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Mon amie la rosse

Elle méprise la gauche bien pensante, et ne l’envoie pas dire à Aymeric Caron… Hardi, Françoise !

Françoise Hardy détonnait quelque peu, l’autre samedi sur le plateau d’On n’est pas couché. Au milieu de ce divertissement un peu plus superficiel et convenu chaque saison, la présence de cette femme au visage pâle, émacié, grave avait quelque chose d’irréel. (Lire la suite…)

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Goldman, Enfoiré !

Certains chantent pour aider ceux qui ont faim ; d’autres se contentent de dénigrer… Qui sont les vrais « enfoirés » ?

Demain soir (13 mars) sur TF1, diffusion du concert des Enfoirés ; vous n’êtes pas obligé de regarder, mais à cette occasion, il m’a paru utile de revenir sur l’ « affaire »… Que vous le sachiez ou non, l’hymne 2015 de cette troupe, signé Jean-Jacques Goldman, a déclenché une levée de boucliers aussi impressionnantes que risible. (Lire la suite…)

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Karl ne se défile pas !

Sur le « divan » de Fogiel, Lagerfeld fut, comme d’habitude, impeccable sous toutes les coutures…

Pour son retour à la télé, après dix ans d’absence, Marc-Olivier Fogiel a choisi de reprendre une émission créée en 1987 par Henry Chapier : Le divan. L’autre mardi, c’est Karl Lagerfeld qui s’y allongeait, sans se départir de cette raideur surjouée qui fait son charme, face aux questions forcément indiscrètes de l’animateur. (Lire la suite…)

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Marine à front renversé

Habituée à se garder à gauche, Mme Le Pen a été surprise par l’offensive de Zemmour sur son flanc droit…

Forcément intéressant, comme dirait l’autre, un débat entre Marine Le Pen et Éric Zemmour – les deux grands Satans de la vie politique française. On en a encore eu la preuve l’autre vendredi sur Paris Première, chez Zemmour & Naulleau. Il y fut question du Front national, bien sûr ; mais pas exactement comme d’habitude…

Depuis trente ans, la même question n’en finit pas d’agiter nos médias ordinaires : par où attaquer le FN ? L’éthique ? Le programme ? Les « affaires », ou ce qui en tient lieu ? On aura tout essayé, tour à tour puis simultanément. Le hic c’est qu’entretemps, l’entreprise Le Pen & Le Pen est passée de 1 à 30 % des parts de marché politique.

Même le fameux « Esprit-du-11-Janvier » n’aura pas empêché le FN, l’autre semaine dans le Doubs, de frôler la victoire seul contre tous. Comme le résumait le soir même l’excellent Jean-Christophe Cambadélis,  « Le PS a gagné, le Front national a été battu, mais il y a le feu au lac ! » D’où une certaine anxiété qui monte dans la classe politico-médiatique : pour éteindre ce feu, « où courir ? Où ne pas courir ? »

Zemmour, lui, n’a pas l’air plus angoissé que ça. La preuve : pour interviewer Marine Le Pen,  il l’attaque sur sa droite, tout simplement ! Pas question de remettre en cause les « fondamentaux » du FN, ; au contraire, le voilà qui se fait le porte-voix de la « grogne » qui, selon lui, gagnerait le mouvement face à une certaine dérive « gauchisante » (mais oui.)

C’est ce que Zemmour appelle « la question Philippot ».  « Ce qu’on lui reproche notamment, dit Éric à Marine zyeux-dans-les-yeux, c’est d’avoir trop d’influence sur vous, d’avoir gauchisé le programme économique du FN et aseptisé votre discours sur l’islam et l’immigration (…) On a l’impression que bientôt, vous pourriez cosigner avec Alain Juppé un livre sur L’identité heureuse ! »

Sur le coup, la cheftaine du FN est un peu déstabilisée. De par sa fonction, elle est rompue à l’art d’esquiver les charges éléphantesques à coup de défenses (des droidloms, des valeurs-républicaines, etc.) Mais que faire face  à ce drôle de moustique qui pique de l’intérieur ? Marine est piquée au vif, et ça donne un échange lui-même vif, quoi que courtois – et toujours plus intéressant qu’un vain débat avec le vain Jean-Michel Aphatie…

Ce qui irrite surtout la présidente, dans cette avalanche de critiques contre Philippot, c’est qu’elle remet en cause sa propre autorité dans et sur son mouvement. D’où une certaine vivacité dans sa réponse (à usage interne) : « Au lieu de s’en prendre à lui, qu’on ait le courage de s’en prendre à MOI ! »

Quant au camarade Florian, « on lui accorde beaucoup plus de responsabilités qu’il n’en a ! » (Il va être content, le vice-président !) «  Si J’AI décidé de travailler avec lui, poursuit Mme Le Pen, c’est que nous partageons les mêmes convictions – qui d’ailleurs sont les MIENNES depuis plus de dix ans ! »

– « Donc, vous êtes une femme de gauche ! » ose Zemmour.

