OK Corral

Malgré les objurgations de Jean-Christophe Cambadélis (mais y a t-il encore quelqu’un pour écouter ce que dit Cambadélis ?), Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon joueront la présidentielle sans passer par la case Primaires : « Quand on prétend présider aux destinées d’un pays, on n’est pas là pour s’enfermer dans des querelles de clans », a expliqué le leader de En marche au JDD ce week-end. Et d’ajouter : « Cette primaire, c’est OK Corral ! »
Un rapide sondage auprès de mes élèves de classes prépas m’a permis de constater que la référence leur échappait. OK Corral ? Ils sentent bien qu’il y a là une référence, mais laquelle ? Aucun d’entre eux n’a vu les diverses adaptations du duel qui en 1881 vit s’affronter à Tombstone, Arizona, les Earp et les Clanton. Ni Law and order (Edward L. Cahn, 1932), un peu oublié, ni la Poursuite infernale (My Darling Clementine, John Ford, 1946, avec un Henry Fonda finement moustachu et terriblement patient devant Linda Darnell — et Victor Mature en Doc Holliday un peu à contre-emploi, parce que personne ne pourra jamais croire que Mature, presque plus large d’épaules que moi, était tuberculeux). Ni Règlement de comptes à OK Corral (John Sturges, 1956, au plus fort de l’association Lancaster-Douglas, avec Denis Hopper et Lee Van Cleef dans de petits rôles — Lee Van Cleef, déjà repéré quatre ans auparavant dans High Noon, où il se fait abattre par Gary Cooper, pas encore engagé par Leone dans Pour quelques dollars de plus — 1965 — ou le Bon, la Brute et le Truand, l’année suivante), ni Sept secondes en enfer (John Sturges encore, 1967, Jason Robards y faisait un Doc Holliday grandiose), ni même Tombstone (George Pan Cosmatos, 1993, où Kurt Russell s’était greffer la moustache du vrai Wyatt Earp de 1881) ou Wyatt Earp (Lawrence Kasdan, 1994) où Kevin Costner dilapida ses économies.

Macron, apparemment sait de quoi il parle. « La gauche est éliminée du second tour depuis dix-huit mois ! Il n’y en a pas un qui va au second tour ! Pas un ! Quand bien même cette primaire se passerait bien, le vainqueur n’y arriverait pas. Si Arnaud Montebourg sort de la primaire, vous pensez que Valls le soutiendra ? Si Manuel Valls gagne, pensez-vous que les soutiens d’Arnaud Montebourg ou de Benoît Hamon iront derrière lui ? » J’ai dans l’idée qu’il ne se fait guère d’illusions sur la bonne volonté de cow-boys de la rue de Solferino pour soutenir un autre champion qu’eux-mêmes. Ce n’est plus le règne du colt, c’est celui de la peau de banane.

Que s’est-il passé avec la culture du western ? Nous jouions aux cow-boys et aux Indiens à la sortie de l’école — je faisais invariablement l’Indien, et je mourais avec grâce, accablé sous les balles des Tuniques bleues. C’est fini.
Mes élèves ont comme (piètre) excuse le fait que tous ces films, même les plus récents, sont sortis avant leur naissance, et que la télévision n’en passe plus guère — et c’est une carence qu’il faudrait analyser, j’y reviendrai peut-être. Quelque chose aujourd’hui ne correspond plus à l’esthétique violemment kantienne du western, où l’on fait ce que l’on doit, quelles qu’en soient les conséquences. Et qui que l’on soit — un fermier criblé de dettes, comme dans 3h10 pour Yuma première version, ou des truands revenus de tout, comme dans la Horde sauvage : « Let’s go — Why not ? » — et ils partent dans l’ultime fournaise mexicaine. Oui, le western était un genre moral, où le héros n’était tel que parce qu’il se rangeait sous les fourches caudines de l’éthique la plus étroite.
Aujourd’hui, trop d’individualisme a tué l’héroïsme (le vrai héros n’est pas un grand homme, il est un collectif à lui seul). Restent à la rigueur des super-héros ou des apprentis-sorciers, les uns et les autres débarrassés de tout rapport au réel, mais ces affrontements d’homme à homme (voir le duel final de Coups de feu dans le sierra, l’un des premiers westerns de Peckinpah), où l’on peut se prendre une bonne balle dans un endroit sensible, c’est terminé — et Macron en témoigne. Loin de lui la tentation de donner ou de prendre des coups : bien à l’abri dans la forteresse que lui ont construite les banquiers qui le soutiennent, il ne va pas prendre le risque de se faire casser la gueule par Gérard Filoche, qui est assez costaud pour en tordre trois comme Macron d’une seule main. La primaire de la droite s’est faite à fleurets mouchetés, dès le soir du premier tour ils se rejouaient tous « Embrassons-nous, Folleville ». Evidemment, Labiche est moins saignant que Sturges. Et l’allusion venimeuse moins décisive qu’un calibre 45. Les folliculaires notent les petites phrases, là où les croque-morts comptaient les cadavres.Non seulement le western est un genre rangé dans les oubliettes des cinémathèques — et c’est bien dommage, c’était notre dernier lien avec l’épopée —, mais dorénavant on contourne soigneusement les conflits, on biaise, on s’arrange, on évite. On essaie de nous faire croire que c’est de l’habileté, quand il s’agit, tout au plus, de lâcheté. Et si l’on débat, les conseillers-image seuls s’étripent, pour obtenir que leur candidat soit à droite ou à gauche, et pas sous le projecteur. Atmosphère ouatée. Sous prétexte de politesse fielleuse, on élimine ce qui faisait le sel de la politique — la possibilité d’y laisser la peau. C’est sans doute parce qu’ils s’entendent fort bien, entre eux, pour écorcher la nôtre.

