Tomate au cœur

De notre envoyée spéciale, *** (encore elle !), dans le Gers — encore lui !

Sur le marché d’Eauze, depuis six ou sept ans, Stéphanie Bidault et Xavier Malzag vendent des tomates — et quelques autres légumes. Tomates de collection, tomates anciennes, cultivées bio, presque sans eau, ce qui évite à l’amateur de déguster du liquide au lieu de manger de la tomate. Des tomates de toutes les couleurs, de toutes les textures, de tous les calibres — j’ai goûté entre autres la Zluta Kytice, une tomate groseille jaune, minuscule, d’origine tchèque, avec un goût exceptionnel combinant le sucré et l’acidulé. Les noms s’énoncent comme une litanie à la Prévert, des noms étrangement étrangers, bourrés de poésie, de goût et de vitamines. Lire la suite

Choc des civilisations

Ce sera peut-être LA photo des Jeux olympiques :C’étaient les sélections pour la compétition de volley. À gauche Doaa Elgobashy, équipe d’Egypte. À droite, Kira Walkenhorst, de l’équipe allemande. Hijab exigé contre bikini de rigueur. L’Allemande porte les couleurs de sa nation. L’Egyptienne aussi, en un sens. Sa nation, c’est l’islam. Pas une nation : juste le califat mondial. La photo a fait le tour du Web en un instant. Lire la suite

Nous sommes la France

J’ai reçu ça.
Je me couvre la tête de cendres, pour diverses raisons — entre autres, pour ne pas y avoir été.
Je le publie donc tel quel.

Jean-Paul Brighelli

De notre envoyée spéciale, ***, à Fourcès (Gers)

Natacha Polony a sorti en octobre 2015 Nous sommes la France (Plon), que l’auteur de Bonnetdane, le diable le patafiole, a cru bon de ne pas chroniquer l’année dernière… Un livre qui met le nez de la Gauche dans ses dénis, et ne nous oblige pas, enfin, à choisir entre Edwy Plenel et Eric Zemmour.
Nous sommes la France exalte cet élément impalpable, donc essentiel, qu’est la francité. Qui tient à une histoire, à une géographie, à un peuple, à une civilisation.
Bon, ça, c’est la théorie.
La pratique, c’était hier soir, à Fourcès.
C’est très joli, Fourcès. Un village construit en circulade autour d’un château dont il ne reste qu’une place ombragée par trente-six platanes, pas un de moins, au centre de la cité. Des délices gastronomiques comme partout en Gascogne. Et du jazz. Lire la suite

Quand les cathos tentent le diable

Ceux qui ont ici reçu une bonne éducation chrétienne se souviennent sans doute qu’après avoir pris une gifle sur la joue droite, il faut tendre la gauche.
Et après avoir été égorgé, que fait-on ? Que tend-on ?
La réponse vient de nous être fournie par Monseigneur Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, qui dans une interview à Paris-Normandie explique que la mort du Père Jacques Hamel — une « mort mystérieuse » en ce qu’« elle nous rend contemporains de la mort du Christ », si ! — ne signifie pas que nous soyons confrontés à « une guerre de religions ». Pas du tout. C’est juste « un déchaînement du mal qui est de l’ordre de Satan, du démon. Qu’il faut traiter comme tel. » Oui.
Mais alors, qui est responsable ? Lire la suite

Genius

J’ai, paraît-il, des faiblesses : ainsi, j’aime beaucoup Hemingway.
Le premier roman de « Papa » (ah-ah, ricanent en cet instant tous les apprentis-psys de Bonnet d’Âne) que j’ai lu fut le Vieil homme et la mer. À huit ou dix ans, je n’avais pas fait attention à la dédicace — d’ailleurs, était-elle reproduite dans mes livres enfantins ? Mais en le relisant, plus tard, in english in the text, je me suis demandé qui étaient ce Charlie Scribner et ce Max Perkins auxquels l’œuvre était dédiée.
Depuis cet après-midi, je sais enfin. Je suis allé voir Genius — courez-y avant que les chefs d’œuvre de l’été, Tarzan, Independence Day II et Suicide Squad, ne l’effacent des programmes. Lire la suite

Padamalgam

Je ne parlerai pas des martyrs de Charlie. Car je risquerais de parler de l’Islam, et l’Islam est une religion de paix et d’amour.