– « Si ça peut vous faire plaisir ! rétorque Marine ; mais ces vieux clivages sont bien dépassés… »

– « N’empêche ! J’ai suivi la campagne de Chevènement en 2002, et je sais ce qui l’a planté : exactement ce que Philippot ( ex-chevènementiste) vous a ramené au FN ! »

À ces mots, la grande blonde prend le petit brun de haut : « Si on a besoin de vous comme conseiller, Monsieur Zemmour, on viendra vous chercher ! »

Ainsi « remis à sa place », Éric n’en semble guère affecté. Si ça se trouve, il n’entre même pas dans son plan de carrière de devenir le Buisson de Marine… Simplement, en tant qu’observateur engagé, il s’inquiète que le slogan « Ni droite – ni gauche » ne finisse en « Ni droite – ni droite ».

Reste à savoir s’il partage aussi – infiniment plus grave – l’opinion selon laquelle Florian aurait marionnettisé Marine… On veut croire que la misogynie légendaire d’Éric ne va pas jusque-là.

[Publié dans Valeurs Actuelles]

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Régression du progressisme

« Retour du sacré », ou pas ? Rien de tel qu’un petit topo de Régis Debray pour se faire une religion.

Récemment, ici-même, je vous entretenais du Régis Debray politique, à propos d’un court pamphlet sur l’économisme et la République (L’Erreur de calcul). Le voici de retour à l’anthropologie, son refuge d’altitude depuis trente ans, avec la parution d’Un Candide à sa fenêtre. Dans ce deuxième tome d’une série intitulée « Dégagements » il analyse, sans enthousiasme excessif, le « retour du religieux » –  dans une époque qui croyait au moins en une chose  : s’en être définitivement débarrassée. (Lire la suite…)

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Un fauteuil pour deux

Giscard vs. Chirac : dans leur obsession de se neutraliser l’un l’autre, ils auront plus d’une fois tiré les marrons du feu pour la gauche…

Rien de vraiment nouveau dans le documentaire consacré, l’autre jeudi sur France 5, au « duel Giscard-Chirac », et pour cause : il y a belle lurette que ce combat-là a cessé, faute de combattants. (Lire la suite…)

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Enthousiasme modéré

François Bayrou ne manque pas de panache, ni même d’idées ; c’est triste qu’il soit centriste…

Invité politique d’On n’est pas couché l’autre samedi, François Bayrou. J’étais curieux de voir comment le président du Modem s’en sortirait, pour deux raisons au moins. Primo, depuis Poher, le « Mystère des Voix centristes » est resté entier pour moi. Et puis dans cette émission, après les départs du duo Zemmour-Naulleau puis de Polony, pour tenir une heure durant un discours cohérent, mieux vaut désormais « compter sur ses propres forces », comme disait le président Mao. (Lire la suite…)

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Un homme libre nommé Onfray

Théorie du genre, « islamophobie » : Onfray prouve qu’on peut être de gauche et rebelle au désordre établi…

Au lendemain des massacres djihadistes, j’ai suivi avec intérêt, entre autres, les réactions de Michel Onfray, qu’on a pu voir successivement chez Zemmour & Naulleau puis dans On n’est pas couché.

         Chez Ruquier, que vous raconter ? Notre philosophe n’aura guère eu le temps de développer sa pensée. À chaque virgule, il est sommé par le duo Salamé-Caron de se défendre de l’infamante imputation d’ « islamophobie », le pauvre ! C’est particulièrement injuste pour lui qui, dans son trop fameux Traité d’athéologie, mettait un point d’honneur à balancer dans la même poubelle les « trois monothéismes » – avec même une petite dilection pour l’anti-christianisme primaire.