Jean-Paul Brighelli

PS. Je viens d’interroger Bertrand Tavernier sur la question. Et, me dit-il, « les primaires, c’est le contraire de OK CORRAL où deux clans s’affrontaient, les Clanton et les Earp, selon Burnett les Démocrates et les Républicains, sans qu’à l’intérieur des clans on se tire les uns sur les autres. C’étaient deux familles qui ne se sont pas faites de traîtrises. »

La tragédie, la farce, et François Hollande

On se souvient de l’attaque du 18 Brumaire de Louis-Napoléon Bonaparte : « Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce. »
Et de citer l’oncle (Napoléon Ier) et le neveu — Napoléon III, qui venait de s’offrir son petit coup d’Etat. C’était déjà un 2 décembre, comme le couronnement de l’empereur, comme la bataille d’Austerlitz peinte par Gérard… Lire la suite

L’Art pompier

Atlantico m’a récemment interrogé sur la grande question de savoir si « récit » ou « roman » sont des expressions adéquates pour évoquer l’enseignement de l’Histoire. Avec une certaine pertinence et pas mal d’humour, le site a illustré l’interview d’un tableau célèbre représentant le baptême de Clovis, peint par François-Louis Dejuine (1786-1844) :Mes interlocuteurs avaient parfaitement compris ce que j’avais voulu dire : l’image d’Epinal, l’iconographie traditionnelle, pour inventée ou approximative qu’elle soit, a une éminente vertu pédagogique. Parmi toutes les façons d’entrer dans l’Histoire, la convention artistique est l’une des plus remarquables — tout en sachant qu’elle a avec la « vérité » historique des rapports assez lâches. Lire la suite

Alain Juppé, candidat unique de la Gauche

La Gauche s’est enfin trouvé un candidat, et il s’appelle Alain Juppé. Le maire de Bordeaux, fort du soutien du centre-mou, pense encore être un recours face à François Fillon — un recours pour la Gauche principalement.
C’est qu’ils sont en passe d’être orphelins, rue de Solférino et alentours. Macron est ailleurs, Hollande dans les choux, Hamon improbable, et mon ami Filoche présente le désagréable inconvénient d’être de gauche. Mélenchon — n’en parlons pas, d’ailleurs, il n’a même pas l’appui des alliés communistes. Reste Juppé.
Le prétexte selon lequel le candidat d’une droite libéralo-européano-atlantiste serait le meilleur rempart contre le retour du Petit Nicolas — c’est fait — et l’arrivée de Marine Le Pen est éventé : le meilleur rempart, camarades, c’eût été une politique intelligente pendant cinq ans, une politique qui parlât au peuple et pas uniquement aux « élites » auto-proclamées que vous croyez être : quand je vois ce que le PS appelle élites dans la capitale, je comprends qu’il adhère au discours anti-élitaire de Najat Vallaud-Belkacem.