Je ne disserterai pas sur les massacres du Bataclan et d’ailleurs. Car je risquerais de parler de l’Islam, et l’Islam est une religion de paix et d’amour.

Je n’évoquerai pas les tueries de Boko Aram, de l’AQMI, d’Al-Qaida, d’Al-Nosra et d’une foule d’autres groupes d’assassins organisés, en Syrie et ailleurs, au nom du Prophète, sur lui la paix et la lumière. Car je risquerais de parler de l’Islam, et l’Islam est une religion de paix et d’amour.

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Dira ? Dira pas ?

Ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien : l’une des premières phrases complètes que j’ai prononcées dans ma vie, ce fut « Le veau d’or est toujours debout » — c’est dans le Faust de Gounod, allez savoir pour quelle raison et par quel canal ces mots m’avaient frappé l’entendement.
Sauf que je ne parvenais pas à dire « toujours », et que j’allais répétant « le veau d’or est tout debout » — malgré les efforts de mes parents pour me faire articuler distinctement les deux syllabes de « toujours »… Tous les géniteurs ont connu des cas similaires, un mot sur lequel l’enfant butte, qu’il ne parvient pas à articuler dans son entier.
François Hollande a longtemps eu un problème du même genre avec le mot « islamisme » — ou l’un quelconque de ses dérivés. Depuis deux ans, ou presque, que les guignols sanglants qui se réclament de l’Etat islamique mettent la France à feu et à sang, et massacrent ailleurs dans le monde par dizaines de milliers des gens qui ne leur ont rien fait, il butte sur cet « islamique », qui renvoie sans doute pour lui à « Islam », donc « Musulmans », donc « électorat sensible », selon le plan élaboré pour lui par Terra Nova, le cercle de réflexion de la Gauche de droite.
Ou plutôt le « think tank », parce que chez ces gens-là, Monsieur, on n’parle pas français, on cause globish. Lire la suite

Arles 2016

Je rentre d’Arles, où j’ai passé une journée intéressante à baguenauder d’une expo de photos à une autre, le tout sous un soleil impitoyable, heureusement que les rues sont étroites et qu’elles distillent parfois des courants d’air fugaces.
Je ne dirai rien des ratages — les photomontages de Maud Sulter à la Chapelle de la Charité, Stéphanie Solinas au cloître Saint-Trophime, et les « Parfaites imperfections » au Palais de l’Archevêché (à part quelques puzzles colorés), Katerina Jebb au Musée Réattu, Alinka Echeverria en face à la Commanderie Sainte-Luce, ou la quasi totalité de tout ce qui est exposé dans la Grande Halle, et je me fiche que Ethan Levitas et Gary Winogrand aient une notoriété particulière, leur travail est inconsistant — pour ne rien dire des artistes invités autour d’eux, dont il ne me reste pas une image. Lire la suite

Projet pour l’Ecole

Je suis un peu confus de proposer aux passants de ces chroniques un pensum si indigeste, mais après tout, si je ne m’y colle pas, qui le fera ?
J’ai donc rédigé un programme complet pour sauver l’Ecole de la République. Depuis le temps que je critique ce qui s’y fait, autant que j’essaie de faire des propositions constructives.
À l’origine, ce qui suit avait été rédigé pour Debout la France, Mais bon, si j’attends que ça bouge, là-haut…
Bonne lecture — et n’hésitez pas à critiquer vertement tout ce qui suit : je l’amenderai en ligne au fur et à mesure des propositions.

Un projet pour l’Ecole

Introduction

Un projet pédagogique n’a aucun sens s’il n’est pas d’abord un projet politique : quels citoyens voulons-nous former ? Et pour quelles fins ?

Les réformes qui se sont succédé depuis vingt ans n’avaient qu’un objectif, parfaitement clair : adapter la formation au marché de l’emploi tel que les institutions européennes le prévoyaient. En clair, sous les incantations « Elever le niveau général », « Amener 80% des élèves au Baccalauréat » ou « Tous licenciés ! », il fallait lire l’ambition restreinte de produire 10% de cadres, et 90% d’une main d’œuvre malléable et destinée à courir de CDD en CDD. Lire la suite