double » est bel et bien au cœur de cette chronique brighellienne !
Quand on « zoome » sur l’image on ne voit pas de perle,on a l’impression que l’ovoïde (plutôt sphéroïde d’ailleurs) est constitué de fils noués ,qui plus bas se répandent en pompon.
Quoi qu’il en soit, ceux qui ont choisi le mot »gland » pour désigner ce type d’ornement songeaient davantage au gland du chêne qu’à celui d’une bite.
En effet, l’ovoïde a la forme d’un gland de chêne et pas du tout celui d’un gland de bite.
C’est seulement en passant par le mot français qu’on peut trouver une signification érotique
au fait que ce gland « oscille » vers la meuf de gauche.
Quand on laisse divaguer la pensée…elle devient aisément cochonne.
Chez beaucoup de gens. Pas seulement chez le Maestro.
« L’autre, prise dans son rêve, les lèvres entrouvertes … »
Quand on « zoome » on voit qu’elles le sont très peu.
Si on voulait y introduire une bite,il faudrait les prier de s’ouvrir davantage,même pour un petit butinage de gland.
(Bien sûr,je ne parle pas de Couilleplatovic qui, lui, parviendrait aisément à faire passer par cet étroit chas gland, tige et couilles- hook,line and sinker.)
ax² + bx + c = 0 15 juin 2026 à 12h08
Heu…Ce tableau signé Egg n’est-il pas accompagné d’un…comment dit-on déjà…
ah oui ça me revient : accompagné d’un TEXTE signé Brighelli ?
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Tentons une pénultième expérience avec Platovic,atteint de sida mental.
Lormier ne perd jamais (ou presque jamais totalement espoir.)
Imaginez que vous soyez au musée devant le tableau de Cobb. Vous cherchez à décrire minutieusement ce que vous voyez,en français, puis en anglais.
Alors ce petit machin qui sert à tirer le rideau central, vous l’appelez comment dans ces deux langues ?
Maintenant,c’est à vous de faire un petit effort;à ce prix, vous parviendrez à réactiver (une partie de) votre cortex.
Tout n’est pas perdu, je vous assure.
Naguère,on vous aurait proposé (ou imposé) l’électrochoc. Aujourd’hui, on fait confiance à la rééducation neuronale.
tableau de Egg,pas Cobb.
1. Lapsus révélateur de Lormier qui attribue à Cobb un tableau de Egg.
Il se voit en tarentule tissant une toile d’araignée mortelle (d’où Cobb web), de peur d’être pris pour une tête d’œuf (d’où Egg man). Il prend ses désirs pour des réalités, et ses fantasmes de puissance ne sont que coquilles d’œuf vides…
2. Je ne suis pas dans un musée devant un tableau. Je suis devant ceci, qui m’intéresse bien plus que tous les glands du genre Lormier :
« On peut y voir bien sûr une double postulation simultanée, pré-freudienne, vers le Mal et vers le Bien, l’Oisiveté mère de tous les vices et l’Etude sage. En définitive, les deux faces d’une seule et même personne, et des deux aspirations vers le Mal et vers Dieu. »
Ces quelques lignes signées Brighelli constituent ce qu’on appelle…ce qu’on appelle…oui oui oui… un…..TEXTE !
Et ce texte semble bien être un écho d’un autre texte…
Étonnant, non ?
Les amateurs ont trouvé de multipes usages au gland-pompon (car c’est son nom, d’après Madame rideaux et bien d’autres.)
Il suffit d’adapter la forme du gland.
(contenu explicite):
https://responsive.xxxbp.tv/aa2341448efe9f5af86d3ac120d1c337cd/530000/530415/1/big-tit-smack-play.jpg?aspect_ratio=16:9&width=480