Fillon fait donc peur — à qui ? Apparemment, aux groupes LGBT, d’après Libé, qui a mobilisé toute sa rédaction pour épingler le papillon de la Sarthe. « Hobereau » — le mot évoque je ne sais quelles jacqueries médiévales, et convoque le souvenir des cahiers de doléances — mais stigmatise surtout les racines provinciales de Fillon, contre la mainmise sur les médias des « élites » parisiennes. Juppé sera donc plébiscité par tous les soutiens de Christiane Taubira. C’est quelque chose — sûr que ça va lui attirer l’appui des électeurs de droite…
Sinon, Fillon a plutôt tendance à se réclamer de la politique étrangère équilibrée de De Gaulle, qui entre deux blocs préférait opter pour la France, et Juppé va vraiment, lui, dans le même sens que Sarkozy — à l’ouest toute ! Ma foi, un peu de gaullisme, de souverainisme, d’indépendance, ne nous ferait pas si mal. Voir ce qu’en dit Nicolas Dupont-Aignan.
Quant à l’école… Juppé n’a condamné que du bout des lèvres les réformes de Vallaud-Blekacem. En avril dernier, dans Mediapart, Claude Lelièvre notait que Juppé n’était pas partisan d’une rupture — et en analysant en novembre 2015 le livre qu’il venait de consacrer à l’école, j’avais constaté le même conservatisme : après tout, Vallaud-Belkacem a fait le sale boulot d’une droite bruxelloise persuadée que l’école des « compétences » et la stratégie finlandaise sont des modèles indépassables. Et elle souhaite en reprendre pour cinq ans — avec Hollande, dit-elle. Ou avec Juppé président ? De toute façon, ce sera blanc bonnet, bonnet blanc.
On reproche donc à Fillon de vouloir restaurer le « récit national »… Mais que croyez-vous que fassent les bons profs d’Histoire, sinon raconter avec enthousiasme tel ou tel événement, tel ou tel enchaînement ? Face à l’Histoire du récit national (et non du « roman »), il y a les partisans de Michel Lussault, chargé de la coordination des programmes Najat, disposé à supprimer l’Humanisme et les Lumières. Le choix n’est pas entre le « roman » de Jeanne Hachette, du Grand Ferré et du petit Bara — ça, c’est de la fiction — et l’Histoire empêtrée dans la culpabilité de ceux qui voudraient faire de la France le champ clos du sanglot de l’homme blanc — ça, c’est de l’idéologie. Il est entre ceux qu’enchante le destin de la France, et ceux qui soutiennent les indigènes de la république. Comment s’étonner dès lors que via Tareq Oubrou Alain Juppé flirte avec l’Union des Organisations Islamiques de France ? Houellebecq n’avait pas pensé que la « soumission » passerait par un notable de province qui n’est même pas musulman…
En face, qu’avons-nous ? Plus d’autonomie, clame Fillon. C’est la chanson de tout le monde. Encore faudrait-il s’entendre.
Je vais faire une suggestion gratuite à Fillon, que je ne connais pas pour le moment : tout jacobin que je sois, je ne suis pas contre l’autonomie pleine et entière des collèges et lycées (y compris la capacité à recruter eux-mêmes des enseignants sur des « postes à profil », pourvu que l’Inspection contrôle tout de même la valeur disciplinaire des postulants — c’est déjà le cas çà et là), pourvu qu’elle passe par un projet d’établissement validé par une commission nationale. Un projet qui mettrait en avant la transmission des savoirs, l’apprentissage forcené de la langue, la maîtrise des sciences et l’étude sérieuse de l’Histoire et de la Géographie : après, le reste est à moduler, en fonction des réalités locales. Moins d’élèves par classe là où les difficultés sont plus grandes, des remédiations par matière dans le cadre d’un collège modulaire, comme dit le SNALC, qui mettrait à mort en douceur le collège unique, une laïcité vraie apprise non par le catéchisme du « vivre ensemble » cher à Jean-Louis Bianco, mais par l’acquisition des savoirs, des savoirs, des savoirs ! Nul n’a jamais « appris » la laïcité à Condorcet — il l’avait sucée en lisant Voltaire, Diderot et Rousseau. C’est d’ailleurs pour cela que les pédagos, les juppéistes, les socialistes et tous les ventres mous ne raffolent pas des Lumières, et sont tout prêts à faire l’impasse sur la dernière période d’intelligence française dominante.
J’ai voté Fillon dimanche dernier, parce que Juppé est le candidat de ceux qui veulent que tout change pour que rien ne change. L’idée que l’on prendrait les mêmes, rue de Grenelle, pour recommencer les mêmes aberrations me donne des boutons. Fillon y a été ministre, il s’y est fait embobiner par les pédagos qui avaient envahi la techno-structure, on ne l’y reprendra plus. Ma foi, pour le moment, ça me suffit.

Jean-Paul Brighelli

Primaire(s)

Cette histoire de primaires, à droite et à gauche, a quelque chose de bizarre (vous avez dit bizarre ?…)
Vous imaginez De Gaulle (ou Mitterrand) passer par des « primaires » qui les auraient mis au niveau de Jean Lecanuet pour l’un, de Gaston Defferre pour l’autre ? Pff…
D’autant que l’identité des votants pose également problème.
À droite, il vous suffira de jurer, croix de bois, croix de fer, croix de Lorraine, que vous partagez les valeurs des « Républicains ». Au PS, on ne sait pas, mais quel moyen de départager les libéraux de droite et les libéraux de gauche ?
Alors, les uns et les autres battent le rappel des adversaires. Ainsi, le PS va, paraît-il, voter à droite pour — pour qui, d’ailleurs ? S’ils veulent que leur candidat, quel qu’il soit, ait une quelconque chance, ils ne peuvent pas aller voter pour Juppé, qui les laminera au nom de la social-démocratie. Lire la suite