         Eh bien, ça ne suffit pas ! Pour plaire ce soir-là, Onfray aurait dû au moins opiner du chef quand Caron décréta, la main sur la mèche, au nom d’un plateau unanime : « Ces attentats, ça n’a rien à voir avec l’islam ! ». Mais ça, c’est au-dessus de ses forces…

         Ce que Michel tente de faire entendre, entre deux interruptions, c’est le distinguo nécessaire entre un Coran aux sourates un peu souvent guerrières et la pratique paisible de la plupart des musulmans.

         Mais le philosophe tombe mal, avec ses emberlificotages. Ce samedi chez Ruquier, c’est soirée t-shirt mouillé de sang, 100 % Charlie, avec quand même un capitaine de soirée pour rappeler le mot d’ordre anti-islamophobe de rigueur : « Pas d’amalgame ! » À quoi bon vouloir approfondir le débat, quand il n’y en a pas ?

         Cela dit, chaque émission a son intérêt, pour peu qu’on ait quelque chose à dire ou à vendre, et surtout les nerfs solides. Après, il suffit de s’adapter : plus on parle au grand nombre, moins on peut faire passer d’idées… Comme disait superbement ce misanthrope d’Anouilh, refusant justement de causer dans le poste, « je n’ai rien à dire à tout le monde ».

         À cet égard, la visite d’Onfray chez Zemmour & Naulleau sur Paris Première est le complément parfait de sa prestation dans le show de France 2. Sous l’aimable arbitrage de Naulleau, on assiste là à une controverse autrement intéressante, entre Onfray le sulfureux et Zemmour le caramélisé.

         Comme Valeurs actuelles vous le contait tout récemment (n° 4076), depuis  tantôt un an Michel se retrouve, à son corps défendant, interné dans le camp des « nouveaux réacs ». Son crime ? Avoir moqué, dans une chronique, ces écoles où l’on voudrait enseigner la théorie du genre avant la lecture…

         Ce n’est pas bien, certes ; ce genre de blague est réac, Onfray devrait le savoir. Mais de toute façon, ce ne fut qu’un prétexte : depuis quelques années déjà, le camp du Bien l’attendait au tournant… Quelle mouche l’avait piqué, aussi ? Après avoir correctement déconstruit trois religions millénaires, pourquoi s’en prendre soudain aux dernières idoles de notre Occident couchant (Freud, Sartre, Sade…) ?

         Le réac chef Zemmour accueille avec une empathie à peine teintée d’ironie ce « malgré-nous », qui apparemment ne comprend toujours pas ce qui lui est arrivé. Lui, l’ « homme de gauche » qui voulait juste « poser la question de l’islam de façon laïque »… Sauf que penser  laïc c’est penser français, comme lui souffle ce diable d’Eric, puisqu’aussi bien la « laïcité à la française » n’a pas d’équivalent dans le monde.

         Ce qui inquiète ses ex-amies chenilles, c’est de voir Onfray se transformer en papillon. Dieu sait qu’il a bougé dans son cocon, et dans le bon sens, depuis ses premières contorsions de rebelle cynique ou d’athée intégriste. Et pourtant, il reste empêtré dans son rêve de « 3e gauche libertaire, fouriériste et proudhonienne… » – « Celle qui perd toutes ses guerres, toujours écrasée par d’autres gauches ! » ironise méchamment Zemmour.

         Un de ces jours, Onfray finira bien par se l’avouer : par les temps qui courent, il devient difficile d’être à la fois intelligent, honnête et de gauche.

Publié dans Valeurs Actuelles

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La deuxième mort de James Dean

Dans la « bio romancée » consacrée par Philippe Besson à James Dean, on n’apprend rien de nouveau sur l’acteur, mais tout sur les fantasmes de l’auteur.

Parmi les invités d’On n’est pas couché l’autre samedi, j’ai eu le plaisir de retrouver Philippe Besson – à ne surtout pas confondre avec son homonyme Patrick, romancier moins doué pour l’engagement mais un peu plus pour l’écriture. (Lire la suite…)

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La possibilité d’une islamisation

Houellebecq au J.T. de France 2, ça change du ronron quotidien ! Morceaux (de bravoure) choisis.

 « Le massacre de Charlie Hebdo a eu lieu le matin même où paraissait le roman de Houellebecq, à qui les djihadistes ont en quelque sorte donné une pathétique actualité », note Richard Millet sur son site. (Lire la suite…)