La fête des paires

13 novembre 2016. « François Hollande et Anne Hidalgo, la maire de Paris, inaugure six plaques commémorant les attentats du 13 novembre 2015 » — disent les médias à l’heure même où j’écris.
Passons sur le fait que les médias (ni les plaques commémoratives) ne précisent au nom de quelle idéologie des terroristes ont assassiné des gens au hasard des rues. Mais « la » maire…
En décembre 1986, Frédéric Dard-San-Antonio sort la Fête des paires. L’occasion de rejouer en titre d’une ambiguïté maintes fois moquée dans l’œuvre du plus grand écrivain de langue française des trente dernières années du XXème siècle : j’ai encore le souvenir très vif d’un autre roman de la série où parlant de deux individus, il précisait : « Ils sortent du même maire, mais pas de la même paire »… Lire la suite

Trumpism

Les visages défaits, désolés, dévastés, du QG de campagne d’Hillary Clinton me rappellent terriblement les têtes déplorables des supporters de Jospin en 2002. Comment ! Le peuple a voté contre nous ? Comment est-ce possible ?
Mais le peuple t’emmerde, connard ! Le peuple souffre. Le peuple, qui tendait vers la classe moyenne, tu t’es débrouillé pour qu’il repasse dans le lumpen prolétariat. Ah oui, Obama a créé 10 millions d’emplois ? Payés combien, à l’heure ? L’écart de l’âge de décès être les plus pauvres et les plus riches, qui était de 5 ans en 2008, est aujourd’hui de 15 ans — et j’aimerais bien savoir ce qu’il en est en France. Les plus riches ont tout fait pour que les pauvres meurent — mais les pauvres ne meurent pas assez vite, et même, ils votent, avant de défuncter ! Lire la suite

Chez les gros

Il fut un temps où être gros était un signe d’opulence. Le « gros », c’était celui qui mettait plus de poids sur la charrue, pour creuser un sillon plus profond et produire des récoltes plus conséquentes. Sa graisse excédentaire fertilisait la terre, elle lui était gage de beauté. Dans les populations historiquement affamées, le symbole de beauté est toujours gros — Ganesh par exemple. L’éléphant était bien plus beau que la gazelle. Lire la suite

Mademoiselle, de Park Chan-wook

Dans un article célèbre, Pierre Boileau (non, pas le frangin de Nicolas : le complice de Thomas Narcejac, avec lequel il a écrit, entre autres, D’entre les morts, dont Hitchcock tira Sueurs froides) affirme : « Le suspense est le roman de la victime ». Et d’expliquer : « Ainsi, le lecteur, au lieu de penser le mystère, le vit en même temps que la victime. Il subit, comme elle, cette « mise en question » qui le torture dans sa chair et dans son esprit ; et il l’accompagne jusqu’au bout, dans ce voyage au bout de la nuit que le mène aux confins de la raison et du réel. » Lire la suite

Napoléon III au Musée d’Orsay : fastes, fatras et falbalas

« Le mot kitsch désigne l’attitude de celui qui veut plaire à tout prix et au plus grand nombre. Pour plaire, il faut confirmer ce que tout le monde veut entendre, être au service des idées reçues. Le kitsch, c’est la traduction de la bêtise des idées reçues dans le langage de la beauté et de l’émotion… Le kitsch est l’idéal esthétique de tous les hommes politiques, de tous les partis et de tous les mouvements politique. » (Kundera, bien sûr, dans l’Insoutenable légèreté de l’être, Gallimard, 1984).
Le mot kitsch remonte en français aux grandes années du gaullisme et du communisme réunis — deux régimes particulièrement kitsch, mais tous les régimes le sont à des degrés divers. En allemand, l’adjectif est apparu vers 1870, et il est un dérivé probable de kitschen, qui signifie « ramasser la boue des rues ». Ça ne s’invente pas.

J’étais de passage à Paris, la semaine dernière, j’avais deux heures devant moi, je suis allé voir au musée d’Orsay l’exposition sur le « Spectaculaire Second Empire ».
Si j’avais été philosophe en Grèce au Vème siècle, j’aurais été péripatéticien. Penser en se promenant, voilà qui me convient tout à fait. Et les parcours que dessinent désormais les muséologues, plutôt que de vous assener une masse d’œuvres, invitent à la discussion ininterrompue avec vous-même — cet interlocuteur qui ne vous passe rien.
Je connais un peu Napoléon III — pas aussi bien toutefois que mon ami Eric Anceau, auteur d’un Napoléon III (Tallandier, 2012) puis de la Mort de Napoléon III (Perrin, 2014). Lire la suite